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Palestine - ISM France

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Palestine -

Le chaos climatique attire l’attention sur le système d’apartheid israélien en Palestine

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Les pires intempéries hivernales qu'a subi le Moyen-Orient en 20 ans ont dévasté plusieurs régions de Syrie, de Jordanie, du Liban, de la Palestine et d’Israël. Et pour au moins une ville palestinienne de Cisjordanie, le mur d’apartheid construit par Israël a contribué au chaos dû au climat en aggravant une situation déjà désastreuse. Selon un reportage Reuters de Noah Browning (1) :
"Les pluies diluviennes hivernales ont transformé certaines terres palestiniennes situées en Cisjordanie occupée en un marécage d’eaux boueuses et de débris en raison du mur israélien qui bloque l’écoulement et l’évacuation des eaux. Qalqilya, une ville de 42.000 habitants au nord de la Cisjordanie, est presque totalement encerclée par le mur de béton. Khaled Kandeel et sa famille sont blottis autour d'un feu dans un hangar tandis qu'un torrent enflé d'eaux chargées de débris traverse son verger de poiriers : 'Avant le mur, les eaux étaient correctement drainées et s’écoulaient facilement jusqu’à la mer. Il leur suffirait d'appuyer sur un bouton pour mettre fin à nos souffrances, mais ils ne font pas,' dit Khaled."

Le chaos climatique attire l’attention sur le système d’apartheid israélien en Palestine

9 janvier 2013, un sauveteur palestinien aide un enfant à traverser une rue inondée à Rafah, au sud de la Bande de Gaza (AP Photo/Eyad Baba)
Le mur, ou "barrière de sécurité", (l’euphémisme que préfère utiliser Israël), est illégal au regard du Droit international car construit largement à l’intérieur du territoire palestinien, il en annexe une partie et sépare de fait les habitants d’une partie de leurs terres et les uns des autres. Lorsque sa construction sera totalement achevée, Israël aura annexé 530 km² de terre palestinienne, une superficie égale à celle de Chicago, et qui est la raison pour laquelle il est qualifié de "mur d’annexion". De plus, bien qu’il passe à travers des villes et villages palestiniens, le mur et les vannes de son système de drainage situées à sa base, sont sous le contrôle d’Israël.

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Qalqilia, les eaux stagnent, bloquées par le mur


"Des canaux sont prévus pour le drainage et passent sous les énormes remparts, mais la plupart de leurs portes automatisées en acier sont fermées et désormais obstruées par des déchets et des pierres qui empêchent l’écoulement des eaux des fortes pluies. Les militaires israéliens, invoquant des raisons de sécurité, empêchent généralement les résidents de dégager ce qui fait obstruction et de creuser leurs propres canaux de drainage le long du mur."

Et il n’y a absolument rien que les Palestiniens puissent faire contre ces faits.

"Les restrictions concernant la planification, inscrites dans le cadre des accords provisoires de paix par les négociateurs israéliens et palestiniens il y a bientôt 20 ans, limitent considérablement la possibilité des Palestiniens de construire des infrastructures pour la gestion de l’eau ou de réparer les puits endommagés ou pollués."

Israël n’est prêt à prendre les mesures qui s’imposent que lorsque le bien-être des colonies juives illégales est en jeu.

"Mais à Hébron, dont la vieille ville est un haut lieu de conflits avec les colons juifs, une rare coordination avec les militaires israéliens a permis aux officiels palestiniens d’enlever les gros cubes de béton qui délimitent les enclaves ethniques afin de permettre l’écoulement libre des flots d’eaux sales sur les routes."

Pendant ce temps, d’autres villes palestiniennes baignent littéralement dans la… merde.

"Selon l’Office de secours et de travaux des Nations-Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), il [le mur] affecte directement l’agriculture, les pâturages et l’environnement d’environ 170 communautés. Les résidents enclavés des villes du nord de la Palestine ont été privés de vastes étendues de terres situées en zone rurale, ce qui a conduit à implanter les décharges de déchets, insuffisamment réglementées, plus près des fermes et des maisons. La pluie battante ne pouvait masquer la puanteur des eaux usées en train de déborder d’une citerne et se déversant sur une petite route de campagne proche de Qalqilya mardi, tandis que ce contenu putride se mêlait au torrent marron s’écoulant au pied des oliviers regroupés sur les collines. 'Les eaux usées sont déversées à proximité, ou sur les terres agricoles, ce qui aboutit à la contamination des sols et des nappes phréatiques,' indique un rapport de l’UNRWA."

Jusqu’à présent, toutes les personnes décédées en Palestine et en Israël se trouvaient en Cisjordanie , où quatre décès sont imputés à la tempête.

"Mercredi matin, les équipes de secours palestiniennes ont retrouvé deux corps, ceux des jeunes femmes palestiniennes signalées disparues depuis mardi soir, après que la voiture dans laquelle elles se trouvaient ait été emportée par les flots entre Naplouse et Tulkarem. La voiture et le chauffeur ont été retrouvés à plusieurs kilomètres de là, l’homme souffrant d’hypothermie. Dans le camp de réfugiés d’Aïn Shams à Hébron, une femme de 90 ans est morte et sa sœur a été gravement blessée, dans l’incendie, parti d’un réchaud à gaz, qui s’est déclaré dans leur logement. A Jénine, un homme d’une cinquantaine d’années est décédé d’un traumatisme crânien, suite à une chute près de chez lui."

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Une Palestinienne passe un trousseau de clefs à quelqu'un de l'autre côté d'une route inondée à Jenin, le 8 janvier 2013 (AP Photo/Mohammed Ballas)


Sami Hamadan, chef des Services de secours dans le district de Jénine, a indiqué que plus de 90 maisons ont été inondées et que des familles entières se sont retrouvées sans abris. Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a annoncé que l’Autorité palestinienne essaierait de dédommager ceux qui ont été touchés par des dommages dus aux inondations.

A Gaza, 105 personnes ont été blessées lors de l’inondation, la plupart dans la ville de Rafah, tandis que des douzaines de maisons ont dû être évacuées dans d’autres zones. Dans la Bande de Gaza, qui ne s’est pas encore remise de l’attaque israélienne de novembre, Ma’an rapporte qu’au moins 105 personnes ont été soignées pour des blessures et que "les équipes de secours ont utilisé des barques de pêche pour porter secours à 25 familles piégées dans une plaine inondée du sud de la Bande de Gaza, mercredi", où 300 maisons seraient "potentiellement inondables".

D’après Associated Press, un jeune homme palestinien de 24 ans est mort par électrocution à Gaza, "après avoir été frappé par un câble électrique qui a soudain cassé sous la force des vents violents de l’hiver". Ma’an rapporte qu’un jeune de 17 ans originaire de Gaza est mort lui aussi électrocuté alors qu’il réparait l’électricité chez lui.

S’il ne fait aucun doute que les Israéliens ont également été durement touchés par ces fortes intempéries, les forces de "défense" israéliennes se sont rapidement portées au secours des personnes ayant besoin d’être évacuées des zones touchées (2).


(1) "Walls and winter rains afflict Palestinian towns", Noah Browning, 09.01.2013, Reuters.
(2) Une "gestion de crise" raciste qui n'est pas sans rappeler celle de l'administration Bush lors de la dévastation de la Nouvelle-Orléans par l'ouragan Katrina fin août 2005 (ndlr)

Source : Dispatches from the Underclass

Traduction : CR pour ISM

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