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Gaza -

Le gaz de Gaza sera-t’il destiné aux discothèques israéliennes ou aux camps de réfugiés palestiniens ?

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Le projet économique de l'Autorité Palestinienne annoncé début mars à Sharm El-Sheikh espérait un développement accéléré du gisement de gaz marin de Gaza, situé à 30 km au large des côtes de Gaza en Palestine occupée. Toutefois, la question de savoir qui perçoit les revenus, qui consommera le gaz et qui contrôlera l’approvisionnement reste très problématique.

Le gaz de Gaza sera-t’il destiné aux discothèques israéliennes ou aux camps de réfugiés palestiniens ?


Le gisement est estimé à plus de 39 milliards de m3 de gaz naturel récupérable, et sa valeur pourrait représenter 4.8 milliards de dollars. Bien qu'il n’ait pas d'énormes conséquences sur le plan international, il est très important dans un contexte où les Palestiniens et les Israéliens sont très fortement dépendants des importations de carburant. 
 


Alors que la découverte du gisement de gaz avait été saluée par Tony Blair, l’Envoyé spécial du Quartet, comme un moyen de faire démarrer l'économie palestinienne", les projets proposés et les pressions internationales risquent de priver les Palestiniens des bénéfices d'une ressource locale.

Le champ marin gazier de Gaza a été découvert par BG (ex-British Gas) en 2000, suite à un contrat signé en 1999 avec Arafat. La concession de 25 ans couvre l'ensemble de la zone maritime au large de la côte de Gaza qui a été attribuée à l'Autorité Palestinienne dans le cadre de l’accord «Gaza-Jéricho d'abord" en 1994.
Les droits sont partagés entre BG, la firme libanaise Consolidated Contractors et le Département des Investissements de l'Autorité Palestinienne, le Palestine Investment Fund, dont l'Autorité Palestinienne espère tirer environ 40 millions de dollars de recettes par an.

En 2001, le plan de développement de BG approuvé par l'Autorité Palestinienne proposait de livrer le gaz par un pipeline allant directement du gisement à une centrale électrique de Gaza. Toutefois, la forte opposition du gouvernement Sharon en Israël et l'intensification de la deuxième Intifada a mis en attente le projet d'extraction. BG s’est alors concentré sur la possibilité de livrer le gaz en Égypte, où elle possède d'autres projets d'extraction et une usine de liquéfaction de gaz pour l'exportation.
En été 2005, BG a signé un accord avec la société égyptienne EGAS sur les exportations palestiniennes. 


Toutefois, les inquiétudes croissantes concernant la dépendance des importations d'énergie et le plan de « désengagement » de la Bande de Gaza de Sharon en 2005 a conduit le gouvernement israélien à augmenter la pression pour que le gaz soit acheminé en Israël. Suite à une demande du Premier Ministre israélien Ehoud Olmert, Tony Blair est intervenu auprès de BG, en persuadant la société de mettre de côté le projet égyptien et de rouvrir des négociations avec Israël en 2006. Les négociateurs israéliens ont insisté pour que le gaz soit acheminé d’abord vers Ashkelon, sa ville la plus au sud d’Israël, où il entrerait dans le réseau israélien – en promettant qu'une partie du gaz serait acheminée vers Gaza, et que les revenus seraient versés à l'Autorité Palestinienne.

Depuis lors, les négociations ont été de nombreuses fois arrêtées et reprises, dont fin 2008 sur une demande pressante du gouvernement israélien, juste avant son attaque aérienne et terrestre contre la Bande de Gaza en janvier 2009.
La question de savoir qui percevra la part palestinienne des ventes de gaz a reçu beaucoup d'attention.

Le Hamas, en tant que gouvernement élu et seule autorité dans la Bande de Gaza, estime qu'il devrait en recevoir au moins une partie. Cependant, le gouvernement Fatah d’Abbas à Ramallah est toujours le principal représentant palestinien engagé avec BG.

De leur côté, les dirigeants israéliens sont catégoriques et veulent contrôler la manière dont seront dépensés les revenus, en allant jusqu’à demander que les Palestiniens soient payés en marchandises et non en argent, rappelant de façon effrayante le dévastateur programme "Pétrole contre nourriture" en Irak.

Mais les questions les plus importantes sont : qui consommera le gaz et qui contrôlera son acheminement ?

La dépendance de Gaza à Israël concernant l’approvisionnement en électricité et en carburant reste un problème chronique - en particulier depuis que l'armée israélienne utilise ouvertement les coupures d'électricité comme arme. Environ 50% de l’électricité de la bande de Gaza arrive par 10 cables de 12 mégawatts. Cet approvisionnement en électricité, vendu par la Compagnie d'Electricité d'Israël, est régulièrement réduit ou interrompu sur ordre du Ministère israélien de la Défense.

Un autre tiers de l'approvisionnement en électricité de la bande de Gaza provient de la centrale électrique palestinienne de 80 mégawatts, située près du camp de réfugiés de Nusseirat, qui fonctionne au diesel industriel. La centrale a besoin de 2,2 millions de litres de diesel chaque semaine qui doivent être importés en passant par les postes de contrôle israéliens. Les livraisons sont régulièrement arrêtées, notamment pendant les opérations militaires israéliennes.

Les réserves restent dangereusement basses, dans la mesure où un arrêt de deux jours des importations conduit à sa fermeture. Pendant le siège, avant les attaques de janvier 2009, les générateurs de secours des hôpitaux dépendaient du diesel passé en contrebande par les tunnels de Rafah.

Les coupures d’électricité dans la bande de Gaza sont courantes et la majorité de ménages ont des coupures d'électricité pendant au moins huit heures par jour. La transformation du fonctionnement au gaz au lieu du diesel de la centrale électrique de Nusseirat ne serait pas onéreuse et couterait beaucoup moins cher que la dépendance continue au diesel importé.

Si elles étaient consommées dans le pays et non vendues, les réserves du gisement marin de Gaza seraient suffisantes pour répondre aux besoins des Palestiniens pendant plus d'une décennie, tout en continuant à en exporter une quantité importante et éliminerait l'un des principaux éléments de contrôle exercé par Israël sur la population de Gaza.

En termes de construction d'une économie régionale, une source d’énergie locale et bon marché qui ne pourrait pas être bloquée par une puissance occupante offrirait aux Palestiniens une bien meilleure option que de servir à éclairer les discothèques d'Ashkelon.



Voir les autres cartes qui illustrent l'article original.

Sur le même sujet, lire :

Guerre et gaz naturel : Invasion israélienne et gisements gaziers au large de Gaza

Gaza na pas besoin d'aide : elle a un gisement de gaz de près de 3 milliards d'euros

Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info.

Source : http://www.carbonweb.org/

Traduction : MG pour ISM

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