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Egypte -

Le golpe blanc du Pentagone

Par

> manliodinucci@tin.it

Une « transition pacifique et ordonnée », pour Washington

Le fait que ce soit le directeur de la Cia, Leon Panetta, qui ait annoncé jeudi (10 février 2011) « la forte probabilité que Moubarak puisse s’en aller dès ce soir » indique que la décision a été prise à Washington avant le Caire.

Et la déclaration de ce même directeur de la Cia d’ « espérer en une transition ordonnée en Egypte » confirme que le feu vert a été donné pour le plan annoncé par le président Obama : la « transition ordonnée et pacifique » qui, mettant de côté le désormais insoutenable Moubarak emporté par la rébellion populaire, laisse intacts les piliers de la domination états-unienne sur le pays, et avant tout la structure portante des forces armées égyptiennes que les Etats-Unis ont financées, équipées et entraînées.

C’est donc le général Sami Anan, chef d’Etat-major, qui a annoncé place Tahir que ce seront les forces armées qui « sauvegarderont les requêtes du peuple et sa sécurité ». Celui-là même que le secrétaire de la défense, Robert Gates, avait convoqué au Pentagone au début de la crise et à qui il avait donné des instructions au jour le jour sur les mouvements que l’armée égyptienne devait accomplir. Cette armée que le président Obama avait félicitée pour son « patriotisme et professionnalisme », en la désignant comme garante de la « transition pacifique et ordonnée ». Cette armée qui, par l’intermédiaire du général Hassan al-Rouini, commandant de la place du Caire, a annoncé aux manifestants de place Tahir : « Toutes vos requêtes seront exaucées aujourd’hui ».

Le pouvoir passe au Conseil militaire suprême qui, réuni sans le « commandant en chef » Moubarak, annonce « des mesures pour sauvegarder les conquêtes et les ambitions de notre grand peuple ».

En réalité, ce sont d’autres conquêtes et ambitions que l’armée égyptienne est appelée à sauvegarder : celles des Etats-Unis qui ont fourni à l’Egypte des aides militaires d’un montant de 60 milliards de dollars environ, selon des chiffres officiels, auxquels s’ajoutent d’autres financements, secrets ; qui ont fourni aux forces armées égyptiennes les armements les plus modernes, comme les chasseurs bombardiers F-16 et les chars M1A1 Abrams fabriqués en Egypte sur la base d’un accord de co-production, plus d’énormes quantités d’armes que le Pentagone a en excédent ou qui sont remplacées par d’autres de nouvelle génération ; qui ont entraîné des officiers et des soldats égyptiens, surtout dans les forces spéciales, en organisant l’opération « Bright Star », cette grande manœuvre biennale qui se déroule en Egypte avec la participation de 25mille militaires états-uniens.

On se souviendra aussi que, dans les commandements établis par le Pentagone à l’échelle mondiale, l’Egypte n’entre pas dans le Commandement Africa mais a été détachée du continent pour être annexée au Commandement Central (CentCom), dont la zone de responsabilité comprend le Moyen-Orient. L’Egypte, explique le CentCom, « joue un rôle clé dans l’exercice d’une influence stabilisante au Moyen-Orient », en particulier pour « affronter l’instabilité croissante à Gaza ». Le CentCom continue ainsi à opérer en contact étroit avec les forces égyptiennes pour « bloquer les envois illicites d’armes aux extrémistes de Gaza et pour empêcher que l’instabilité de Gaza ne se répande en Egypte et au-delà ».

Le gouvernement égyptien, en fait, « doit faire face à une menace extrémiste intérieure ». L’aide extérieure états-unienne, surtout militaire, est donc, « fondamentale pour renforcer le gouvernement égyptien ».

C’est cette armée qui, durant le régime Moubarak, a été le vrai détenteur du pouvoir, qui l’exerce à présent ouvertement. Washington, qui pendant ces dernières années a élevé une nouvelle classe dirigeante égyptienne -en finançant des dizaines d’organisations non-gouvernementales formées de jeunes intellectuels et de professions libérales- entend en tous cas donner un visage « démocratique » à un pays où le pouvoir puisse continuer à prendre appui sur les forces armées et où, surtout, l’influence états-unienne puisse rester dominante.

Il manifesto, 11 février 2011

Source : il manifesto

Traduction : Marie-Ange Patrizio

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