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Palestine - ISM France

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USA -

Le meilleur pote du sionisme

Par

> amayreh@p-ol.com

Dans son discours devant la Knesset israélienne la semaine dernière, le Président George W. Bush a prouvé une fois de plus qu'il est un sioniste par excellence. La profondeur de son embrassement du sionisme et l'ampleur de son soutien à Israël ont même surpris ses hôtes israéliens. Un membre de la Knesset, d'un parti d'extrême droite, remarquait en se lamentant que si seulement les dirigeants israéliens montraient un engagement similaire au sionisme, Israël serait en bien meilleure forme.

Le meilleur pote du sionisme

On ne sait pas exactement si Bush, dont l'intelligence est remarquablement superficielle et la rectitude morale manifestement inadéquate, savait ce qu'il disait ou s'il répétait simplement comme un perroquet tout ce que les gars qui lui écrivent ses discours avaient préparé pour lui.

Nul observateur informé n'aurait parié, à entendre son discours, que cet homme ait le désir de faire pression sur Israël pour mettre fin à ses 40 ans d'occupation de la Cisjordanie , de Jérusalem Est et de la Bande de Gaza, ou de faire face à la légalité et la moralité du droit au retour pour des millions de Palestiniens réfugiés déracinés de leur patrie ancestrale lorsque Israël a commencé d'exister il y a 60 ans.

Son flot d'éloges sur Israël et son mépris délibéré et dédaigneux pour la Nakba palestinienne, qui a été commémorée simultanément, dépeignent un homme qui est aussi fanatique du sionisme et d'Israël qu'il est ignorant et menteur des faits objectifs qui entourent le conflit arabo-israélien.

Bush a souligné des points d'histoire, parlant de comment "le peuple juif a enduré l'agonie des pogroms, la tragédie de la Grande Guerre et l'horreur de l'holocauste". Il a cité Eli Wiesel, le leader américain sioniste aux airs de petit saint qui a dit en plusieurs occasions qu'il s'identifiait aux crimes israéliens et qu'il n'arrivait pas à critiquer Israël.

Bush a aussi parlé de la "vigoureuse démocratie" d'Israël, mais a ignoré le fait que le meurtre d'innocents civils palestiniens, la destruction des maisons palestiniennes, le vol de la terre palestinienne et la détention de milliers d'innocents militants et intellectuels palestiniens, sans charge ni procès, parce qu'ils s'opposent à l'occupation militaire et à l'apartheid, étaient incompatibles avec une véritable démocratie.

Bush a salué Israël pour son accueil "des immigrants des quatre coins de la terre" mais a oublié ou ignoré le fait que pour chacun des immigrants accueillis en Israël, un Palestinien indigène a été soit tué, dépossédé de ses biens ou banni aux mêmes quatre coins de la terre.

De plus, Bush a nié que le soutien inconditionnel de l'Amérique à l'expansionnisme et au bellicisme israéliens avait quoique ce soit à voir avec l'instabilité et la tension au Moyen Orient. "Des gens suggèrent que si les Etats-Unis rompaient leurs liens avec Israël, tous les problèmes du Moyen Orient finiraient. C'est un argument usé de propagande de nos ennemis, et l'Amérique le rejette avec force. La population d'Israël n'est peut-être que d'un peu plus de 7 millions d'habitants. Mais lorsque vous luttez contre la terreur et le mal, vous êtes 307 millions, parce que l'Amérique est à vos côtés."

Le président américain a fustigé les Nations Unies, disant que "nous considérons que c'est une honte que les Nations Unies votent plus de résolutions pour les droits de l'homme contre la démocratie la plus libre du Moyen Orient que contre toute autre nation au monde". Il n'a fait aucunement mention des politiques d'expansion des colonies et les violations graves et routinières des droits humains et civils des Palestiniens – des actes illégaux qui incitent les Nations Unies à censurer Israël.

A un moment donné, Bush a donné l'impression de parler de quelque autre pays lorsqu'il a parlé d'Israël "forgeant une société libre et moderne basée sur l'amour de la liberté, la passion de la justice et le respect de la dignité humaine". Quiconque a vu par lui-même l'occupation israélienne sera aussi étonné que Bush ait loué les gouvernements israéliens successifs pour "leur travail inlassable pour la paix, pendant qu'ils doivent se battre vaillamment pour la liberté."

Les Palestiniens qui commémoraient la Nakba chez eux et en diaspora – l'holocauste palestinien – n'ont pas été surpris par les remarques de Bush à la Knesset, elle-même bâtie sur des terres saisies illégalement à leur propriétaire palestinien.

"Que peut-on espérer du président d'un pays qui a exterminé des millions de natifs américains, puis qui appelle le génocide 'Manifest destiny' ?" (1), se demande un intellectuel palestinien d'Hébron. "Que peut-on espérer d'un président qui a envahi, occupé et détruit deux pays souverains et tué ou causé la mort de plus d'un million de personnes… parce que Dieu lui a demandé de le faire ?".

Entre temps, le Hamas s'est servi du discours de Bush comme raison de critiquer l'Autorité Palestinienne (AP) pour "faire une confiance aveugle à l'administration sioniste américaine, en dépit de son alliance effrontée avec Israël". La phrase : "Il est plus sioniste que les sionistes" était sur le bout de la langue de tous, partout dans les territoires occupés.

Même Mahmoud Abbas, président de l'AP soutenue par les USA, habituellement circonspect et que les Américains ont classé comme "modéré", ne put cacher sa colère et son désespoir. "Pour être franc, son discours nous a mis en colère et nous faisons beaucoup de réserves et d'observations", a dit Abbas.

"Et j'ai dit à M. Bush qu'il devrait montrer un minimum de juste milieu, d'honnêteté et même d'équidistance. Je lui ai dit que son discours était décevant et une opportunité manquée, parce que 'vous auriez pu dire que le peuple palestinien devrait obtenir sa liberté et son indépendance pour établir la paix dans la région'".

Bush a bien sûr cherché à se rabibocher avec Abbas lorsqu'ils se sont rencontrés dans la station balnéaire égyptienne de Sharm El-Sheikh, sur la Mer Rouge, à la fin de la semaine. Bush a dit à Abbas que son administration était toujours investie dans la résolution du conflit palestino-israélien et dans la création d'un Etat palestinien. De plus, Bush a dit qu'il était "absolument déterminé" à parvenir un accord israélo-palestinien pour la fin de l'année.

"Ca me brise le cœur de voir le grand potentiel du peuple palestinien vraiment gâché", a dit Bush, alors qu'il accusait le Hamas, l'Iran et le Hizbullah de tous les maux du Moyen Orient, de l'absence de démocratie à l'absence de paix.

Abbas, qui s'est retrouvé dans la position souvent ingrate d'avoir à rester fidèle aux constantes nationales palestinienne, pour maintenir sa popularité en interne, et en même temps d'apaiser les Américains, dont le soutien politique et financier est crucial pour la survie de son régime, a dû remballer sa frustration au profit de quelques mondanités diplomatiques.

"Nous savons parfaitement que vous, personnellement, ainsi que votre administration, sont engagés pour parvenir à un accord de paix avant la fin de 2008", a dit Abbas. Il a ajouté que "nous travaillons très sérieusement et très minutieusement, dans l'espoir que nous serons en mesure d'atteindre cet objectif."

Le 18 mai, à la suite d'une rencontre avec l'ancien responsable du Meretz, Yossi Beilen, Abbas aurait averti qu'il "démissionnerait" si un accord de paix n'était pas signé dans six mois. Son porte-parole, Nabil Abu Rudeina, a par la suite réfuté qu'il envisageait sérieusement de démissionner. Toutefois, selon un ancien ministre, Ghassan Khatib, "il ne reste [à Abbas] que peu de choix, de toutes façons". "La fin de son mandat de président de l'Autorité Palestinienne expire à la fin de cette année, et on peut douter qu'il se présente à un nouveau mandat en l'absence d'un accord de paix authentique et acceptable avec Israël", a dit Khatib.

Khatib a ajouté que l'organisation de nouvelles élections nécessiterait deux pré-requis : la réconciliation inter-palestinienne et un accord de paix avec Israël. Inutile de dire que ni l'un ni l'autre ne sont imminents, ce qui laisse peu de place à l'optimisme.

(1) "Manifest destiny" : au 19ème siècle, idée selon laquelle l'établissement des colons en Amérique du Nord relevait de la volonté divine (ndt).

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