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Palestine - ISM France

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Syrie -

Le peuple syrien fait face a une guerre impérialiste

Par

Dr Nadia Khost, romancière syrienne, réside à Damas. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe.

Questions douloureuses
Les Syriens comprennent que la destruction de l’infrastructure, le pillage des hôpitaux, l’incendie des usines, des écoles, et des établissements publics, l’explosion des pipelines, et des pylônes électriques, tendent, à l’instar des sanctions économiques arabes et occidentales, à rendre leur vie plus pénible !
Ils comprennent que l’appui politique, financier et militaire apporté aux gangs armés par les pays du Golfe et occidentaux, extirpe les miséreux de leur misère sociale (en donnant de l’argent et des armes). Et donne libre cours aux spéculations que les lois, et la suprématie de l’État, réfrènent.

Le peuple syrien fait face a une guerre impérialiste

Manifestation contre l’intervention étrangère à Damas
C’est ainsi qu’apparaissent des gangs qui kidnappent et demandent des rançons ; et des spéculateurs commerçants peu scrupuleux qui font grimper les prix !

Les Syriens comprennent tout cela. Car le projet politique impérialiste sioniste est de déstructurer la société et de démanteler le pays en émirats confessionnels, pour qu’Israël devienne la seule force dans ce qui est une région stratégique.

Mais ce que n’arrivent pas à comprendre les Syriens, c’est la sauvagerie des gangs armés, l’horreur des mutilations, des découpages de cadavres auxquels ils se livrent : un jeune homme attaché à une voiture et traîné dans la banlieue de Damas, jusqu’à la mort ; une jeune fille pendue pour avoir témoigné à la télévision en disant que les gangs tuent des innocents ; des chambres de torture munies de crochets comme ceux qu’utilisent les bouchers pour accrocher les moutons égorgés ; des bourreaux inscrivant sur les murs « la brigade libyenne Khaled Bin el Walid est passée par là ! » Une famille entière égorgée, à l’exception des deux petits derniers qui, de leur cachette, ont assisté au carnage ; ces deux petits orphelins ont raconté en pleurant que les hommes armés ont brûlé les cadavres de leurs parents.

Les tueurs racontent, comme on conte une histoire banale, qu’ils violent les femmes avant de les tuer, et filment ces horreurs pour les diffuser ensuite sur la chaine Al-Jazeera.

Ces scènes sanglantes, étalées devant nos yeux par centaines, suscitent des questions brûlantes

Comment ces sauvages sont-ils soudainement apparus dans la société syrienne qui a été élevée dans la bonté et les mots d’amour des poèmes de Nizar Qabbani ? Comment n’avons nous pas vu le Wahhabisme sauvage arriver et prendre la place de la bonté de et la miséricorde ?

Pourquoi avons-nous imaginé que les escadrons de la mort – qui ont sévi en Amérique Latine et en Algérie - faisaient partie d’une époque révolue ?

Mais les vrais criminels ne sont-ils pas ces politiciens occidentaux qui qualifient ces gangs de « révolutionnaires », et les soutiennent publiquement avec leur réseau de communication (Clinton) ; ou concoctent des réunions au Conseil de sécurité sous l’article 7, (Juppé) ; ou leur offrent des sanctuaires aux frontières et l’appui des services français, états-uniens, britanniques et israéliens. Les régimes despotiques du Golfe qui financent les gangs et achètent les armes ne sont-ils pas responsables ?

Les médias occidentaux qui passent sous silence les témoignages des blessés rescapés des carnages et le rapport des observateurs arabes, ces médias qui participent au mensonge dans la guerre d’invasion sioniste contre le peuple syrien, ne sont-ils pas eux aussi responsables ?

Le 28 avril, l’armée libanaise a arrêté un navire chargé de 140 tonnes d’armes, en provenance de Libye et à destination de groupes armés syriens. Le navire a navigué sous le regard de la FINUL et des Israéliens dans une zone sous protection occidentale et internationale. Cette violation du plan de Kofi Annan a-t-elle été condamnée ? Et cette intervention de la Libye exportant des armes à destination des gangs d’Al-Qaida a-t-elle été condamnée ?

Le 27 avril encore, un terroriste s’est fait exploser à la sortie des fidèles de la mosquée dans le quartier Midane, à Damas. Al-Qaida a revendiqué l’attentat. Dans la même semaine, deux terroristes se sont fait exploser à Idleb, détruisant des immeubles d’habitation. Les gangs ont kidnappé onze chercheurs scientifiques et ont tué un médecin ; ils ont attaqué aux roquettes RPG la banque centrale syrienne et assassiné un candidat aux élections parlementaires à Idleb ; puis un autre à Deraa. Est-ce que les dirigeants occidentaux, ou leurs médias, ont condamné les attaques visant des habitations et une institution civile économique, des compétences scientifiques et des candidats aux élections législatives ?

En méditant sur la destruction de Homs, on découvre les traces d’une vraie guerre. On découvre que le quartier de Baba Amr, l’émirat islamique que Bernard-Henri Lévy a présenté comme le berceau de la révolution, est en fait un bastion de gangs, avec des prisons, des centres de torture et de terreur et, le long des rues que les gangs avaient conquises, des barricades militaires, des maisons vidées de leurs habitants et dont les murs intérieurs ont été démolis par les gangs pour faciliter leur passage d’un appartement à l’autre.

En dépit de cela, les médias menteurs, et les dirigeants impérialistes, qualifient les criminels de « révolutionnaires » et d’« armée libre » ! Aux Nations Unies on n’évoque jamais Israël, qui a commis les massacres de Qana, de Jenin et de Gaza, et qui emprisonne des milliers de Palestiniens, mais on évoque la Syrie qui soutient la résistance arabe à Israël. La « communauté internationale » est furieuse de n’avoir pas réussi à rééditer le drame libyen en Syrie ; elle se rabat sur les charges explosives, les voitures piégées et les assassinats quotidiens.

Sur le plan local, la Syrie doit faire face au poids infligé par la destruction des infrastructures et les séquelles de l’embargo économique. Les communes recensent les dégâts subis pour dédommager les habitants. Mais peut-on évaluer les dégâts que représentent des milliers d’orphelins, de veuves, et de mutilés ? Comment mesurer la douleur de notre âme dans une société connue pour son tact et sa gentillesse, son raffinement et son dégoût de la brutalité ? Traditionnellement basée sur la miséricorde, elle a été surprise par la sauvagerie wahhabite.

Une question nous assaille : comment avons-nous pu partager avec ces sauvages notre air et notre eau ? Et comment la vigilance des services officiels, et des partis ne les a-t-elle pas détectés ? Ces questions ensanglanteront nos cœurs pour longtemps…

Il y a une autre douleur. Une douleur politique.

De Syrie, depuis la seconde moitié du siècle dernier, un chant : « Pays arabes, ma patrie » s’est répandu dans les pays arabes. La Syrie a inspiré les résistants arabes. La Syrie a loyalement honoré ses devoirs liés à sa position géopolitique : elle a accueilli un demi-million de réfugiés palestiniens qu’Israël a chassés. Un million et demi d’Irakiens s’y sont réfugiés lors de l’invasion états-unienne. Et des milliers de Libanais s’y sont réfugiés lors de l’invasion israélienne au Liban (en 2006). La Syrie leur a accordé les mêmes droits au travail, à l’assurance maladie, à l’éducation et au logement qu’à ses propres citoyens. Et voici que des institutions officielles arabes conspirent avec Israël et les États-Unis contre la Syrie ; que des bandes arabes et islamistes armées s’infiltrent depuis les pays arabes voisins et se livrent au meurtre des Syriens. Et que la Ligue Arabe est utilisée pour réaliser le projet occidentalo-sioniste en Syrie !

Le néo-libéralisme

Les crises arrivent lorsque les relations économiques et sociales heurtent les besoins et les aspirations humaines et nécessitent alors d’être changées. Après la chute de l’Union Soviétique, une période historique mondiale étant révolue, les Syriens ont compris qu’ils perdaient un appui important. Et les changements politiques et économiques sont apparus comme une évidence. Malgré cela, la Syrie a su garder ses acquis culturels et économiques : le secteur public, et le rôle de l’État dans le commerce extérieur et la planification économique, la culture pour tous, la gratuité de l’enseignement, les magasins d’État, le soutien des produits de base, la place des syndicats ouvriers et agricoles dans les décisions économiques et politiques. Le plan de « sécurité alimentaire » a été maintenu, et des millions d’oliviers ont été plantés dans le nord. La Syrie a sagement traversé la période de l’effondrement du bloc socialiste, et n’a pas rejoint le marché capitaliste occidental.

Mais la corruption a gagné le secteur public. Et il a paru à la classe compradore locale et à l’Occident, qu’ils pouvaient changer la structure économique syrienne et la politique extérieure syrienne. Les pays européens ont fait croire à la Syrie qu’ils étaient prêts à participer à la modernisation de son économie et de sa structure administrative. Nous avons alors vécu une période dite « d’expansion européenne ». Un institut pour former des administrateurs à diriger nos institutions à la manière occidentale a été créé, et un projet incluant la Syrie dans le marché commun européen a été préparé. Et Madame Ashton, qui aujourd’hui menace la Syrie, était alors souriante et satisfaite de sa visite à Damas.


Lire la suite de l'analyse du Dr Nadia Khost sur le site de Silvia Cattori.

Source : Site Silvia Cattori

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