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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

Le spectacle de Palestine

Par

Yara Hawari est chargée de politique palestinienne à Al-Shabaka, le Réseau politique palestinien.

10.12.2007 - Vendredi, la Porte de Damas était pleine de journalistes fin prêts, caméras en mains, à capturer le premier des affrontements pour transmettre au monde des informations depuis « la Ville Sainte ».
Les Palestiniens, dont beaucoup venaient des prières de midi à Al-Aqsa, se sont rassemblés pour protester contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les Etats-Unis. Leur colère et leur frustration vis-à-vis de la déclaration de Trump, qui rompt avec la norme internationale – vient du fait que Jérusalem occupe une place importante dans les cœurs et les esprits des Palestiniens du monde entier. D’un point de vue historique, Jérusalem était la capitale de la Palestine, et aujourd’hui Jérusalem Est occupée est reconnue comme la capitale d’un futur Etat palestinien.

Le spectacle de Palestine

Un manifestant tient un drapeau palestinien lors d'une manifestation près de Ramallah contre la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël [Mohamad Torokman / Reuters]
Pour changer, au lieu de les voir comme une séance de prises de vue, il faut comprendre et respecter la colère et la frustration des Palestiniens dans le contexte : Israël colonie la Palestine – y compris Jérusalem – depuis 1948 et la déclaration de Trump donne simplement à Israël les coudées encore plus franches pour poursuivre son projet de colonisation de peuplement.

En 1948, les forces sionistes ont occupé Jérusalem-Ouest et, en 1967, Israël a occupé la Cisjordanie , la Bande de Gaza et les hauteurs du Golan, et a annexé de force Jérusalem-Est. La communauté internationale a condamné cette dernière initiative et continue de la condamner aujourd'hui.

En 1980, lorsqu'Israël a adopté une loi déclarant que Jérusalem entière était sa capitale indivise, le Conseil de sécurité de l'ONU l'a déclarée "nulle et non avenue". Jérusalem-Est continue d'être reconnue comme faisant partie de la Cisjordanie occupée où tout changement allant au-delà de ce qui est nécessaire pour maintenir l'ordre public et pourvoir aux droits et aux besoins de la population civile palestinienne est illégal en vertu de la IVe Convention de Genève. En tant que tel, aucun pays au monde ne reconnaît la souveraineté israélienne sur Jérusalem (à l'exception de la Russie, qui a récemment déclaré qu'elle considérerait Jérusalem-Ouest comme la capitale d'Israël dans le cadre d'un accord de paix). C’est pourquoi les ambassades sont situées à Tel Aviv.

La dernière initiative de Donald Trump s’est attiré la désapprobation des échelons politiques et diplomatiques mondiaux, le président turc Recep Tayyip Erdogan déclarant que les Etats-Unis avaient franchi une " ligne rouge". En effet, une grande partie des médias mondiaux ont averti que la déclaration de Trump était une provocation et déclencherait la violence tout en faisant dérailler le processus de paix.

Pourtant, ce n'est pas une situation nouvelle : la violence a lieu en Palestine depuis le début de la colonisation sioniste. L'annexion de Jérusalem par Israël, qui a causé la destruction lente mais continue de la vie sociale, économique et politique palestinienne dans la ville, a facilité cette violence. Le projet plus large des colons israéliens dans le reste de la Palestine historique a également eu des conséquences horribles pour les Palestiniens. Beaucoup ont vu leurs maisons démolies, des membres de leur famille emprisonnés ou tués et tous les aspects de leur mobilité contrôlés. Pour les Palestiniens, la « ligne rouge » a été franchie il y a des décennies, et c'est pourquoi ils sont descendus dans la rue, pas simplement à cause de ce dernier geste politique. De même, parler de déraillement du processus de paix actuel est une absurdité : il était mort depuis sa création. Le processus de paix d'Oslo a été conçu pour enraciner l'occupation et la ghettoïsation des Palestiniens dans les bantoustans tout en présentant une façade de construction de l'État et des pas vers la souveraineté palestinienne. En somme, c'était un écran de fumée pour la colonisation de la Palestine par les colons israéliens.

Alors que de nombreux Palestiniens et leurs alliés ont réalisé cela au cours des deux dernières décennies, ils ont été systématiquement réduits au silence et écartés à la fois extérieurement et intérieurement. L'opposition et la condamnation par l’essentiel de la communauté internationale à la déclaration de Trump non seulement manquent de poids mais est également marquée par l'hypocrisie. La colonisation de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie , qui ont commencé il y a 50 ans, a été implacable, tout comme la violation des droits de l'homme palestiniens.

Le monde regarde à travers l'objectif d'une caméra, en secouant la tête et en insistant pour que les Palestiniens ne recourent pas à la violence mais restent plutôt attachés à la solution à deux Etats. Pendant ce temps, Israël continue d’entretenir des relations diplomatiques normales avec la plupart des pays du monde. C'est le spectacle de la Palestine. Maintenant, après des décennies d'inaction mondiale et un sceau d'approbation des États-Unis, Israël est encouragé à accélérer sa colonisation et son annexion encore plus profonde en Cisjordanie .

Au cours des derniers jours, à l'occasion du 30e anniversaire de la Première Intifada, les Palestiniens ont protesté une fois de plus pour réclamer leurs droits humains fondamentaux. La réponse globale qu'ils méritent est simple : sanctionner l'Etat d'Israël pour sa violation flagrante du droit international et des droits de l'homme et écouter les voix palestiniennes qui ont été si longtemps réduites au silence par les élites politiques.

En attendant, nous, Palestiniens, nous trouvons à un moment opportun pour changer nos destins, écrits et déterminés pour nous pendant plus d'un siècle. Nous devons exiger de nos dirigeants politiques qu'ils mettent fin à leur coordination avec l'occupation israélienne et abandonnent le processus de paix d'Oslo. Et nous devons insister pour qu'ils défendent enfin les droits de tous les Palestiniens, qu'ils soient sous occupation militaire, en état de siège, en exil ou dans l'Etat d'Israël d'apartheid. Alors seulement ce spectacle prendra fin.

Source : Al Jazeera

Traduction : MR pour ISM

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