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Israël -

Le tabou israélien est la nouvelle ADM ; une arme de duperie massive

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Le tabou israélien est la nouvelle ADM ; une arme de duperie massive qui représente un danger réel et actuel pour nous tous. Nous vivons une époque capitale, avec des changements politiques qui balaient le Moyen-Orient et les pays occidentaux, mettant en avant les valeurs démocratiques comme la panacée à tous les maux humains. C'est une escroquerie, car les actions sont souvent en contradiction avec le matraquage médiatique. Au centre de ceci se tient l'Etat d'Israël, qui seul parmi les nations est au-dessus du droit international et agit en toute impunité. Les mêmes hommes politiques qui condamnent les atrocités en cours en Syrie ferment les yeux sur les scandales d'Israël.

Le tabou israélien est la nouvelle ADM ; une arme de duperie massive

Dans un discours devant le Conseil des Droits de l'Homme des Nations-Unies à Genève, le ministre des Affaires étrangères britannique Jeremy Browne a "appelé à la fin de la violence en Syrie" et dit que "les responsables de ces atrocités devraient rendre compte des crimes qu'ils ont commis." Et les Israéliens qui ont commis de tels crimes ? Eh bien, le gouvernement dont Jeremy Browne fait partie a modifié la loi pour que ces gens-là puissent visiter la Grande-Bretagne plus facilement ; non content de cela, et juste au cas où un mandat d'arrêt arriverait à se frayer un chemin à travers le système, son département a conféré un "Statut de mission spéciale" à Tzipi Livni l'an dernier pour que sa visite soit plus confortable, la pauvre chérie.

"Il y a un an, William Hague, notre ministre des Affaires étrangères, s'est adressé à ce conseil," a dit M. Browne, "et fait l'éloge de sa réponse remarquable aux événements du Moyen-Orient. Il faisait en particulier référence aux actions du Conseil en réponse à la crise en Libye. Aujourd'hui, nous sommes face à une crise différente dans la région, cette fois en Syrie, où la Commission d'Enquête mandatée par ce Conseil a conclu que des crimes contre l'humanité avaient été commis par les forces syriennes."

Notez que la Syrie est une crise différente ; pas une autre crise, mais une crise différente. La seule différence que je vois est que la Syrie n'a pas de pétrole, alors quand on entend Jeremy Browne dire aux Nations-Unies que "Nous avons lu avec horreur les violations des droits de l'homme en cours perpétrées par le régime - des milliers de civils tués, des petits enfants ciblés par les snipers du gouvernement, des hôpitaux transformés en centres de torture, et des exécutions menées dans des lieux de culte," nous devons demander si le gouvernement britannique pense que la population de Libye a souffert plus horriblement que ça. Les Syriens ne verront pas les missiles de l'OTAN leur venir en aide, bien que : "(...) le gouvernement britannique a soutenu avec force l'appel de la Ligue des Etats arabes pour que le gouvernement syrien cesse toute violence et protège sa population." La menace est lancée.

Avant que nous puissions prononcer "contrats lucratifs", l'OTAN bombardait la Libye. Il est évident que les intérêts occidentaux étaient prioritaires ; le seul intérêt occidental en Syrie est de la maintenir en ébullition suffisamment longtemps pour qu'Israël ait le temps de renforcer encore davantage ses "faits accomplis sur le terrain" dans la colonisation des territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem Est. Pendant que les médias du monde se focalisent sur les événements de Syrie, ils ne prêtent guère attention aux violations israéliennes quotidiennes des droits de l'homme.

Les preuves de ce deux poids-deux mesures et de ces arrière-pensées sont évidentes, qui ont peu de relations avec les droits de l'homme et les valeurs démocratiques, et pas seulement au Moyen-Orient : l'Observer a rapporté que pendant que "David Cameron (...) accueillait une conférence internationale sur la Somalie, promettant plus d'aide humanitaire, soutien financier et mesures visant à lutter contre le terrorisme (...)", il y eut "une visite surprise du ministre des Affaires étrangères, William Hague, à Mogadiscio, la capitale somalienne, où il a parlé de 'débuts d'une opportunité' pour reconstruire le pays." Vous avez deviné : "loin de l'attention sur le sommet de la semaine dernière, des pourparlers sont en cours entre les responsables britanniques et leurs homologues somaliens sur l'exploitation des réserves pétrolières qui ont été explorées dans la région nord-est aride du pays."

Les partisans d'Israël demandent pourquoi les critiques se concentrent sur Israël quand tant d'autres drames ont lieu dans la région. "Il y a bien plus de gens tués en Syrie que dans les territoires palestiniens occupés," a suggéré un politicien israélien récemment, comme si cela rendait acceptables les actions d'Israël.

Les Israéliens n'ont rien compris. La semaine dernière, un porte-parole du Consulat général d'Israël à New-York a utilisé la page du courrier du New York Times pour attaquer un éditorial de Mustafa Barghouti. Ce dernier, a déploré Shahar Azani, n'a pas "mentionné qu'Israël essaie depuis longtemps de ramener les Palestiniens à la table des négociations." Tout ce que veut Israël qui aime tant la paix, c'est que les Palestiniens disent "oui" de manière à "choisir une voie de collaboration pour trouver une paix véritable et durable entre voisins." Ce qui est stupéfiant - à part le fait qu'un journal comme le NYT fasse de la pub à ce type - est que cet homme était sérieux.

"Ce n'est qu'en utilisant le langage de la paix et le dialogue que nous serons arriverons à créer une atmosphère de confiance," continua-t-il. "Alors que les Palestiniens se sont essayés au terrorisme, et ensuite ont participé aux conférences de paix, ils n'ont pas prononcé le seul mot vraiment important : oui." M. Azani a dû prendre des cours avec l'humoriste Jackie Mason pendant son séjour à New-York.

"L'Autorité palestinienne n'a pas encore dit oui à Israël, oui à la paix et oui à une coexistence avec l'Etat juif. Les bras tendus d'Israël le resteront jusqu'au jour où les Palestiniens diront oui, nous sommes prêts à rejoindre notre voisin en prenant la démarche difficile vers la paix." Oh, arrête. Je n'en peux plus... mais il y a plus : "Organiser des gens pour qu'ils protestent est bien plus facile que les organiser pour faire des compromis pour la paix, un compromis que les deux côtés doivent faire."

Quel compromis Israël est prêt à faire, Azani ne nous le dit pas. Ça ne peut pas être au sujet des colonies illégales qu'Israël construit et étend à une vitesse alarmante ; ça ne peut pas être la fin des lois et décisions discriminatoires non seulement contre les Palestiniens dans les territoires occupés mais aussi contre les propres citoyens non-juifs d'Israël ; ça ne peut pas être les démolitions de maisons que non seulement les Israéliens mènent mais aussi facturent aux propriétaires ; ça ne peut pas être l'expropriation de toujours plus de terre palestinienne grâce au mur d'apartheid. Et si tout ceci est "le langage de la paix et le dialogue" suffisant pour "créer une atmosphère de confiance", alors j'aimerais bien voir à quoi ressemble une occupation militaire agressive.

La réalité de l'Etat d'Israël est très différente de ce que ses porte-paroles et ses défenseurs voudraient nous faire croire. Ainsi, dans la seule semaine dernière, la police et les soldats israéliens ont protégé des colons juifs illégaux qui ont fait irruption dans la Mosquée Al-Aqsa et souillé la sacralité de ce lieu saint (mais ce sont des Palestiniens qui ont été arrêtés) ; les services de sécurité ferment les yeux devant la violence de colons surarmés contre les civils palestiniens et leurs biens ; et ils ignorent les attaques des colons contre les mosquées et les églises dans toute la Cisjordanie occupée.

"Pourquoi Israël" est une question que nous devons poser à nos hommes politiques. Pourquoi offrent-ils un soutien inconditionnel à un Etat qui ignore les résolutions des Nations-Unies, viole le droit international et commet des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ? Israël continue de traiter notre monde avec mépris, avec la bénédiction totale et le soutien de Londres et de Washington (et de Berlin et de Paris). Ça ne peut pas être seulement à cause de l'holocauste, parce que cette obscénité particulière a eu lieu longtemps après que l'Europe et l'Amérique aient fait plaisir aux sionistes, alors que se passe-t-il avec Israël pour que des hommes politiques par ailleurs raisonnables ont les jambes et les cerveaux en coton et font ce que leur ordonnent de puissants lobbyistes ?

Cette lettre éhontée publiée par le New York Times n'est qu'un exemple parmi tant d'autres des tactiques de manipulation utilisées par le lobby israélien pour embobiner le monde. C'est un Etat tellement raisonnable, pleurnichent-ils ; et les Palestiniens ne disent même pas "oui".

Le britannique Jeremy Browne a dit au Conseil des Droits de l'Homme des Nations-Unies qu'il "aimerait mettre l'accent sur l'engagement du Royaume-Uni pour un renforcement des droits de l'homme, tant nationalement qu'internationalement", et pourtant, dès qu'il s'agit d'Israël et des droits palestiniens, notre gouvernement échoue lamentablement. Il joue la comédie qu'Israël est la victime dans tout ça ; pendant ce temps, les victimes réelles sont punies pour défendre ce que le reste d'entre nous affirment être leurs droits démocratiques, et elles sont stigmatisées comme "terroristes".

Je pense qu'il est sain que nous prenions avec de très longues pincettes l'affirmation du ministre Jeremy Brown, à savoir que la Grande-Bretagne "continuera de jouer un rôle actif et direct dans les institutions internationales qui promeuvent et protègent les droits de l'homme". Il ne le pense pas ; David Cameron ne le pense pas ; William Hague ne le pense pas. Leurs paroles et leurs actes ne sont pas synchrones et ils croient qu'ils peuvent nous tromper et s'en tirer. Le problème, dans la mesure où la plupart d'entre nous sont concernés, c'est qu'ils ont raison. Le tabou israélien est la nouvelle ADM ; une arme de duperie massive qui représente un danger réel et présent pour nous tous. Nous continuons à y céder à nos risques et périls.



Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM

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