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Israël -

Le taux de criminalité contre les Palestiniens d’Israël révèle une discrimination intolérable de la part de l'État

Par

Le docteur Adnan Abu Amer est responsable du département de science politique de l'Université de la Ummah à Gaza. Il est chercheur à temps partiel dans plusieurs centres de recherche palestiniens et arabes et écrit périodiquement pour Al Jazeera, The New Arab et Al-Monitor. Il a écrit plus de 20 livres sur le conflit israélo-arabe, la résistance palestinienne et le Hamas.

12.11.2019 – Les citoyens palestiniens d'Israël - les Arabes israéliens - [les Palestiniens de 48, ndt] sont témoins d'une augmentation constante de la violence et de l'utilisation des armes à feu contre leur communauté. Le nombre de victimes de meurtres a augmenté de façon alarmante. Selon les données de la police israélienne, 77 citoyens arabes, dont 11 femmes, ont été tués cette année seulement. En 2018, ce chiffre était de 75, dont 15 femmes ; en 2017, 72, dont 10 femmes ; en 2016, 64, dont 10 femmes ; et en 2015, 58 morts, dont 14 femmes.

Le taux de criminalité contre les Palestiniens d’Israël révèle une discrimination intolérable de la part de l'État

13.8.2018 – Les citoyens palestiniens en Israël prépare une marche à travers le centre de Tel Aviv pour protester contre la loi sur l’Etat-Nation (AFP)
Il y a 1,5 million de citoyens palestiniens en Israël, soit près de 20 % de la population totale, mais le taux d'assassinats est disproportionné par rapport à leur nombre. Cette aggravation a conduit les dirigeants de la communauté palestinienne à accuser les autorités et la police israéliennes de ne pas poursuivre les criminels de manière adéquate et de ne pas saisir les armes illégales. Des manifestations ont été organisées pour condamner le silence officiel d'Israël sur le taux de criminalité.

La communauté arabe en Israël n'est pas violente par nature, bien qu'il doive y avoir, bien sûr, des individus violents en son sein. La plupart des meurtres dans la communauté arabe sont des conflits entre criminels et la violence domestique. On pense que la discrimination du gouvernement entre les citoyens juifs et arabes d'Israël a entraîné, au sein de la communauté palestinienne, une pénurie de ressources qui pourraient aider à détourner les gens du crime. Le manque d’implication adéquate de la police, mentionné plus haut, est également une possibilité.

La situation est intolérable et exige l'intervention du gouvernement pour des raisons d'importance et de sécurité nationales. Si de tels crimes avaient été commis parmi les Juifs israéliens, le Premier ministre israélien, les chefs des services de sécurité intérieure et de la police auraient bondi de leur fauteuil. Cependant, ce n'est pas le cas parce que le gouvernement israélien considère la criminalité dans la communauté arabe comme un problème interne.

Les Arabes israéliens n’ont aucune confiance dans la police et ce n'est guère surprenant. En 2019, des condamnations n’ont été prononcées que dans 30 % des affaires de meurtre dans la communauté arabe ; seuls 22 des 72 crimes ont été résolus. En revanche, des condamnations ont été prononcées dans 58 % des crimes similaires commis dans la communauté juive, soit 21 des 36 crimes résolus.

Cette discrimination officielle à l'égard des Palestiniens se manifeste également dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'emploi. L'État dépense deux fois plus pour l’enseignement juif, par exemple, que pour l’enseignement de ses citoyens arabes. Les citoyens non-juifs n'ont tout simplement pas accès aux mêmes ressources que leurs voisins juifs et ne sont pas égaux dans des domaines tels que les référendums, même sur des questions telles que l'entrée en guerre ou la signature des accords de paix. Il s'agit là d'une preuve supplémentaire de la discrimination raciale exercée par Israël à l'encontre de la population autochtone du pays, ce qui donne presque le feu vert aux criminels pour accroître leurs activités illégales, sachant que les fonctionnaires fermeront vraisemblablement les yeux.

Quatre-vingt-dix pour cent des Juifs d'Israël vivent à l'écart des Arabes en raison de la séparation ethnique. En effet, de nombreuses communautés juives ont des comités qui décident si les Palestiniens peuvent vivre dans la même ville ou le même village, ou s'ils sont "socialement inaptes" à le faire. Même ceux des grandes villes mixtes comme Jérusalem, Haïfa, Acre, Lod et Jaffa vivent sous un système de séparation, les Juifs et les Palestiniens vivant dans des quartiers distincts.

Les Juifs israéliens sont très favorables à une séparation de type apartheid. Selon un sondage, 74 % des personnes interrogées sont contrariées d'apprendre que l'arabe, langue maternelle d'un cinquième de la population, est parlé à proximité ; 88 % craignent que leur fils ne tombe amoureux d'une arabe.

Les politiques manifestement racistes d'Israël à l'encontre des Palestiniens de citoyenneté israélienne leur interdisent d'acheter ou de louer des biens appartenant à l'Agence juive ou au Fonds national juif. Même lorsqu'un tribunal leur permet d'acheter, la décision reste purement théorique. Une cinquantaine de rabbins ont condamné les Juifs qui louent et vendent des maisons aux Palestiniens. L'adjoint au maire de Karmiel a mis en place un numéro vert pour que les Juifs puissent appeler et donner des informations sur leurs voisins qui vendent leurs maisons aux Palestiniens.

Un sondage réalisé auprès de 1.300 étudiants arabes dans les universités israéliennes a révélé que 50 % d'entre eux ont été confrontés au racisme et à la discrimination pendant leurs études ; 40 % ont parlé de propos racistes tenus par le personnel enseignant. En outre, 30 % des étudiants arabes ont déclaré qu'ils ne pouvaient pas demander de bourses d'études.

Il est difficile de séparer ces politiques discriminatoires à l'égard des Arabes d’Israël, mises en œuvre par des prestataires de services comme les municipalités, les ministères et les universités, de la protection évidente que leur fournit le gouvernement israélien, qui ferme les yeux sur ces pratiques. A la base de toute cette discrimination se trouve un système juridique qui inclut la loi de 2018 sur la nationalité ; elle stipule qu'Israël est la patrie nationale des Juifs et que les symboles juifs et sionistes sont à la base de l'hymne national et du drapeau israélien. La préférence est donnée au caractère juif plutôt qu'à la démocratie.

Le Parlement israélien, la Knesset, joue un rôle majeur par l'adoption de nombreuses lois racistes dirigées contre ses propres citoyens arabes. Plus de 65 lois discriminatoires - dont, entre autres, la loi sur la citoyenneté, la loi sur la Nakba, la loi sur la citoyenneté israélienne, la loi sur l'expropriation foncière, la loi sur la prévention de la prière - sont désormais en vigueur.

Et ce n'est pas seulement au niveau officiel que cela se produit. Le racisme israélien envers les Arabes s’entend quand les Israéliens juifs chantent "Mort aux Arabes" lors des célébrations nationales et des manifestations publiques, ainsi que dans les stades de sport. Il en va de même pour les réseaux sociaux, où l'on constate que les messages racistes anti-arabes reçoivent généralement des milliers de "j’aime".

En effet, les statistiques officielles révèlent que les Israéliens incitent contre les Arabes toutes les 66 secondes sur les réseaux sociaux ; Facebook est la plate-forme la plus utilisée à cet effet, suivie par Twitter. Rien qu'en 2018, il y a eu 474.250 messages désobligeants, racistes et incendiaires à propos des Palestiniens sur les réseaux sociaux, en grande partie d'origine israélienne. La réponse de Facebook aux plaintes à ce sujet est lente. En revanche, si les Arabes en Israël cherchent à utiliser les médias sociaux pour montrer leur solidarité avec les Palestiniens de la bande de Gaza pendant les offensives militaires israéliennes, par exemple, ils font face à des campagnes anti-palestiniennes agressives qui ont l'approbation claire de la plate-forme puisque ces messages agressifs ne sont pas supprimés.

Les réseaux sociaux sont une arme à double tranchant à cet égard, car la discrimination contre les citoyens palestiniens d'Israël s’est produite discrètement, pendant des décennies. Il est maintenant très facile de faire connaître les transgressions et de mettre en évidence la nature réelle de l'"État juif" autoproclamé. Néanmoins, une action beaucoup plus large est nécessaire pour éradiquer la discrimination officielle d'Israël à l'encontre des Palestiniens à l’intérieur de l'État.


Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM

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