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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

Légaliser l’annexion de Jérusalem

Par

Yara Hawari est chargé de de la politique palestinienne à Al-Shabaka, le Réseau politique palestinien.

Fin octobre, le Comité ministériel israélien de législation devait voter le projet de loi « Grand Jérusalem ». S’il avait été adopté, il aurait été présenté devant la Knesset pour plusieurs lectures, avant un vote sur l’opportunité de légiférer ou non. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait précédemment déclaré qu’il l’appuierait, lui donnant une force politique et un soutien importants. Le vote vient d’être reporté suite à des demandes d’éclaircissements sur divers aspects par l’administration états-unienne.

Légaliser l’annexion de Jérusalem

Le camp de réfugiés de Shu’afat, à Jérusalem-Est, abrite environ 40.000 Palestiniens
Le projet de loi, tel que le suggère son titre, étendrait les limites municipales de Jérusalem pour inclure quatre grandes colonies illégales et beaucoup d’autres plus petites sous la juridiction municipale de Jérusalem. Les colonies, Ma’ale Adumim, Givat Ze’ev, Betar Illit et Efrat, font partie du bloc de colonies Gush Etzion, qui s’étend de Jérusalem à Hébron. Bien que les législateurs prétendent que cette zone ne sera pas sous pleine souveraineté israélienne, la démarche équivaudrait certainement à une annexion de facto.

Cela fait partie intégrante d’une stratégie de « faits accomplis » qu’Israël poursuit depuis 1967, lorsqu’il a occupé la Cisjordanie , Gaza et les hauteurs du Golan, annexant Jérusalem-Est et déclarant Jérusalem toute entière comme la capitale d’Israël.

La construction de colonies israéliennes dans les territoires occupés en 1967 est illégale en vertu du droit international, qui interdit le transfert de la population de l’occupant dans les territoires acquis en temps de guerre ou de conflit. Cependant, à ce jour, aucun gouvernement israélien n’a cessé son expansion en Cisjordanie et la population de colons illégaux dépasse aujourd’hui le demi-million.

L'annexion de Jérusalem-Est est également reconnue sans équivoque comme illégale. Dans le cadre de deux États, Jérusalem-Est constituerait la capitale d'un État palestinien et sa colonisation est continuellement condamnée par une grande partie de la communauté internationale. Pourtant, cela a eu peu d'effet et aujourd'hui plus de 200.000 colons israéliens vivent à Jérusalem-Est, les démolitions de maisons palestiniennes et l'appropriation de la terre palestinienne étant des événements quotidiens.

Les partisans du projet de loi sont motivés par l'obsession israélienne de la démographie. Leur idée est de s'assurer que les Israéliens juifs maintiennent une majorité dominante dans chaque partie de la Palestine historique.

À Jérusalem, cette approche est spécifiquement utilisée pour contrer le discours international selon lequel la ville appartient à la fois aux Palestiniens et aux Israéliens et pour affirmer que Jérusalem est la « capitale indivisible du peuple juif ». Le ministre israélien des Transports et du Renseignement, Israël Katz, qui s’est fortement impliqué dans la promotion du projet de loi, a déclaré qu'il s'agissait d'une initiative visant à « assurer une majorité juive » dans la ville.

En effet, le projet de loi exclurait également les quartiers palestiniens de Kufr Aqab, les camps de réfugiés de Shuafat et d’Anata qui existent actuellement au-delà du mur de séparation. Les placer sous une sous-municipalité les retirerait du recensement et réduirait statistiquement de 100.000 la population palestinienne du « Grand Jérusalem ».

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Au-delà de la manipulation, ce projet de loi ferait indiquerait clairement, encore une fois, que le droit international ne s’applique pas à Israël.

Pour les Palestiniens, il s'agit simplement d'une continuation de leur réalité vécue d'un projet colonial de peuplement accéléré. Les Palestiniens de Jérusalem-Est sont déjà soumis à un régime oppressif dans lequel ils sont considérés comme des résidents permanents mais non comme des citoyens.

Leur statut de résidents dépend de leur capacité à prouver que leur centre de vie est à Jérusalem. Cela signifie qu'ils courent le risque constant de voir leur permis de résidence révoqué, sans parler du refus de citoyenneté et donc de tous les droits. Les répercussions potentielles pour les habitants des quartiers palestiniens qui seront déclassés en sous-municipalités ne sont pas claires, mais si le projet de loi venait à être adopté, la situation s'aggraverait indubitablement.

Il n'est pas surprenant qu'Israël tente d'annexer davantage de terres en Cisjordanie . Ce qui est surprenant, cependant, c'est la demande constante de la communauté internationale que les Palestiniens fassent confiance au droit international, à ses institutions et à ses processus. Israël bafoue continuellement le droit international sans répercussions ni sanctions. En effet, le mot « sanctions » est-il à peine murmuré dans les cercles diplomatiques et politiques que des accusations de partialité envers Israël fusent (1).

La question pour les Palestiniens demeure donc : c’est où, trop loin ? La Cisjordanie est sous occupation brutale depuis plus de 50 ans, Jérusalem-Est et les hauteurs du Golan sont annexés depuis aussi longtemps, Gaza a placée sous un siège paralysant depuis plus de 10 ans, alors que les réfugiés sont en exil depuis près de sept décennies et les citoyens palestiniens d'Israël continuent d'être soumis à une oppression systématique. Pour les Palestiniens, c’est « trop loin » depuis longtemps ; il est temps que la communauté internationale rattrape la distance.


(1) quand ce ne sont pas des accusations d’antisémitisme forcené (ndt)

Source : Al Jazeera

Traduction : MR pour ISM

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