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Cisjordanie occupée -

Les Palestiniens appellent à des troubles civils en pleine crise due à la nouvelle loi sur la sécurité sociale

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Article en anglais publié le 31 octobre 2018

Des milliers de citoyens palestiniens ont envahi le centre-ville de Ramallah pour protester contre la loi de sécurité sociale récemment adoptée par décret présidentiel et qui doit entrer en vigueur le 1er novembre, et exige que l’Autorité palestinienne l’annule.

Les Palestiniens appellent à des troubles civils en pleine crise due à la nouvelle loi sur la sécurité sociale

Des Palestiniens se rassemblent sur la place al-Manara de Ramallah pour protester contre une nouvelle loi sur la sécurité sociale le lundi 29 octobre 2018. (Crédit: Dima Abumaria / The Media Line).
Les manifestants en colère portaient des pancartes mettant en doute la légitimité de l'initiative qu'ils qualifiaient de "déloyale", étant donné que la démarche s’est faite dans un climat d'instabilité et sans être soumise à un processus législatif approprié.

De nombreux militants ont souligné à The Media Line qu'il y a un manque de confiance énorme entre les Palestiniens et leur propre gouvernement, dont les décisions sont de plus en plus considérées avec scepticisme.

« Le 12 novembre, nous organisons une marche spéciale qui définira la prochaine phase de la manifestation », a révélé à The Media Line un membre du Mouvement national de la sécurité sociale (NSSM), qui a demandé à rester anonyme. « S'il n'y a pas de réponse à nos demandes, nos mesures [possibles] vont de l’appel à la désobéissance civile à la chute de l'ensemble du gouvernement », a-t-il proclamé, avant de déclarer que le NSSM accordait à l'Autorité palestinienne un délai limité pour réexaminer sa position ou bien il aggraverait « fortement » la situation sur le terrain.

Depuis la rédaction du projet de loi l'année dernière, le NSSM a été le fer de lance de la plus grande série de manifestations populaires antigouvernementales en Cisjordanie depuis plus d'une décennie.

L'organisation de la base populaire considère la nouvelle loi comme « l'une des pires » de mémoire récente, car elle a été approuvée par le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, quatre jours seulement après qu’il ait informé les membres du défunt Conseil législatif palestinien (CLP).

L’organe législatif palestinien a été dissout après que le Hamas, démocratiquement élu en 2006, ait déjoué une tentative de coup d’Etat de la faction Fatah d’Abbas dans la Bande de Gaza. [Inclusion de la traductrice en remplaçant de la propagande mensongère de l’article, qui dit : (…) après un coup d'État organisé en 2007 par le Hamas, qui avait expulsé de force la faction du Fatah d'Abbas de la bande de Gaza. »] Le chef de l'Autorité palestinienne est depuis responsable de la rédaction de toutes les lois. Cette situation persistera jusqu'à la tenue de nouvelles élections, à la suite de quoi le Conseil Législatif Palestinien (CLP) sera chargé de réviser les édits présidentiels.

« L’origine de notre désaccord avec le gouvernement n’est pas la caisse de sécurité sociale, mais résulte d’une histoire de méfiance qui vient du fait qu’il n‘y a aucun système de surveillance
», a expliqué Amer Hamdan, porte-parole du NSSM, à The Media Line. « Pourquoi Abbas ne combat-il pas la corruption phénoménale et évidente en Palestine ? »

Il a conclu que l'Autorité palestinienne devrait à la fois se préoccuper d'œuvrer pour la création d'un « véritable » État indépendant, ainsi que de développer l'économie et l'arène politique palestiniennes.

« Je vois le nouveau plan comme deux vaches, l'une pour fournir du lait à Abbas et l'autre du lait pour Rami al-Hamdallah [le Premier ministre de l'Autorité palestinienne] », a déclaré Hashem Nwarah, un manifestant palestinien, à The Media Line. « De quels avantages sociaux parlent-ils quand les Palestiniens n’ont même pas de sécurité ? », a-t-il affirmé, faisant référence au contrôle actuel de l'armée israélienne sur de vastes étendues de la Cisjordanie .

En outre, Nwarah a reproché à l'Autorité palestinienne de ne pas fournir à son peuple les besoins fondamentaux, notamment « d'assurer notre dignité et de garantir un environnement sûr avant de nous imposer la création d'un fonds contre notre volonté ».

Ashraf Aoun, un Palestinien de Hébron, a également dénoncé la mesure, affirmant que « tout projet de sécurité sociale a besoin d’une économie solide pour le financer. Cependant, en Palestine, la situation est loin de là, car nous sommes économiquement dépendants d'Israël ». De plus, l'Autorité palestinienne est incapable depuis de nombreuses années de mettre en œuvre une multitude de programmes plus simples, et elle est accusée constamment de manque de transparence.

« La [sécurité sociale] proposée ne sert pas le peuple palestinien », a déclaré à The Media Line Abd al-Latef Ibrahim, représentant du syndicat des travailleurs de Jawwal, la plus grande entreprise de télécommunications palestinienne. « Malheureusement, après tout ce que nous avons vu, nous ne faisons plus confiance aux décisions du gouvernement. »

Maamoun Abu Shahla, ministre palestinien du Travail, avait auparavant déclaré aux défenseurs des droits de l'homme et aux organisations de la société civile que la nouvelle loi sur la sécurité sociale « n'était pas le fruit d'une heure de réflexion », mais qu’elle avait été prise après de longs débats.

Il a décrit la loi comme un projet national visant à améliorer la vie des Palestiniens et a répété qu'elle entrerait en vigueur à partir de novembre.


Source : The Media Line

Traduction : MR pour ISM

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