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Ramallah - 4 juillet 2005
Par Meron Rappaport
Est-ce que les manifestations contre la Barrière de Séparation à Bil'in sont vraiment non-violentes, comme le prétendent leurs organisateurs palestiniens et israéliens, ou sont-elles en fait des protestations violentes impliquant le jet de pierres, comme le dénoncent les Forces de la Défense israéliennes ?
Comme prévu, depuis que les manifestations ont commencé ici, les deux côtés ont donné des versions contradictoires sur le sujet.
La semaine dernière, cependant, un tribunal militaire a jugé qu'au moins dans une affaire précédente, les soldats de l'IDF avaient ouvert le feu alors que les Palestiniens et les Israéliens manifestaient de façon non-violente et qu'ils n'avaient pas lancé de pierres.
Le juge militaire, le capitaine Daniel Zamir demandé un examen "des actions des troupes sur le terrain et de l'utilisation de la force à leur disposition."
Ces derniers mois, les manifestations à Bil'in sont devenues le principal point de désaccords entre l'IDF et les Palestiniens au sujet de la barrière de séparation.
La manifestation de vendredi dernier a vu un rapport de l'IDF signalant qu'un soldat avait été modérément blessé et les manifestants ont déclaré qu'ils avaient 16 blessés dont quatre Israéliens et un handicapé, par les tirs de l'IDF.
Il y a à peu près un mois, le soldat Michael Schwartzman a été touché par une pierre pendant une manifestation à Bili'in, ayant comme conséquence la perte d'un oeil.
Vendredi dernier, comme d'habitude, les Palestiniens ont déclaré que les tirs ont commencé sans aucune provocation de la part des manifestants, alors que l'IDF a prétendu que les tirs ont commencé "seulement après que les manifestants aient continué à jeter des pierres sur les troupes en dépit des efforts de mettre fin à l'incident de façon non-violente."
Il y a environ trois semaines, le 17 juin, un incident tous à fait similaire s'est déroulé à Bili'in.
Quelques centaines de Palestiniens et Israéliens ont commencé une marche vers le secteur de la Barrière de Séparation, qui traverse les terres du village et place à peu près 2.000 dunams (environ la moitié des terres du village) de l'autre côté de la barrière.
Les habitants de Bili'in, qui prétendent s'inspirer des méthodes de Gandhi, ont déclaré la marche : une manifestation non-violente. Les marcheurs ont été arrêtés par les soldats et la police des frontières à quelques centaines de mètres du tracé de la barrière.
La manifestation s'est terminée avec le déployement des moyens de dispoersion d'émeutes par les forces de sécurité et l'arrestation d'un certain nombre de protestataires, y compris Abdallah Abu-Rahma, un des chefs du Comité Populaire de Bil'in, et de son frère, Ratab, un conférencier à l'université d'Al-Quds et un membre des Seeds of Peace.
L'acte d'accusation contre Ratab Abu-Rahma a été basé principalement sur le témoignage de Wahil Sabit, un policier des frontières présent pendant la manifestation.
Sabit a témoigné que des manifestants ont commencé à lancer des pierres sur les forces de sécurité juste après que le secteur soit déclaré : "Zone Militaire Fermée".
Sabit a indiqué qu'il a vu Abu-Rahma lancer des pierres en direction des soldats et qu'il lui a aussitôt tiré dessus une balle-éponge.
Sabit était le seul policier à prétendre avoir vu Abu-Rahma lancer des pierres.
Les avocats d'Abu-Rahma, Tamar Peleg et Gabi Lasky, ont présenté à la cour les vidéos qui ont été filmées pendant l'incident et qui montrent Abu-Rahma demandant aux manifestants de marcher "lentement, lentement".
Deux des vidéos montrent les manifestants déplacer la barrière de fil barbelé installée par les forces de sécurité mais sans la dépasser pas, et s'allonger sur le sol tout en restant silencieux.
Immédiatement après, on voit les soldats lancer des grenades assourdissantes et des boîtes métalliques de gaz lacrymogène sur les manifestants, sans que ces derniers aient jeté la moindre pierre.
Abu-Rahma est vu se remettre debout et immédiatement après être touché par une balle-éponge.
Contrairement au témoignage du policier des frontières, Sabit, Abu-Rahma n'est pas arrêté à ce moment-là mais seulement un peu plus tard, après que les forces de sécurité aient appréhendés son frère et commencés à le frapper. On voit Ratab Abu-Rahma intervenir pour aider son frère et se faire frapper à son tour par les soldats.
Le juge Zamir a confirmé tous les arguments de la défense, en jugeant que la manifestation était calme, qu'aucun jet de pierres n'est vu sur les bandes vidéo, et qu'Abu-Rahma a pris un coup à l'estomac sans aucune provocation de sa part.
"il n'y avait aucune raison d'arrêter l'accusé; il n'y avait aucune raison pour le tir qui l'a blessé ou pour les coups qu'il a reçus du soldat." a conclu le juge, en ajoutant que la réalité était "étrangement différente de la théorie apportée par le témoignage des témoins de la poursuite."
Zamir a ordonné la libération sou caution d'Abu-Rahma et a conseillé à la poursuite de reconsidérer ses actions contre lui. Cependant, la poursuite n'a pas capitulé, et a fait appel de la décision du juge dans une audience qui s'est déroulée jeudi. L'appel a été rejeté.
Il a émergé pendant l'appel qu'un policier des frontières avait également filmé les événements. Cette bande doit encore être vue par la poursuite. En attendant, Abu-Rahma reste libre
Source : Haaretz
Traduction : MG pour ISM
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