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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

Les cours reprennent à l’école de Khan al-Ahmar menacée de démolition par Israël

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16.07.2018 - Les enfants ont eu leur premier jour de classe à l'école de Khan al-Ahmar lundi [16 juillet]. L'année scolaire palestinienne commence généralement au début de septembre, mais les cours ont commencé tôt pour essayer d'arrêter la démolition imminente de l'école dans le village occupé de Cisjordanie.

Les cours reprennent à l’école de Khan al-Ahmar menacée de démolition par Israël

Les enfants palestiniens de Khan al-Ahmar ont commencé leurs cours beaucoup plus tôt que d'habitude, le 16 juillet, dans le but de prévenir la démolition imminente de leur école par Israël. Shadi Hatem APA images
L'école a été construite en 2009 avec des pneus en caoutchouc et de la boue pour échapper aux restrictions imposées par Israël aux Palestiniens quand ils utilisent du ciment pour construire. Elle a été constamment menacée de démolition par Israël.

C'est la seule école de la région accessible à 160 enfants de cinq villages, a déclaré Human Rights Watch.

Les forces d'occupation israéliennes ont installé des barrages routiers [et une porte en métal à l'entrée du village, située près de l'autoroute Jérusalem-Jéricho, ndt], pour empêcher les enfants des communautés voisines d'atteindre l'école.

Pour illustrer la manière dont l'occupation militaire israélienne affecte les enfants palestiniens partout, les écoliers de Khan al-Ahmar ont brandi des posters des trois enfants qu'Israël a tués à Gaza depuis vendredi.

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Uthman Rami Hillis (photo ci-dessus), 14 ans, a été abattu vendredi 13 par un sniper israélien pendant les manifestations à l’est de Gaza-ville, alors qu’il ne représentait aucun danger direct ou mortel pour quiconque.

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Et samedi 14, Amir al-Nimra et Louay Kuhail (photo ci-dessus), deux copains de 14 ans chacun, ont été tués par un raid israélien sur le quartier al-Katiba, à Gaza-ville.

Démolition reportée

La démolition de la totalité de la communauté palestinienne de Khan al-Ahmar a été reportée au moins jusqu'au 15 août. Les avocats des résidents de Khan al-Ahmar ont déposé deux requêtes auprès de la Haute Cour d'Israël pour tenter d’arrêter la destruction.

Le tribunal a accepté l'une des pétitions et tiendra une audience à la mi-août. Le 5 juillet, la Haute Cour d'Israël a temporairement suspendu la démolition de la communauté bédouine palestinienne face aux protestations féroces des résidents et des activistes solidaires, et aux critiques internationales croissantes.Le tribunal avait donné au gouvernement israélien jusqu'au 11 juillet pour répondre à l'affirmation de la communauté selon laquelle des permis de construire lui ont été refusés.

Mais les Palestiniens sont très circonspects au sujet de l'injonction temporaire accordée par le tribunal à cette occasion ; le même tribunal a déjà béni leur expulsion forcée.

Israël a rejeté les affirmations de la communauté et a procédé à des préparatifs pour démolir le village en construisant des routes. Les autorités israéliennes ont également demandé la démolition de la seule école du village.

L'administration civile israélienne - la bureaucratie militaire qui supervise l'occupation de la Cisjordanie - "a déjà installé 10 maisons mobiles à al-Jabal Ouest pour une école de remplacement", selon le quotidien Haaretz de Tel-Aviv.

Al-Jabal Ouest est le nom d’une zone proche d’une décharge où Israël veut déplacer de force les habitants de Khan al-Ahmar – un crime de guerre.

Salaires pour un crime de guerre

Les employés de l’administration civile d’Israël ont annoncé une grève qui comprend la suspension de la démolition de Khan al-Ahmar.

Les employés ne se mettent pas en grève contre la démolition et le transfert forcé des Palestiniens. Au contraire, leurs protestations ont trait à leurs salaires et aux conditions selon lesquelles ils procèderaient à la destruction.

En d’autres termes, « pour une somme d’argent correcte, les employés seront disposés à commettre un crime de guerre, » a déclaré le groupe israélien de défense des droits de l’homme B’Tselem.

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« Les employés de l'Administration civile suspendent l'expulsion de Khan al-Ahmar dans le cadre d'un conflit de travail, avec le soutien du syndicat national des travailleurs. Pour la bonne somme d'argent, les employés seraient prêts à commettre un crime de guerre sanctionné par la Cour suprême. »

Prévue depuis des décennies

Haaretz a révélé que cela fait des décennies que Uri Ariel, ministre de l'Agriculture d'Israël et membre du parti de droite Habayit Hayehudi (foyer juif), a prévu l'expulsion de la communauté Khan al-Ahmar.

Ariel est un extrémiste religieux qui soutient le projet de construction d'un temple juif à la place de la mosquée al-Aqsa de Jérusalem et du Dôme du Rocher.

Un document signé par Ariel il y a environ 40 ans décrit un plan visant à annexer plus de 100.000 dunums [100 km²] de terres palestiniennes entre le Jourdain et la Méditerranée, créant ce qu'il appelle un « couloir juif », selon Haaretz. Dans le document, Ariel a admis que des communautés bédouines palestiniennes vivaient sur ces terres et les cultivaient.

C'est « contraire aux affirmations des colons aujourd'hui selon lesquelles les Bédouins ont récemment surgi et ‘se sont emparés’ des terres », rapporte Amira Hass dans Haaretz.

Ariel avait suggéré que le nettoyage ethnique des habitants bédouins pourrait être effectué sous le prétexte que la zone était utilisée par l'armée israélienne.

L'Union européenne, qui prétend s'opposer à la démolition de Khan al-Ahmar, a embrassé Ariel malgré ses antécédents d'extrémisme. Ci-dessous un tweet d’Emanuele Giaufret, représentant de l'Union Européenne en Israël :


Emanuele Giaufret‏ @EGiaufretEU 4 déc. 2017
"Rencontre avec Uri Ariel aujourd'hui pour discuter des excellents relations EU-Israël dans le domaine agricole ; les exportations israéliennes vers l'UE en augmentation de 7%. Gros potentiel pour d'autres coopérations."

« Solidarité en action »

Les familles bédouines Jahalin, dont les membres vivent aujourd’hui à Khan al-Ahmar, ont été expulsées de chez elles en 1977 et 1980, et dans les années 1990 avec l’approbation de la haute cour d’Israël.

Les Bédouins palestiniens étaient vus comme un simple obstacle à l'expansion des colonies voisines de Maaleh Adumim et de Kfar Adumim, considérées par les gouvernements israéliens passés comme « faisant partie de la métropole de Jérusalem », rapporte Hass.

La planification de Maaleh Adumim - maintenant une colonie énorme - a commencé quand Golda Meir était Premier ministre d'Israël au début des années 1970. Israël Galili, ministre du gouvernement de Meir, a déclaré à un journaliste que la presse ne devrait pas être impliquée dans la question « passionnante et intéressante » de la planification de la colonie « car elle pourrait porter tort », selon Haaretz.

Dans le cadre de la Grande Marche du Retour, les Palestiniens de Gaza ont dédié le dernière manifestation de vendredi 13 à Khan al-Ahmar et à la communauté bédouine qui y vit.

Sur cette vidéo, filmée à Gaza, un homme exprime ce soutien : « Nous sommes tous avec vous, » dit-il. « Nous sommes solidaires de Khan al-Ahmar. »

Photo
Capture d'écran de la vidéo ci-dessous


https://twitter.com/twitter/statuses/1017804435454558209

Source : The Electronic Intifada

Traduction : MR pour ISM

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