Fermer

S'inscrire à la mailing list ISM-France

Recevez par email les titres des derniers articles publiés sur ISM-France.

Votre adresse courriel

Fermer

Envoyer cet article

Votre adresse courriel
Envoyer l'article à
Votre message
Je profite de l'occasion pour m'abonner à la newsletter ISM France.
Palestine - ISM France

Imprimer cet article Envoyer cet article
Article lu 3871 fois

Monde Arabe -

Mars 2012 : La résistance au massacre sioniste à Gaza et le lien de cette bataille à la lutte de libération régionale

Par

La semaine d'attaque israélienne contre Gaza a vu la mort de 26 Palestiniens, des frappes aériennes visant quelques 40 sites dans la Bande à partir du 9 mars avec l'assassinat par Israël d'un dirigeant des Comités de résistance populaire. L'objectif d'Israël allait bien au-delà du seul ciblage de ce chef de la résistance. Il avait beaucoup plus à voir avec la façon dont Israël et ses soutiens occidentaux poursuivent leur stratégie, à savoir écraser ce qui reste de la résistance régionale à la domination occidentale et sioniste totale de la région, les cibles principales étant la résistance palestinienne, le Hizbullah libanais, la Syrie et l'Iran. Il faut garder à l'esprit qu'Israël n'aurait pas pu mener cette agression sans le feu vert des US(a), ni celui d'éléments en Europe. Ce fut tout autant une guerre en droite ligne avec les changements de régime dirigés par l'Occident dans la région qu'une guerre israélienne.

Mars 2012 : La résistance au massacre sioniste à Gaza et le lien de cette bataille à la lutte de libération régionale

Résistants du Jihad islamique palestinien à Gaza
Dans la prochaine guerre d'agression contre l'Iran, plusieurs considérations se posent au sionisme et à l'empire ; ils sont préoccupés par la capacité de réponse de la Syrie, du Hizbullah libanais et de la résistance palestinienne. Le gouvernement syrien a déjà affirmé que dans l'éventualité d'une guerre ouverte contre lui, il ouvrira les hostilités contre Israël. La Syrie attaquera-t-elle Israël si l'Iran est sous attaque ? Cela pourrait se produire, mais peut-être est-ce une question académique car il semble qu'à l'approche d'une attaque sur l'Iran, le sionisme et l'impérialisme cherchent clairement à mettre d'abord hors de combat la Syrie baasiste, puis à neutraliser le Hezbollah libanais, puisqu'il est probable que le Hezbollah attaquera Israël en cas de guerre ouverte contre l'Iran.

La résistance palestinienne est elle aussi une grande préoccupation ; l'agression de la semaine dernière voulait évaluer la capacité actuelle de la résistance à Gaza. Cependant, le fusil ne dirige pas la résistance, la politique de résistance dirige le fusil, donc ce dernier combat des massacreurs sionistes et des résistants palestiniens est aussi un test sur la position politique des différentes factions de la résistance palestinienne en relation à une guerre contre l'Iran. Globalement, le sionisme et l'impérialisme sont plutôt satisfaits de ce qu'ils ont appris.

Il y a une autre dynamique qu'Israël et l'Occident devraient normalement prendre en compte, c'est la réaction des Etats occidentaux autres que les loyalistes sionistes - les US(a) et le Royaume-Uni - ainsi que la manière dont réagirait l'opinion publique occidentale, qui est solidaire des Palestiniens. Sur ces deux questions, l'Occident et Israël ne sont pas inquiets.

Il y a un petit peu plus d'un an, si Israël avait massacré 26 Palestiniens en moins d'une semaine dans la prison à ciel ouvert qu'est Gaza, il aurait fait les unes des journaux occidentaux, et aurait fait descendre dans les rues du monde entier des centaines de milliers de manifestants pro-palestiniens. La Palestine n'est plus le cœur du problème. Ce qui l'est, ce sont les changements de régime dirigés par l'Occident à travers les soulèvements arabes.

Ce qui était il y a un an une progression générale et une force grandissante de l'axe de la résistance dans la région a été transformé maintenant en son proche contraire : l'ascension par le Printemps arabe d'une vague intolérante anti-shiite, anti-chrétienne, anti-sunnite iranienne, qui a pris le pouvoir en Libye, a fait de la Tunisie une rampe de lancement de la contre-révolution régionale (voir la conférence pro-Otan "Amis de la Syrie" à Tunis, ou ce que le régime syrien appelle les "Amis de l'impérialisme") et menace la Syrie et le Liban.

La branche armée du Hamas ne s'est pas engagée dans la résistance militaire pendant l'attaque sioniste de la semaine dernière, et en outre, il y a eu des signaux mitigés du Hamas en terme de ce que serait leur réponse dans le cas d'une guerre contre l'Iran. Ce qui indique qu'il y a des divergences au sein de la direction du Hamas sur ce sujet, mais à lire les dernières démarches des dirigeants du Hamas, il semble qu'ils soient en train de prendre de plus en plus de distance avec la Syrie, le Hezbollah et l'Iran, et de graviter vers les soulèvements arabes sous l'égide des monarchies du Golfe, de la Turquie et de l'Otan. L'Etat israélien doit être satisfait que le Hamas refuse d'entrer dans la bataille, et que des éléments du mouvement islamique aient indiqué qu'ils ne défendraient pas l'Iran.

Mis à part le Hamas, pratiquement toutes les autres factions militantes à Gaza se sont lancées dans une activité de résistance la semaine dernière. Le Jihad Islamique palestinien (JIP) préoccupe particulièrement Israël et l'Occident. La création du JIP en 1979 fut inspirée par la Révolution islamique anti-impérialiste en Iran, la même année. Les fondateurs du JIP étaient des membres éminents et bien connus de la branche palestinienne des Frères Musulmans, "Ikhwan". Le PIJ a vu la nécessité d'une résistance militante à l'occupation, mais il a fallu à l'Ikhwan palestinien huit autres années pour créer le Hamas. Le JIP jouit d'une très bonne réputation parmi les Palestiniens comme se consacrant à la cause, et c'est la faction la plus proche de la Syrie et en particulier du Hezbollah et de l'Iran.

Le Jerusalem Post a consacré un article à vanter la façon dont l'armée israélienne avait érodé la capacité militaire du JIP la semaine dernière, mais était pourtant "impressionné par la capacité du Jihad Islamique à lancer plus de 300 roquettes pendant les cinq principales journées d'hostilité." Le même article déclarait également que le JIP n'avait pas utilisé ses missiles à longue portée qui peuvent atteindre Tel Aviv et qui doivent quelque peu inquiéter l'Etat juif.

Dans un autre article, un des dirigeants militants du JIP à Gaza déclarait, "Notre combat fondamental est en Palestine, mais si l'ennemi sioniste frappe l'Iran et Gaza en même temps, nous répondrons avec force," le mot crucial ici est "et", on peut imaginer une situation où la guerre contre l'Iran ne voit pas une attaque simultanée sur Gaza, cela signifie-t-il que le JIP ne donnera pas de réponse militante ? Ce n'est pas clair.

Le fin mot pour le sionisme et l'Occident est qu'ils préfèreraient que tout soit calme sur le front palestinien lorsqu'ils lanceront leur agression contre l'Iran. Cependant, la guerre avec l'Iran pourrait facilement entraîner la Syrie, le Liban et la Palestine. Aussi, en préparation du ciblage de l'Iran, ils ont l'intention de mettre hors de combat le gouvernement syrien, d'écraser le Hezbollah libanais à travers une guerre civile et/ou une vague de conflits sectaires initiés et encouragés par les gangs armés sectaires en Syrie, avec peut-être des frappes aériennes contre le Liban. L'Occident et Israël semblent être en train de se rendre compte que c'est le JIP en Palestine qui pose le plus gros problème à leurs plans guerriers.

L'unité de toutes les forces qui croient à l'indépendance anti-impérialiste et au développement centré sur les peuples est la formule la plus sûre pour renforcer la lutte dans la région. Le Printemps arabe, d'un autre côté, est en train de diviser la résistance régionale à travers les jeux politiques et les intrigues de la Turquie, des monarchies du Golfe et de l'Occident.

La grève de la faim du prisonnier PIJ Adnan Khader fut en partie une tentative de recentrer l'attention sur la lutte palestinienne anti-sioniste et anti-impérialiste. Malheureusement, l'entreprise héroïque de Khader pour mettre la lutte en exergue a échoué, puisqu'il semble que presque personne n'est intéressé, comme ce fut le cas jadis, à la libération palestinienne, et que la préoccupation principale soit devenue le renversement de vieux ennemis d'Israël et de l'Occident comme Kadhafi et Assad.

Le sort de la lutte de la région pour l'indépendance est entre les mains des gouvernements syrien et iranien et des mouvements de guérilla de Palestine et du Hezbollah libanais, avec la Russie et la Chine fournissant un soutien international décisif contre les guerres d'agression. Certains diront qu'il est urgent que les gens qui soutiennent la libération palestinienne réfléchissent au fait que le libération viendra de la lutte contre Israël et les intérêts occidentaux, pas de la facilitation de changement de régimes pour les principaux ennemis des peuples de la région.


Photo

Source : Sons of Malcolm

Traduction : MR pour ISM

Faire un don

Afin d'assurer sa mission d'information, ISM-France fait appel à votre soutien.

Oui ! Je soutiens ISM-France.


Contacter ISM France

contact@ism-france.org

Suivre ISM France

S'abonner à ISMFRANCE sur Twitter RSS

Avertissement

L'ISM a pour vocation la diffusion d'informations relatives aux événements du Proche Orient. Les auteurs du site travaillent à la plus grande objectivité et au respect des opinions de chacun, soucieux de corriger les erreurs qui leur seraient signalées.

Les opinions exprimées dans les articles n'engagent que la responsabilité de leur auteur et/ou de leur traducteur. En aucun cas l'ISM ne saurait être tenu responsable des propos tenus dans les analyses, témoignages et messages postés par des tierces personnes.

D'autre part, beaucoup d'informations émanant de sources externes, ou faisant lien vers des sites dont il n'a pas la gestion, l'ISM n'assume aucunement la responsabilité quant à l'information contenue dans ces sites.

A lire également...
Même lieu

Monde Arabe

Même sujet

Impérialisme

Même auteur

Sukant Chandan

Même date

24 mars 2012