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Egypte -

Mouvements ouvriers en Egypte et deux conférences "La classe ouvrière se lève".

Par

Documents en anglais et en arabe.

Les ouvriers de l'usine textile avaient commencé leur grève hier dimanche à 15h30 pour protester contre le retard dans le paiement de leurs salaires, certains d'entre eux n'ayant pas reçu de paye depuis 3 mois.
Alaa Gameel, gréviste, raconte que, samedi soir (11 juillet), le propriétaire de l'usine, Ismail Abul Sebae, a annoncé aux ouvriers la "fermeture temporaire" de l'usine pendant 49 jours en raison de problèmes financiers.

"Il nous a aussi dit d'aller chercher du travail ailleurs si on pouvait", a ajouté Gameel. Craignant que cette fermeture ne soit le prélude à la liquidation de leur outil de production, les ouvriers ont refusé ces "vacances forcées" et demandé qu'on leur paie leurs salaires complets. Dimanche matin, des officiers de polices ont fait un tour dans l'usine et promis aux ouvriers qu'ils seraient payés à 15h.

"Lorsque l'horloge a sonné les 15 heures, tous les cadres de la direction ont disparu", ajoute Gameel, "la police a aussi disparu après nous avoir enfermés dans l'usine et scellé les portails".

La société Abul Sebae Textile Company située dans la zone industrielle de Mahalla, produit des serviettes et des peignoirs destinés à l'exportation aux Etats-Unis, en Israël et en Corée du Sud, selon Hamdi Hussein, directeur du Afaq Centre (groupe de soutien aux droits des travailleurs). L'usine se trouve à l'intersection de quatre routes nationales importantes qui traversent le département du Delta du Nil. La société qui se compose de trois unîtes de production sur le site, emploie, plus de 8.000 ouvriers et ouvrières, selon Alaa Gameel.

A 15h30, les ouvriers des trois unités ont commence à perdre patience et se sont mis à crier des slogans devant les portails fermes. "Ce sont les filles qui ont commencé" dit Gameel, "en une demi-heure elles sont arrivées, ont coupé la circulation sur les nationales et on ne pouvait pas les laisser toutes seules, alors, les hommes ont défoncé les portails et ont rejoint les femmes".

La police est intervenue et des heurts s'en sont suivis avec les grévistes qui ont détruit au moins trois voitures et un bus qui avait renversé une ouvrière. La circulation a été bloquée de 16h à 19h devant l'usine, jusqu'a ce que des élus, des hauts gradés de la sécurité intérieure et des représentants du ministère du Travail parviennent à convaincre les grévistes d'entamer des négociations. La première proposition faite par Ezzat Derrag, élu, a été refusée, elle consistait à donner 25 livres égyptiennes* à chaque ouvrier avec la promesse que le reste des salaires serait "bientôt" payé.

Hamdi Hussein ajoute "très peu d'ouvriers dans l'usine ont des contrats de travail ou des salaires décents, certains dans la section tissage gagnent des salaires qui peuvent arriver à plus de 100 livres égyptiennes, les autres gagnent beaucoup moins que ça".

Alaa Gameel, 24 ans, travaille dans l'usine depuis dix ans sans contrat de travail et pour un salaire journalier de 11 livres égyptiennes, qui est payé tous les 15 jours. Il a été obligé de signer une lettre de démission non datée avant d'avoir le poste, "c'est comme ça que ça marche dans le secteur privé", ajoute Hamdi Hussein.

"Les 25 livres égyptiennes qu'ils nous ont proposé hier étaient une insulte, nous voulons une paye complète, déjà qu'on n'a pas de sécurité sociale et qu'on peut être licencié à tout moment, au moins qu'ils nous donnent notre salaire entier", ajoute Gameel.

Les ouvriers ont poursuivi la grève jusqu'a ce matin lundi 13 juillet à 8 heures. Des représentants du gouvernement et des ressources humaines de l'usine ont fait une autre proposition selon laquelle un tiers des salaires impayés seraient versés immédiatement et le reste dimanche prochain.

Un certain nombre d'ouvriers ont accepté l'offre et sont retournés au travail, d'autres ont refusé, et d'autres attendent encore d'être payés aujourd'hui. Nul ne sait si les équipes de nuit vont accepter la nouvelle proposition.

Les journalistes ont essayé en vain de contacter le propriétaire de l'usine.
"Vous savez ce que les ouvriers de Mahalla ont fait l'année dernière?" demande Gameel, "on a tout brulé parce qu'on ne pouvait pas trouver de pain, est-ce que le gouvernement veut qu'on recommence cette année? On veut notre paye sans quoi on va de nouveau tout bruler".

* 1 euro=7,92 livres égyptiennes

article paru en anglais à ce lien : http://arabist.net


Près de 1.000 ouvriers et ouvrières de l'usine textile de Abul Seba, à Mahalla al Koubra (qui avait connu des grèves de plus de 20.000 ouvriers en 2006 et 2007) se sont mis en grève le 12 juillet à 15h pour réclamer leurs salaires impayés depuis 3 mois.

Les ouvriers, conduits par les jeunes ouvrières, ont détruit le portail de l'usine et occupé la route nationale en face de l'usine, bloquant la circulation entre 16h et 19h ce jour, trois voitures et un bus qui avait renversé une ouvrière, ont été également détruits.

Sur la vidéo ci-dessous, on peut entendre les ouvrières crier : "On veut notre argent ! On veut manger ! On veut se marier !"

اعتصام عمال وعاملات مصنع ابو السباع بالمحلة..تصوير محمد مرعى from mohammed maree on Vimeo.


A suivre sur le site du bloggeur égyptien Al Arabawy.

Egypte – la classe ouvrière se lève, Marxisme 2009 - 5 juillet 2009
Centre d’Etudes Socialistes : Marxisme 2009





Egypte – la classe ouvrière se lève, Marxisme 2009 - 5 juillet 2009
Intervention de Tarik, du syndicat indépendant des percepteurs d’impôts fonciers, premier syndicat indépendant égyptien créé en 1957, non inféodé et non contrôlé par la Fédération nationale des ouvriers et employés egyptiens, elle-même totalement aux mains du gouvernement, des patrons et de la police depuis des décennies.





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