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Gaza -

Moyen Orient : NON à une autre force internationale

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Depuis que la faction de résistance Hamas a pris le contrôle de la Bande de Gaza en juin, le Président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a appelé deux fois au déploiement d'une "force internationale" dans le territoire agité. Mais avec des contingents internationaux déjà déployés dans divers points chauds, du Liban à l'Afghanistan, certains observateurs voient cette tendance comme un défi aux principes de souveraineté nationale.

Moyen Orient : NON à une autre force internationale

Sud Liban, 25.7.2006. L'armée israélienne bombarde un bâtiment des Nations Unies. Quatre casques bleus tués.
"Le phénomène représente un retour de la région au colonialisme étranger des époques passés, quoique sous une forme neuve, internationalisée", dit à IPS Abdel-Halim Kandil, analyste politique et ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire d'opposition al-Karama. "Une présence internationale dans la Bande de Gaza serait tout particulièrement dangereuse parce que pour beaucoup, elle ne serait pas différente de l'occupation israélienne."

Au cours des cinq dernières années, le Moyen Orient et les régions voisines ont vu les déploiements de force internationale proliférer. Certains ont reçu un mandat de simples gardiens de la paix, mais d'autres ont été déployés avec des arrière-pensées militaires.

A la suite de la guerre de l'an dernier entre Israël et la faction de résistance shiite Hezbollah, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), mandatée pour stabiliser le sud du pays depuis 1978, a été renforcée de 15.000 hommes.

Peu de temps après, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) – par la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (FIAS) mandatée par les Nations Unies – a pris le commandement des forces militaires en Afghanistan sous la direction des Etats-Unis.

Plus récemment, le 31 juillet, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a décidé d'envoyer 19.000 casques bleus au Darfour (Soudan), où la force rejoindra plusieurs milliers de soldats de l'Union Africaine. Surnommée Mission Conjointe des Nations Unies et de l'Union Africaine au Darfour (MINUAD), cette force devrait arriver au Soudan dans les prochains mois.

Dans la région, de nombreux observateurs se posent des questions sur les motifs d'un tel déploiement de force internationale, casques bleus et autres.

"Graduellement, la région est soumise à davantage de gardiennage international", a déclaré à IPS Essam al-Arian, membre dirigeant du Mouvement d'opposition des Frères Musulmans en Egypte. "Ces soi-disant forces internationales – en dépit de leurs mandats officiels – sont subrepticement utilisées pour servir le projet sioniste au Moyen Orient, se saisir du pétrole de la région et empêcher les peuples arabes de choisir leurs dirigeants de façon démocratique."


En dépit de la méfiance générale d'une intervention internationale dans des affaires locales, le 29 juin, Abbas a appelé au déploiement d'une force internationale dans la Bande de Gaza après que le Hamas en ait pris le contrôle à la mi-juin. Mais l'idée a été écartée par presque toutes les autres factions palestiniennes comme fichue d'avance.

Des critiques particulièrement dures sont venues des officiels du Hamas, qui ont dit que cette démarche constituerait "un premier pas vers l'éradication de la cause palestinienne."

"Abbas va trop loin dans sa prédisposition à sacrifier les intérêts palestiniens", selon Yehia Daabisa, vice-président du bloc parlementaire Hamas cité dans l'édition du 15 juillet du quotidien arabe Asharq al-Awsat. "Pourquoi Abbas ne demande-t-il pas le déploiement des forces internationales en Cisjordanie – qui est toujours sous occupation – pour protéger les habitants des arrestations et des assassinats quotidiens (par l'armée israélienne) ?"

Lors d'une déclaration, la branche militaire du Hamas a clairement dit qu'"ils ne permettraient, en aucune circonstance" que des forces internationales entrent dans la Bande de Gaza. Et d'avertir que ces forces seraient "accueillies par des tirs d'artillerie et de missiles."

Le Caire également, pour qui la situation dans la Gaza voisine demeure un problème de sécurité aigu, a écarté l'idée. Selon une source diplomatique citée dans l'édition du 2 juillet du quotidien indépendant al-Masri al-Youm, le Caire ne veut pas se mettre à dos les diverses factions palestiniennes "qui considèreraient qu'une intervention internationale est une autre forme d'occupation".

Cette source ajoute qu'un déploiement international à Gaza "aurait un effet négatif sur l'unité nationale (palestinienne), sur la frontière (Egypte-Gaza) et sur la sécurité nationale égyptienne."

En dépit de ces réactions négatives, Abbas a réitéré sa proposition le 10 juillet. "Nous avons insisté sur la nécessité du déploiement d'une force internationale dans la Bande de Gaza pour garantir la livraison de l'aide humanitaire et pour permettre aux citoyens d'entrer et de sortir librement", a dit Abbas à la suite de sa rencontre avec le Premier Ministre italien Romano Prodi à Ramallah.

Beaucoup de commentateurs locaux ont dit qu'Abbas était plus motivé par des considérations politiques qu'humanitaires.

"Abbas veut tout simplement une force internationale pour protéger les intérêts du Fatah à Gaza contre le Hamas", dit Kandil. "Il n'a pas besoin de cette force en Cisjordanie , où les forces israéliennes d'occupation remplissent déjà cette fonction."

Et Kandil ajoute : "La situation sécuritaire à Gaza – sous le gouvernement du Hamas – s'est réellement améliorée depuis les deux derniers mois."

Selon Mohamed Abu al-Hadid, analyste politique et président de la maison d'édition nationale Dar al-Tahrir (qui publie le quotidien officiel al-Gomhouriya), "ce n'est pas dans l'intérêt palestinien" d'avoir une force internationale stationnée à Gaza. "Tout déploiement international dans le territoire doit faire partie d'un règlement final entre Israël et les Palestiniens", a déclaré Abu al-Hadid à IPS.

Même les Etats-Unis ont minimisé la viabilité de l'envoi d'une force internationale dans les territoires dans les circonstances actuelles. "Il paraît difficile de trouver des forces efficaces qui seraient prêtes à aller dans un tel environnement", a déclaré, le 14 juillet, le porte parole du département d'Etat US Sean McCormack.

Dans une sorte d'alliance étrange, la proposition d'Abbas a été approuvée par le ministre israélien Avigdor Lieberman, chef du parti de droite Yisrael Beiteinu. En juin dernier, Lieberman a été jusqu'à rendre visite à plusieurs membres de l'OTAN pour gagner des soutiens à cette idée.

Mais que la proposition d'Abbas trouve le soutien de Lieberman – dont le parti a ouvertement appelé à l'expulsion des Palestiniens des terres convoitées par Israël – n'a fait que ruiner davantage l'image du Président de l'Autorité Palestinienne comme défenseur de la cause palestinienne.

"C'est une preuve de plus qu'Abbas agit selon le programme US-israélien dans la région", dit Kandil, "et non dans l'intérêt d'un Etat palestinien".

Source : Inter Press Service News Agency

Traduction : MR pour ISM

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