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Palestine - ISM France

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Gaza -

Nettoyage ethnique des villages de Faluja et d’Iraq Al-Manshiya

Par

Extrait du livre de Benny Morris "La naissance du problème des réfugiés palestiniens" - pages 243, 244 & 245.

"Dans les derniers jours de la signature de l'accord général d'Armistice entre Israel et l'Egypte, Israel a violé ses conditions en intimidant et poussant à fuir les 2000 à 3000 villageois de Faluja et d’Iraq Al-Manshiya, les dernières communautés Arabes Palestiniennes des abords du Nord du Negev."

Au début de 1949, il y avait environ 3140 Arabes Palestiniens ainsi qu'une brigade Egyptienne coincés dans la "poche de Faluja", une enclave égyptienne du nord de Beersheva cernée et restée après les combats de décembre 1948 et janvier 1949.

Plus de 2000 étaient des habitants d’Iraq Al-Manshiya et d'Al-Faluja et les autres étaient des réfugiés venant d'un peu partout du Sud de la Palestine.

Les Egyptiens avaient insisté pour que l'arccord d'Armistice garantissent explicitement la sécurité des personnes, des droits et des biens de ces civils.

Dans un échange de lettres annexé à l'Accord d'Agrément, Israël avait accepté que : "Les civils qui désirent rester à Faluja et à Iraq Al-Manshiya seront autorisés à le faire. Il sera fourni à tous ces civils une sécurité totale de leurs personnes, de leurs habitations, de leurs biens et de leurs effets personnels."

Un petit nombre, peut-être quelques petites centaines – des civils, en majorité les réfugiés installés dans la poche, ont quitté Faluja avec le départ des troupes égyptiennes, un ou deux jours après, le 26 février 1949.

La grande majorité est restée et a été placée sous la réglementation du gouvernement militaire israélien, ce qui incluait des couvre-feux nocturnes et des restrictions au déplacement à l'extérieur des villages.

Quelques jours plus tard, le statu quo qui régnait dans les deux villages a été brisé par la garnison locale israélienne.
Des représentants de l'AFSC ont appelé ce qui était arrivé : "Guerre psychologique Juive".

Le médiateur des Nations Unies, Ralph Bunche, citant les observateurs des Nations-Unies sur le terrain, s'est plaint que : "Les Arabes civils… à Al Faluja ont été battus et volés par les soldats israéliens…Il y a eu quelques cas de tentative de viol."

Les troupes israéliennes ont tiré de façon confuse et les 2400 civils Arabes restants qui cherchaient protection, se sont rassemblés autour des observateurs des Nations Unies."
Ces civils voulaient partir pour Hébron en Transjordanie.

Les Quakers ont dit que les Arabes voulaient maintenant partir mais qu'une nouvelle garantie sincère des autorités israéliennes pourraient encore persuader les Arabes à rester. Aucune nouvelle garantie n'a été formulée.

Yadin a rejeté les plaintes des Nations Unies sur l'intimidation israélienne comme étant "exagérées".

Mais Sharett, prudent quant aux répercussions internationales et en particulier, de l'effet possible sur les relations Israélo-Egyptiennes, et en colère de l'action de l'IDF faite sans l'autorisation du gouvernement et derrière son dos, n'était pas vraiment rassuré. Il envoya à son Chef d'Etat Major, le Général Yaacov Dori, des propos durs.

Les actions de l'IDF à Faluja remettent en question "notre sincérité en tant que partie prenante d'un accord international… On peut supposer que l'Egypte, sur cette question, montrera une susceptibilité particulière puisque ses forces se sentent responsables du sort de ces habitants civils. On peut aussi craindre que toute attaque de notre part contre la population civile de ces deux villages pourrait se refléter dans l'attitude du gouvernement du Caire sur la population Juive de l'Egypte."

Le Ministre des Affaires Etrangères a indiqué qu'Israël rencontrait des difficultés aux Nations-Unies, dont il cherchait à être membre, "sur la question de notre responsabilité dans le problème des réfugiés Arabes…Nous avons affirmé que nous n'étions pas responsables.. Dans cette perspective, la sincérité de notre parole est testée par notre comportement dans ces villages… Toute pression intentionnelle visant à déraciner (ces Arabes) équivaut à un acte planifié d'expulsion de notre part."

Sharett a ajouté qu'en plus de la violence ouverte montrée par les soldats, l'IDF devait mener de façon discrète une campagne de "propagande de rumeurs" parmi les Arabes, les menaçant d'attaques et d'actes de vengeance de l'armée, que les autorités civiles seront impuissantes à empêcher.

Cette "propagande de rumeurs" (ta'amulat lahash) ne s'est pas faite toute seule. Il n'y a aucun doute que là, il y a une action calculée visant à augmenter le nombre de ceux qui partent vers les collines d'Hébron comme si c'était de leur plein gré, et, si possible, d'amener l'évacuation de l'entière population civile (de la poche).

Sharret a appelé les actions de l'IDF "une initiaitve non autorisée par le commandement local dans une affaire liée à la politique du gouvernement israélien."

La décision d'intimider pour faire fuir les habitants de Faluja et d’Iraq Al-Manshiya avait probablement été prise par le Général Allon, commandant du front Sud, après une réunion avec Yosef Weitz le 28 février (et probablement après avoir obtenu l'accord de Ben Gourion).
Les deux villages étaient situés sur l'axe stratégiquement vital Gaza-Hébron, et sur des bonnes terres agricoles.

Quelques mois auparavant, Weitz et Ben Gourion, avaient donné leur accord sur le besoin de faire partir les communautés Arabes par intimidation situées sur l'axe Faluja-Majdal. Ben Gourion avait également approuvé l'action parce que Faluja était devenu un symbole du courage et de la fermeté militaire des Egyptiens.

La peur infligée aux civils de la poche au cours des premiers jours de mars a suffi la majorité d'entre eux à opter pour la "solution Transjordanienne" et la plus part sont partis pour les collines d'Hébron dans les semaines suivantes.
Le dernier est parti le 21 avril 1949.

Par la suite, les responsables israéliens, parfois en feignant l'affront, ne furent pas totalement sincères sur ce qui était arrivé. Le directeur du Ministère des Affaires Etrangères, le Général Eytan, par exemple, a déclaré à l'Ambassadeur des Etats-Unis, McDonald, qu'Israël avait diffusé des "annonces rassurantes répétées" aux Arabes de Faluja et d’Iraq Al-Manshiya pour qu'ils restent.

Pourtant, les habitants locaux ont agi "comme s'ils avaient senti un rat" et ont abandonné leurs maisons.

Eytan a décrit les Arabes, dans cette affaire, comme "des primitifs et guidés par la rumeur".
Par contre, quand ils ont admis qu'il y avait eu intimidation, les responsables israéliens ont eu tendance à blâmer les initiatives locales et les commandants locaux indisciplinés.

Source : http://www.palestineremembered.com/

Traduction : MG pour ISM

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