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Palestine - ISM France

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Palestine -

Oslo, 20 ans après : il n’y a jamais eu de processus de paix

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La faillite du processus engagé le 13 septembre 1993 à Washington par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat n'est pas un accident, soutient Julien Salingue (Paris 8) : elle était « inscrite dans l’esprit et la lettre » des accords d’Oslo, qui n’ont pas rompu avec« les logiques à l’œuvre dans les territoires palestiniens au cours des décennies précédentes » mais ont au contraire permis « une réorganisation du dispositif d’occupation israélienne ». Julien Salingue participera au débat organisé mercredi 18 septembre avec Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l’Unesco, Cédric Gerbehaye, photographe et auteur du web-documentaire « Broken Hopes, Territoire palestinien occupé : vingt ans après les accords d'Oslo » et Pierre Puchot, journaliste à Mediapart. Cette rencontre sera animée par Edwy Plenel.

Le 13 septembre marque le vingtième anniversaire de la poignée de mains entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin sur la pelouse de la Maison Blanche, saluée à l’époque comme le symbole de l’entrée dans une nouvelle ère : le conflit israélo-palestinien allait prendre fin, et deux États allaient bientôt coexister. Mais vingt ans après, chacun constate que les promesses n’ont pas été tenues et que la paix semble plus loin qu’elle ne l’a jamais été. Et de se remémorer ce moment historique, et de se demander ce qui n’a pas fonctionné.

Oslo, 20 ans après : il n’y a jamais eu de processus de paix

20 ans d'Oslo : Ce que le processus de paix a signifié pour les Palestiniens
septembre 1993 - septembre 2013
Plus de 7.000 Palestiniens tués par les forces israéliennes ; plus de 12.000 maisons palestiniennes détruites ; plus de 250.000 colons israéliens supplémentaires ; 700 km de mur d'apartheid

Historique, la poignée de mains, qui matérialisait la “ reconnaissance mutuelle ” entre les ennemis d’hier, l’était sans aucun doute. Historique, la présentation d’un document cosigné par des représentants de l’État d’Israël et de l’OLP l’était aussi. Historique, la perspective d’un retour de la direction palestinienne dans les territoires occupés l’était également. Mais au-delà ce ces symboles, le contexte dans lequel les Accords ont été signés, les divergences d’interprétation quant à leurs objectifs et le contenu même des textes avaient de quoi inquiéter et tempérer les ardeurs.

La thèse défendue ici est que la faillite du Processus d’Oslo n’est pas liée à un incident de parcours ou à une mauvaise application des accords signés entre les deux parties. Cette faillite était en réalité inscrite dans l’esprit et la lettre des Accords d’Oslo, qui n’ont pas constitué une rupture avec les logiques à l’œuvre dans les territoires palestiniens au cours des décennies précédentes et qui n’ont pas ouvert un quelconque “ processus de paix ”. Ce à quoi nous avons assisté est en réalité une réorganisation du dispositif d’occupation israélienne, misant sur la cooptation de la direction historique du Mouvement national palestinien au sein des structures coloniales. Un pari risqué, et perdu, en raison de l’insoumission de la population palestinienne de Gaza et de Cisjordanie et de sa volonté maintenue de lutter pour l’obtention de ses droits nationaux.

Une “ reconnaissance mutuelle ” ?

Les « lettres de reconnaissance mutuelle » palestinienne et israélienne (1), signées respectivement par Yasser Arafat (9 septembre) et Yitzhak Rabin (10 septembre), donnent un premier indice quant à la réalité des rapports de forces et des “ sacrifices ” des deux parties. Le leader palestinien affirme ainsi, entre autres, que l’OLP « reconnaît le droit de l’État d’Israël à vivre en paix et dans la sécurité », « accepte les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité [de l’ONU] », « déclare que toute les questions […] seront résolues par la négociation », « renonce à recourir au terrorisme et à tout autre acte de violence » et « affirme que les articles et points de la Charte palestinienne qui nient le droit d’Israël à exister, ainsi que les points de la Charte qui sont en contradiction avec les engagements de cette lettre sont désormais inopérants et non valides ».

Engagements auxquels le Premier Ministre israélien répond ce qui suit : « En réponse à votre lettre du 9 septembre 1993, je souhaite vous confirmer qu’à la lumière des engagements de l’OLP qui y figurent, le gouvernement d’Israël a décidé de reconnaître l’OLP comme le représentant du peuple palestinien et de commencer des négociations avec l’OLP dans le cadre du processus de paix au Proche-Orient ». Ni plus, ni moins. Le gouvernement israélien reconnaît certes, formellement, l’existence d’un peuple palestinien et le fait que l’OLP est son représentant. On est donc bien loin des propos de Golda Meir lorsqu’elle affirmait, à la fin des années 1960, que les Palestiniens « n’existaient pas » (2) ou de la tentative de destruction totale de l’OLP menée au Liban au début des années 1980. Mais, contrairement à l’OLP qui reconnaît la légitimité de l’État d’Israël, accepte les résolutions de l’ONU et s’engage à renoncer à la lutte armée pour régler l’ensemble des questions, le général Yitzhak Rabin se contente de reconnaître l’OLP, sans affirmer que les Palestiniens auraient de quelconques “droits”, et de s’engager à « commencer des négociations », sans plus de précisions, notamment au sujet des résolutions de l’ONU.

Deux incidents révèlent en outre que ces “engagements” israéliens sont loin de révéler une réelle conviction de la part, notamment, du premier ministre YitzhakRabin. Le matin du 13 septembre, la délégation palestinienne découvre ainsi que le terme « OLP » ne figure pas dans la Déclaration de Principes mais est remplacé par « équipe palestinienne de la délégation jordano-palestinienne », signe manifeste de la réticence israélienne à reconnaître l’OLP et l’autonomie des représentants palestiniens.

Après une série de coups de téléphone et de discussions “de couloir”, les Palestiniens obtiennent finalement gain de cause. La précipitation conduit toutefois à des oublis qui mèneront, au final, les deux parties à parapher un document « historique » mais… raturé à la main.

Photo


Lire la suite de l'analyse de Julien Salingue sur Médiapart.


Source : Médiapart

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13 septembre 2013