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Palestine - ISM France

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Hébron -

Peur et haine, à Hébron

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Comme tous les week-ends, et donc, aussi, vendredi dernier, à cinq heures de l’après-midi, des soldats ont pris position sur la terrasse de la maison de Hussam Jaber, à Wadi Nasara [ce toponyme signifie ‘la vallée des chrétiens’, ndt], dans les faubourgs est d’Hébron.
Cette maison, de trois étages, donne sur une rue étroite, qui se dirige vers le sud, et rejoint l’«autoroute des fidèles», laquelle relie la colonie juive de Kiryat Arba au Tombeau des Patriarches.

Depuis cette terrasse, vous voyez tout : la vallée, les collines qui l’encadrent, les maisons du quartier, les vignobles, les oliveraies, les vergers de pêchers : tout ce beau paysage s’étend sous vos yeux,– cela vous donne l’impression de contempler une carte en relief.


Les soldats (de ‘Tsahal’) ont fixé un projecteur très puissant à la rambarde de la terrasse («C’est nous qui payons l’électricité… » m’indique un membre de la famille) et ce projecteur illumine la vallée.
Et cela se renouvelle, tous les vendredis et tous les samedis, afin d’assurer la sécurité des nombreux fidèles juifs qui parcourent le trajet, long d’environ un kilomètre, entre Kiryat Arba (où ils habitent) et la vieille ville d’Hébron (où ils viennent prier).


«Le vendredi et le samedi, nous ne sortons pas de chez nous », m’a dit un habitant du quartier, vendredi dernier, « à cause des nombreux colons juifs qui empruntent la vallée et aussi des renforts militaires, nous n’osons pas nous aventurer dehors.»


Le poste d’observation hebdomadaire, sur la terrasse des Jaber, n’est pas le seul à dominer la vallée. Trois autres postes militaires permanents d’observation encadrent la vallée et y font régner la lumière du jour en pleine nuit.

Les habitants des étages supérieurs, dans ce quartier situé à quelques dizaines de mètres au sud de Kiryat Arba, n’osent pas allumer la lumière chez eux, durant les week-ends, de peur d’attirer l’attention des gens qui passent dans la rue, au pied de leur immeuble : cela pourrait leur donner l’envie de jeter des pierres, voire, pire – ce qu’à Dieu ne plaise – de tirer en l’air.

Nombreux sont les habitants du coin à ne plus monter dans les étages supérieurs des immeubles ou de s’approcher des fenêtres. Et lorsqu’ils le font, ils abaissent la voix et ne vous parlent plus qu’en chuchotant.


Aussi, vendredi, à sept heures du soir, environ, lorsque les habitants du quartier entendirent des tirs, ils pensèrent d’abord que c’étaient des soldats ou des colons juifs qui tiraient. Personne n’aurait pu imaginer que là, juste sous les projos et sous le nez de la position militaire voisine, des soldats israéliens étaient en train de se faire tuer par des tirs palestiniens.




H. fut sans doute parmi les rares personnes - et aussi parmi les premières - à réaliser ce qui se passait. Il était venu passer la journée du vendredi chez des parents, dans une des maisons de la vallée, au milieu des cultures.

Il me dit avoir vu deux Jeeps de la police des frontières, stationnées au milieu des arbres fruitiers de la vallée, depuis trois heures de l’après-midi. Il a vu aussi quatre soldats patrouillant dans les vergers, autour des maisons et des Jeeps – la patrouille de routine d’un vendredi ordinaire, quoi, destinée à assurer la sécurité de l’«autoroute des dévots».


Dans l’après-midi, une des deux Jeeps avait quitté les lieux, raconte-t-il. A environ sept heures du soir, il a vu un groupe de personnes dévaler en courant la rue la plus au sud du quartier, d’est en ouest.

Ces gens ouvrirent le feu sur les soldats qui se trouvaient dans la vallée. Il pense que les soldats couraient en remontant à leur rencontre afin de les attaquer, mais il n’en sait pas plus, car lui-même courut se mettre à l’abri chez lui.


Dans la maison de Hussam Jabber, sur la terrasse de laquelle était installé, comme chaque week-end, le poste d’observation, les tirs surprirent les membres de la famille au beau milieu de leurs activités habituelles, après le repas de rupture du Ramadan : qui bavardait, qui se reposait, qui regardait la télévision.

Ils se précipitèrent dans le coin d’une des pièces, pour se mettre à l’abri, blottis les uns contre les autres. Ils m’ont dit qu’ils n’osèrent pas s’aventurer à regarder par la fenêtre, si bien qu’ils ne savaient pas d’où les tirs provenaient.

Ils avaient l’impression que c’étaient les soldats israéliens, sur leur terrasse, qui tiraient. Ils entendirent aussi des balles s’écraser contre la façade sud de leur maison.

Le calme revenu, ils constatèrent que les tuyaux et les réservoirs d’eau, sur la terrasse, avaient été transformés en passoires.



A un moment, les soldats du poste d’observation descendirent de la terrasse et ils les firent se rassembler dans une pièce. Durant toutes ces péripéties, les tirs continuaient, provenant de différents endroits, et dans plusieurs directions.

«Des tirs désespérés, désordonnés», pensa un membre de la famille. La confusion et la panique se lisaient sur le visage des soldats de Tsahal. Peut-être, se demandèrent-ils un peu plus tard, les soldats étaient-ils en train de se canarder entre eux ?


Comment auraient-ils pu deviner que, sur ces entrefaites, des soldats avaient fait irruption dans une maison d’un étage, au-dessous de chez eux ?

Le long de cette maison passe un sentier qui relie la vallée à la rue où les Palestiniens qui ont ouvert le feu avaient été vus. C’est la maison de Hamad Jaber. La plupart des membres de sa famille n’étaient pas là ; ils étaient en visite chez des parents.

A la maison, il n’y avait que Hamad et son fils Najib, le seul à être marié. Les tirs très proches les firent se précipiter, eux aussi, dans un coin sûr de leur maison. Mais de là où ils se trouvaient, ils purent voir que la vallée était éclairée a giorno par les projecteurs…


Les tirs continuaient ; ils entendaient les balles s’écraser sur leur terrasse et sur les réservoirs d’eau. Puis des explosions de grenades incapacitantes leur firent comprendre que les soldats étaient très près de chez eux. Ils ouvrirent la porte et s’entendirent intimer l’ordre de sortir, les mains en l’air et leur chemise relevée.

Dehors, Najib vit le corps d’un homme, portant un masque et des gants. Il eut le temps de constater que cet homme avait été achevé d’une balle en pleine tête.

« Ce type, là, c’est qui ? » lui demandèrent les soldats.

« J’sais pas ! » répondit-il..

« Raconte pas de salades : ce type était chez vous ! »

« Mais on était à l’intérieur ! On ne connaît pas cet homme – il n’était pas chez nous ! » répondit Najib.

Après avoir fouillé la maison, les soldats jetèrent les deux hommes dans une Jeep, yeux bandés et mains liées.

On les emmena dans un lieu inconnu d’eux - apparemment, une base militaire – , on les tira de la Jeep et on les re-balança dans une autre Jeep qui les emmena loin – on ne leur dit pas où – et qui les lâcha dans la nature.

Se retrouvant dans une contrée vallonnée qu’ils ne connaissaient pas, ils se mirent en route, à pied, en essayant de trouver la seule direction qui importait : la maison. Najib dût porter son père, âgé de 71 ans, sur son dos, pendant une partie du périple.


Après plusieurs heures de marche, ils trouvèrent une maison : les habitants leur dirent où ils étaient. De là, ils mirent le cap vers leur maison. Mais lorsqu’ils y parvirent, à neuf heures du soir, elle n’était plus là !


Vers minuit, les habitants du quartier de Wadi Nasara, emprisonnés chez eux à cause de l’intensité des tirs, entendirent le grondement atrocement familier d’un bulldozer. A ce moment-là, Hamad et Najib étaient déjà dans la Jeep qui les emmena vers l’endroit perdu dans la nature.

Le reste de la famille regarda, de loin, ce qui suit :
En vingt minutes, la maison fut démolie. Deux autres maisons voisines, aussi. L’une appartenait à un autre fils de la famille, qui n’était pas là, (il était allé rendre visite à des parents à lui, à Jérusalem Est) ; l’autre maison était inoccupée.


A l’aube, les membres de la famille retournèrent sur les ruines, afin de rassembler ce qui pouvait être sauvé. Ils ne trouvèrent ni l’argent ni les bijoux qui se trouvaient chez eux – des économies pour un mariage proche, pour les temps de vaches maigres.

La mère, Suheila, 61 ans, retrouva sa précieuse jambe de bois. Elle est native de Jérusalem.

A sept ans, durant la guerre de 1948, elle avait été atteinte par des tirs et avait perdu une jambe. Pour marcher sur de brèves distances, elle utilise une autre prothèse, qui n’est pas aussi bien faite que celle qu’elle a retrouvée dans les ruines.

Les yeux rougis de larmes, le lendemain, elle montrait sa bonne jambe de bois, dans les gravats : le pied en avait été brisé sous les pierres.


Lorsqu’elle parle de son fils aîné, elle ne peut retenir ses larmes : il y a un an et demi, des soldats tirèrent des bombes lacrymogènes dans le quartier. Terrorisé, son fils étouffa sous l’effet des gaz, et mourut.


Au cours de la démolition de la maison, le bulldozer sectionna plusieurs câbles d’alimentation électrique du quartier, si bien que la plupart des maisons n’eurent plus de courant. Au matin, la plupart des habitants du quartier ne se doutaient toujours pas que douze soldats israéliens et hommes des services de sécurité avaient été tués durant la nuit.

Des soldats entrèrent dans l’une des maisons proche de l’«autoroute des bigots» et firent sortir tout le monde (y compris le grand-père, très âgé et un bébé de six mois), alors que les tirs se poursuivaient de plus belle.

Les habitants de cette maison eurent l’impression que les groupes de soldats n’étaient absolument pas coordonnés entre eux, et que les uns ne savaient absolument ce que fabriquaient les autres…

Finalement, à huit heures du soir, le fils aîné s’entendit donner l’ordre de sortir, avec les soldats. Un Israélien identifié pour être un officier des services de sécurité Shin Bet, lui demanda d’examiner trois cadavres étendus sur le bas-côté de la route. En dépit de ses protestations, on lui donna l’ordre de les identifier.

Horrifié, il les regarda… « J’les connais pas ! », dit-il.


Tandis que les journalistes et les porte-parole de l’armée commençaient à envahir la vallée, les habitants du quartier s’étaient rassemblés autour des maisons démolies et deux bulls de ‘Tsahal’ commençaient à arracher des arbres fruitiers dans la vallée.

Et encore un olivier centenaire aux racines grosses comme le bras, et encore un autre pêcher fluet – arrachés ; et encore quelques rangées de vignes – évanouies. Comme si elles n’avaient jamais existé.


Soudain, une main m’arrache mes lunettes…

Samedi après-midi, je reçois un appel urgent de l’Equipe des Amis de la Paix Chrétiens (Christian Peacemaker Team – CPT) de la Vieille Ville.

C’est un groupe de volontaires chrétiens, de différents pays, qui se donnent pour mission d’intervenir pacifiquement dans des lieux de crise et de conflit : la Colombie, New York, l’Irak, Hébron…

Les membres de ce groupe, qui vivent dans la Vieille Ville d’Hébron, avaient été priés de venir dans la maison de l’une des familles qui habitent près de l’ « autoroute des croyants ».

Les membres de cette famille savaient que les colons juifs de Kiryat Arba et d’Hébron avaient l’intention de venir manifester le samedi sur un vaste terrain situé au nord du quartier de Wadi Nasara, juste à la sortie de Kiryat Arba.

D’expérience, disaient-ils, ils savaient que les rassemblements de ce genre dégénéraient toujours en attaques contre les maisons des Palestiniens.

Déjà, une famille du voisinage avait déguerpi en toute hâte de sa petite maison isolée, ancienne, en pierres de taille, en face du terrain : ils n’avaient pas d’autre alternative que partir de chez eux et accepter l’hospitalité des voisins.


Ainsi, à huit heures de l’après-midi, les membres du CPT se retrouvèrent au beau milieu d’une foule d’Israéliens, rassemblés là. Ils ne comprenaient pas ce que les orateurs disaient, et il ne comprirent pas non plus ce que le meneur de jeu répétait constamment (en hébreu) : «Nous vous adjurons de ne pas faire justice vous-mêmes.»

Ils observèrent, sans intervenir, des dizaines d’enfants des colons juifs qui s’égayaient parmi les ruines de ce qui avait été, encore la veille, un vignoble et des vergers, courir vers les maisons du quartier et balancer des pierres dans les fenêtres des maisons les plus proches.

Ils virent certains des soldats qui étaient sur place se mêler à eux et tenter de les arrêter, de les empêcher de s’aventurer trop profondément vers l’intérieur du quartier aux ruelles sombres.


Un peu plus tard, ils virent un groupe de policiers, qui descendaient eux aussi dans la vallée, là où les arbres fruitiers avaient été arrachés. Mais ils ne virent aucun de ces policiers intervenir pour empêcher des adolescents, filles et garçons et quelques femmes, de lancer des pierres dans les fenêtres et de fracasser les vitres d’une dizaine de voitures à coups de bâton.


J’ai demandé à des policiers assis dans une Jeep (immatriculée 80-503) pourquoi ils n’empêchaient pas ces jeunes de casser les vitrines, juste au carrefour, à dix mètres de leur véhicule.

«Merci de nous dire ce que nous avons à faire !…», me dirent-ils avec une ironie à couper au couteau. L’un après l’autre, ils sortirent de la Jeep, avec une lenteur étudiée.

Plus tard, il s’avéra que leur mission était uniquement d’assurer la protection d’un ‘photographe’ de la police.


Une des femmes qui passaient par là a dû entendre ma question, ou deviner quel en avait été le sens, et elle se mit à vociférer : «La pute ! Elle a appelé les flics ! T’étais où, toi, hier ?»


D’autres femmes mal embouchées arrivèrent en renfort. Un attroupement commença à se former, des adolescents, des femmes, tous hurlant, jouant des poings, bousculant. Les militants du CPT tentèrent de s’interposer, mais la foule grossissait et les cris montaient.


Quelqu’un m’attrapa au col, m’arracha mon bloc-notes et le lança en l’air. D’autres m’empêchèrent de le ramasser. D’autres personnes vinrent s’agglutiner autour de nous et une femme commença à me frapper.

Un homme, portant une longue barbe grise tenta de la calmer et de lui faire comprendre qu’elle était à bout, à cause du massacre. Il me suggéra de monter dans la première voiture venue et de me tirer de là vite fait.
Une jeune fille me tendit discrètement mon bloc-notes et disparut aussitôt à ma vue.


« Sortons-la d’ici, sinon ça va mal tourner », insista une femme.

On entendit un jeune dire : «Piquons-lui ses lunettes !».

Le cercle se resserrait autour de moi. Un vacarme de cris et d’imprécations, avec tous les accents : sabra, russe, américain, français, s’élevait de l’attroupement. Soudain, une main s’avança et m’arracha mes lunettes.

« Sortons-là d’ici », continuait à plaider la femme de tout à l’heure.

«Je ne partirai pas tant qu’on ne m’aura pas rendu mes lunettes», dis-je.

«Tes lunettes ? Pshittt ! Envolées ! Oublie-les…», dit quelqu’un.

Il y avait des dizaines de militaires et de policiers, à vingt ou trente mètres de là. Aucun ne vint voir ce qui se passait.

Les gens du CTP faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour calmer la foule. Soudain, un reporter de Channel One, Muki Hadar, fit son apparition. D’une certaine manière, sa taille imposante fit quelque impression et calma un peu le jeu. Le cercle commença à se desserrer.

Ce n’est qu’alors que je pus m’approcher d’une Jeep de l’armée, stationnée juste en face. Et ce n’est qu’à cet instant que des représentants de l’armée israélienne se montrèrent, qui me suggérèrent d’attendre que les gens se dispersent.

Soudain, un soldat me tendit un sac en plastique noir : l’un des enfants lui avait demandé de le remettre à «cette femme-là». A l’intérieur : mes lunettes. Cassées.


«Attendez», me conseillèrent aussi, après la bataille, les policiers, desquels seuls un appel téléphonique direct était parvenu à arracher une promesse de « protection».

Un policier refila la mission à un autre, lequel à son tour – on aurait dit une course de relais – passa la mission de «protection» à un troisième…

Finalement, ce troisième policier s’apprêtant à monter dans un bus pour rentrer chez lui, me dit très clairement que « protéger les gens, c’était pas son boulot », ajoutant : « Adressez-vous donc, plutôt, au collègue qui vous a promis de vous protéger… »


Jusqu’à minuit, des dizaines d’habitants de Kiryat Arba restèrent dans la vallée, dont beaucoup de garçons et de filles âgés de moins de dix-huit ans.

Quelques adolescentes arrivèrent, portant un seau de peinture.

Elles écrivirent les slogans vengeurs «Am Yisrael hai !» (Le peuple d’Israël vivra !) et «Vengeance !» sur les rideaux de fer d’une boutique du quartier.

Dans les maisons du quartier palestinien, tout le monde avait peur, et personne ne pouvait fermer l’œil. Mais les lumières étaient éteintes.

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Amira Hass