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Palestine - ISM France

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France -

Pro-palestinien donc Anti-Sioniste

Par

> pysalingue31@hotmail.com

Il faut isoler l’état israélien d’apartheid, il faut isoler l’état colonial qui emprisonne.
Nul doute que ce sera difficile, plus difficile qu’avec l’Afrique du sud du fait de l’existence des verrous idéologiques posés par les dirigeants sionistes qui ont su faire d’un des pires actes d’atrocité de l’Histoire humaine, l’extermination des juifs d’Europe, une arme absolue qui prétend délégitimer tout combat contre l’état raciste israélien.

Un mouvement vivant mais en désarroi.

Petites manifestations regroupant souvent les mêmes têtes connues et contrastant avec le constat d’un écho populaire plus favorable à l’égard des Palestiniens ;
sentiment d’impuissance et de honte devant la mobilisation dérisoire lors de la grève de la faim des prisonniers palestiniens et à nouveau lors de l’assassinat par l’armée israélienne de 110 habitants du camp de réfugiés de Jabalya - deux fois plus qu’au camp de Jénine en 2002 !
exaspération croissante à l’égard du double jeu des institutions et des gouvernements européens qui poursuivent et renforcent leur collaboration avec Israël tout en affichant un discours de compassion à l’égard de la population palestinienne ;
malaise perceptible de beaucoup de militants face aux développements de la situation interne de l’Autorité palestinienne après la mort d’Arafat ;
incompréhension des enjeux,
malaise à l’égard des procédures de choix des candidats et perplexité à l’annonce des résultats lors des récentes élections ;
paralysie face à l’offensive politique et diplomatique du gouvernement israélien dont chacun pressent que le “ plan de retrait unilatéral de Gaza ” n’est qu’un nouveau leurre mais sans qu’aucune alternative mobilisatrice ne soit proposée par quiconque…

Il existe bien des motifs de s’interroger sur les raisons de cette situation quelque peu paradoxale.

Car le mouvement de solidarité avec les Palestiniens est par ailleurs bien vivant, riche des initiatives de milliers de personnes organisées en collectifs, comités et associations plus ou moins reliés à des structures nationales, agissant dans des dizaines de villes, multipliant les réunions publiques, les pétitions, les rassemblements, proposant l’envoi de délégations, apportant un soutien financier à des actions humanitaires, culturelles, éducatives etc.

Mais depuis presque deux ans la machine semble tourner dans le vide ; beaucoup d’anciens ne renoncent pas, de nouveaux se joignent à l’action à chaque initiative, des comités surgissent …mais le mouvement en voit aussi beaucoup s’éloigner et ne se développe plus.

Les dernières mobilisations ont été en deçà des espoirs nourris par les organisateurs et ont laissé un goût amer à bien des participants. Les succès initiaux ont fait place à des querelles dont les raisons restent obscures ou douteuses pour la plupart des militants qui agissent localement et suivent de loin ce que beaucoup perçoivent comme des règlements de compte.

Il faut donc s’interroger sur les racines de cette situation.
Pourquoi cette quasi-paralysie face à des évènements de grande importance comme la grève de la faim menée par 4000 prisonniers palestiniens pendant 3 semaines en août 2004 ?

Pourquoi cette impotence à protester massivement tout au long des années 2003 et 2004 quand se succédaient les assassinats de dizaines de militants politiques de la résistance palestinienne à Gaza, Jénine, Naplouse etc. ?

Pourquoi cette incapacité à prolonger et organiser l’activité de solidarité avec les centaines (parfois les milliers) d’hommes et de femmes qui ont rejoint les cortèges Palestine lors des manifestations contre la guerre en Irak ?

Quelles leçons tirer de notre incapacité à freiner un tant soit peu l’offensive coloniale israélienne en Cisjordanie malgré les succès remportés sur le terrain diplomatique et notamment la condamnation du mur par la Cour Internationale de Justice de La Haye ?

Comment évaluer la pertinence de la stratégie visant à faire pression sur la Communauté européenne en arguant d’un vote d’avril 2002 qui ne fut jamais suivi d’effet et qui a depuis été remis en cause par ce même Parlement qui a voté une résolution contredisant la précédente ?

Traiter sérieusement de toutes ces questions, et d’autres encore que se posent les militants qui constatent l’absence d’effets positifs pour les Palestiniens d’une action qui s’est développée depuis 4 ans et dont l’ampleur et la diversité ne sont pas négligeables, serait parfaitement légitime.

Se confronter à ces questions réelles, avec la volonté de rendre l’action plus efficace, permettrait de revivifier un mouvement qui ressent de plus en plus le décalage qui s’est créé entre les exigences de justice pour les Palestiniens et l’aggravation de la situation d’occupation coloniale et de répression militaire.


Ce décalage est tel que beaucoup s’interrogent aujourd’hui : les Palestiniens obtiendront-ils un état, les réfugiés pourront-ils vraiment “ revenir ”, les prisonniers seront-ils libérés et, au-delà de ces revendications, est-il envisageable de connaître un jour une issue positive à ce conflit sans fin ?
Ce qui est à l’ordre du jour c’est de réévaluer la nature, les bases politiques et les objectifs de cette solidarité au regard des changements intervenus sur le terrain et compte tenu du bilan qu’on doit tirer de l’action antérieurement menée.


Plus de dix ans après Oslo et quatre ans après le début de la deuxième Intifada un débat est nécessaire et légitime quant aux fondements et aux objectifs politiques de l’action de solidarité : organiser la réflexion, confronter l’analyse à la réalité et discuter de la pertinence des mots d’ordre devraient être une préoccupation majeure de ceux qui se sont portés à la tête du mouvement et qui lui ont fixé son cadre.

Or ce n’est pas du tout à cela qu’on assiste, loin s’en faut.



Un mouvement « gangrené par l’antisémitisme » ?

Tout en se refusant à mener le débat sur le fond, divers responsables ont identifié le coupable des difficultés rencontrées : le danger qui guette le mouvement de solidarité, c’est l’antisémitisme !


Le 21 octobre 2004 Politis publie une tribune libre de Robert Kissous, ancien de la CAPJPO et présentement membre de la direction de l’AFPS. Par delà le règlement de compte avec son ancienne organisation l’article vise plus particulièrement Europalestine accusé de dérive, de vouloir “affaiblir la crédibilité politique du mouvement de solidarité” et de manquer de vigilance dans ses rapports avec des “personnages douteux” antisémites et négationnistes.


Trois semaines plus tard c’est à Michel Warschawski en personne qu’incombait la tâche de donner la mesure et le sens exact de l’attaque.
Pour lui, ce qui est en cause c’est “ l’instrumentalisation de la solidarité avec les Palestiniens ”. Des “petits groupes racistes et négationnistes menacent de parasiter le mouvement de solidarité ” écrit-il dans Politis et il en appelle à la mobilisation “jusqu’à l’éradication totale des abcès antisémites qui, si on les ignore, risquent, à terme, de gangrener le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien

Dès lors l’affaire est entendue.
Ce qui n’était encore que “propos dangereux” pour l’UJFP (“vigilance SVP”, communiqué du 14 mars 2004) devient la ligne de démarcation au sein du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien : chacun va désormais devoir décliner des garanties de non-antisémitisme s’il veut se mêler de la cause palestinienne et le tri sera fait par des professeurs experts en morale et éthique entre “ les vrais ” et “ les faux ” amis du peuple palestinien.


Et si l’exigence vaut pour tout le monde, elle vaut encore plus pour certains.
Car de Ravenel qui dénonce “certaines personnes issues de l’immigration maghrébine dont le discours assimile Israël et nazisme”(1) à Warschawski qui parle de “certains jeunes Français des banlieues et cité populaires …victimes de manipulations de groupes néo-nazis ou de prédicateurs intégristes” (2 ) en passant par Naha Chahal qui condamne ceux qui “jouent sur les frustrations d’une partie des Français d’origine arabe qui se sentent solidaires des Palestiniens et des Irakiens” (3) tous s’accordent pour dénoncer le danger du “ressort communautariste” qui, selon eux, guide la solidarité des arabes de France avec les Palestiniens.


Cette offensive récente éclaire utilement la violente polémique menée contre Europalestine lors des élections européennes.


Les vraies raisons de l’attaque contre Europalestine.

Antérieurement à l’apparition d’Europalestine, la Capjpo ne dérangeait certains qu’en raison de la concurrence ainsi ouverte par une nouvelle association dans le champ de la solidarité avec le Peuple palestinien.

La Capjpo, particulièrement active et militante, bousculait un mouvement de solidarité traditionnel incarné par l’AFPS, pas très jeune, plutôt élitiste dans son recrutement et convaincu de son incontestable légitimité fondée notamment sur ses relations privilégiées avec quelques ONG palestiniennes et un statut d’interlocuteur plus ou moins officiel de l’Autorité palestinienne.

Certes, l’Association France Palestine ayant tardé à prendre des initiatives nouvelles dans les mois suivant le déclenchement de la deuxième Intifada, une nouvelle structure avait vu le jour, portée par des “non-spécialistes” de la question palestinienne.

Ceux-ci prirent l’initiative de délégations qui devaient devenir les “missions civiles de protection du Peuple palestinien”.

Mais un accord de partage fut rapidement trouvé par les responsables des deux associations : à l’une l’organisation des missions en Palestine, à l’autre l’organisation permanente des militants qui veulent agir ici en France.

Depuis les “campagnes civiles” continuent d’organiser des missions et sont par ailleurs devenues une référence utile à la promotion de certain(e)s au sein du mouvement alter mondialiste et des rencontres du FSE.

La Capjpo était un projet d’une autre nature, visant à organiser réellement des militants pour agir sur le terrain en France, organisant des campagnes d’agitation, des réunions publiques et notamment en 2003 un “concert pour la Paix” qui devait rassembler 15000 personnes.

La critique à l’encontre de la Capjpo relevait alors principalement de la défense d’un pré-carré ( “ la solidarité avec les Palestiniens, c’est nous ”) et, subsidiairement, de son “manque de volonté unitaire”.

Mais les bases politiques du discours et des initiatives n’étaient guère différentes entre les organisations en concurrence : la Paix par la reprise de négociations, la fin de l’occupation de 67, un État pour les Palestiniens et, en tout état de cause, aucune remise en cause de la légitimité de l’Etat d’Israël.

En choisissant de présenter une liste concurrente et non d’interpeller les candidats des organisations politiques traditionnelles la Capjpo marquait une rupture avec la stratégie de pression du mouvement de solidarité sur les institutions européennes et sur les forces politiques françaises.

Les réactions à l’annonce de la liste Europalestine ne se firent pas attendre et on chercherait en vain dans les déclarations alors produites une quelconque critique du contenu politique des revendications avancées dans la profession de foi ou une quelconque allusion à “ une dérive antisémite ”.

Les prises de position défavorables se concentrèrent alors sur le risque pour certains parlementaires “ amis du Peuple palestinien ” de ne pas être réélu, chaque voix comptant et la liste Europalestine étant susceptible de prendre des voix à ces apôtres de la Paix au sein de l’institution européenne sortante.

Et quand Leila Shahid elle-même monta au créneau pour demander à Europalestine de retirer sa liste, c’est ce risque qui fut mentionné dans son communiqué et non pas le reproche d’une ligne politique spécifique qui serait développée par les militants de la Capjpo.


Mais la “ vraie crise ” viendra de la dynamique de la campagne attestée par les résultats électoraux de la liste. Les scores atteints dans certaines communes de banlieue ne laissent aucun doute : dans ces endroits la question de la Palestine a polarisé une partie non négligeable des votes de familles immigrées spontanément favorables à la cause des Palestiniens.

D’ailleurs, précédant le vote, des affiches et des autocollants avaient fleuri dans ces quartiers, témoignant d’une implication dans la campagne d’individus bien au-delà des capacités militantes de la seule Capjpo.

Dès lors c’est le branle bas de combat.

Un sociologue donne la caution académique à l’ouverture de la chasse en parlant de “dérive identitaire” et de “polarisation communautaire” et, d’insinuations en calomnies, on en arrive aujourd’hui au développement orchestré des attaques qui ne visent plus seulement Europalestine.

Il faut s’interroger sur les raisons profondes de cette réaction.
Contrairement aux affirmations alarmistes la liste Europalestine ne porte aucune responsabilité dans la non élection de certains des candidats –Verts, Communistes et LCR-LO – la démonstration en sera faite et refaite par des militants blessés par la mauvaise foi des accusateurs.

Mais ce sera en vain car, avec les résultats, le problème s’est déplacé : le danger n’est plus du côté des candidats mais du côté des électeurs !

Ceux qui prétendent au monopole de la représentation politique ne pardonnent pas aux dirigeants de la Capjpo d’avoir, consciemment ou pas, pris un “ risque” : que ces forces jeunes et populaires issues de l’immigration maghrébine, spontanément propalestiniennes et sans nuances contre l’état d’Israël qui assassinent leurs frères en Palestine, déjà bien visibles lors des manifestations contre la guerre en Irak, cherchent et trouvent un cadre d’organisation politique permanent.

Déjà lors des manifestations contre la guerre ce public avait suscité remarques et mises en garde des gardiens du discours “pro palestinien politiquement correct”, c’est à dire muet sur le sionisme et respectueux à l’égard d’un état dont le gouvernement peut être critiqué mais dont le drapeau ne doit pas être brûlé.

Dès lors tout discours un peu radical, voire toute action un peu “spectaculaire” est jugé susceptible de servir de réceptacle à la volonté d’en découdre de populations d’autant plus disposées à s’exprimer en dehors des règles fixées qu’elles se sentent exclues des lieux de décision et également frustrées par l’engagement bien timide des responsables politiques qui prétendent incarner “la revendication du droit des Palestiniens”.

Là-aussi c’est l’argument du « danger d’antisémitisme » qui va servir d’alibi à la destruction de la dynamique engagée.

Bernard Ravenel déclare au Monde (01/12/04) “il faut éviter que des jeunes soient tentés de lire dans le conflit israélo-palestinien des explications à leur propre frustration sociale»

Quant à M W il vante l’action qu’il mène avec Dominique Vidal et Leila Shahid, “parcourant la France d’en bas et dialoguant avec des jeunes des quartiers dits sensibles avec pour but d’empêcher l’instrumentalisation de leur solidarité généreuse avec les Palestiniens pour des causes qui font du tort à la Palestine et à leurs propres intérêts”.

Les populations discriminées et humiliées par l’arrogance coloniale au sein des forteresses dépositaires de “la civilisation” et des “droits de l’Homme”, en France comme en Israël, voilà le danger sinon l’ennemi !

Passe encore qu’on doive leur permettre de temps en temps d’exprimer leur frustration et leur colère, mais les voir s’organiser pour peser dans les mobilisations populaires et dans les élections, là c’est la grosse artillerie de l’antisémitisme et du “choc des civilisations” qui est la cause commune d’une étrange coalition contre les nouveaux barbares.


Antisémitisme / Antisionisme / De quoi, de qui parle-t-on ?

Ce que nous pouvons et devons faire, c’est dire que nous n’acceptons pas et n’accepterons pas l’expression publique d’antisémitisme dans nos mobilisations et que nous condamnons par avance tout acte ou propos raciste à l’égard d’une personne au motif de ses convictions religieuses ou de ses références culturelles.

Ceci ne pose aucun problème au sein du mouvement de solidarité et ceux /celles qui le fréquentent au quotidien et pas seulement sur les estrades ou dans les studios des médias, savent parfaitement que l’engagement est d’autant plus facile à tenir que de tels propos sont très minoritaires, marginaux voire inexistants au sein du mouvement réel.

Mais la vraie difficulté n’est pas là : elle est dans la confusion délibérément entretenue entre antisémitisme et antisionisme, et elle est notamment dans la volonté de plus en plus omniprésente au sein même de la direction autoproclamée du mouvement d’interdire toute expression d’une remise en cause de l’état sioniste d’Israël.


Car c’est bien évidemment de cela dont il s’agit, par exemple :

• Dans l’affirmation constamment répétée du “droit de l’état d’Israël à des frontières sûres et reconnues”

• Dans le refus de mentionner le mot APARTHEID dans le matériel de la campagne « mur » du Collectif national et de la plate forme des ONG,

• Dans l’expression de B Ravenel au journal le Monde du 02/12 : “le mouvement de solidarité que je représente n’a jamais mis en cause le caractère indiscutable de l’existence de l’Etat d’Israël, ni entretenu d’ambiguïté sur l’antisémitisme”

• Dans le texte de l’appel “une autre voix juive” qui écrit dans un même paragraphe “notre solidarité avec le peuple palestinien ne nous entraînera jamais à la moindre collusion avec ceux dont la sollicitude pour la Palestine n’a comme ressort que la haine des Juifs. Nous condamnons les forces palestiniennes opposées à l’existence de l’Etat d’Israël


Affirmer que l’Etat d’Israël est non seulement le résultat d’une entreprise coloniale mais qu’il est aujourd’hui un état raciste d’apartheid heurte de front cette volonté de protéger l’Etat d’Israël.


Ecrire qu’il faut “abolir le régime colonial et d’apartheid" vous met d’emblée dans le camp des antisémites qui “veulent jeter les Juifs à la mer”.

On nous explique qu’il ne faut pas être dupe des manœuvres de ceux qui tentent d’utiliser les excès de Sharon contre l’existence même d’Israël et que les « antisionistes radicaux » sont dangereux car la critique d’Israël, contrairement à l’antisémitisme vulgaire, paraît politiquement acceptable.

Or, comme l’écrit Georges Bensoussan ( Revue d’Histoire de la Shoah 166 mai-août 1999) "la rhétorique antisioniste et anti Israël tente de masquer le vieux discours antijuif."

Et il rajoute “du peuple à l’Etat le rejet a changé d’objet mais pas de nature. Il reste par essence génocidaire”.


Dès lors la messe est dite : ceux qui pensent que les droits des Palestiniens sont en contradiction avec le seul état d’Israël réellement existant, un état qui se définit lui-même comme “l’Etat juif", qui impose l’apartheid aux Palestiniens et poursuit sans relâche l’entreprise de nettoyage ethnique commencée en 1948 dans le but de devenir “ethniquement pur”, ceux-là donc ne sont pas fréquentables.


S’ils ne sont pas à coup sûr antisémites du moins ont-ils partie liée avec eux ou font-ils preuve de “complaisance” à leur égard. Si certains consentent encore à dire du bout des lèvres que « tout antisioniste n’est pas nécessairement antisémite » il n’en demeure pas moins que "l’antisionisme facilite l’expression de l’antisémitisme"

Ainsi Antoine Spire peut-il écrire : "de l'antisionisme au vœu de disparition de l'état hébreu, il n'y a qu'un fil, et de la disparition de l'état hébreu à la haine de ceux qui militent pour le droit à l'existence de l'état d'Israël, il n'y a qu'un pas"(4)

Etre antisioniste devient dès lors particulièrement suspect, notamment au sein du mouvement de solidarité : le slogan “sionistes, racistes, c’est vous les terroristes” est banni des mots d’ordre officiels, brûler le drapeau israélien devient un crime et vous rend complice des nazis.

La pression est telle que, dans les débats, rares sont ceux qui osent poser la question de la signification politique d’un “état juif” ou celle du lien de causalité entre l’existence d'un tel état, sa politique terroriste, raciste et coloniale et un possible regain d’expressions antijuives.

Même ceux qui dénoncent les accusations d’antisémitisme de gauche (cf. Pascal Boniface, Politis 828) se croient obligés de donner des garanties en affirmant le lien entre combat contre l’antisémitisme et reconnaissance du “droit d’Israël d’exister dans des frontières sûres et reconnues” avec en prime la condamnation des «attentats suicide.»

Les “post-sionistes” ne sont pas en reste. Présents dans le mouvement de solidarité ils revendiquent le droit de critiquer la politique israélienne, c’est à dire la politique de Sharon, mais ils s’empressent d’ajouter qu’ils font cela pour le plus grand bien d’Israël, préoccupés qu'ils sont par son avenir !

Ceux-ci sont le reflet en France des sionistes un peu honteux, tels Burg et Beilin qui jouent le rôle de défenseurs des valeurs morales du sionisme et de la mission libératrice de l’état d’Israël. “L’occupation nous tue” clament-ils, plus préoccupés par “l’affaiblissement des valeurs morales de Tsahal” que par la destruction des vies et de la société palestiniennes par l’armée coloniale.

“ On ne peut plus défendre la politique israélienne ” reprennent en écho quelques intellectuels et responsables politiques et associatifs français moralement torturés par la médiatisation des exactions de l’armée israélienne et qui ne sont même plus certains que Shimon Peres suffira à faire admettre que "Israël a le droit de se défendre."

D’autres, tels les membres de l’UJFP, affirment leur volonté de lutter pour favoriser au sein des juifs français “une rupture du soutien aveugle à la politique israélienne” : autrement dit un soutien à Israël quand même, mais réfléchi et en connaissance de cause !

Les sionistes "durs" ont bien entendu compris les enjeux de la situation.

Par leurs choix constants depuis des dizaines d’années tous les gouvernements israéliens ont lié leur sort à celui de l’impérialisme et notamment aujourd’hui à la guerre totale menée aux peuples par les gouvernements des USA.

L’élimination du nationalisme palestinien et la défaite des Palestiniens dans leur combat pour leurs droits nationaux sont inscrites dans ce qui est la vraie “feuille de route” de l'Impérialisme.


Dans cette guerre il n’y a pas de place pour les états d ‘âme et tous les coups sont permis.

Et c’est ainsi que, bien que multipliant les gages de soutien “au droit d’Israël d’exister”, bien qu’en rajoutant à chaque fois sur les condamnations du «terrorisme palestinien», bien que s’opposant avec la plus grande vigueur à toute politique visant à effectivement condamner et isoler Israël comme un état colonisateur raciste d’apartheid à l’égard de la population palestinienne…nos sionistes "mous" se retrouvent au banc d’infamie des accusés d’antisémitisme, partageant à leur grande honte l’accusation avec des antisionistes dont ils veulent à tout prix se différencier.

C’est la raison de leur offensive actuelle contre l’antisionisme, laquelle vient compléter une position de retrait à l’égard de la résistance palestinienne.

Car la distanciation avec tout acte de résistance suspect de s’en prendre à la légitimité de l’état d’Israël est devenue le sauf conduit indispensable à toute expression d’une solidarité prudente avec les Palestiniens : tant que ceux ci mendient ou votent ( à l’intérieur des frontières de 67, bien sûr) ceux ci attirent la sympathie qu’il sied de manifester aux victimes, mais gare aux autres qui prétendent poursuivre leur action de résistance quand refleurissent «les espoirs de paix»

Des parlementaires européens aux responsables des associations, chacun y va de sa condamnation du “terrorisme”, certains prenant la précaution de préciser que le dit terrorisme est "l’aboutissement de la guerre à outrance menée par Sharon" (tract LCR, 15/11/2004)

Mais c’est quand même du “ terrorisme ”, pas de la résistance n’est-ce pas ?

Et quand les manifestants de la Paix israéliens commencent leur rassemblement “ pour le retrait de Gaza ” par une minute de silence à la mémoire de six soldats israéliens tués dans leur char détruit à Gaza, de « vrais amis » de la Palestine voient dans le rassemblement “ une lueur d’espoir pour la paix ” et ne trouvent rien à redire à l’hommage rendu à ceux qui détruisent et assassinent chaque jour à Rafah.

Bref, il faut surtout éviter de nommer et de se confronter à ce qui est pourtant la clé de l’énigme de cette paix rigoureusement impossible à atteindre dans les conditions créées par “ le partage ” décidé par l’ONU en 1947 : le sionisme, ce nationalisme réactionnaire importé en Palestine par des colons conquérants et spoliateurs, imposé aux peuples arabes du Moyen-orient par la force des armes, implanté et maintenu avec l ‘appui de l’Impérialisme, ne peut qu’apporter et entretenir la guerre.

Jamais un tel Etat ne permettra aux Palestiniens d’exercer leurs droits à l’autodétermination, jamais il n’acceptera d’être lié par un accord de paix avec le peuple palestinien car son essence c’est la liquidation de ce peuple en tant qu’entité nationale sur la terre de Palestine.



Pourquoi cette offensive et pourquoi maintenant?

Au vu des faits sur place, il est évident que la création d’un Etat palestinien sera impossible…Le seul avenir envisagé pour le peuple palestinien est celui d’un pays de ghettos et de bantoustans, et une terre sous domination et humiliation permanente d’Israël” (5)

Cette réalité des “faits sur place”, observables par quiconque se rend en Palestine et prend le temps de les constater, est jusqu’à ce jour farouchement occultée par la direction d’un mouvement qui s’accroche désespérément à la fiction de “l’Etat palestinien indépendant”

Or cette hypothèse a vécu, éliminée par la logique conquérante du sionisme et par la volonté impérialiste de détruire tout nationalisme indépendant au Moyen Orient.

Mais ce qui a rendu totalement obsolètes les discours illusoires sur “les deux états vivant en paix côte à côte” ce ne sont pas "les excès de Sharon."

L’anéantissement de l’hypothèse de l’état palestinien indépendant aux côtés d’Israël est le résultat de l’accumulation de dizaines d’années de politique coloniale menée par TOUS les gouvernements israéliens.

Certes, les conséquences du refus de prendre en compte les racines réelles de la question palestinienne se sont particulièrement révélées depuis la décision d’Israël de s’impliquer totalement dans la stratégie de guerre des USA après le 11 septembre 2001.

La direction sioniste a profité de l’engagement par Bush de la guerre totale contre les peuples pour conforter ses propres intérêts d’état sioniste visant à consolider ses conquêtes territoriales.
Mais ce que Sharon a pu faire depuis son arrivée au pouvoir et après le 11 septembre 2001 a été préparé et permis par tout ce qui a été mis en œuvre durant “la paix d’Oslo” : construction des colonies, des routes “ de contournement ”, isolement et enfermement de la population palestinienne de Cisjordanie et de Gaza dans des secteurs dits d’Autonomie palestinienne etc.

Tout entier acquis au “ processus de paix ” et sans la moindre attention à ceux qui le mettaient en garde contre les illusions, le mouvement de solidarité est aujourd’hui confronté au désastre issu du choix calamiteux de la direction de l’OLP lors de sa signature des « accords d’Oslo » en septembre 1993.

Le refus obstiné de se confronter à la question de la nature et de la fonction politique d’Israël, celles d’un état colonial raciste, chien de garde des intérêts de l’Impérialisme au Moyen-Orient, a finalement abouti à une subordination aux prétendus plans de paix des puissances impérialistes aujourd’hui sous hégémonie américaine.


Refusant d’aller à la racine des choses, refusant d’admettre la convergence du projet sioniste d’occupation de toute la Palestine avec le projet de l’impérialisme de détruire toute volonté d’autodétermination des peuples arabes du Moyen Orient et notamment de détruire les bases du nationalisme palestinien, réduisant le problème à un manque de respect des “règles du Droit” et des engagements pris dans une perspective de règlement antérieurement baptisée “la Terre contre la Paix”, le mouvement de solidarité s’est cantonné à la recherche d’ “une paix juste entre israéliens et palestiniens” qui consistait à proclamer le droit des palestiniens à un état, tentant de se construire aux côtés de la puissance colonisatrice sioniste, dans les limites des “frontières de 67 ”

Ce qui était un compromis ( avec probablement l’illusion qu’il soit provisoire pour certains) de la majorité de la direction de l’OLP est devenu l’horizon exclusif et indépassable du mouvement de solidarité qui s’est construit non pas comme un mouvement de soutien à la lutte de libération nationale du peuple palestinien mais comme un mouvement d’appoint à la réalisation de l’état palestinien sur 20% de la Palestine, centrant son action sur la fin de l’occupation des territoires conquis en 1967 où vit un tiers du Peuple palestinien.


Ce ralliement à la revendication des “deux états pour deux peuples” s’est accompagné d’une quasi-disparition des autres revendications nationales palestiniennes.

Il en est ainsi de la question du droit au retour des réfugiés, qui sont aujourd'hui 5 millions, soit plus de la moitié des Palestiniens, qui est une revendication centrale pour l’immense majorité les Palestiniens et que la direction de l’OLP n’a jamais officiellement abandonnée, quelles que soient les ambiguïtés de certains dirigeants palestiniens et les compromissions d’autres.

Cette exigence ne fait pas partie des bases constitutives de beaucoup des organisations et associations qui se réclament pourtant de la "solidarité avec les Palestiniens."

Parmi celles qui l’ont retenue dans leurs bases politiques beaucoup lui font une place assez confidentielle et en tout état de cause n’en font jamais une exigence pour des actions communes.

Or, depuis qu’il a pris son essor en Palestine le sionisme met en œuvre la politique de nettoyage ethnique des Palestiniens la plus appropriée aux rapports de forces régionaux et aux circonstances internationales.

Si les sionistes ont expulsé par la force des centaines de milliers de Palestiniens d’abord en 1948 puis en 1967 ce n’est évidemment pas pour les voir revenir “légalement”, au terme d’une négociation et en application d’un droit international dont il n’a que faire.

Accepter le droit au retour c’est remettre en cause la conception ethnique qui fonde l’état d’Israël comme un “état juif”

Ceci signifie que si le droit au retour ne fait pas partie des bases constitutives du Collectif national et s’il n’est pas défendu par de nombreuses associations et organisations qui s’affirment «solidaires des Palestiniens», c’est tout simplement parce que la mise en œuvre de cette revendication est contradictoire avec les fondements sionistes de l’Etat d’Israël et pas seulement avec la “politique de Sharon” ou avec “les excès de Tsaha ”

La perspective de l’état palestinien indépendant permettait d’atténuer sinon de masquer totalement cette formidable injustice: du moins les réfugiés pourraient-ils avoir leur Etat et un passeport !


Autres Palestiniens à qui on demande aussi d'être « réalistes » quand on n'oublie pas tout simplement leur existence, les Palestiniens vivant en Israël, les Palestiniens de 1948 comme ils se nomment eux-mêmes. Ils sont 1 million vivant en Israël aujourd’hui comme des citoyens de deuxième zone, victime d’une ségrégation systématique qui prépare la mise en œuvre d’un régime d’apartheid total au sein même de l’Etat sioniste.

On l’a compris, en l’absence de la perspective d’un état palestinien indépendant, ne pas revendiquer l’application concrète du droit au retour et ne pas soutenir la lutte des Palestiniens de 48 victimes du nettoyage ethnique et de l’apartheid dans le Naqab et en Galilée par exemple, c’est se retrouver dans une posture de défense du droit d’Israël à exister…comme un « état juif », avec le moins possible de Palestiniens, aujourd’hui sur 80% et dans quelques mois sur 90% du territoire de la Palestine historique, sans droits nationaux réels pour les Palestiniens quel que soit le côté du mur où ils habitent, c’est défendre le droit d’Israël à exister comme un état raciste d’apartheid.


Position évidemment difficile à assumer pour un “ mouvement de solidarité avec la Palestine ” !


Quand on prend conscience d’être engagé dans une impasse politique, on a le choix entre deux attitudes:

• procéder à un bilan et notamment confronter la théorie (les bases du projet politique) avec la réalité des faits.

• ou s’obstiner dans l’erreur et chercher des coupables et des bouc-émissaires.


C’est manifestement la deuxième voie qu’ont choisi certains des responsables politiques et associatifs du mouvement « pour une paix juste et durable etc. »

D’une part ils ont décidé de s’inscrire, plus ou moins explicitement suivant les cas, dans une logique de soutien aux prétendus plans de paix tels la “ Feuille de route ”, le “ texte de Genève ” la reprise du “ plan Clinton ” etc.

Il en est même qui jugent positif le prétendu plan de retrait de Gaza !
En agissant ainsi ils prêtent la main à tous ceux qui veulent continuer d’alimenter la fiction d’un état indépendant palestinien. Peu leur importe que le soi-disant “ état indépendant palestinien ” possède les attributs d’un état, soit économiquement viable, ait la maîtrise de ses ressources naturelles etc.

Ils sont prêts à accepter un état au rabais, parce qu’avec les représentants d’un état, même fantôme, Israël et les instances internationales discuteront des “ frontières ” (strictement le long la ligne verte? Ou avec quelques “ échanges de territoire ” ? Où passera le mur ? etc.) alors qu’avec des dirigeants d’un mouvement de libération, on ne peut éviter de parler de revendications nationales et de droit à la résistance !

Dans la logique de leur soutien aux accords d’Oslo ils s’apprêtent ainsi à alimenter le rideau de fumée qui doit masquer la réalité d’une politique qui vise à “ piéger les Palestiniens comme des rats


D’autre part ils doivent déconsidérer ceux qui proposent au mouvement un autre cadre d’explication, fondé sur une compréhension de la nature du projet sioniste et sur la fonction attribuée à Israël dans le projet impérialiste de remodelage et de contrôle de «nouveau grand Moyen-Orient.»

Rendre suspects d’antisémitisme ceux qui parlent de sionisme, d’état raciste d’apartheid et de droits nationaux pour tout le peuple palestinien, tel est le moyen choisi par les exécuteurs testamentaires du projet failli qui a mené les Palestiniens au désastre actuel et ouvre la voie à une nouvelle catastrophe.



Soutenir la lutte de libération du Peuple palestinien

Aujourd’hui la première responsabilité d’un mouvement de soutien est de prendre la mesure des enjeux de la situation à laquelle est confronté le peuple palestinien.

Le vrai enjeu est celui de la destruction de la cause nationale palestinienne par l’imposition au peuple palestinien dispersé du renoncement à ses droits, dont le premier est celui de l’autodétermination.

Ceci passe par la destruction de la résistance palestinienne qui, avec la résistance du peuple irakien, est un obstacle majeur à la réalisation du plan impérialiste de futur “ grand Moyen-Orient ”
L’état sioniste d’Israël, avec son projet colonial d’occupation et d’annexion de la Palestine, est la pierre angulaire du dispositif impérialiste de contrôle de la région et de mise en tutelle des peuples arabes qui l’habitent.

Pour les dirigeants impérialistes et ceux de l’état sioniste il convient de masquer autant que faire se peut les objectifs réels et les conséquences concrètes de cette politique sur les populations concernées.

Plans de paix, conférences internationales et discours sur la « démocratie » alimentent une agitation médiatique orchestrée qui vise à concentrer l’attention de l’opinion publique sur des évènements et des faits secondaires. Elections “ démocratiques ” en Irak et en Palestine, “ réformes ”, «lutte contre la corruption», “reconstruction” etc. sont autant de mirages destinés à masquer la vérité d’une nouvelle entreprise de colonisation et d’asservissement des peuples arabes de la région.

C’est pour ces raisons que toute “ solidarité ” fondée sur l’objectif d’imposer une négociation destinée à parvenir à une “ paix juste ” fondée sur “ un partage équitable des terres et des ressources ” est une impasse, tragique et sanglante pour les peuples qui sont censés en être bénéficiaires.

S’agissant de la question palestinienne il existe une réalité incontournable même pour les plus sincères des partisans de la paix entre les deux peuples : c’est l’état israélien réellement existant.
Celui-ci résulte du choix fait par les dirigeants sionistes de lier le sort de leur projet politique à l’impérialisme dominant.

Ce choix, ( remarquable pour un prétendu « mouvement de libération nationale » du peuple juif !), a marqué à jamais la nature et la fonction de cet état imposé aux peuples arabes et fondé sur la négation du peuple palestinien et de ses droits.

C’est aussi pour cela que croire que “ quelques hommes courageux et de bonne volonté de part et d’autre ” peuvent mettre un terme au “ conflit ” est une illusion dont les peuples ont déjà payé le prix fort et dont la répétition, après des expériences désastreuses telle celle des accords d’Oslo, contraint à s’interroger sur la réalité des intentions et des intérêts de ceux qui la défendent à nouveau.

Le mouvement de soutien que le peuple palestinien appelle de ses vœux(5) est un mouvement qui l’appuie dans sa lutte de libération et pour la conquête de ses droits nationaux, pas un mouvement d’appui à des prétendues “ solutions justes et durables ” qui posent comme condition incontournable le respect d’un état colonial d’apartheid qui est la négation même des droits des Palestiniens.

Dans ces conditions, “ élargir et renforcer la solidarité ” ce n’est pas inviter plus d’hommes et de femmes à adhérer à des mirages et à répandre à leur tour des illusions.

Il ne s’agit donc pas d’être “ plus radical ” pour le plaisir comme l’accusation est portée par les prétendus réalistes qui considèrent qu’Israël est un “ fait accompli ” et que le Peuple palestinien, remercié au passage pour ses “ sacrifices généreux ”, devra se contenter de la portion congrue : une petite Palestine en forme de confettis, pas de retour pour les réfugiés etc.


Il s’agit d’abord et tout simplement d’être honnête avec celles et ceux qui découvrent ou réalisent l’ampleur de l’injustice et entrent sincèrement en sympathie naturelle avec les Palestiniens.
Ces hommes et ces femmes ont le droit de savoir quelles sont les racines de l’injustice et quels sont les vrais motifs et enjeux de l’affrontement dès lors qu’ils veulent s’impliquer et contribuer à la recherche d’une issue qui respecte tous les droits de tout le peuple palestinien.

Il s’agit ensuite d’être très réalistes - beaucoup plus réalistes que ceux qui prétendent l’être en proposant des “ solutions modérées et équilibrées ” - en pensant que les peuples du monde, dont nous faisons partie, n’ont d’autre avenir possible que dans la résistance à tous les plans d’oppression, de soumission et d’asservissement.

C’est aussi la responsabilité des mouvements de soutien, en liaison avec les initiatives du mouvement antiguerre, d’aider les peuples irakiens et palestiniens qui sont aujourd’hui les maillons les plus exposés de cette cause universelle à ne pas rompre, à tenir, à reprendre des forces et contribuer ainsi à la défaite des plans de l’Impérialisme.

Elargir et renforcer le soutien c’est donc développer un puissant mouvement populaire solidaire des droits, des revendications et des actions de résistance choisies par les peuples occupés et opprimés.

S’agissant du soutien au peuple palestinien il faut un soutien sans faille à sa lutte de libération nationale et donc en premier lieu à son droit à l’autodétermination, exigence dont le droit au retour des réfugiés est inséparable.

Pour desserrer le nœud coulant d’une occupation qui asphyxie les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, il faut développer une puissante campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions à l’encontre de l’état d’Israël.

Il faut isoler l’état israélien d’apartheid, il faut isoler l’état colonial qui emprisonne.

Nul doute que ce sera difficile, plus difficile qu’avec l’Afrique du sud du fait de l’existence des verrous idéologiques posés par les dirigeants sionistes qui ont su faire d’un des pires actes d’atrocité de l’Histoire humaine, l’extermination des juifs d’Europe, une arme absolue qui prétend délégitimer tout combat contre l’état raciste israélien.

Soutenir la lutte des Palestiniens c’est aussi les aider à reconstituer leurs forces, aider les hommes et les femmes à reprendre confiance dans l’action collective, dans l’expression de leurs exigences démocratiques et de leurs droits sociaux, dans la réalisation de leurs projets économiques, éducatifs, culturels, politiques et associatifs avec un souci scrupuleux de leur indépendance de décision.

C’est là un point décisif d’action d’un mouvement de soutien à l’heure où reviennent en force en Palestine les donateurs privés et les financeurs publics (USAID, Communauté européenne etc.) qui conditionnent leur aide aux ONG palestiniennes à l’engagement d’actions qui s’inscrivent dans la normalisation imposée et s’éloignent de tout esprit de résistance.

C’est ainsi que, loin de se substituer à eux et de prétendre décider à leur place, nous les aiderons à reconquérir et reconstruire les outils de réflexion, de débat collectif et d’action dont ils/elles ont besoin et que nous ne devons pas confondre avec les prétendues « opportunités démocratiques », octroyées aux Palestiniens par les chars israéliens et réservés à une élite politique et sociale qui accapare les médias mais est coupée de la population et ne représente pas ses intérêts.

C’est là une condition pour que les Palestiniens et les Palestiniennes puissent vraiment choisir les objectifs, la stratégie et les moyens de leur résistance à l’oppression coloniale et de leur libération.

Plutôt que leur reprocher certains moyens utilisés dans leur résistance, la tâche d’un mouvement de soutien est de les aider à réunir les conditions du « choix des armes » et de leur permettre d’agir conformément à ce choix.


Pour faire tout cela et pour toutes ces raisons c’est d’un mouvement de soutien consciemment et délibérément antisioniste dont les Palestiniens ont besoin.



(1) Le monde 02/12/04
(2) Politis 11/11/04
(3) Politis 02/12/04
(4) Hommes et Libertés, revue de la LDH, n° 127
(5) Piégés comme des rats


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