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Palestine - ISM France

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Qalqilia -

Qaliqiliya : Mise en évidence du régime d'Apartheid

Par

Département des Négociations de l'OLP

Le 15 avril 2002, le Premier Ministre israélien, Ariel Sharon a annoncé qu'il allait "isoler les Palestiniens des Israéliens en érigeant des "murs" et des "zones tampons" suivant un plan de "séparation unilatérale". La stratégie est d’annexer autant de terres palestiniennes que possible, ainsi que d’enfermer militairement autant de Palestiniens que possible, tout cela pour essayer de continuer la colonisation israélienne et l’occupation de la terre palestinienne et la main mise de ses ressources en eau. En même temps, Israël va isoler de façon effective les centres de population palestinienne, les unes des autres.
L’une des villes les plus affectées par ce plan est Qalqilya où le mur met en évidence le régime d’apartheid de façon de plus en plus visible

Lorsqu'Ariel Sharon, fut interrogé en 1973 par Winston S.Churchill III petit fils de l’ancien Premier Ministre anglais, sur la façon dont Israël allait s’occuper des Palestiniens, il a répondu :
Nous allons en faire un sandwich de pastrami ,nous allons insérer une bande de colonies juives entre les Palestiniens, et ensuite une autre bande de colonies juives traversant la Cisjordanie , comme cela, dans 25 ans, ni les Nations Unies ni les Etats Unis, personne ne pourra démêler tout cela.”


Pour voir une carte du Mur de Qalqilya :
http://www.nad-plo.org/maps/Qalqilya_land_grab.htm


Faits concernant Qalqilya

La municipalité de Qalqilya comprend 32 villages habités par approximativement 72 000 Palestiniens et 19 colonies israéliennes illégales comptant une population coloniale israélienne estimée à 50 700 (au 1er Janvier 2000).

La ville de Qalqilya compte approximativement 40 000 à 45 000 résidents palestiniens vivant sur environ 3 500 dunums de terres constructibles (4 dunums = 1 acre). Il n' y a que 700 dunums supplémentaires de terres destinées au développement urbain, dans le plan d'occupation des sols de la ville. Qalqilya comprend 6 200 dunums supplémentaires de terres agricoles qui entourent la ville.

Qalqilya est située à la pointe de la nappe phréatique Ouest, l’une des trois seules nappes phréatiques en Cisjordanie occupée. Cette nappe phréatique, qui s’étend le long de la Ligne Verte, génère un rendement moyen de 362 million de mètres cubes d’eau par an, et produit environ la moitié des ressources d’eau de la Cisjordanie occupée. Le Mur de Qalqilya, avec le reste du "Mur de sécurité”, est construit de telle façon qu’il donne à Israël un contrôle presque total sur les zones les plus productives de la nappe phréatique.

• Avant le 29 Septembre 2000, le début du soulèvement palestinien contre l’occupation israélienne, 22% de l’économie de Qalqilya était basée sur les produits agricoles, dont les plantations de fruits et légumes, des ruches, des serres de production de plants, et le bétail. Aujourd’hui, ce chiffre est de 45%, avec 2000 travailleurs agricoles soutenant près de 15.000 résidents de la ville occupée (37.5% de la population totale de Qalqilya).



Faits à propos du Mur à Qalqiliya

Le 15 août 2002 le gouvernement de Sharon a annoncé ses plans concernant la construction du mur entourant Qalqilya :

• Le Mur ne sera pas construit sur la frontière avec Israël (La Ligne Verte), mais entourera la ville sur trois côtés sur les terres, à l’intérieur de la Cisjordanie occupée.

• Le mur de 8 mètres de haut sera entouré de (i) en premier une tranchée de 4 mètres de largeur et 2 mètres de profondeur, (ii) ensuite des fils de fer barbelés et (iii) enfin, une route militaire patrouillée par l’Armée Israélienne.

• Tous les biens palestiniens (dont les maisons, fermes, champs et serres) situés à moins de 35 mètres du mur ont été ou seront détruits par Israël.

• 4 entrées dans la ville ont d’ores et déjà été bloquées et l’entrée restante a été transformée en une porte fortifiée par l’armée. Une barrière de 850 mètres sera érigée afin de renforcer la seul entrée de Qalqilya.

• Le check point à l’entrée de Qalqilya sera déplacé de 200 mètres à l’ouest à l’intérieur du territoire palestinien, ceci constitue de facto une annexion de terres palestiniennes et la confiscation de puits d’eau privés de la ville.


Effets du Mur sur Qalqiliya

Le but principal de la construction de ce mur est de confisquer et d'exproprier des terres palestiniennes et d’appauvrir les résidents de Qalqilya en leur refusant les moyens de vivre et d’avoir accès aux ressources naturelles.
Le Mur de Qalqilya n'a que peu à voir avec la sécurité :

Environ 6 200 dunums de terres agricoles entourent Qalqilya et parmi celles-ci, environ 2 168 dunums (ou 35%) ont été ou vont être confisquées. 3 500 autres dunums de terres agricoles seront “isolés” du côté israélien du mur et jusqu’à maintenant, les fermiers se sont vus refuser l’accès à ces terres par l’armée israélienne.

• Sur un total de 2168 dunums de terres qui vont être confisquées, 1608 dunums (ou 74%) se situent dans une zone irriguée et 559,5 dunums (ou 26%) dans une zone non irriguée (cette zone dépend des chutes de pluie pour les cultures d’olives et de raisin). Dans la zone irriguée, il y a 444 dunums de légumes, 967 dunums de culture de fruits, 24 dunums de serres et 173 dunums de cultures de plants. Ces chiffres représentent plus d’un tiers des terres agricoles de la ville. Qalqilya fut il y a un temps le «grenier» de la Cisjordanie .

• L’armée israélienne déclare que tous les fermiers auront accès à leurs terres via "les barrières agricoles". Il y a pour l’instant une seule barrière agricole de prévu dans tout Qalqilya. Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a aucune evidence que cette barrière sera établie, ni aucun protocole gérant l’utilisation de ces barrières n’a été rendu public. Pendant ce temps, les fermiers sont incapables de cultiver et irriguer leurs terres.

Environ 15 des 39 puits de la ville seront confisqués, représentant plus d’un tiers des ressources en eau de la ville.

Les habitants de Qalqilya seront emprisonnés dans la ville, coupés des villages voisins et du reste des territoires Occupés Palestiniens.

Plus de 600 sur les 1800 commerces de Qalqilya ont fermés en raison du siege économique et du manque de revenus agricoles. Avec un taux de chômage approchant les 65%, les habitants ont été incapables de payer les taxes municipales et les factures. Ainsi, la municipalité de Qalqilya doit environ 3.5 millions de shekels à la Compagnie Israélienne d’électricité, qui a menacé à plusieurs reprises de couper l’électricité de la ville.

Etant donné que 45% de l’économie de la ville repose sur l’agriculture, la confiscation des terres et de l’eau entraîneront la migration des habitants de Qalqilya à l’Est, rendant enfin l’annexion de Qalqilya par Israël démographiquement “acceptable”. Déjà, selon la municipalité de Qalqilya, 4 000 habitants ont quitté la ville. 2.000 responsables de foyers supplémentaires ont quitté Qalqilya afin d’assurer un travail et soutenir leurs familles qui sont restées derrière eux à Qalqilya.


Le mur de Qalqilya viole la Quatrième Convention de Genève


La construction du mur de Qalqilya viole l’interdiction de la Quatrième Convention de Genève de destruction et d’expropriation massive de biens situés dans le territoire occupé et non justifié par une nécessité militaire. De telles destructions et expropriations constituent un crime de guerre.

"Toute destruction par le Pouvoir Occupant de biens réels ou personnels appartenant de façon individuelle ou collective à des personnes privées, ou à l’Etat, ou à d’autres autorités publiques, ou à des organisations sociales ou coopératives, est interdite, exceptée lorsque de telles destructions sont rendus absolument nécessaires par les opérations militaires". (Quatrième Convention de Genève, Article 53, en conjonction avec l’Article 147).

Israël a souvent déclaré que sa "sécurité" autorise la violation des droits palestiniens protégés par la Quatrième Convention de Genève. Quoiqu’il en soit,l'argument utilisé par d’Israël de la "sécurité" afin de contourner la Convention n’a pas de lien avec la sécurité des forces occupantes, ou celle de son administration, mais avec celle des colons illégaux.

“La nécessité militaire” ne peut être invoquée pour défendre la violation de la Quatrième Convention de Genève, tout comme l’implantation et le maintien par Israël de colonies israéliennes illégales. Le fait de transformer les violations en droits et par conséquent d'invoquer les principes de bases de la Quatrième Convention de Genève, comme la nécessité militaire, afin de légitimer et même défendre la mise en place et l’élargissement de la violation, est un affront à la loi internationale en général, de même qu’à la Quatrième Convention de Genève en particulier.


Le mur de Qalqilya viole l’obligation majeure de la Force Occupante de garantir le bien être et la satisfaction des besoins de base des populations civiles occupées.

"Il est interdit d’attaquer, détruire, enlever ou rendre inutile des objets indispensables à la survie de la population civile, telle que des produits alimentaires, des zones agricoles pour la production de nourriture, cultures, bétails, installations d’eau et travaux d’irrigation,.. quelque soit le motif, que ce soit pour affamés les civils, pour les pousser à partir, ou pour tout autre motif". (Quatrième Convention de Genève, Protocole I, Article 54)

La destruction et l’expropriation massive de biens et de terres, surtout les terres agricoles fertiles et l’eau, privent et dépossèdent effectivement la population palestinienne de ses moyens de subsistance de base et de survie.


Le mur de Qalqilya viole l’interdiction par la Quatrième Convention de Genève de punitions collectives.

"Aucune personne protégée ne peut être punie pour une faute qu’il ou elle n’a pas personnellement commise. Les punitions collectives et toutes autres mesures d’intimidation ou de terrorisme sont interdites." (Quatrième Convention de Genève Article 33)

Le mur de Qalqilya punit la totalité de la population de la ville, et viole ainsi l’interdiction absolue de la Convention des punitions collectives. Selon le Commentaire faisant autorité de la Quatrième Convention de Genève :

Durant des conflits précédents, infliger des punitions collectives était prévu pour empêcher le non respect de la loi plutôt que comme un moyen de répression; en ayant recours à des mesures d’intimidation afin de terroriser la population, les bélligrents ont espéré empêcher les actes hostiles. Loin d’obtenir l’effet désiré, et quoiqu’il en soit, de telles pratiques, en raison de leur cruauté et sévérité excessive, ont maintenu en vie et renforcé l’esprit de résistance. Ils ont frappé des coupables et des innocents de la même manière. Ils sont opposés à tout principe basé sur l’humanité et la justice… »


La communauté internationale a obligation de faire appliquer la Quatrième Convention de Genève :

"Les Hautes Parties Contractantes s’engagent à respecter à et assurer le respect de cette présente Convention en toute circonstance." (Quatrième Convention de Genève, Article 1)

La communauté internationale a failli à ses obligations de faire appliquer la loi internationale, renforcant l’intransigeance d’Israël en lui laissant croire qu’il pourrait violer la loi en toute impunité, et renforçant le sentiment d’abandon de la population palestinienne. Il est temps que la communauté internationale arrête d'accepter tacitement et de s'accommoder perpétuellement des violations d’Israël, qui visent une population civile de plus en plus démunie.



Le Mur de Qalqilya a violé les Accords d’Oslo :


Le mur de Qalqilya viole l’interdiction des Accords d’Oslo du dénigrement de liberté de mouvement :

"Sans déroger aux pouvoir et aux responsabilités d’Israël en matière de sécurité selon cet Accord ,les mouvements des personnes, véhicules et marchandises en Cisjordanie , entre les grandes villes, villes, villages et camps de réfugiés, seront libres et normaux et ne seront pas affectés par les checkpoints et barrages." (Accord d’Intérim, Annexe I, Article IX, para 2(a)

Les pouvoirs d’Israël en matière de sécurité, dans le respect de la liberté de mouvement, s’étend seulement à l’interdiction ou la limitation de l’entrée en Israël de personnes et véhicules venant des Territoires Occupés Palestiniens. La construction du mur à Qalqilya affecte la liberté palestinienne de mouvement non seulement vers Israël mais aussi à l’intérieur, et tout autour des Territoires Occupés Palestiniens.


Le mur de Qalqilya viole l’obligation des Accords d’Oslo de préserver l’intégrité du territoire des Territoires Occupés Palestiniens :

"Les deux parties voient la Cisjordanie et la Bande de Gaza comme une seule unité territoriale, dont l’intégrité et le statut seront préservés durant la période d’intérim." (Accord d’Intérim, Chapitre 2, Article XI)

Le mur de Qalqilya va couper Qalqilya des autres villes palestiniennes, détruisant ainsi l’intégrité territoriale de la Cisjordanie .


Le mur de Qalqilya viole l’interdiction des Accords d’Oslo pour chaque partie de changer le statut des Territoires Occupés Palestiniens :

"Aucune partie ne pourra initier ou prendre des mesures qui changeront le statut de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza avant l’accord sur le statut permanent des négociations." (Accord intérimaire, Chapitre 5, Article XXXI)

Le mur de Qalqilya constitue une action unilatérale d’Israël qui change le statut de la Cisjordanie en annexant de facto des terres de Cisjordanie coté ouest du mur, et en imposant de facto une frontière avant la conclusion des négociations sur le statut permanent.





Pour plus d'informations sur le mur de Qalqilya :

Campagne contre le Mur de l'Apartheid : http://www.stopthewall.org
en anglais

Notre dossier en français sur le Mur


Articles ailleurs sur le Net :

En anglais :
Electronic Intifada : http://electronicintifada.net/v2/article571.shtml

Le Monde Diplomatique :
http://mondediplo.com/2002/11/05wall%20

En francais :
Solidarité-Palestine : http://www.solidarite-palestine.org/mur.html


Vidéo :

http://www.lawsociety.org/arjan/movies/qalqilyawall.mov


Informations générales :

Le site internet de la ville de Qalqilya : http://www.qalqilya.com

Source : www.nad-plo.org

Traduction : BM

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