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France -

Quand l'État français joint le ridicule à l'arbitraire

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Article publié le 29 janvier 2014

La France est le pays qui détient dans ses geôles le plus ancien prisonnier politique en Europe. Libérable depuis 1999, en butte à la « raison d'État », le militant marxiste libanais Georges Ibrahim Abdallah entame sa trentième année de prison. Parce qu'elle l'a nommé citoyen d'honneur, la municipalité communiste de Bagnolet (93) est attaquée en justice par le préfet !

Quand l'État français joint le ridicule à l'arbitraire

Georges Ibrahim Abdallah en janvier 2013. Le plus ancien prisonnier politique en Europe (DR)
Le motif avancé par Philippe Galli, préfet de Seine-Saint-Denis, laisse pantois. Georges Ibrahim Abdallah « n'a mené aucune action bénéfique pour la ville. » « Un motif totalement ridicule », s'indigne dans son communiqué du 24 janvier le Groupe des associations de Bagnolet (GAB) : « De qui se moque-t-on ? Gilad Shalit, soldat de l'armée israélienne, a été fait citoyen d'honneur de Paris. Qu'a fait de “bénéfique” Gilad Shalit pour la Ville de Paris ? [...] Des préfets ont-ils interdit des stèles en hommage à l'OAS ou des places Ben Gourion ? »

En 2012, c'est dans une quasi indifférence que deux villes communistes du Bassin minier du Pas-de-Calais (62), Calonne-Ricouart et Grenay, ont fait elles aussi de Georges Ibrahim Abdallah leur citoyen d'honneur. On peut se demander alors pourquoi l'État sort à présent la grosse artillerie contre Bagnolet lorsqu'elle en fait autant ?

LA PEUR DE LA MOBILISATION DES QUARTIERS POPULAIRES

Pour le Groupe des associations de Bagnolet, « c'est que Bagnolet est une grande ville proche de Paris, susceptible d'être un modèle pour d'autres villes. » Mais la raison profonde de l'hostilité étatique tient surtout à ce qu'à Bagnolet c'est « la mobilisation des quartiers populaires [qui] a rendu possible une décision hautement symbolique pour exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Ne soyons pas dupes, c'est cette mobilisation-là en particulier que le préfet cherche à interdire ».

C'est un fait que Georges Ibrahim Abdallah réunit bien des conditions pour devenir un symbole capable de cristalliser les frustrations mais aussi les désirs émancipateurs de nombre de jeunes des quartiers populaires, les jeunes « issus de l'immigration », comme « on » dit, ceux là même qui sont toujours suspects aux yeux de la bien pensante oligarchie d'être perméables aux idées extrémistes religieuses.

• MARXISTE ET LAÏQUE. Georges Ibrahim Abdallah est un militant de la laïcité, dans son combat contre un État religieux (Israël) comme pour les Palestiniens dont il a épousé la cause. S'il est né au Liban dans une famille chrétienne maronite, il est ensuite devenu militant du très marxiste Front de libération de la Palestine (FPLP) et de la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL) qui se revendiquait communiste et anti-impérialiste. Georges Ibrahim Abdallah n'a rien d'un « fou de dieu » et, paradoxalement, c'est sans doute ce qui le rend potentiellement si dangereux aux yeux de l'État français.

• MARTYRE. Âgé aujourd’hui de 62 ans, Georges Ibrahim Abdallah « a passé plus de temps en prison que Nelson Mandela » écrivait dans une lettre ouverte du 23 octobre 2012 au président de la République douze élus de gauche pour réclamer sa libération. Même pour Yves Bonnet, l'ancien directeur de la DST qui fut à l'origine de l'arrestation de Georges Ibrahim Abdallah et qui considère que « ce qu'on lui fait en le gardant en prison est scandaleux ». Ses huit demandes de libération conditionnelle ont été rejetées ! Et cela alors même que Georges Ibrahim Abdallah ne veut que retourner dans son pays, officiellement prêt à l'accueillir, il suffirait donc de l'y expulser, mais le ministère de l'Intérieur s'y refuse.

• OTAGE DES ÉTATS-UNIS ET D'ISRAËL. « Ce sont les pressions américaines et israéliennes qui expliquent son maintien en détention », analyse l'historien Gilles Perrault. Les États-Unis ne s'en cachent d'ailleurs pas, comme dans ce communiqué du 21 novembre 2012 où leur ambassadeur réitérait aux autorités françaises leur véto à la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Un embastillement pour lequel, en France, intriguent aussi sans relâche et avec succès les soutiens inconditionnels de la politique coloniale et terroriste de l'État israélien.

Ainsi va la Hollandie.


Source : Médiapart

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