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Palestine - ISM France

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Israël -

Rapport : Profanation des Lieux Saints

Par

Extrait du Rapport rédigé par Arab Association for Human Rights -(Association Arabe pour les droits de l'Homme) – Nazareth. Les personnes intéressées par la traduction en francais du rapport complet peuvent contacter l’Association Palestine en Marche à l'adresse suivante : palestine_en_marche@yahoo.fr. Ce texte ne peut être ni repris ni diffusé sans l'accord de Palestine en Marche.

Ce rapport concerne la zone située à l'intérieur de la Ligne Verte - la ligne d'armistice déterminée après la guerre de 1948. Ceci est la frontière internationalement reconnue d'Israël.
Elle comprend Jerusalem Ouest mais non Jerusalem Est ou la vieille ville de Jerusalem, qui ont été toutes deux occupées par Israël durant la guerre de 1967.
Cette restriction dans le domaine géographique d'étude est due au fait que le HRA a pour vocation de travailler pour les Palestiniens qui vivent à l'intérieur de la Ligne Verte.

A) L'histoire de la Terre Sainte après 1948

Avant 1948 tous les lieux saints musulmans en Terre Sainte étaient la propriété du waqf (pluriel awqaf), un terme islamique qui signifie "fondation religieuse".

Ces lieux saints islamiques appartenaient directement à l'autorité musulmane basée à Jerusalem, un arrangement ratifié par les autorités au pouvoir avant la création de l'Etat d'Israël : les autorités ottomanes, suivies en 1922 par les autorités du Mandat britannique.

Après la création d'Israël en 1948, toutes les propriétés waqf ont été confisquées et pendant une période placées sous la "tutelle" de l'Etat. Plus tard, la propriété a été transférée à l'Etat.


Il n'y a jamais eu de décision des autorités religieuses musulmanes de désacraliser ou de cesser d'utiliser aucune des mosquées ou autres propriétés religieuses possédées par le waqf. (1)

Les propriétés religieuses chrétiennes ont continué à appartenir à la branche compétente de l' Eglise Chrétienne en Terre Sainte.

Les monastères et les couvents, en particulier, ont continué à fonctionner comme avant 1948, sans doute en grande partie à cause de la prise en cause des sensibilités et du pouvoir du monde chrétien occidental et du Vatican. (2)

Toutefois, une grande partie de la terre chrétienne, y compris dans les villages détruits, a fait l'objet de la même procédure implacable de confiscation de la part de l'Etat qui s'appliquait à la terre palestinienne dans le nouvel Etat israélien.

Ces terres, une fois passées en possession de l'Etat, sont administrées par des organismes qui s'assurent qu'elles profitent à des citoyens juifs plutêt qu'Arabes. (3)

En plus de la confiscation de toute la terre qui appartenait aux 750.000 Palestiniens devenus réfugiés après la guerre de 1948 , Israël a également confisqué 70% des terres des Arabes qui devenaient citoyens de l'Etat. (4)

Par exemple, la terre sur laquelle le parlement israélien (la Knesset) est construit a été confisquée au Patriarcat Grec Orthodoxe en 1948.(5)

Alors que les autorités religieuses peuvent en théorie autoriser la désacralisation d'un lieu de culte pour le rendre disponible à d'autres usages, aucune des mosquées et des églises dont il est question dans ce rapport n'a été libérée de cette façon.

La destruction des lieux saints Chrétiens et Musulmans doit être vue dans le contexte de la destruction à grande échelle de plus de 400 villages palestiniens à l'intérieur des frontières du nouvel Etat Juif au cours de la guerre de 1948 et dans les années qui ont suivi.

Dans certains cas, les lieux de culte ont été détruits en même temps que des habitations privées par les troupes de l'armée israélienne qui dévastaient tout.

Une fois que ces zones étaient nettoyées, la terre était généralement réaffectée à des communautés d'immigrants juifs, souvent pour former des kibboutz ou des moshav, et pour leur usage exclusif.

La plupart des destructions ont eu lieu pendant la période du "gouvernement militaire", entre 1948 et 1966, qui s'appliquait seulement aux citoyens Arabes et restreignait durement leur liberté de mouvement.

Toutefois, seuls quelques lieux de culte ont été entièrement détruits en 1948; la plupart sont restés tandis que les maisons qui les entouraient étaient détruites. Le fait que les églises et les mosquées aient reçu un traitement différent est une preuve qu'Israël reconnaissait que les lieux de culte avaient des statuts différents.

Cependant, comme le montrera ce rapport, leur traitement par la suite suggère que, bien qu'Israël soit conscient des sensibilités internationales sur cette question, ses actions montrent qu'il ne respecte pas toujours la nature consacrée de ces lieux.



B) Refus d'accès et abandon

La destruction totale des lieux saints a eu surtout lieu dans la zone la plus construite au centre du pays, dans la ceinture de banlieues entre les deux plus grandes villes, Tel Aviv et Jerusalem. Cette région est largement peuplée de juifs israéliens, et, dans beaucoup de cas, le développement s'est fait sans considération de la protection ou de la préservation des lieux saints musulmans et chrétiens situés dans ces zones.

La mosquée de al-Khairiya, par exemple, a depuis longtemps été rasée et couverte par les faubourgs tentaculaires de Givatiyim à l'est de Tel Aviv. (6).

Mais le même phénomène se repoduit ailleurs dans le pays: l'église qui a été enregistrée en 1949 par la Commission de Conciliation des Nations-Unies pour la Palestine, à l'est d'Acre, a été aussi totalement détruite et la terre donnée à deux kibboutz.

Dans les zones rurales, on peut encore trouver des restes de lieux de culte Chrétiens et Musulmans. Cependant, la façon dont ils sont traités par l'Etat est un motif sérieux d'inquiétude. Ils sont, sans exception, hors d'atteinte pour la population locale chrétienne et musulmane, en général à cause d'une barrière ou d'un ordre militaire qui les déclare "zone fermée".

Les lois passées par l'Etat pour empêcher les réfugiés palestiniens de revenir dans leurs villages sont aussi utilisées pour empêcher les réfugiés de l'intérieur, les Arabes qui ont la citoyenneté israélienne et qui vivaient autrefois dans ces villages, d'accéder à leurs lieux saints, même s'ils vivent tout près.

Le Règlement d'Urgence 125, hérité du Mandat britannique en 1945, donne le pouvoir au Gouverneur Militaire de déclarer des secteurs "Zones Fermées" dans lesquelles personne ne peut entrer sans un laissez-passer écrit.(7)

Ce refus d'accès a amené le manque d'entretien et la détérioration des lieux de culte.

Dans d'autres cas, des communautés juives agricoles s'en sont vus attribuer le contrêle, et les ont utilisés, par exemple, comme enclos pour des animaux.

En Avril 2004, un fermier juif a transformé la mosquée Ain al-Zaytouna près de Safad en étable: il a commencé par enlever la première pierre qui porte le nom de la mosquée et la date de sa construction et a ensuite couvert les murs de graffiti en Hébreu. (8)

Les coquilles sans toit d'une église et d'une mosquée se dressent toujours dans le village de Suhmata au Nord de la Galilée. Le seul moyen d'y accéder pour les visiteurs est de garer leur voiture sur le bas cêté près du portail d'entrée d'un champ où paissent des vaches appartenant à une communauté juive agricole et ensuite de marcher.
Cependant, les habitants arabes rapportent que les plaques d'immatriculation des voitures garées près du portail sont relevées et que leurs propriétaires encourent des poursuites. (9)

Les effets combinés de la législation qui déclare des zones "fermées" et l'intimidation par la surveillance exercée par les officiels, y compris la police, empêchent dans les faits les citoyens arabes d'accéder à leurs lieux de culte.

Il y a pléthore d'histoires individuelles sur la restriction d'accès aux lieux saints et les tentatives d'en gêner l'entrée.

Sheikh Kamel Rayan a essayé de visiter et de photographier la mosquée du village du Nord de Khalisa, qui se situe maintenant dans la ville juive de Kiryat Shemona. Toutefois, il a été bloqué sur son chemin par le personnel d'un musée qui a été installé dans la mosquée. (10)

Quand Maha al-Naqib, responsable d'un projet de rénovation dans la ville mixte de Lid, a emmené un groupe d'enfants en camp d'été au village proche de Zakariya, les habitants Juifs d'une communauté voisine ont insulté les enfants. (11) ‘

Abd al-Malik Dahamshe, membre Arabe de la Knesset , a tenté de visiter une mosquée dans le village détruit de Balad al-Sheikh près de Haifa, mais en a été empêché par les autorités.

Le refus d'accès permet que le mauvais traitement de ces sites continue, en général sans aucun contrêle.

Le Jerusalem Post a publié en 2001 le compte-rendu d'un réfugié de l'intérieur, Ghazi Shbeta, quand il s'est rendu en compagnie d'un journaliste dans une mosquée en ruines du village détruit de Miska au centre d'Israël .
Il a montré au reporter le cimetière où sa mère était enterrée : la terre en avait été labourée huit ans auparavant par la compagnie d'agrumes qui exploite maintenant la terre du village. "Je me suis plaint auprès d'eux et ils se sont excusés. Ils ont dit que c'était un accident et qu'ils n'endommageraient plus aucune tombe dans le futur- mais ils l'ont fait." (12)

Les "désacralisations" et les attaques sur les lieux de culte musulmans et chrétiens ne cessent de se répéter mais on en entend rarement parler dans les media israéliens et la police mène rarement une enquête.

Les exemples les plus récents font état d'incendies volontaires au maqam de Sheikh Shehada à‘Ain Ghazal en Janvier 2000.(13)

En Mars 2004 des incendiaires ont mis le feu à la Mosquée des Quarante à Bissan, qui est maintenant sous la responsabilité de l'Administration des Parcs Publics.
Les dégâts étaient très étendus, le toit s'est effondré. Quand des responsables musulmans ont essayé de photographier les dégâts, la police leur a confisqué leurs cartes d'identité. (14)

En Juin 2004, un habitant de Tiberiade a tenté de mettre le feu avec un cocktail Molotov à la mosquée al-Omery au centre de la ville. Il criait: " Je ne veux plus voir d'Arabes ou de musulmans devant mes yeux...Je les brûlerai tous! "

Il y a eu plusieurs tentatives de brûler la mosquée al-Omery et la mosquée voisine de al-Bahar , qui a été attaquée pour la dernière fois en Février 2000. (15)

La nuit du 11 Août 2004, des personnes non identifiées ont jeté des pierres sur la mosquée Hasan Bik à Jaffa, faisaint voler les vitres en éclats.

Muhammad Ashkar Abu Ghazi de l'Association Al-Aqsa a déclaré que ces actes de vandalisme inquiétaient les habitants de Jaffa car ce n'était pas la première fois qu'une telle chose arrivait. Il a dit aux journalistes du journal arabe Sawt al-Haqq wal-Hurriya que peu de temps auparavant, quelqu'un avait écrit en hébreu sur le mur de la mosquée: " LES ARABES DOIVENT ETRE CHASSES." (16)

Des dizaines de lieux de culte en ruines, certains d'une grande valeur historique, culturelle et religieuse, sont laissés à l'abandon et menacés d'une détérioration plus grande encore.

Il y a cinquante ans, l'église catholique de al-Bassa, un village du nord de la Galilée, qui remonte à au moins 200 ans, était un beau bâtiment de deux étages de style Byzantin.
Aujourd'hui, le deuxième étage où se trouvaient l'école et la maison du prêtre n'est plus qu'un tas de gravats, et le reste de la structure menace de s'effondrer.
Aucune réparation n'est autorisée car la terre appartient à l'Etat et est située dans ce qui est maintenant une zone industrielle.


Il y avait environ 3000 habitants dans le village de al-Bassa en 1948.
Après la guerre, ils sont devenus soit des réfugiés de l'intérieur, soit des réfugiés en exil et leurs maisons ont été déclarées "zones fermées" sous le gouvernement militaire.
Néanmoins, quand le gouvernement militaire a pris fin en 1966 et que les restrictions sévères sur les mouvements des citoyens arabes ont été levées, l'ordre qui empêchait de s'approcher du village vide a été renouvelé.

En 1970 et 1971, l'Etat a démoli toutes les maisons afin de développer une zone industrielle pour la communauté juive qui s'y était installée.
Les seuls bâtiments à ne pas être détruits ont été deux églises et la mosquée. (17).

A al-Bassa, l'église catholique s'est effondrée, l'église orthodoxe, vieille de 100 ans, est laissé à l'abandon, et la mosquée est utilisée par le kibboutz voisin comme abris pour les chèvres.
Les protestations des citoyens arabes ont parfois réussi et les animaux ont été sortis mais ils ont toujours été remis là après une courte période.

Au moment de la visite du HRA, le sol était couvert d'une couche épaisse d'excréments d'animaux. Il y a aussi un cimetière musulman et un cimetière chrétien dans le village, complètement envahis par les herbes.
Quand une route de service pour nouvelle zone industrielle a été construite, les restes d'une église byzantine avec une mosaïque ont été découverts dans le cimetière chrétien et ont été détruits.(18)

Un tel schéma se répète dans tout le pays.

La Mosquée Bahar à Tiberiade est laissée à l'abandon, près d'une promenade bien entretenue et au milieu de grands hêtels modernes.

Une autre mosquée à Tiberiade est l'impressionnante mosquée décorée al-Zeidani, qui est fermée et entourée de tous cêtés par un centre commercial.
La mosquée est pleine d'ordures et couvertes de graffiti au milieu d'un espace public bien entretenu. (19)



C) Empêcher les tentatives de réparation des lieux de culte

L'Administration des Terres d'Israël (ILA, Israël Lands Administration) a le contrêle des lieux saints et le manque de protection gouvernementale de ces bâtiments a empêché les musulmans et les chrétiens de réparer leurs lieux de culte.

Quand des fidèles ont essayé de rénover des bâtiments ou de les réclamer comme lieux de culte, on a fait obstruction à leurs tentatives et on les a intimidés.

Dans plusieurs cas, des mosquées ont été détruites après avoir été réparées.

Un exemple frappant est celui de Sarafand, un village détruit près de Haïfa, où seule la mosquée a été laissée debout.
Le bâtiment avait environ 100 ans, faisait 350 mètres carrés, et on le considérait comme une des mosquées les mieux construites de Palestine. (20)

En 2000, les habitants musulmans ont commencé à vouloir réparer la mosquée : des citoyens arabes ont passé cinq mois à travailler sur la mosquée.
Ils avaient commencé à pouvoir tenir la prière dans le bâtiment réparé depuis seulement six semaines, quand les autorités ont envoyé des bulldozers au milieu de la nuit du 25 Juillet 2000 pour raser la mosquée. Aucun corps officiel n'a revendiqué la destruction.

Cependant, la réponse de l'ILA à la mise en place d'une tente de protestation par les fidèles après la destruction de la mosquée est instructive.

L'ILA est allé devant le tribunal de Haifa, a exigé le retrait de la tente, ajoutant que le bâtiment de Sarafand n'était pas une mosquée.

Cette affirmation peut en partie être contredite par le fait que c'était le seul bâtiment laissé debout dans le village- le schéma de ne pas détruire physiquement les bâtiments de lieux de culte se retrouve dans toutes les démolitions de villages de 1948 aux années 1970.

Après plus d'un an de harcèlement par la police des Arabes qui protestaient, avec, entre autres, la confiscation de la carte d'identité pour 19 d'entre eux, le tribunal de Haifa a émis un jugement interdisant la reconstruction de la mosquée.

Il a aussi ordonné le retrait de la tente de protestation car elle se trouvait sur une terre de l'ILA.


Dans le village détruit de Hittin, à quelques kilomètres à l'ouest du lac de Tibériade, se dresse un minaret de pierre pointu, au milieu de mauvaises herbes luxuriantes, à cêté d'un kibboutz.

La mosquée d'origine a été construite sur ordre de Saladin en 1192 pour commémorer la Bataille de Hittin au cours de laquelle son armée a battu les Croisés.

Des réfugiés du village qui vivent maintenant dans la ville voisine de Deir Hanna ont essayé d'empêcher la mosquée de tomber en ruines et le kibboutz de faire paître leur bétail sur le terrain afin de pouvoir à nouveau utiliser la mosquée comme lieu de culte.

Selon un ancien villageois, Abu Jamal, 73 ans, les anciens habitants ont organisé un camp d'été d'enfants annuel pour essayer de nettoyer le site de la mosquée à la fin des années 90.

En 2000, ils ont alors contacté le Ministère de l'Education, de la Culture et des Sports qui leur a dit qu'il leur allouerait de l'argent pour restaurer la mosquée.

Toutefois, quand les fonctionnaires du ministère se sont présentés, il a été dit aux anciens villageois qu'ils avaient une heure pour nettoyer la mosquée de la saleté laissée par les vaches avant qu'elle ne soit clêturée.

Aujourd'hui, une clêture de fer massive entoure la mosquée. Son épaisseur, sa hauteur et l'absence de portail suggèrent qu'ell est davantage destinée à éloigner les anciens habitants plutêt que les vaches. Toutes les salles de la mosquée ont été condamnées et sont hors d'atteinte.

"Les ouvriers ont cassé les anciennes canalisations d'eau" dit Abu Jamal en désignant le sol où les canalisations en argile datant du temps de Saladin gisent, fracassées. "Ils ont aussi emporté la pierre d'inauguration historique où la date de la mosquée était inscrite. " (21)


Les mêmes problèmes se sont produits dans les villages de Wadi Hawarith et Ijzim.

En Février 2000, des membres du moshav local Yashin ont détruit la mosquée de Wadi Hawarith deux semaines après que sa rénovation par des citoyens musulmans a été terminée. Les plaintes déposées à la police n'ont pas donné lieu à une enquête. (22)

La mosquée de Ijzim, où se trouve maintenant le moshav Kerem Maharal, a été décrite par l'ancien député maire de Jerusalem Meron Benvenisti comme "grande et magnifique" et datant de "la fin du dix-neuvième siècle". Pourtant, parce que l'accès en a été durement restreint, elle est en danger croissant de s'effondrer.

Selon Benvenisti, quand les anciens habitants du village ont essayé de nettoyer le site et de consolider les murs qui penchaient dangereusement, les habitants du moshav local les en ont empêchés. (23)



D) Changer l'usage des mosquées : en Synagogues, Restaurants, Boutiques

Alors que les citoyens arabes ont été empêchés d'accéder aux lieux saints, l'usage ou le détournement de ces sites est souvent excusé par les autorités.

Dans plusieurs cas, les lieux de culte musulmans ont été transformés en lieux de culte juifs, avec l'accord tacite de l'Etat. Comme beaucoup de ces transformations ont été opérées au début de l'histoire de l'Etat, elles sont aujourd'hui considérées comme irréversibles.

Pourtant, les mosquées transformées, utilisées aujourd'hui comme synagogues, n'ont jamais été désacralisées par les autorités musulmanes.

En voici un exemple qui date de 1993, quand le minaret de la mosquée al-Nabi Rubin, que l'on pouvait voir depuis l'autoroute principale qui longe la cête entre Tel-Aviv et Ashdod a été soufflé par une explosion-prétendûment par des juifs extrémistes religieux. (24)

Depuis lors, des groupes juifs ont transformé la tombe du prophète musulman qui se trouve à l'intérieur de la mosquée en lieu de culte Juif.
Des inscriptions en Hébreu ont été faites sur la tombe et les murs, et ils ont ajouté de l'encens et des bougies. (25).

Plus récemment, en Juin 2004, des Juifs extrémistes sont entrés par effraction dans le tombeau de Sheikh Sima’an, près de Kafr Saba, et remplacé les symboles islamiques par des symboles juifs, remodelé la tombe à l'intérieur selon les rites juifs et ensuite cadenassé le site afin d'être les seuls à y avoir accès.
Ils prétendent que c'est le tombeau de Shimon Ben Yaakov.

Enfin, des panneaux ont été installés sur les routes voisines afin d'indiquer le nouveau lieu de culte. (26)

A cêté de là, la synagogue Binyamin Ben Ya’acov a un mihrab (niche de prière), dont l'entrée porte une dédicace musulmane gravée. Pourtant, l'Etat et les fidèles juifs considèrent que c'est un lieu saint juif. (27)


Un processus similaire a été entrepris pour changer le caractère islamique du Maqam de Sheikh Shehada dans le village détruit de ‘Ain Ghazal.

Le 25 Août 2004, un ancien habitant du village, Ali Hamoudi Abd al-Haq, qui revendique d'être un descendant du Sheikh, a dit à un groupe de citoyens arabes qui visitaient les villages non reconnus que le maqam avait été désacralisé de façon répétée et délibérée.
Il a ajouté que la police n'avait pris aucune mesure pour empêcher la profanation du tombeau bien qu'ils aient eu connaissance du fait.

Abd al-Haq a montré au groupe l'endroit par où des inconnus avaient pénétré dans le tombeau, en brisant les vitres et comment ils avaient brisé la pierre tombale qui identifiait clairement le maqam comme lieu de repos éternel de Sheikh Shehada.

Sur le mur du maqamn quelqu'un avait peint les mots suivants en hébreu: "ceci est la tombe du rabbin Gideon Bin Azra." (28)


La mosquée du village de Lifta, dans les faubourgs ouest de Jerusalem, n'existe plus. Le village lui-même est toujours debout, avec ses rues bordées de maisons à l'abandon qui servent aujourd'hui de sentiers de promenade dans la nature.

Toutefois, le site de la mosquée a été transformé en mikveh – bains rituels juifs.
Des inscriptions en hébreu peintes sur une arche de pierre près de la piscine montrent la nouvelle destination du site.
A cause de sa position centrale, ce mikveh est régulièrement utilisé par des Juifs. (29)


Les mosquées des villages détruits de Wadi Hunin et al-Yazur ont été transformées en synagogues, comme l'ont été la Mosquée du Tombeau de Jacob à Safad, et les maqams de al-Tire, al-Sitt Sakina à Tiberiade, Kofr ‘Anan, et Dalata. (30)

La mosquée du village détruit de ‘Abassiya se trouve maintenant au centre de la ville juive de Yehudiya, près de l'aéroport Ben Gurion.

La mosquée a été changée en synagogue, fermée, et le cimetière a servi de terrain de construction pour des maisons. Sur un mur, près de là, on peut lire: "MORT AUX ARABES" (31).

Le changement d'utilisation sans accord des autorités musulmanes, l'implantation d'une nouvelle communauté juive sur le site et les graffiti sur le mur se combinent pour démontrer clairement le mépris du gouvernement israélien pour les lieux de culte arabes.

Les mosquées sont aussi transformées pour d'autres usages, non religieux, dont certains sont souvent sacrilèges pour les fidèles locaux.

Les mosquées d'Ascalan et de Kaysaria ont été transformées en restaurants, et la Mosquée ‘Ibsesu à Bir al-Seba’ (Beersheva) est maintenant une boutique. (32)

La mosquée du village de Ein Hod, au sud de Haifa, qui est maintenant une colonie d'artistes juifs, a été transformée en bar.

Le village détruit de al-Zib sur la principale route cêtière entre Acre et Nahariya a été transformé en terrain de camping et en plage. La mosquée du village qui surplombe la mer est toujours là: toutes ses issues sont condamnées et il n'y a aucun panneau indiquant que c'est un lieu saint.
Beaucoup de citoyens musulmans palestiniens se rendent sur le terrain de camping, mais l'Etat leur refuse l'accès à leur héritage religieux et l'opportunité de prier aujourd'hui.

A al-Zib, l'Administration des Parcs Nationaux, un organisme gouvernemental, a fermé la mosquée.

Il existe toutefois des exemples suggérant que dans certains cas, les autorités israéliennes ont davantage pris en compte les sensibilités chrétiennes que les sensibilités musulmanes.

La population arabe a été chassée du village de Ein Karim, au sud-ouest de Jerusalem, en 1948.
Les bâtiments sont restés debout et sont depuis habités par des juifs israéliens. Le village abrite plusieurs églises qui sont d'importantes étapes traditionnelles pour les pèlerins sur leur chemin vers Jerusalem. Elles sont restées intactes et en fonction.

Pourtant, La seule mosquée du village, située sur une place centrale, est couverte de graffiti à l'intérieur, ses murs extérieurs sont couverts d'herbes, et tout accès est interdit par une comninaison de parpaings et de portails en fer.

Comme il s'agit d'une région très fréquentée par les touristes, les déprédations de la mosquée ont été dissimulées derrière un haut mur de pierre.
Au pied de la façade avant se trouve le "Puits de Marie", une source sacrée pour les chrétiens que les autorités israéliennes entretiennent soigneusement.
Le site musulman voisin a été désacralisé et interdit d'accès, alors que l'accent a été entièrement mis sur le christianisme. (33)



E) Villages non reconnus et lois d’Urbanisation

Selon Bimkom, une association d'urbanistes israéliens, "l'urbanisation de l'espace en Israël est hautement centralisée et n'est ni accessible ni clairement comprise par la plupart des citoyens et des habitants du pays auxquels elle est destinée."(34)

Il est clair, cependant, qu'un tel contrêle s'exerce largement pour le bénéfice des citoyens juifs plutêt que des citoyens arabes.

Depuis la création de l'Etat en 1948, ce dernier a acquis la propriété privée des citoyens arabes par des mécanismes de confiscation de sorte qu'aujourd'hui l'Etat possède 94% de la terre.

Grâce à l'ILA et les organismes d'urbanisme dans lesquels les Arabes sont sous-représentés, l'Etat a la possibilité de décider le découpage en zones de tout usage de la terre.

Le phénomène du "village non reconnu" est le résultat d'une loi connue sous le nom de Loi d'Urbanisation et de Construction Nationales" passée en 1965.

Dans les faits, cette loi a sorti des zones d'urbanisation des villages arabes qui, dans beaucoup de cas, préexistaient à l'Etat d'Israël et les a redéfinis comme des zones agricoles non constructibles.

La majorité de ces villages se trouvent dans le Naqab (Negev), où l'Etat essaie de pousser les Bédouins hors de leur terre pour les faire vivre dans des townships.

Ces villages n'apparaissent sur aucune carte, leurs habitants ne sont pas enregistrés sur les listes électorales, et les villages ne sont pas reliés aux réseaux d'eau, d'électricité et de tout à l'égoût d'Israël. (35).

Tout bâtiment dans un village non reconnu est aussi par définition sans permis, ce qui signifie qu'il est sujet à un ordre de démolition. Ceci s'applique que le bâtiment ait été construit il y a longtemps et rétroactivement défini comme sans permis, ou construit récemment.

Les lieux de culte n'échappent pas au régime de non-reconnaissance de la loi d'urbanisation de l'Etat israélien, pas plus qu'ils n'échappent au fait d'être sans permis ou à la démolition.

Dans le village de Tel al-Mileh, au sud du Naqab, le 5 Février 2003, à 6 heures du matin l'Etat a détruit la mosquée du village par l'intervention de la police militaire et d'un nombre important de bulldozers.

La mosquée faisait environ 150 mètres carrés et avait coûté plus de 100,000 shekels ($22,000) réunis grâce à une souscription des villageois et avec l'aide de l'Institut du Negev pour la terre et la Population.

C'était le seul lieu de culte du village. Elle avait été construite après des années de pression publique. Bien que les habitants aient reconstruit le bâtiment après sa démolition, la mosquée demeure "illégale" et sous la menace permanente d'être démolie. (36)

En 1996 et en 2001, le Comité d'Urbanisation et d'Habitat Local de la région de Misgav en Galilée a émis deux ordres administratifs de démolition concernant une mosquée dans le village non reconnu de Husseiniya.

Le Comité a statué que la mosquée était "construite illégalement sur une terre agricole", bien que le tribunal d'Acre ait rejeté l'ordre de démolition.

Le village a été reconnu par l'Etat à la fin des années 90 mais cela n'a pas allégé son fardeau.

En Octobre 2003, le plan d'ensemble pour le village, soumis au Ministère de l'intérieur pour approbation, spécifiait que la partie Est du village, où se situe la mosquée, était réservée à l'usage agricole ou tout autre usage non constructible. (37) Son avenir est donc loin d'être garanti.

En Octobre 2003, la presse arabe a rapporté que les habitants du village non reconnu de Katamat en Galilee s'étaient vus proposer un marché par les autorités de l'Etat: ils supprimaient leur mosquée et en échange l'Etat ne démolirait pas 13 de leurs maisons qui étaient sous ordres temporaires de démolition gelés. (38)

En décembre 2003, des bulldozers ont détruit la Mosquée Salaam à a-Za‘rora, un village non reconnu près de Ksaify dans le Naqab, un an et demi après sa construction sur les terres du village. (39)

De telles menaces pèsent aussi sur les lieux de culte en usage dans les villes mixtes Juifs/Arabes.

A Lid, à l'est de Tel Aviv, les citoyens arabes composent presque 22% de la population de la ville. Il y a quatre mosquées "sans permis" et une cinquième qui a reçu un permis après avoir été transformée en club de jeunes, ce qui a permis de la désigner comme "lieu à usage public".

Les quatre mosquées en usage sont toutes sous la menace d'un ordre de démolition qui pèse sur elles, et une des plus grandes a dû recourir à des batailles juridiques pour ne pas être détruite. Elle reste en usage, bien que sa construction ait été arrêtée au stade de murs de béton nu.

La même histoire s'est passée dans la ville mixte voisine de Ramle. (40)
Il y a 23800 citoyens musulmans d'Israël dans le district de Ramle ce qui inclut Lid. (41)

Le 1er Juillet 2003, l’Etat a démoli une autre mosquée en fonction, cette fois dans le centre de la plis grande ville arabe d’Israël, Nazareth.
Plus de 500 soldats et membres de la police militaire sont entrés dans la ville à l’aube, sans avertissement, ont barré la rue principale et démoli la mosquée.

A l’époque de sa destruction la mosquée consistait seulement en un rez-de-chaussée qui servait de centre à la communauté et une tente de prière. (42)



F) Le Problème des Cimetières

Il y a beaucoup plus de cimetières en Terre Sainte que de mosquées ou d'églises.
Alors que l'on trouvait des mosquées et des églises seulement dans les villages les plus grands et qu'elles servaient souvent un groupe plus large de villages plus petits, chaque hameau ou petit village avait son propre cimetière.

Comme tous les cimetières du monde, ceux-ci étaient des sites sacrés, importants pour la communauté comme des lieux où l'on commémorait le souvenir de la famille et des amis et où l'on rendait visite à ceux que l'on aimait.

La plupart des cimetières Musulmans et Chrétiens dans les plus de 400 villages détruits comprenaient les tombes de parents de citoyens arabes vivant en Israël. Il n'y a pourtant quasiment aucune protection pour ces cimetières contre la destruction et les dégradations, souvent approuvées par l'Etat.

Dans le cas de al-Bassa, dont il a été question plus haut, les tombes musulmanes et chrétiennes ont été retournées et les os laissés à l'abandon pendant la construction de la route et des bâtiments de la zone industrielle.
L'Etat n'a fait aucune tentative pour protéger ou respecter ces cimetières. Ceci est vrai à travers tout le pays.

Selon Benvenisti, "L'état des cimetières musulmans abandonnés est si honteux qu'il soulèverait une tempête dans tout autre pays. " (43)

Connaître le nombre total exact de cimetières musulmans et chrétiens qui existaient en Israël en 1948 n'est pas une tâche facile.

Selon la Fondation Al-Aqsa, il y a 461 cimetières musulmans et chrétiens dans les districts au Nord du pays:Tiberiade, Safad, Haifa, Acre, et Baysan. (44)

Mais l'Association Al-Aqsa n'a pu enregistrer que 72 tombes musulmanes dans les districts au Sud : Ramle, Tulkarem, Yafa, Jerusalem et Bir al-Seba’ (45).

Le nombre plus réduit peut être attribué à un niveau de développement urbain et suburbain juif israélien beaucoup plus important dans les régions sud et centre de l'Etat, qui a entraîné la totale disparition de plusieurs lieux saints et de nombreux cimetières.
Quand on rapporte au sud le nombre de cimetières et de villages au nord, on peut raisonnablement considérer qu'il y avait environ 900 cimetières musulmans et chrétiens à l'intérieur d'Israël en 1948. (46)

Sur la plupart des cimetières, on a construit des routes, des maisons et des usines et ils n'existent donc plus.

Le village détruit de Sarafand al-‘Amar, à l'ouest de Ramle, a été remplacé par la colonie juive israélienne de Tsirifin, et au cours des cinq dernières années, les autorités ont retourné les tombes au bulldozer, les ont couvertes de sable, et planté de l'herbe sur la terre nivelée afin de faire un terrain de football.
La Fondation al-Aqsa a saisi la Cour Suprême, mais le jugement a été favorable à la municipalité. (47)

Au cours de Juillet 2004, la Fondation Al-Aqsa a mené une enquête sur les dommages causés par le Service des Antiquités d'Israël sur un cimetière islamique dans le village de Ijzim.
Le Service a découvert le cimetière au cours de fouilles pour découvrir des artefacts à la demande d'un citoyen juif qui avait acheté une portion de terre du cimetière et avait obtenu qu'elle soit changée de zone en vue de construire.

Bien qu'il ait su que le lieu était un cimetière, le Service a continué à creuser, sans considération pour la sacralité de ce lieu qui abrite la tombe d'une importante figure de la révolution de 1936.(48)

En Février 2004, une société de construction, Maatz, a endommagé en grande partie le cimetière du village de Arab al-Sbeh en faisant stationner les bulldozers sur les tombes. Des pierres tombales ont été utilisées comme gravat pour le pavage et l'écoulement des eaux.

Et deux mois plus tard, en Avril 2004, Maatz a déposé des pierres sur les tombes dans le village détruit de Tira, au sud de Haifa, pendant la préparation de la construction d'une route sur demande de la municipalité de Tirav Karmel. (49)

Parmi les cimetières encore existants, la majorité est à l'abandon, ou il est impossible de s'y rendre et de les entretenir.
En tant que propriété waqf, les cimetières musulmans appartiennent à l'ILA, qui les laisse envahir par les herbes ou les alloue pour un usage agricole ou autre.

Deux associations de la société civile musulmane, la Fondation Al-Aqsa et l'Association al-Aqsa, travaillent à protéger les cimetières, en les restaurant et en oeuvrant sur le plan légal pour empêcher leur destruction.

Les résultats du travail de cette communauté est remarquabble dans les villages détruits éloignés où les deux organisations ont nettoyé et clêturé des cimetières envahis par les herbes et non signalés. Cependant, l'ampleur de la tâche et l'absence de soutien de la part de l'Etat, fait que ce travail attire rarement les parents des personnes inhumées.


Prenons l'exemple du cimetière de al-Smiriya, qui se trouve sur la route principale entre Acre et Nahariya. Le plus gros des mauvaises herbes a été enlevé, les tombes ont été redressées, et il y a une barrière métallique; pourtant le cimetière n'est pas signalé et coincé entre une route et une zone industrielle.(50)
La comparaison avec les cimetières juifs israéliens révèle des différences douloureuses.

Le cimetière juif israélien Givat Shaul à Jerusalem dessert la zone du village arabe détruit de Deir Yassin. Un sondage d'Haaretz, en Mai 2002, sur les aménagements du cimetière juif donne 5/10 pour ses sections les plus anciennes et 9/10 aux sections les plus récentes.

Le sondage a critiqué le manque d'organisation des possibilités de parking et "l'état de négligence" des toilettes mais a vanté "la propreté et le bon état" des nouvelles sections. (51)
Il a cependant oublié de mentionner le cimetière arabe voisin de Deir Yassin, qui n'est pas signalé et creusé par les graffiti à cêté de la route.
De hauts buissons l'entourent et rendent difficile l'accès au site, les tombes sont brisées et abandonnées. (52)
Des parents de citoyens israéliens sont enterrés là mais parce qu'ils sont arabes, ils sont traités différemment par l'Etat. (53)


NOTES

1 - La terre Waqf qui était en usage religieux pendant la guerre de 1948 war et après (par exemple les mosquées dans les villages qui n’ont pas été détruits) a été donnée pour être administrée à un « Bureau des Administrateurs du wqf musulman » composé de « collaborateurs » nommés par les autorités. Ces « administrateurs » vendaient ou « échangeaient » la terre avec l’Administration des Terres d’Israël (ILA) sans rendre aucun compte à la communauté musulmane . Citation de Meron Benvenisti, Sacred Landscape: The Buried History of the Holy Land Since 1948 (Berkley: University of California Press, 2000), p. 298.

2 - Ghazi Falah, "The 1948 Israëli-Palestinian War and its Aftermath: The Transformation and De-Significaiton of Palestine’s Cultural Landscape," Annals of the Association of American Geographers, vol. 86 (Blackwell Publishing, 1996), p. 279.

3 - En 1961 l’Etat a défini toutes les terres qu’il possédait ainsi que les terres possédées par l’agence Juive et le Fonds National Juif ( JNF) comme des “terres d’Etat”. L’administration de toutes ces terres a été confiée à l’ILA, un organisme statutaire gouvernemental. Le bureau de l’ ILA est nommé par le gouvernement et comprend 7 fonctionnaires du gouvernement et six personnes désignées par le JNF. Le développement des terres de l’ ILA a été confié à une Administration du Développement de la Terre qui comprend une majorité de personnes du JNF dans son bureau. Le JNF a pour mission de travailler pour les juifs seulement. Ainsi, l’organisme chargé de développer 94% de la terre d’Israël – les “ terres d’Etat administrées par l’ILA –est dominiée par une organisation qui travaille exclusivement au bénéfice des citoyens juifs. Voir David Kretzmer, The Legal Status of Arabs in Israël (Boulder: Westview Press, 1990).

4 - Chiffres de Hussein Abu Hussein and Fiona McKay, Access Denied: Palestinian Access to Land in Israël (London: Zed Books, 2003).

5 - Archimandrite Dr. Theodosios Hanna (Spokesman of the Greek Orthodox Church in Jerusalem and the Holy Land), interview by HRA , February 1, 2003.

6 - Al-Khairiya avait 1420 inhabitants, une mosquée et 2 écoles élementaires en 1945. Voir Al-Aqsa Association for the Custody of the Awqaf and the Islamic Holy Places (affiliated to the "southern branch" of the Islamic Movement in Israël, and hereinafter referred to as "Al-Aqsa Association"), General Survey of Muslim Religious Property and Awqaf, vol. 1 (Kofr Bara: 2003).

7 - Le règlement 125 faisait partie des Lois de Défense (Urgence) 1945 mises en place par le Mandat Britannique.

8 - HRA, "Desecration of Islamic Cemeteries and Holy Places," Weekly Review of the Arab Press in Israël, No. 167. Available at http://www.arabhra.org/wrap/wraphome.htm.

9 - HRA enquête 30 Mai 2003.

10 - Sheikh Kamel Rayan (president of Al-Aqsa Association), interview by HRA, June 19, 2003.

11 - Maha al-Naqib (head of Shatil regeneration project in Lid), interview by HRA, June 19, 2003.

12 - Larry Derfner, "Where are the Mosques of 1948?" Jerusalem Post, May 18, 2001.

13 - Un maqam est un tombeau islamiquequi contient la tombe d’une importante figure religieuse. Ils varient en taille et certains sont utilisés comme lieux de culte.

14 - Sources: ‘Ain Ghazal – Said Badran, "Desecration and Arson at Maqam of Sheikh Shahada in the Cemetery of the Destroyed Village of ‘Ain Ghazal," Kull al-Arab, February 25, 2000; Forty Mosque – HRA, "’Forty Mosque’ Destroyed in Act of Arson," Weekly Press Review No. 161.

15 - HRA, "Attempt to Burn Down al-Omery Mosque in Tiberias," Weekly Press Review No. 174.

16 - HRA, "Assault on Hasan Bik Mosque in Yafa," Weekly Press Review No. 182.

17 - La destruction physique des bâtiments des villages était un processus d’Etat qui a commencé en 1965 et était décrit dans les rapports officiles sous les termes de “nettoyer » et « niveler » la terre. C’était un projet commun de l’ILA, le JNF, l’ Association Archéologique, et de la Société pour l’Amelioration du Paysage. C’est cette dernière organisation qui a eu pour politique de ne pas détruire « les bâtiments à l’architecture impressionnante », et l’exemple de al-Zib est cité. Le danger des bâtiments qui menaçaient de s’effondrer et des puits profonds pour le tourisme tourisme juif israélien a été une des raisons citées pour le processus de démolition. Et [épargner] « du chagrin aux citoyens arabes…quand ils passent près de leur village natal qui leur manque » en est une autre. Voir Tom Segev, "Where are all the Villages? Where are They?" Haaretz Hebrew edition, September 6, 2002. Translation from Between the Lines available at http://www.betweenlines. org

18 - L’avocat Salim Wakim, interview by HRA, June 6, 2003. HRA enquête de terrain 6 Juin 2003.

19 - HRA enquête de terrain 28 Septembre 2003..

20 - Les informations pour l’étude du cas de Sarafand provient des sources suivantes: Northern Islamic Movement officials, interview by HRA, 2003; Al-Hadaf Magazine, September 30, 2000; David Ratner and Jalal Bana, "Forgotten Mosques set for Renaissance," Haaretz English edition, December 31, 2000.

21 - Jonathan Cook, "Broken Lives," Al-Ahram Weekly, April 1-7, 2004.

22 - Sheikh Rayan, interview; Derfner, "Where are the Mosques of 1948?"

23 - Benvenisti, pp. 208, 290.

24 - Nuri al-Uqbi (President of the Association for Support and Protection of the Rights of Bedouin in Israël), interviewé par le HRA, June 20, 2003; Al-Aqsa Association.

25 - HRA enquête de terrain 20 Juin 2003.

26 - HRA, "Maqam of Sheikh Sima’an in Kfar Saba Turned into a Shrine for Rabbi Shima’on Bin Yaa’kov," Weekly Press Review No. 174.

27 - . Derfner, "Where are the Mosques of 1948?"; HRA enquête de terrain 10 Juillet 2003; Al-Aqsa Foundation, Annual Report 2001 (Um al-Fahm, 2001).

28 - HRA, "Desecration of Maqam of Sheikh Shehada in Destroyed Village of ‘Ain Ghazal," Weekly Press Review No. 185.

29 - Jamil Arafat (auteur), interviewé par HRA, 9 Avril 9 2003; HRA enquête de terrain 9 Avril 9 2003. Le même processus a eu lieu dans le village détruit de Abu Susha où des inscriptions en hébreu ont été peintes sur la mosquée afin de tenter de la changer en synagogue.
30 - . Sources: Wadi Hunanyn – Benevisti, p. 291; al-Tire – Falah, pp. 256-285; Yazur, Mosque of Shrine of Jacob, al-Sitt Sakina, Kofr ’Anan and Dalata – Al-Aqsa Foundation.

31 - HRA enquête de terrain 20 Juin 2003.

32 - Sources: Ashkelon – Al-Aqsa Association; Caesaria – Al-Aqsa Foundation; ‘Ibsesu – Nuri al-‘Uqbi, interviewé le 19 Juin 2003.

33 - HRA enquête de terrain 9 Avril 2003; Benvenisti, p. 291.

34 - Bimkom – Planners for Planning Rights, "About Us," http://www.bimkom.org/aboutEng.asp.

35 - Voir HRA Factsheet No. 4, "Les Villages non reconnus." Disponible sur http://www.arabhra.org/article26/factsheet4.htm.

36 - Voir Communiqué de Presse du HRA "Israëli Government Destroys Mosque in The Negev," 7 Fevrier 2003. Disponible sur http://www.arabhra.org/pressrel/pressrel030207.htm.

37 - HRA, "Citizens of the Village of el-Husseinia are Preparing to Present their Appeals against the Suggested Village Planning Map," Weekly Press Review No.138.

38 - HRA, "The Israëli Authorities Suggest to the Citizens in the Village of Kutamat that they Remove their Mosque in Exchange for the State not Demolishing their Houses," Weekly Press Review No. 138.

39 - HRA, "Mosque and 12 Houses Demolished in the Negev," Weekly Press Review No. 150.

40 - Maha al-Naqib, interview; HRA enquête de terrain 19 Juin 2003.

41 - Bureau Central des Statistiques – Israël, "Statistical Abstract of Israël 2004: No.55," table 2.7. Available at http://www1.cbs.gov.il/shnaton55/st02_07x.pdf.

42 - Voir Communiqué de presse du HRA "Mosque Demolished by 500 Armed Forces in Nazareth," 2 Juillet 2003. Disponible sur http://www.arabhra.org/pressrel/pressrel030702.htm.

43 - Benvenisti, légende de la photo. 19.

44 - Al-Aqsa Foundation.

45 - Al-Aqsa Foundation.

46 - Ce chiffre est basé sur l'étude et l'estimation à la fois du nombre de cimetières détruits et non enregistrables dans le sud et du nombre de cimetières chrétiens dans le sud. il est difficile de faire le partage entre les cimetières chrétiens et musulmans. Plus de la moitié des villages qui existaient avant 1948 étaient des villages mixtes Musulmans/Chrétiens et devaient donc avoir des cimetières pour les deux religions, si ce n'est à la fois une mosquée et une église. Toutefois, l'Etat a été beaucoup plus dur à l'égard des biens religieux musulmans(waqf) que sur les biens religieux chrétiens: ainsi il reste davantage de cimetières chrétiens.

47 - Al-Aqsa Association.

48 - HRA, "Israëli Antiquities Authority Disrupts Islamic Cemetery in Ijzim Village," Weekly Press Review No. 180.

49 - HRA, "Maatz Construction Company Uses Arab al-Sbeh Cemetery as a Parking Lot," Weekly Press Review No. 158;HRA, "Desecration of Islamic Cemeteries and Holy Places," Weekly Press Review No. 167.

50 - HRA enquête de terrain 6 Juin 2003.

51 - Dafna Lutzky, "Dying can be a Messy Affair," Haaretz English edition, 6 Mai 2002.

52 - HRA enquête de terrain 9 Avril 2003.

53 - Il faut noter que les cimetières musulmans et chrétiens au coeur des villes arabes existant en Israël, par exemple, le cimetière islamique qui se trouve face aux bureaux du HRA à Nazareth, fonctionnent de fait et sont entretenus par la communauté religieuse locale.

Source : Arab Association for Human Rights

Traduction : Palestine en Marche

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