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Israël -

Recrutement d'enfants en Israel : Résumé des principaux résultats et des recommandations

Par

Extrait du Rapport de New Profile rédigé par Amir Givol, Neta Rotem et Sergei Sandler et présenté lors d'une conférence à Tel-Aviv le 29 juilllet 2004

Les enfants s'exercent dans un champ de tir et peuvent recevoir une arme quelques jours après avoir rejoint la Garde Civile, ou, s'ils la rejoignent à un âge encore plus jeune, ils peuvent recevoir une arme une fois qu'ils entrent en seconde au lycée.
Ils effectuent des patrouilles, dans la plupart des cas sans adultes pour les accompagner, ils ont l'autorité pour traiter avec la population civile et effectuent également du travail de sécurité quand il y a des alertes spécifiques au sujet d'une possible attaque terroriste.

Dans ce chapitre, nous passerons brièvement en revue les principaux résultats du rapport et nous ferons nos recommandations aux autorités israéliennes quant à ces résultats.


Cependant, avant que nous commencions, nous pensons qu’il est important de souligner trois points :

D'abord, le rapport cite souvent les conventions internationales et d'autres standards juridiques.
Plusieurs de ces standards ont été particulièrement mis en place dans le but de protéger les enfants dans des situations de conflit et de guerre. La nécessité d'observer les dispositions du droit international n’est pas proscrite en temps de guerre ou d'urgence nationale.

Au contraire, il est particulièrement important de se protéger ainsi que nos enfants pendant des différends violents.
Les phénomènes de recrutement d'enfant examinés dans ce rapport mettent en danger le bien-être des enfants ici et maintenant.

Si, en dédaignant le droit international, nous négligeons également ces dangers, nous trahissons de ce fait la responsabilité que nous avons en tant que société concernant le bien-être de nos enfants.



Deuxièmement, ce rapport traite du recrutement des enfants par l'Etat d'Israël, de ses différentes forces armées et des organisations et milices armées composées de ses citoyens (juifs).
Un autre rapport, rédigé par la section Palestine de Defence for Children International, traite des phénomènes de recrutement d'enfants dans la société palestinienne.
Ce rapport parallèle doit être publié dans les prochains jours.

Notre rapport n'examine pas le recrutement d'enfants par des groupes Palestiniens, ni n’examine les façons dont les enfants, des deux côtés, ont été affectés directement en tant que victimes par les hostilités.

Tout cela n'est pas le résultat d’une partialité de notre part, mais plutôt de notre désir de rester concentré sur le sujet actuel. En particulier, notre but n’était pas d'encourager la fabrication d’accusations mutuelles entre les parties israéliennes et palestiniennes. Nous avons plutôt voulu que chaque partie se concentre sur la responsabilité de sa propre société sur ce qui se passe et d’y effectuer des changements.



En conclusion, avant d’arriver aux résultats eux-mêmes, nous voudrions dire clairement une nouvelle fois qu'il y a plus de recrutement que d'enrôlement officiel.

Dans ce rapport, nous avons employé une large définition du recrutement d'enfants.

Répétons les caractéristiques principales de cette définition :

• Un enfant est toute personne âgée de moins de 18 ans

• Des enfants peuvent être recrutés dans une force ou un groupe armé losqu’ils sont identifiés comme membres de ce groupe, par exemple en portant son uniforme, même s’ils n’en sont pas membres à titre officiel.


• Virtuellement, les enfants peuvent être recrutés en subissant une certaine sorte de formation visant spécifiquement à les préparer pour des fonctions qu'ils assumeront dans une force ou un groupe armée.

• Les enfants seront également considérés comme recrutés dans une force ou un groupe armée quand ils exécuteront une certaine fonction dans cette force ou groupe, qu'ils soient ou non officiellement membres.



Maintenant passons en revue les principaux résultats et recommandations du rapport.


Tout d'abord, nous voudrions faire bon accueil au fait qu’au moins, en ce qui concerne les questions de la conscription et du recrutement officiels, il semble que l'Etat d'Israël fasse maintenant un effort plus grand qu'avant pour adhérer aux normes internationales reconnues.

En 2002, Israël a fait une avancée significative dans cette direction quand elle a modifié sa Loi de Service de Sécurité afin que les gens soient maintenant officiellement enrôlés seulement après avoir atteints l'âge de 18 ans.

Nous recommandons à Israël de continuer dans cette direction en supprimant toutes formes de recrutement, recrutement volontaire inclus pour les enfants de moins de 18 ans.

Cet engagement pour la protection des enfants contre le recrutement officiel devrait également être reflété dans les engagements internationaux qu'Israël doit assumer.

Par exemple, Israël a déjà signé le Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés du 25 mai 2000.

Il est également recommandé qu'Israël ratifie ce protocole, en déclarant que 18 ans est l’âge minimum pour toute sorte de recrutement.

Cependant, comme nous l’avons déjà dit, toutes les formes de recrutement ne sont pas officielles, et en ce qui concerne le recrutement non officiel, la situation en Israël est très loin d’être satisfaisante.



Les enfants en Israël participent à la protection des colonies, la plupart du temps comme volontaires dans la Garde Civile.

Beaucoup d'enfants sont recrutés dans la Garde Civile dès l'âge de 15 ans.

Le système d'éducation encourage souvent les enfants à entrer dans les rangs de la sécurité armée, et dans au moins un cas, une école a désigné une équipe pour coordonner des activités avec la Garde Civile et donner à des pupilles du crédit supplémentaire sur leurs bulletins de notes pour volontariat.

Les enfants s'exercent dans un champ de tir et peuvent recevoir une arme quelques jours après avoir rejoint la Garde Civile (cela, d'ailleurs, semble contredire les ordres écrits sur cette question), ou, s'ils la rejoignent à un âge encore plus jeune, ils peuvent recevoir une arme une fois qu'ils entrent en seconde au lycée.

Ils effectuent des patrouilles, dans la plupart des cas sans adultes pour les accompagner, ils ont l'autorité pour traiter avec la population civile et effectuent également du travail de sécurité quand il y a des alertes spécifiques au sujet d'une possible attaque terroriste.


Cela devient bien plus problématique quand le travail de sécurité est effectué par des habitants des colonies juives de Cisjordanie à l’intérieur de leurs communautés.

Là, les enfants sont employés comme Gardes Armés dans les colonies, qui sont au centre même du conflit Israélo-Palestinien et sont constamment menacés.

Quelle est la différence dans le statut entre un enfant-volontaire armé de la Garde Civile sécurisant une colonie et un appelé armé sécurisant un établissement militaire voisin (ou en effet la même colonie) ?

Ces enfants ne sont pas officiellement des membres de l’armée et ne portent pas l'uniforme militaire, mais cela ne change pas le fait qu'ils exécutent une fonction clairement militaire quand ils ont 16 ou 17 ans.

L'utilisation des enfants pour sécuriser les colonies, particulièrement où leur sécurité est réellement en danger, est immorale.

D'ailleurs, il est souvent facile d’influencer le jugement des enfants. Une arme à feu est une responsabilité qui ne devrait pas leur être confiée.

Ces enfants devraient être immédiatement retirés des forces armées de toutes sortes.



Les lycées militaires, que l’on trouve dans beaucoup d'endroits en Israël, forment leurs pupilles à un style de vie militaire et à une routine quotidienne.

Les pupilles portent l'uniforme militaire, possèdent des papiers d'identité militaires, reçoivent une formation militaire, la plupart d'entre eux s’entraine dans un champ de tir et certains sont obligés parfois de porter des armes.

Ces enfants ne sont pas envoyés au champ de bataille, mais ils sont identifiés en tant que soldats, pour la seule raison que le fait de porter l'uniforme. L'uniforme militaire est censé distinguer les combattants des civils et ceux qui sont identifiés comme combattants peuvent souvent devenir des cibles légitimes lors d’une attaque en temps de guerre.

Un Etat qui choisit d'habiller les enfants dans d’authentiques uniformes militaires agit de façon irresponsable et joue simplement avec la sécurité des enfants.

D'ailleurs, les lycées militaires recrutent des pupilles avant qu'ils atteignent l'âge de 15 ans. Dans certains cas, une pupille porte, pour la première fois, l'uniforme militaire à l'âge de 13 ans.

L’adhésion de ces pupilles à un mode de vie militaire et les tâches qu'ils doivent accomplir indiquent qu'ils sont recrutés de fait, même si ce n’est pas officiel. Le recrutement des enfants de moins de 15 ans sous toutes ses formes viole explicitement l'article 38 de la Convention relative aux droits de l'enfant et est considéré comme un crime international sous le statut de Rome de 1998 de la Cour Criminelle Internationale.

Le recrutement d’enfants de moins de 15 ans par les lycées militaires et les internats devrait cesser immédiatement. C'est une violation flagrante de la loi.
Mais même lorsqu’ils ont plus de 15 ans, les pupilles sont néanmoins des enfants recrutés.

Nous recommandons de cesser la pratique d’identification des pupilles en tant que soldats - d’arrêter de les habiller avec l'uniforme militaire, de cesser de leur donner des armes, etc...

Le Ministère de l'Education et d'autres Autorités du Gouvernement devraient cesser d'encourager les enfants à rejoindre ces encadrements.
En fait, la meilleure chose serait simplement de fermer ces écoles, ce qui éviterait cette forme de recrutement d’enfants.
Les militaires peuvent facilement assurer leur propre besoin de soldats particulièrement qualifiés en formant des soldats adultes.



Les enfants israéliens peuvent participer à la formation militaire dans différents cadres.

Certains sont facultatifs, alors que d'autres sont incorporés au programme d'études de l'école et considérés comme des devoirs de l'école.

Dans tous ces cadres de formation, les enfants doivent porter l'uniforme militaire.
Dans tous, les enfants portent des armes et/ou pratiquent le tir, ainsi que d'autres formes d'entraînement militaire ou au combat.

Dans tous ces cadres, les enfants passent leur temps à vivre dans des conditions militaires, obligés de suivre les ordres de leurs commandants, qui sont tous des soldats.

Les enfants de Seconde et Terminale sont envoyés, dans le cadre du programme d'études obligatoire de nombreuses écoles, dans une base militaire pendant une semaine de formation en vue du service militaire (c'est la soi-disant Semaine de Formation de Bataillons de la Jeunesse).

Dans les écoles, il est obligatoire pour les pupilles d’assister à cette semaine de formation.

Dans certains cas, nous savons qu’il a été dit aux enfants par leurs commandants militaires que la formation qu’ils alllaient suivre permettrait aux militaires de les appeler prématurément au service militaire pour l’arrière-garde en cas d'urgence militaire.

D'autres situations dans lesquelles les enfants suivent une formation militaire comprennent des préparations pour les enfants qui souhaitent rejoindre des unités de combat d'élite en tant qu’appelés, ou pour diverses initiatives locales et privées.


Un dernier exemple est un cours d'été organisé par la Police des Frontières dans une zone de la région de Sharon, destinée à des enfants de 16 ans.

Dans ce cours, les élèves ont appris une grande partie du travail militaire effectué par les soldats dans la Police des Frontières.
Après avoir terminé le cours, les enfants effectuent, en tant que volontaires dans la Garde Civile, du travail de sécurité dans la fameuse Seam-Zone (c.-à-d. à proximité de la Ligne Verte, qui sépare l'Etat d'Israël de la Cisjordanie ).

Quels que soient les aspects de la formation militaire abordés, les enfants deviennent des soldats de fait pendant au moins quelques jours.

L'Etat d'Israël ne souffrirait d’aucun problème de sécurité si les militaires devaient choisir et former ses soldats seulement une fois qu’ils aient atteint leur majorité et rejoindraient officiellement ses rangs, plutôt que de recruter des enfants pour suivre une telle formation.

Nous appellons l’IDF et l'Etat d'Israël, tout d’abord à cesser immédiatement de forcer les enfants à suivre de tels programmes de formations militaires.
Ce serait également un changement important pour le meilleur si les toutes les formes de formation militaire aux enfants étaient abolies.



Les militaires israéliens ont l’habitude d’utiliser les pupilles de lycée, en particulier comme ouvriers d'entretien.

Quelques lycées travaillant avec les militaires envoient leurs pupilles dans les bases militaires pour effectuer du travail pratique en tant que partie de leur formation professionnelle à l'école, mais en fait ces pupilles deviennent également une main d'oeuvre à prix réduit utilisée par les militaires.

Dans la base militaire, ces enfants accomplissent des tâches militaires, et dans au moins un cas dont nous sommes au courant, ils sont payés pour leur travail par les militaires.
Ils sont officiellement employés par les militaires; ils appartiennent au système militaire et travaillent pour le soutenir.

Au moins dans certains cas, leur formation professionnelle de l'école est en fait une forme de formation militaire, parce qu'ils acquièrent une vocation distinctement militaire, plutôt que civile.



Un cas particulièrement scandaleux a été documenté dans un article récent paru dans un journal (et ce n’est nullement un cas isolé), où les militaires se servent du travail d’enfants autistes.

Ces enfants sont envoyés par leur école d'éducation spéciale pour travailler à l'intérieur d'une base militaire, où ils exécutent principalement des simples travaux d'entretien habillés dans l'uniforme militaire.

Bien qu’officiellement les enfants autistes ne passent pas par un processus d'enrôlement, ils exécutent une fonction militaire et effectuent le travail qui serait autrement effectué par des appelés ordinaires.

Les enfants autistes ont une idée très faible de la nature de l'organisation qu'ils servent ou de ses objectifs. En fait, nous pouvons tout à fait sans risque supposer qu'ils n'ont été jamais consultés et qu’ils n’ont jamais eu l'occasion d’examiner les diverses significations de leur participation au travail militaire.

On ne peut pas dire que ces enfants décident rationnellement de travailler pour les militaires, ni peuvent sérieusement résister au fait d’être envoyés pour travailler dans une base militaire, et il serait donc à peine approprié de dire qu'ils travaillent là-bas volontairement.



Les enfants envoyés au travail dans des établissements militaires appartiennent habituellement aux groupes désavantagés de la société.

Les militaires sont perçus dans ce contexte comme un facteur stimulant de mobilité sociale, mais en fait, avoir ces enfants qui bougent autour des caisses dans une base militaire, c’est tout simplement les exploiter.

Nous pensons que toutes les formes de travail des enfants à l'intérieur de l'armée devraient s'arrêter, quelle que soit la nature de leur travail.

Les écoles souhaitant former leurs pupilles à des vocations techniques devraient le faire dans un cadre civil, où le travail des enfants n'est pas exploité dans le but final de l'action de combat.

En tout premier lieu,des dispositifs sociaux civils devraient être disponibles pour favoriser les groupes sociaux désavantagés.

Les tentatives de créer une mobilité sociale par le biais du service militaire devraient être arrêtées.

C'est un objectif qu'aucune armée n'a été jamais poussée à atteindre, ni peut l’atteindre, ni favorise en fait une mobilité sociale.



Il y a une loi en Israël - La Loi du Service de Travail d’Urgence - selon laquelle toute personne âgée de 16 ans, ou même 15 ans ½, peut être recrutée pour des travaux en en soutien à l'effort de guerre si un tel ordre est donné par l'Autorité légale.

C'est déjà arrivé par le passé que des enfants aient été appelés pour travailler au service de la nation en guerre.

Une telle mobilisation a été ordonnée pendant la guerre Arabo-Israélienne de 1973 (la guerre du Yom Kippur), et encore une fois, lors de la guerre du Golfe en 1991, quand des enfants ont été envoyés pour distribuer des masques de gaz à la population dans des centres de distribution mis en place par les militaires.

Ces cas indiquent que des enfants, au moins d'un certain âge, sont vus par certaines institutions qui prennent les décisions en Israël comme une réserve de main-d'oeuvre qui pourrait être mise à la disposition des militaires.

A notre connaissance, La Loi du Service de Travail d’Urgence n'a pas été imposée sur des enfants depuis longtemps maintenant.

En élevant l'âge minimum pour le recrutement en vertu de cette loi, ou sinon l'annulation de la loi elle-même, pourrait être une action symbolique mais digne.



L'éducation militarisée en Israël commence dès le jardin d'enfants, et s'observe par une grande variété de phénomènes.

Nous nous sommes concentrés sur le phénomène du recrutement symbolique – la façon dont les enfants sont amenés à penser qu'ils doivent aussi participer à l'effort de guerre.

Nous avons examiné les effets du niveau relativement élevé de la présence des soldats dans le système d'éducation, ainsi que les programmes d’études obligatoires en vue du service militaire, mis en place par le Ministère de l'Education, l’IDF et le Ministère de la Défense dans les lycées, et nous nous sommes attardés sur les questions juridiques résultant du statut unique ou presque unique que la loi israélienne procure aux enfants – le statut de « Destinés au Service de Sécurité ».

Dans notre vision, le système d'éducation est tellement voué à la promotion du recrutement au service militaire, qu’on ne prend jamais le temps d’étudier les avantages et les préjudices possibles qu'un si vaste investissement des ressources éducatives peut causer aux enfants.

Nous pensons que l'exagération du service militaire dans le système d'éducation devrait être reconsidérée et sensiblement réduite, si non totalement supprimée.

L'engagement considérable du système d'éducation sur le sujet militaire a, la plupart du temps, pour but de recruter l’esprit des pupilles à un âge où la motivation pour servir dans l'armée est souvent liée à la motivation pour atteindre les possibilités diverses offertes par la vie civile.

Cet engagement semble exagéré à un âge où beaucoup d'enfants en Israël, environ la moitié, ne s’enrôlent pas par la suite.

Nous maintenons que les divers programmes éducatifs de préparation au service militaire mis en place dans les lycées traduisent l'engagement du système d'éducation à fournir aux militaires de la main-d'oeuvre de haute qualité et fortement motivée.

L'engagement essentiel du système d'éducation devrait être le bien-être de ses pupilles - ce qui devrait toujours guider son fonctionnement - est souvent mis de côté en faveur des besoins du système militaire.



Nous avons pu obtenir une information concrète concernant le recrutement des enfants dans les milices armées juives seulement dans le cas de Kahane Chai, bien qu'il soit probable que la situation ne soit pas beaucoup différente dans d'autres milices.

D'un autre côté, la majeure partie de notre information concernant Kahane Chai vient d'une seule source (que nous jugeons fiable), et la validité de nos résultats devrait donc être regardée avec précaution.

Selon l'information nous avons obtenu, Kahane Chai, un mouvement d’Extrême-Droite proscrit, a recruté dans ses rangs des enfants de 10 ans.

Ces enfants exécutent des fonctions spéciales dans l'organisation, car ils ne sont pas connus des Services Secrets et de la police.

D’abord, ces enfants participent aux actions régulières de l'organisation, y compris aux hostilités contre les Palestiniens. Ils sont également chargés de créer des cellules supplémentaires pour l'organisation.

Les enfants prennent des cours pendant trois ans où ils sont formés à fabriquer des bombes, à utiliser des armes diverses, à espionner, à falsifier des papiers, etc...

Au cours de cette formation et à la fin, les enfants doivent effectuer diverses cérémonies d’initiation et des tests de loyauté.

Alors que les enfants sont volontaires pour rejoindre les rangs de Kahane Chai, on doit garder à l’esprit le niveau de discernement et de l’indépendance d’esprit dont sont capables la plupart des enfants au début de leur adolescence.

En effet, ces enfants sont exploités par Kahane Chai de la façon la plus sinistre. Cette milice entraine des enfants si des jeunes dans le royaume des hostilités, et là, ils sont susceptibles de rester de nombreuses années avant d’en sortir.

Nous trouvons tout à fait incroyable que l'information que nous avons pu obtenir au sujet de Kahane Chai lors de la préparation de ce rapport serait une nouveauté pour les autorités concernées de l’Etat.

D'autre part, nous nous rendons compte qu’aucun effort sérieux n’est effectué par ces autorités ou d'autres facteurs afin de s’occuper du problème du recrutement d'enfants par cette milice, ou pour annihiler les facteurs motivant les enfants à être recrutés, pour ne pas mentionner les efforts liés à la démobilisation, à la réhabilitation et à la réintégration de ces enfants-soldats dans la société civile. Ce manque d'action parle de lui-même.

Notre recommandation aux autorités de l'Etat sur cette question doit débuter par un effort préventif massif afin de d'arrêter, ou tout d'abord, au moins de réduire de manière significative le phénomène du recrutement d'enfants par ces milices juives, et d’agir pour la réadaptation de ceux qui ont été recrutés par le passé.



En plus des enfants participant aux actions des milices organisées, il y a également des enfants dans beaucoup de colonies juives en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza impliqués dans des actions hostiles et violentes contre les Palestiniens, contre les soldats israéliens et la police et contre des pacifistes.

La plupart de ces actions ne sont probablement pas organisées par aucun groupe ou organisation. Ce sont des enfants d’âges divers qui sont à l’origine de plus ou moins fortes attaques.

Parfois ce sont des attaques spontanées sur des passants, alors qu'à d'autres occasions, les actions sont organisées à l'avance, comme lorsqu'il s'agit de lutter contre l'évacuation des avant-postes ou de mettre à sac des villages palestiniens.

A première vue, nous n'avons pas ici un cas de ces enfants recrutés dans une certaine organisation, mais nous pensons également que le phénomène des enfants organisant indépendamment des actions violentes et agressives dans le contexte global du conflit Israélo-Palestinien est un problème sérieux qui devrait tous nous concerner.

On devrait garder à l’esprit que ces comportements et décisions d’enfants sont fortement influencés par l'environnement militant dans lequel ils ont grandi et par l'éducation qu’ils ont reçu de leurs aînés.


Dans plusieurs de leurs communautés, il y a pression significative de participer aux actions ayant pour but de déposséder ou faire du tort aux Palestiniens, et les enfants sont beaucoup affectés par cette pression, au point qu'ils décident d'agir en conséquence.

Il y a également des cas d'actions de type militaire pour des jeunes colons organisées par des gens au-dessus d’eux.

Un exemple pourrait être les cours d'été tenus dans beaucoup de colonies, formant les enfants de 16 ans et plus à la façon de résister dans l'évacuation des avant-postes par les militaires.

Ces enfants apprennent comment couper des barrières, éviter des barrages routiers et résister à l'interrogatoire de la police secrète.



En conclusion, dans notre mandat, ce rapport doit examiner les cas dans lesquels des enfants palestiniens sont recrutés ou forcés de servir des objectifs militaires par les Forces ou les groupes armés israéliens.

L’IDF force les enfants palestiniens à servir ses besoins opérationnels pendant les combats dans les territoires où Israël est la puissance occupante depuis 1967.

Ces enfants sont le groupe le plus vulnérable, que l’IDF s’est engagé à protéger selon la Quatrième Convention de Genève.


Au lieu de protéger ces enfants, l'armée les emploie en tant que boucliers humains lorsqu’elle se bat sur le terrain urbain, ainsi qu'au cours des manifestations.

L'armée emploie également des enfants palestiniens pour accomplir des tâches potentiellement dangereuses, telles que, entrer dans des bâtiments qui sont suspectés d’être piégés, avant d'envoyer ses propres soldats à l’intérieur.

Ce sont des exemples de la manière dont l’IDF exploite de force pour ses propres besoins des enfants palestiniens - le groupe qui est le plus vulnérable, et donc aussi le plus facile à exploiter.



Une dernière question mentionnée dans notre rapport est l'utilisation des enfants palestiniens comme collaborateurs par l’Autorité de Sécurité Israélienne (ASI), forcés d’agir contre leurs propres communautés et mis en danger de mort par les militants Palestiniens s’ils sont pris.

La question a été couverte dans le rapport parallèle préparé par nos collègues palestiniens du DCI - Palestine, et nous avons très peu à ajouter aux résultats de leur recherche extraordinairement approfondie sur le sujet.

Nous soulignons et fournissons une preuve supplémentaire provenant d'autres organisations des Droits de l'Homme spécialisés sur le sujet pour soutenir cette allégation, celle parmi les méthodes documentées, que l'ASI utilise des formes de torture pour recruter des enfants comme collaborateurs.
Pour cela, nous nous sentons particulièrement honteux.

L'Etat d'Israël doit cesser ces pratiques immédiatement, et mettre en place des dispositifs forts qui empêcheraient de les utiliser à l'avenir.


Il n'y a aucune justification possible pour exploiter les enfants d'un peuple occupé pour les besoins opérationnels de la force d'occupation.

L'Etat d'Israël, nous devrions nous le rappeler, a la responsabilité de protéger les enfants palestiniens tout comme elle a la responsabilité de protéger ses propres enfants.

Nous devrions faire un effort spécial pour garder les enfants des deux côtés hors du conflit Israélo-Palestinien.
Les utiliser pour des buts militaires en mettant leurs vies en danger mène seulement au but opposé.


Comme cela avait été sagement remarqué dans les principes du Cap :

• Pour réduire le volontarisme dans les forces armées de l'opposition, évitez le harcèlement ou les attaques sur les enfants, leurs maisons et leurs familles

• Par dessus tout, laissez nous rappeler, que, selon les mots de Desmond Tutu, (1) "Il n’y a aucune excuse, aucun argument acceptable pour armer des enfants". Le recrutement d'enfants est un crime, quelles que soint les excuses et les justifications données pour le soutenir. Toutes formes de recrutement d'enfants doivent cesser.




(1) Dans sa brève préface à Rachel Brett, Margaret McCallin (1998), Enfants : Les Soldats Invisibles, Rädda Barnen, Suède, p. 7.

Source : www.newprofile.org/

Traduction : MG pour ISM-France

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