Fermer

S'inscrire à la mailing list ISM-France

Recevez par email les titres des derniers articles publiés sur ISM-France.

Votre adresse courriel

Fermer

Envoyer cet article

Votre adresse courriel
Envoyer l'article à
Votre message
Je profite de l'occasion pour m'abonner à la newsletter ISM France.
Palestine - ISM France

Imprimer cet article Envoyer cet article
Article lu 3208 fois

France -

Réponse à l'article de Nadine Rosa-Rosso : "La gauche et l’appui à la résistance"

Par

Nadine Rosa-Russo : "La gauche et l'appui à la résistance", Intervention au Forum international de Beyrouth pour la résistance, l’anti-impérialisme, la solidarité des peuples et les alternatives, le 17 janvier 2009

Votre texte a le mérite de mettre le doigt sur ce qui s’avère être tous les jours de plus en plus clair comme position politique commune à la grande majorité de la gauche et de l’extrême-gauche européenne vis-à-vis des mouvements de résistance islamiques arabes, principalement Hamas et Hezbollah.

Même si cette position politique n’a pas été officiellement proclamée et reste dans le « non-dit », on l’a palpée dans les faits, les discours, les articles des représentants de la gauche hors socialiste (partis, syndicats) chez nous en France, pays où habite une des plus fortes majorités arabes et musulmanes d’Europe et où les manifestations de soutien à Gaza ont rassemblé des centaines de milliers de personnes dans les rues de dizaines de villes françaises (dont plus de 100.000 dans la seule ville de Paris) depuis le 27/12/08. On a bien constaté l’aversion prononcée contre les slogans en arabe, surtout ceux à connotation islamique ou coranique (incontournables dans toute manifestation dans le monde arabe depuis l’existence de la manifestation populaire) et les efforts déterminés du « collectif » d’associations de soutien pour écarter les foules jeunes et voilées, imposer des slogans à la gloire de « La Paix » et casser la mobilisation.

Mais on avait déjà commencé à la ressentir a Paris lors des manifestations de soutien à la résistance libanaise en juillet-août 2006, lorsque certaines « célébrités » du mouvement de soutien, telles que Bernard Ravenel, de l’AFPS, et Mouloud Aounit, du MRAP, poussaient des cris de vierges effarouchées à la seule vue du drapeau du Hezbollah (« Non, surtout pas de ça ici ! ») et empêchaient les représentants des associations libanaises et palestiniennes de s’approcher de leurs micros et de leurs sonos tonitruantes, afin de pouvoir continuer à bercer les foules de leurs discours de « tolérance » et de « paix durable entre les peuples ».

Vous vous demandez « pourquoi la gauche et l’extrême gauche se mobilisent si peu » et vous indiquez qu’elles analysent la situation en termes exclusivement religieux (en se fondant sur la qualification d’opium du peuple de Marx) et qu’elles craignent d’être assimilées au terrorisme.

Il est également remarquable que pas une manifestation de solidarité avec Gaza n’ait été signalée dans les pays de l’ex-bloc communiste (Chine ou ex URSS).

Mais arrêtons de nous étonner et rappelons-nous que les communistes (Etats et partis suivistes) avaient, bien avant son implantation, soutenu de toutes leurs forces, notamment militaires et politiques, la création de l’Etat sioniste, ce qui a contribué à la confusion des partis communistes des pays colonisés et, plus tard, à leur discrédit.

Cette position relève d'une analyse politique claire, celle de la sacro-sainte union des prolétaires de tous les pays contre le capitalisme, qui elle-même repose sur l’analyse de Marx.

Peut-on reprocher à Marx, lui-même le produit du capitalisme européen du XIXème siècle, de ne pas avoir pu apprécier ni les conséquences des guerres coloniales, ni l’impact de la religion dans les mouvements de libération nationale ? Je ne le pense pas ; par contre, on peut le reprocher à l’intelligentsia gauchiste et extrême-gauchiste en Europe et ailleurs, qui confirme et perpétue le discours du colon civilisateur donneur de leçon sur le comment il faut lutter contre l’oppression et la colonisation, pour conserver sa position dominante du discours révolutionnaire.

Car sa véritable terreur, elle est là : se faire doubler par un discours et une idéologie qu’elle a toujours voulu ignorer pour mieux la mépriser.

Je pense qu’une remise en question qui va bien au-delà des pétitions et des modifications des listes des organisations « terroristes » s’impose à l’heure actuelle pour la gauche et l’extrême gauche, si elles veulent continuer à exister.

Une remise en question qui devra s’accompagner d’un retour sur les analyses issues de la théorie marxienne, d’une solide autocritique et d’une orientation sur les études et les recherches entreprises par les intellectuels anciens ou néo-colonisés.

A défaut, il faudra accepter ce que le matérialisme historique nous a enseigné, à savoir que la violence est le moteur de l’histoire et que les peuples trouveront toujours les moyens physiques et idéologiques de se libérer de leurs oppresseurs, avec ou sans gauche et extrême-gauche.

Faire un don

Afin d'assurer sa mission d'information, ISM-France fait appel à votre soutien.

Oui ! Je soutiens ISM-France.


Contacter ISM France

contact@ism-france.org

Suivre ISM France

S'abonner à ISMFRANCE sur Twitter RSS

Avertissement

L'ISM a pour vocation la diffusion d'informations relatives aux événements du Proche Orient. Les auteurs du site travaillent à la plus grande objectivité et au respect des opinions de chacun, soucieux de corriger les erreurs qui leur seraient signalées.

Les opinions exprimées dans les articles n'engagent que la responsabilité de leur auteur et/ou de leur traducteur. En aucun cas l'ISM ne saurait être tenu responsable des propos tenus dans les analyses, témoignages et messages postés par des tierces personnes.

D'autre part, beaucoup d'informations émanant de sources externes, ou faisant lien vers des sites dont il n'a pas la gestion, l'ISM n'assume aucunement la responsabilité quant à l'information contenue dans ces sites.

A lire également...
Même lieu

France

Même sujet

Résistances

Même auteur

Nadine Acoury

Même date

28 janvier 2009