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Palestine occupée -

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 2 - décembre 2017

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« Cette terre est à nous, nous refusons la soumission à la décision de Trump » (le martyr Ibrahim Abu Thuraya, 29 ans, quelques minutes avant d’être exécuté).
« La récente déclaration de Trump ne fait que renforcer notre détermination, notre résilience, notre attachement et notre appartenance à notre ville sainte » (Monseigneur Hanna Atallah).

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 2 - décembre 2017

Le peuple palestinien est fermement déterminé à poursuivre sa révolte contre la judaïsation de la ville d’al-Quds, la capitale éternelle de la Palestine. La déclaration du président américain Trump, affirmant que al-Quds serait la capitale de l’entité sioniste, a soulevé la colère palestinienne, arabe et musulmane, dans le monde, et a mobilisé les peuples amis de la justice et de la liberté, contre les représentants du terrorisme dans le monde : les Etats-Unis et l’entité sioniste.

La nouvelle intifada qui se déclare depuis le 8 décembre dernier, jour de la déclaration américaine, se renforce tous les jours et gagne de nouveaux terrains. Les journées de la colère décrétées par les organisations de la résistance, et notamment par le mouvement du Jihad islamique, maintiennent la tension et assistent aux affrontements avec l’ennemi, dans la plupart des villes et camps palestiniens, en Cisjordanie et à Gaza, tandis que les Palestiniens des territoires occupés en 48 participent aux affrontements dans al-Quds et organisent les manifestations dans les villes de Galilée. Des centaines de blessés, dont certains graves, plus de 10 martyrs, plusieurs centaines de Palestiniens arrêtés, dont 350 mineurs, est le bilan de la terreur sioniste qui s’est abattue sur la Palestine occupée.

Le retour de l’Intifada dans les rues de la Palestine, et la monstruosité de la déclaration de Trump, ont soulevé les masses arabes et musulmanes, dans les principales villes de la nation. Que ce soit à Amman, à Ankara ou à Rabat, la participation massive aux manifestations pourrait susciter un mouvement généralisé de refus du diktat américain dans les pays arabes et musulmans. En Algérie et en Tunisie, la colère se tourne contre les dictatures de la péninsule arabique (Arabie saoudite, Emirats) qui font pression sur l’Autorité palestinienne pour accepter le plan de « paix » américain, qui signifie la liquidation de la cause palestinienne. En Jordanie, les masses réclament la rupture des accords de Wadi Araba qui humilient les peuples arabes et les manifestations devant l’ambassade américaine sont incessantes. Si le peuple égyptien ne parvient pas à exprimer sa colère, le responsable d’al-Azhar est sorti de son silence et a affirmé, dans plusieurs déclarations, la nécessité de lutter pour protéger al-Quds. Les manifestations dans plusieurs pays musulmans asiatiques témoignent du réveil de la conscience des peuples musulmans en faveur de la ville d’al-Quds et de la cause palestinienne.

Dans cette ambiance d’effervescence populaire, les questions sont posées, à propos de la direction de la lutte, à propos de l’unité des organisations palestiniennes et la création d’un comité unitaire, à propos des formes de lutte, armée ou « pacifique », à propos des moyens d’action, arabe et musulmane, pouvant libérer les masses de l’emprise américaine. Les réponses restent multiples et parfois contradictoires. Les attentes palestiniennes sont grandes, mais les entraves dans les pays arabes et musulmans restent encore trop importantes. Les objectifs ne semblent pas unifiés, au-delà de s’opposer à l’administration américaine et à la déclaration de Trump, qui est en fait un appui inconditionnel des Etats-Unis à la judaïsation d’al-Quds et de toute la Palestine.

Au niveau palestinien, la coupure entre les militants et cadres moyens du Fateh d’une part et la direction du mouvement, d’autre part est claire. Les premiers participent et se sacrifient pour la Palestine, alors que la direction du mouvement louvoie, attend et poursuit sa recherche d’une unité palestinienne de façade, sans remettre en cause le processus de règlement. Les formations de l’OLP réclament la formation d’un comité supérieur qui dirigerait l’intifada, comme au cours de l’Intifada de 1987, alors que les autres formations préfèrent voir se confirmer la participation populaire générale, avant de décréter la formation d’une quelconque direction, d’autant plus que les formations politiques ne jouent pas un rôle identique dans le soulèvement, et le fait de fixer des objectifs pour le court terme pourrait être dangereux pour la poursuite de la lutte contre l’entité sioniste. Quant à la participation de la lutte armée, elle reste un choix, qui devrait intervenir au moment opportun, aux côtés du soulèvement populaire, d’autant plus qu’elle est réclamée par de nombreuses manifestations et rassemblements. Les organisations de la résistance basées dans la bande de Gaza ont compris la stratégie sioniste voulant détourner les regards de la bataille pour al-Quds, en les provoquant en tuant intentionnellement des manifestants à Gaza. Les réponses de la résistance sont claires : nous riposterons de manière à empêcher une escalade vers une guerre, et nous en avons les moyens et les capacités.

Martyrs tombés entre le 11/12/2017 - 25/12/2017

Mohammad Sami Dahduh, de Hayy Zaytun, dans la bande de Gaza, est décédé suite à ses blessures, le 24/12. Il avait été blessé lors du second vendredi de la colère, le 15/12 par les tirs des soldats postés au bord de la zone « frontalière » avec Gaza.
Sharif Abd Shalash, 28 ans, exécuté par les sionistes à l’Est de Jabalia, dans la bande de Gaza, lors d’une manifestation le 17 décembre. Il succombe à ses blessures le 23 décembre.
Zakaria Kafarne, 24 ans, exécuté lors de la manifestation du 22/12 contre la judaisation d’al-Quds, dans la bande de Gaza.
Mohammad Nabil Mhaysen, 29 ans, de Jabalia, bande de Gaza, exécuté lors de la manifestation du 22/12 contre la judaïsation d’al-Quds.
Bassil Ibrahim, de Anata, au nord-est d’al-Quds. Il a été exécuté à l’entrée de Anata, par une balle tirée dans le dos. Il avait été arrêté en 2012, alors qu’il manifestait en solidarité avec la grève de la faim des prisonniers. Il avait été condamné à 10 mois, et détenu dans la prison de Ofer. Après l’assassinat du martyr Mohamad Abu Khdayr par les colons en 2014, Bassil a affronté l’occupant en lançant des bouteilles incendiaires. Par 16 fois, il échappe à son arrestation pour être arrêté le 9/11/2015 par « les unités de la mort » (musta’ribun) et est condamné à 7 mois de prison. La détention est renouvelée sous la forme de détention administrative au moment de sa libération. Il reste enfermé pendant 23 mois. Lorsque l’intifada se renouvelle au sujet d’al-Quds, il se dirige vers les points d’affrontement avec l’occupant, à l’entrée de Anata. Il brise une voiture appartenant à des colons. Les soldats sionistes tirent dans le dos, n’osant l’affronter de face.
Ibrahim Abu Thuraya, Shuja’iya, Gaza, 29 ans, handicapé suite au bombardement « israélien » sur la bande de Gaza, en 2008-2009. Exécuté par une balle tirée par un soldat de l’occupation, le 15/12.
Yasser Sukkar, 23 ans, Gaza, Shuja’iya, exécuté par les tirs des soldats sionistes, au second vendredi de la colère, 15/12.
Mohammad Amin Aql, 19 ans, est décédé des suites de ses blessures, lors des affrontements près d’al-Bireh, le second vendredi de la colère. Il avait été d’abord secouru, blessé, par les ambulances du Croissant rouge Palestinien. Une vidéo montre comment les « secouristes » sionistes sont intervenus, avec l’armée, pour kidnapper le jeune blessé, qui est décédé dans les hôpitaux de l’occupant.
Hamda Zubaydat, de la région d’Ariha, décédée suite à un arrêt du cœur, lorsque les soldats de l’occupation ont lancé des bombes sonores en direction de sa maison. Elle était âgée de plus de 60 ans.

Chronique de l’Intifada

Les manifestations et affrontements avec l’occupant se poursuivent sans relâche, que ce soit dans la ville d’al-Quds et ses environs, menacée par la judaïsation rampante et par la déclaration de Trump, qui entérine le viol de la ville sainte par les sionistes. Ils se poursuivent dans toute la Cisjordanie . Dans la bande de Gaza, les manifestations du vendredi, près du barrage « frontalier », après la prière du vendredi, sont suivies par des manifestations et sit-in, ainsi que diverses mobilisations, par secteurs, tout au long de la semaine. Dans les territoires occupés en 48, les Palestiniens organisent des manifestations, que ce soit dans les régions demeurées arabes ou bien dans les zones judaïsées, comme à Tel Aviv. Il s’agit d’affirmer le refus du peuple palestinien, non seulement de la déclaration Trump, mais de toute mesure de judaïsation de la Palestine, et de la volonté de lutte et de résistance contre l’occupant.

Le 15/12, second vendredi de la colère, auquel avaient appelé les organisations de la résistance, des affrontements ont eu lieu partout en Palestine, dans les régions d’al-Khalil, Bayt Lahem, al-Bireh, Ramallah, Tulkarm, Jénine, Tubas, al-Quds et les provinces de Gaza. Des centaines de blessés ont été touchés par des balles réelles ou enrobées de caoutchouc, et par le nouveau gaz asphyxiant lancé par l’occupant. A Bil’in, Budrus, Madma, Burin, Hawwara, Kfar Qaddum, des affrontements se sont déroulés, lorsque les jeunes ont manifesté en direction des barrages de l’armée d’occupation. Dans la ville d’al-Khalil, des milliers ont manifesté à l’appel des mouvements Hamas et Fateh, près de Bab al-Zawiya, après la prière du vendredi, et le camp d’al-Fawwar a été obstrué après les affrontements entre forces de l’occupation et les jeunes du camp. Dans la bande de Gaza, les affrontements ont eu lieu près du barrage « frontalier », d’où les soldats sionistes tiraient sur les manifestants. 164 Palestiniens avaient été blessés ce jour-là, dans la bande de Gaza, dont 5 gravement. Dans al-Quds, des milliers se sont rassemblés dans la mosquée al-Aqsa, après la prière du vendredi et ont scandé leur refus de la judaïsation de la ville d’al-Quds. Des affrontements ont eu lieu dans la rue al-Wad, dans la vieille ville, où l’occupant a aspergé les femmes de piment dans leurs yeux. A Bab al-Amud, à l’entrée de la vieille ville, l’occupant a tiré sur les manifestants et installé des barrages pour couper la zone. A Nasra, en Galilée, des manifestants ont parcouru les rues de la ville, dénonçant la judaïsation de la ville d’al-Quds. Une autre manifestation s’est déroulée dans les rues de la ville de Sakhine, en Galilée, pour affirmer l’arabité d’al-Quds.

Au cours de la troisième semaine de décembre, les affrontements ont eu lieu à Tulkarm, entre les Palestiniens qui ont empêché les soldats de l’occupation d’entrer dans leurs maisons, et l’occupant, et se sont poursuivis dans la ville d’al-Khalil, dans la zone de Bab al-Zawiya, dans le camp Arroub, où les soldats de l’occupation ont poursuivi les jeunes à travers les ruelles des camps.

Des affrontements ont eu lieu entre la population d’al-Bireh et les soldats de l’occupation, après la prière du vendredi 22/12, et à Bayt Lahem, autour de la mosquée Bilal b. Rabah, à l’entrée de la ville. Les journalistes ont été pris à partie et poursuivis, ainsi que les équipes médicales, pour les empêcher de soigner les jeunes blessés. Les affrontements se sont poursuivis dans le village al-Khodr et le village de Takou’, les soldats de l’occupation ont tiré sur les manifestants et lancé des gaz. Des affrontements ont eu lieu dans Qalandia, al-Ram, Abu Diss, Budrus, Nabi Saleh, Bayt Sira, Bil’in, Dayr Nadham, al-Mughir au nord de Ramallah, Bayt Furik, à l’est de Nablus, Jayus, Azzun à l’est de Qalqylia, à l’entrée de la ville de Salfit, dans le camp Ayda, à Bayt Lahem, à Sa’ir, Halhul, et Bayt Ummar, au nord d’al-Khalil, à Tamun, Tubas et Qifin au nord de Tulkarm.

Des affrontements ont eu lieu samedi 23/12 dans le village de Madma, au sud de Nablus, après l’invasion d’une centaine de colons (vidéo ci-dessous). Des appels à la mobilisation furent lancés à partir de la mosquée, et les centaines de jeunes ont accouru pour chasser les colons. L’armée de l’occupation est intervenue en tirant sur les jeunes et en faisant des blessés.



Le même jour, des résistants lancent des grenades sur un poste de l’armée sioniste à l’entrée de la ville de Qalqylia. Le poste a pris feu.

Dans la bande de Gaza, les affrontements ont eu lieu après la prière du vendredi 22/12, dans toutes les zones de la bande « frontalière », près de Bayt Hanun, à l’est de Jabalia, près de la colonie Nahel Oz, à l’est de Gaza, Braij, Khan Younes et Rafah. Les soldats postés de loin ont tiré sur les manifestants pour tuer, et lancé des gaz asphyxiants, de nature inconnue.

Des manifestations ont parcouru les rues des principales villes de la bande de Gaza, après la prière du vendredi 22/12, à l’appel des organisations de la résistance palestinienne. Des milliers de manifestants ont scandé « vers al-Quds nous partons, et, par millions nous serons martyrs ».

Le comité de suivi à l’intérieur des territoires occupés en 48 et dans al-Quds appelle à boycotter les institutions américaines, en réponse à la décision de Trump. Une manifestation pour l’arabité d’al-Quds a eu lieu devant l’ambassade américaine, dans la colonie Tel Aviv, rassemblant les Palestiniens de 48.

Photo
sheikh Sayyah at-Touri d'al-Araqib dans le Naqab occupé


(…)

Retrouvez l’article dans son intégralité sur le site CIREPAL, le Centre d’information sur la résistance en Palestine

Thèmes développés :
- Répression et purification ethnico-religieuse
- Profanation des lieux saints
- Dans les prisons de l’occupation
- La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation
- La presse palestinienne
- Communiqués et déclarations
- Dans la colonie



Source : CIREPAL

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