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Palestine occupée -

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 6 - Mai 2018

Par

« La mission du journaliste palestinien sur le terrain n’est pas simple, elle signifie qu’il doit se préparer au martyre avant même de porter sa caméra. Les traités et les lois internationales ne suffisent pas à le protéger, car l’occupant ne les respecte pas. » (le journaliste Hashim Hamade, Gaza, blessé par balles au cours de la « grande marche du retour ».)
Les martyrs tombent dans la voie de la libération de la Palestine et du retour. Des dizaines de martyrs et des milliers de blessés, en majorité dans la bande de Gaza, affirment que la « grande marche du retour », décidée par le peuple palestinien et ses organisations et unions populaires, demeure le grand défi face à l’occupant qui persiste à tuer des civils désarmés, pour la simple raison qu’il se sent menacé.

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 6 - Mai 2018

https://cirepal.blogspot.fr/2018/05/resistance-en-palestine-poursuivre-le.html
La communauté internationale, représentée par les puissances occidentales, laisse faire, montrant qu’elle est une alliée inconditionnelle d’une entité criminelle qui bafoue quotidiennement des règles instaurées en fait pour empêcher les révoltes des exploités et des opprimés.

Malgré l’alignement de plusieurs régimes arabes aux côtés de l’agression sioniste et américaine contre les peuples arabes et surtout le peuple palestinien, malgré la poursuite de la voie de la capitulation par l’Autorité palestinienne, qui combat les militants et les combattants, pour mieux plaire à la communauté internationale, le peuple palestinien et ses forces combattantes savent qu’ils peuvent transformer le « deal du siècle » américain en « gifle du siècle », selon les termes de Isma’il Haniyé, chef du Hamas. Les dirigeants sionistes croient qu’en accentuant la judaïsation du pays, et notamment d’al-Quds, ils pourront remporter leur guerre contre les Palestiniens. Mais la force militaire et la répression féroce n’ont jamais gagné une guerre contre un peuple qui lutte pour sa liberté. Les tentatives de détruire le passé de la Palestine pour le remplacer par des fables sionistes ne peuvent venir à bout d’un peuple qui tire sa détermination et son espoir de sa conviction profonde qu’il est le détenteur unique et légitime de la terre. Ni Trump, ni Netanyahu, ni Mohamad b. Selman le saoudien, ni le roitelet du Bahrayn ne peuvent entamer la détermination, l’abnégation et le courage palestiniens. Quand des soldats sionistes armés jusqu’aux dents fuient devant des jeunes palestiniens désarmés qui parviennent à prendre le poste-frontière de Karm Abu Salem, dans la bande de Gaza, pour quelques heures, cela signifie que la bataille entre l’usurpateur et le légitime est à un tournant crucial.

Martyrs tombés entre le 8 avril et début mai 2018
* Décès de Marwan Qdayh, à cause de ses blessures dues aux tirs des soldats sionistes sur les participants à la grande marche du retour. Le martyr Marwan Qdayh, 44 ans, de Khan Younes, avait été visé par les sionistes le vendredi 30 mars.
* Mohamad Marshud, décès après avoir été blessé par les soldats de l’occupation, près de la colonie Maale Adomim (15 avril).
* Mohamad Hujayle, 31 ans, tué par un obus lancé par l’armée d’occupation sur Shaja’iyaa, dans la bande de Gaza. L’aviation sioniste a mené plusieurs raids à l’aube.
* Abdallah Shihari, 28 ans, tué par l’armée de l’occupation, à l’est de Khan Younis, bande de Gaza, au cours de la grande marche du retour.
* Islam Harzallah, 28 ans, tué au cours de la marche du retour, dans la bande de Gaza.
* A’ed Hamayde, 23 ans, Amjad Qatrous, 18 ans, Hisham Abdel Al, 22 ans, Hashim Kallab, 18 ans, membres des Brigades Sayara al-Quds, sont tombés martyrs dans la bande de Gaza, le 14/4, en mission, « sur la voie de la résistance pour la libération de toute la Palestine ».
* Le martyr Awda Hussayn (Abu Nidal), écrasé par un colon le mois dernier dans She’fat, est décédé à l’hôpital, sans avoir repris connaissance.
* Ahmad Abu Aql, 25 ans, assassiné au cours du 4ème vendredi de la grande marche du retour dans la bande de Gaza. Visé à la tête, les médecins n’ont pu le sauver (20/4).
* Ahmad Athamna, 24 ans, assassiné au cours du 4ème vendredi de la grande marche du retour, au nord de la bande de Gaza.
* L’enfant Mohamad Ayub, 15 ans, de Jabalia, visé par un sniper sioniste, lors de sa participation à la 4ème journée pour la marche du retour.
* Sa’d Abu Taha, visé par l’armée d’occupation, à l’est de Khan Younes, lors de la 4ème journée dans le cadre de la marche du retour.
* Tahrir Wahbe (18 ans), décédé suite à ses blessures à la tête, deux semaines plus tôt, à l’est de Khan Younes, lors de la marche du retour (22/4).
* Abdallah Shamali, 20 ans, décédé une semaine après avoir reçu une balle explosive dans son ventre, d’un sniper sioniste, à l’est de Gaza. Il était le fils du martyr dirigeant qassamite Mohammad Jibril Shamali, tombé en 2009.
* Le journaliste Ahmad Abu Hussayn, tombé martyr après avoir été visé par les tirs des sionistes, au cours de la marche du retour. Il avait été blessé et transféré à Ramallah pour recevoir des soins.
* Azzam Uwayda, 14 ans, de Khan Younes, décédé par suite de blessures infligées par l’occupant le vendredi 27 avril.
* Abdel Salam Bakr, 29 ans, Khan Younes, Mohammad Amin al-Muqayad, 21 ans, et Khalil Atallah, 22 ans, de Gaza, tués par l’occupant au cours du vendredi 27 avril.
* Les jeunes Atiya Amawi, Yousef Amawi de Khan Younes (20 ans) et Yousef Abu Jazar (16 ans), exécutés par l’occupant à la fin du mois d’avril.
* Anas Abu Asr, 19 ans, décédé le 3 mai des suites de blessures infligées le vendredi 27 avril, dans la bande de Gaza.
* 6 membres des Brigades al-Qassam tombent à Dayr Balah, Gaza, suite à une explosion le 5/5. Les Brigades al-Qassam accusent les sionistes d’être responsable de cette explosion : Taher Shahine, Wissam Abu Mahruq, Musa Salman, Mahmoud Ustaz, Mahmoud Tawashi, Mahmud Qishawi. Les 6 martyrs avaient réussi à percer l’un des plus grands appareils d’espionnage installé par l’occupant pour espionner la résistance dans la bande de Gaza.
* Baha’ Qdayh (23 ans) de Khan Younes, Mohammad Rayda (20 ans) sont tués par l’occupant début mai.

De nombreux blessés graves décèdent quelques jours ou semaines plus tard, à cause des faibles moyens dans les hôpitaux de Gaza, soumis au blocus, par les sionistes, les régimes arabes et l’Autorité palestinienne.
L’occupant détient encore les corps de 22 martyrs, tombés dans les villes et villages de la Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza.

Résistance
Aux « frontières » de la bande de Gaza : depuis le 30 mars, la zone « frontalière » séparant la bande de Gaza au reste de la Palestine occupée n’est plus une zone sauvage. Les 5 tentes principales du retour y ont été installées, et un nouveau genre de vie a été instauré. Les sirènes des ambulances qui annoncent le transport des blessés, les manifestants qui lancent des pierres, les marchands ambulants qui parcourent la zone, se mêlent aux chants patriotiques lancés par les haut-parleurs, les groupes folkloriques qui animent les soirées, les élèves qui viennent étudier, et les cours qui sont dispensés, alors que les soldats sionistes tirent sur les participants, tuant et blessant autant qu’ils le peuvent. La participation des femmes à cette initiative est massive.

Une délégation de médecins palestiniens des territoires occupés en 48, sous la direction de dr. Salah Hajj Yehya, est arrivée dans la bande de Gaza, pour aider à soigner le nombre important de blessés. Les Palestiniens de 48 ont participé à la marche du retour, à la limite de la bande de Gaza, sur les terres d’un village démoli, Dimra, lors du vendredi consacrée au travailleurs, le 4 mai.

Photo


Au cours du troisième vendredi de la « grande marche du retour », qui a été la journée du « drapeau palestinien », les manifestants ont lancé un message fort à l’entité coloniale, lui rappelant ses soldats prisonniers. Plusieurs dizaines de milliers de participants se sont rendus vers les barbelés installés par l’occupant sur les terres de la bande de Gaza, en présence du haut conseil national de la marche, qui regroupe les forces et les organisations nationales et islamiques. Les jeunes ont brûlé le drapeau de l’entité sioniste, et ont levé le drapeau palestinien.

La 4ème journée du vendredi, dans le cadre de « la grande marche du retour » a assisté à l’apparition massive des cerfs-volants, nouvelle arme utilisée par les participants. Ces cerfs-volants qui sont envoyés vers les colonies, portent des matières inflammables et causent des incendies dans les champs des colonies. Une nouvelle cellule a été constituée par les participants pour construire les cerfs-volants et les équiper. Les dirigeants sionistes menacent de lancer leurs avions supersoniques contre les cerfs-volants, et discutent la manière de s’y opposer.

Les participants à la grande marche du retour dans la bande de Gaza ont déplacé les tentes du retour vers les barbelés, de 50 à 100 mètres, en préparation de la journée du 15 mai (18 avril). Cinq tentes avaient été installées au départ à 700 mètres des barbelés, le long de la bande de Gaza, du nord au sud. Ils répondent à l’armée sioniste qui les a bombardés de tracts, les appelant à ne pas s’approcher des barbelés ni de participer à la marche du retour : « Allez-vous en, ne suivez pas les ordres de votre direction, elle vous envoie vers la mort ou l’emprisonnement. »

La 5ème journée du vendredi, le 27 avril, se déroule sous le slogan « journée de la jeunesse révoltée ». Au cours de cette journée, les manifestants sont parvenus également à couper les barbelés qui séparent la bande de Gaza de la Palestine occupée en 48. Des affrontements ont eu lieu entre les Palestiniens et l’armée d’occupation dans plusieurs endroits de la Cisjordanie occupée, à al-Khalil, Ramallah, al-Bireh, Nablus (village de Bayta), Ariha, après la prière du vendredi.

La 6ème journée du vendredi (4 mai) dans le cadre de la « grande marche du retour » est consacrée aux travailleurs. Au soir de cette journée, les jeunes sont parvenus à entrer dans le poste sioniste installé à Karm Abu Salem, au sud de la bande de Gaza, incendiant tout le matériel de ce poste-frontière.

Au moment où les Palestiniens de la bande de Gaza participent à la « grande marche du retour », les Palestiniens en Cisjordanie et al-Quds poursuivent leurs opérations de résistance contre l’occupant et s’engagent dans des affrontements quotidiens, et notamment les journées du vendredi, avec l’occupant. La ville d’al-Khalil a été le théâtre de plusieurs affrontements avec l’armée d’occupation, et des coups de feu ont été tirés vers plusieurs colonies, de même que les Palestiniens ont poursuivi les coups de poignard dans la ville d’al-Quds. Au cours du mois d’avril, 13 sionistes ont été blessés par diverses opérations de résistance.

Répression et purification ethnico-religieuse
L’occupant supprime le droit de résidence de trois députés maqdissis et d’un ancien ministre, sous le prétexte de « non-allégeance » à l’entité d’occupation. Les députés Mohammad Abu Tir, Mohamad Atoun et Mohamad Twayteh, membres du conseil législatif palestinien pour la ville d’al-Quds et l’ancien ministre Khaled Abu Arfa, sont victimes, depuis plusieurs années déjà, de mesures oppressives par l’entité coloniale, qui les a emprisonnés puis expulsés hors de la ville d’al-Quds. Supprimer le droit de résidence dans la ville d’al-Quds est une mesure utilisée par l’occupant pour poursuivre le « nettoyage ethnico-religieux » de la capitale palestinienne occupée. La décision du tribunal s’est également appliquée contre la mère du martyr Baha’ Alayan, parce qu’elle n’a pas « dénoncé » l’opération menée par son fils contre l’occupant.

Quatre maqdissis ont été éloignés de la ville d’al-Quds et d’al-Issawiya où ils habitent. Ils avaient été arrêtés puis détenus pendant quelques jours, et ont été libérés à condition de leur éloignement. Sheikh Ikrima Sabri, orateur dans la mosquée al-Aqsa, est interdit pour la 5ème fois de se rendre dans un pays étranger, pour participer à des conférences, car l’occupant le juge « trop contestataire » de l’ordre sioniste. L’occupant démolit un immeuble dans al-Issawiya le 30 avril, qui appartenait à Jamal Alayan. Pour ce faire, la municipalité de l’occupation a investi le quartier dès l’aube et a ordonné le départ des habitants de l’immeuble, et ses équipes ont vidé les magasins et les appartements. L’association coloniale Elad s’est emparée de trois maisons dans la ville d’al-Quds et a expulsé les familles qui y habitaient, dont la famille Ruwaydi.

L’occupant ferme le centre Iliya dans al-Quds, pour les médias des jeunes, et considère qu’il s’agit d’une organisation terroriste. La poursuite par l’occupant des journalistes et médias palestiniens fait partie de la guerre déclarée contre l’information palestinienne. Les représentants des associations civiles maqdissies et les institutions médiatiques de la ville protestent contre la fermeture d’un centre très actif dans la dénonciation des violations sionistes. La police « israélienne » encercle les participants à cette protestation. Le 20/4, elle investit une imprimerie et détruit une partie, à l’ouest d’al-Quds, et s’empare du matériel.

Le tribunal suprême de l’entité sioniste menace les familles bédouines de Khan al-Ahmar, à l’est d’al-Quds, de transfert collectif vers Abu Diss. Il s’agit pour l’occupant de « nettoyer » les terres situées entre la mer morte et la ville d’al-Quds, de toute population « non-juive ». Le site de Khan al-Ahmar fait partie des 146 sites bédouins en Cisjordanie occupée, menacées par la présence sioniste. La municipalité de l’occupation dans al-Quds ordonne le rasage des terres appartenant à des familles maqdissies de Sour Baher, qui sont les familles Nimr, Umayra, Awad et Dwayat. Les terres étaient plantées de 500 oliviers.

Une campagne militaire est menée par l’occupant contre Abu Diss, au cours de la deuxième semaine du mois d’avril. L’armée sioniste entendait soumettre la population, après avoir découvert que le mur de l’annexion a été démoli à plusieurs endroits. 14 Palestiniens ont été blessés au cours de cette campagne.

500 colons envahissent les sites religieux musulmans au nord de Salfit. Ils ont envahi le village de Kafal Hares, le 10 avril, qu’ils ont l’intention de judaïser. Ils ont pratiqué des rites talmudiques et pensent que ce faisant, ces lieux musulmans seraient judaïsés.

382 Palestiniens de Cisjordanie (al-Quds y compris) ont été arrêtés au cours du mois d’avril, dont 69 mineurs âgés de moins de 18 ans. L’occupant a émis 338 ordres de détention administrative, en l’absence des détenus qui boycottent les tribunaux de l’occupation Les arrestations sont quotidiennes : le 14/4, 23 Palestiniens sont arrêtés, et parmi eux un dirigeant du Hamas, Jamal Tawil, dans al-Bireh.

L’occupant impose des sanctions contre les compagnies de bus palestiniennes qui transportent les manifestants dans la bande de Gaza pour participer à la grande marche du retour. 14 compagnies sont visées. L’armée sioniste bombarde plusieurs sites dans la bande de Gaza, dans le but d’empêcher les organisations de la résistance de poursuivre la « grande marche du retour » (18/4). Elle tire sur les ambulances qui transportent des blessés et sur les centres médicaux installés pour secourir les blessés.
L’occupant démolit la maison du prisonnier Ahmad Qunbu’, de Jénine (23/4).

Les Palestiniens s’opposent à la démolition et affrontent les soldats et les équipes de la démolition. Il ferme la section de l’institut technologique d’al-Khodari, dans la ville d’al-Khalil, et interdit le personnel enseignant et les étudiants d’y entrer.

Dans le Naqab occupé, l’occupant annonce sa volonté de détruire 9 maisons dans le village Um al-Hiran, dans al-Naqab occupé, les maisons appartenant aux familles qui ont refusé de signer l’accord de leur déportation. Le ministre de la guerre et le chef de l’armée sioniste ont approuvé le plan d’installer un village pour les services de renseignements de l’occupation à la place du bourg palestinien de Lqyia, dans le Naqab occupé. Le plan prévoit le vol de milliers de dunums du village palestinien pour construire une ligne de chemin de fer pour relier le centre à ce village.



(…)

Retrouvez l’article dans son intégralité sur le site du CIREPAL, le Centre d’information sur la résistance en Palestine, et les thèmes suivants développés :
- Profanation des lieux saints
- Dans les prisons de l’occupation
- La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation
- La presse palestinienne
- Communiqués et déclarations
- Dans la colonie
- Du côté de l’Autorité palestinienne


Source : CIREPAL

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