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Palestine occupée -

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 7- Juin 2018

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La « grande marche du retour » se poursuit à partir de la bande de Gaza, depuis le 30 mars 2018. Plus de cent martyrs sont tombés, exécutés par l’armée de l’occupation qui a posté des snipers tout au long du barrage qui sépare la bande de Gaza de l’intérieur occupé en 48. L’armée sioniste a blessé plus de 10.000 Palestiniens depuis cette date, des centaines parmi eux sont dans un état grave, nécessitant des soins particuliers à cause des armes utilisées par l’occupant.

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 7- Juin 2018

Dans le reste de la Palestine, que ce soit en Cisjordanie occupée, y compris al-Quds, ou dans les territoires occupés en 48, les Palestiniens affirment leur refus du plan américano-sioniste que soutiennent des régimes arabes, notamment de la péninsule arabique, que ce soit par des manifestations aux points de confrontation avec l’occupant, ou par des actes de résistance qui se poursuivent depuis l’Intifada al-Quds.

De Jénine à al-Khalil, en passant par Tulkarm et Nablus, les Palestiniens luttent avec les moyens que leur a laissé l’Autorité palestinienne, qui poursuit ses contacts avec l’occupant et avec les Etats-Unis, mais qui refuse de lever les sanctions contre le peuple à Gaza. Les résistants et les militants en Cisjordanie sont détenus, pourchassés par l’occupant, et assassinés. Les manifestations de solidarité avec la marche du retour à Haïfa et dans d’autres villes et bourgs de la Palestine occupée en 48 sont parvenues à faire passer le message aux dirigeants sionistes que tous leurs efforts, depuis 1948, n’ont pas réussi à « israéliser » les Palestiniens, qui tiennent toujours à la libération de leur pays et à rester partie intégrante du peuple palestinien, au présent et à l’avenir, comme ils l’étaient avant la Nakba. Ce fut en tout cas le message des manifestations de Haïfa.

Contre le plan américano-sioniste qui veut liquider la cause palestinienne, la Palestine et les Palestiniens, le peuple palestinien montre une fois de plus, par ses sacrifices quotidiens, qu’il est déterminé à revenir à son pays et à ses terres spoliées en 48, et à recouvrer sa liberté et son indépendance comme il refuse les demi-mesures et les plans soi-disant de paix concoctés par les uns et les autres pour maintenir une domination impérialiste sur la région. Le transfert de l’ambassade américaine vers al-Quds, suivi par des Etats satellites, est la concrétisation de l’alliance criminelle américano-sioniste, qui veut soumettre les peuples du monde. Les Etats arabes responsables de la Nakba et de la défaite de juin 1967 ont le devoir de soutenir la lutte du peuple palestinien contre l’occupant, et les peuples du monde qui croient aux valeurs de dignité et de liberté, doivent se mobiliser pour démolir l’axe de la terreur dans le monde, représenté par l’alliance américano-sioniste.

Martyrs tombés au mois de mai et début juin 2018
* Hani Adarba, de Bayt Ula, écrasé par un véhicule de l’occupant, près de Halhul (province d’al-Khalil)
* Idriss Jabbarin, membre du conseil villageois de Sa’ir (région d’al-Khalil), décédé par suffocation du fait des gaz lancés par l’occupant.
* Rami Sabarna, 35 ans, de Bayt Ummar (al-Khalil) exécuté début juin sous le prétexte qu’il avait l’intention d’écraser des colons. Le Croissant Rouge Palestinien a été interdit de le secourir à temps.
* Le jeune Uday Akram Abu Khalil, 15 ans, du village de Ayn Sinya, au nord de Ramallah, décédé suite aux blessures infligées par l’occupant à al-Bireh. (21 mai).
* Ezzedine Tamimi, Nabi Salih, 21 ans. Exécuté par l’occupant qui interdit au Croissant Rouge Palestinien de le secourir.

Martyrs de « la grande marche du retour » : Au cours du mois de mai, 79 Palestiniens ont été exécutés, dont 9 enfants, lors de la « grande marche du retour ». Parmi eux : Anas Abu Asr (19 ans), Baha’ Qdayh (23 ans), Mohamad Abu Rayda (20 ans), Jabr Abu Mustafa (40 ans), Jamal Abu Afane (15 ans), Musa Abu Hassanayn (36 ans de la « défense civile »), Mu’tazz Nunu (30 ans, de la « sécurité intérieure »), Sa’di Salah (16 ans), Izzidine Samak (14 ans), Wissal Sheikh Khalil (15 ans), Ahmad Adini (36 ans), Layla Ghandur (8 mois), Fadi Abu Salma, Ubayda Farhan, Ahmad Sha’er, Fawzi Abu Luli (19 ans), Ahmad Qattush (23 ans), Muhannad Abu Tahun (21 ans), Yasser Habib (24 ans), Hussayn Abu Uwayda (41 ans), Mohamad al-Rabi’ (25 ans), Nassir Arini (28 ans), Naji Ghnaym (23 ans). Na’im Hamad (30 ans), blessé au cours de la journée du 14 mai. Razan al-Najjar (21 ans), Ramzi Al-Najjar.

Martyrs tombés suite aux bombardements sionistes sur Gaza : Hussayn Al-Amur (25 ans), Abdel Halim Naqa (28 ans), Nassim Al-Amur, membres des Saraya al-Quds.


Résistance
Un soldat « israélien » qui s’était infiltré dans le camp d’al-Am’ari dans le cadre de l’unité des « musta’ribin » a été abattu par les jeunes Palestiniens, le 25 mai. Depuis, les forces de l’occupation mènent des raids quotidiens sur le camp.

En Cisjordanie occupée, y compris al-Quds, plusieurs opérations de la résistance ont été exécutées, comme les jets de bouteilles incendiaires, les coups de feu sur les soldats et colons et les explosions en plusieurs lieux dans les colonies ou à proximité. 40 sionistes ont été blessés.

Les Palestiniens de 48 organisent des manifestations en soutien à la « grande marche du retour », vers le village démoli de Dimra, aux abords de Bayt Hanoun, dans la bande de Gaza. Le 14 mai, plusieurs manifestations se déroulent dans les villes et bourgs en Palestine occupée en 48, en soutien à la marche du retour et en protestation contre le transfert de l’ambassade américaine vers al-Quds. A Haïfa, la manifestation organisée de manière indépendante des partis politiques, mais qui rassemble des membres de ces partis, a été férocement réprimée par la police et le shabak sionistes, qui ont arrêté 21 Palestiniens, tous libérés le lendemain, suite aux manifestations menées devant le tribunal de l’occupant. D’autres manifestations ont eu lieu dans Akka, Kfar Manda, et Jadidat al-Makr le 18/5. Une manifestation et un sit-in sont organisés à Haifa, lors du vendredi 1er juin, en symbiose avec la marche du retour (photo ci-dessous).

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Des affrontements ont opposé les jeunes de Selwan aux forces d’occupation, au cours desquels les jeunes ont lancé des pierres, des cocktails Molotov et autres objets inflammables.

Le 21 mai, des affrontements ont lieu entre l’armée de l’occupation et les jeunes à Jénine. Les sionistes voulaient arrêter le commandant des Brigades des martyrs al-Aqsa (Fateh) en Cisjordanie , Ra’ed Abu Srour mais ont échoué, étant donné qu’il avait quitté son domicile avant. Mais les jeunes ont affronté l’armée sioniste qui a fait plusieurs blessés.

Début juin, des affrontements ont opposé les Palestiniens dans les villages de Nabi Salih et Bayt Rima aux forces de l’occupation. Ces dernières ont investi les villages et les maisons, ce qui a provoqué les Palestiniens qui ont riposté. A Nabi Salih, les forces sionistes ont tué Ezzdine Tamimi, 21 ans, qu’elles poursuivaient depuis plusieurs mois. Le camp d’Al Amari a subi également un assaut à l’aube.

Les familles du bourg maqdissi d’al-Issawiya récoltent la somme de 216.000 shekels en faveur de la famille de Jamal Alayan, dont l’immeuble a été démoli par l’occupant. Dans cet immeuble, Jamal Alayn habitait au 3ème étage depuis plus de 6 ans.

Le comité des libertés issu du comité de suivi des masses arabes a organisé un « iftar » collectif devant la prison de Ascalan, en soutien au sheikh Raed Salah, détenu en isolement.


Répression et purification ethnico-religieuse
Le tribunal de l’occupation a approuvé le plan de démolition du village de Khan Al Ahmar, habité par les bédouins de la tribu des Jahalin. Pour le tribunal, l’école et les bâtiments auraient été construits de manière « « illégale ». L’administration coloniale souhaite expulser les 200 habitants de Khan al-Ahmar vers le bourg de Abu Diss. La tribu des Jahalin est originaire du Naqab, en Palestine occupée en 48, et expulsée vers la région d’al-Quds.

L’occupant démolit une fois encore (129 fois) le village al-Araqib dans le Naqab occupé. La population du village résiste depuis plusieurs années, refusant de quitter son village pour laisser la place à des colons et à l’armée sioniste (7 juin).

Depuis 24 ans, les forces sionistes occupantes interdisent aux villageois de Sa’ir et Shuyukh, aux abords d’al-Khalil, d’arriver à leurs terres menacées de vol, près de la colonie « Asfur », construite sur des parties de leurs terres. Construite en 1982, la colonie a volé, en 2014, 60 dunums supplémentaires des terres des deux villages. Avec l’extension progressive de la colonie, les villageois palestiniens sont de plus en plus éloignés de leurs terres, et leurs biens agricoles sont confisqués.

Les occupants sionistes ont approuvé un plan de colonisation sur des terres du village al-Khodr, au sud de Bayt Lahem, où les colons ont installé 22 caravanes. Le gouvernement de l’occupation a décidé de consacrer deux milliards de shekels pour judaïser la ville d’al-Quds, dont l’enseignement dans les écoles palestiniennes.

Au cours du mois de mai, 36 constructions ont été démolies par l’occupant, dont 9 maisons, en Cisjordanie et al-Quds occupés.

Le 8/5, puis début juin, les forces d’occupation expulsent 5 familles palestiniennes de Khirbet Homsa, dans la vallée du Jourdain, pour mener des manœuvres militaires. Déjà, ces familles avaient été expulsées auparavant pour les mêmes motifs.

Le 26 mai, les colons abattent 700 vignes à l’est d’al-Khalil dans la région de Baluta Uways, à l’aide des scies. Quelques jours auparavant, les colons avaient détruit 1.000 vignes dans la ville de Halhul, au nord d’al-Khalil.

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Vignes vandalisées à Halhul. Photo credit: Samar Badr for WAFA.


Les forces d’occupation lancent l’assaut contre le camp al-Am’ari, à l’aube du 28 mai et bloquent ses issues pendant 5 heures. Elles ont arrêté 15 jeunes.

L’occupant interdit au sheikh Ikrima Sabri, orateur de la mosquée al-Aqsa, d’entrer en Cisjordanie occupée pendant une durée de 4 mois, à cause de ses positions nationales. Il lui avait déjà interdit de voyager hors du pays.

Les arrestations de Palestiniens en Cisjordanie et al-Quds occupées sont quotidiennes, allant de 7 à 20 ou 30 Palestiniens par jour. Parmi ces arrestations, trois jeunes de Jénine ont été arrêtés, Mohammad Nassar, 22 ans, Rashid Nassar, 16 ans et Ra’d Ziyade, 16 ans. Dans le camp al-Jalazon, et le camp de She’fat, les jeunes Mus’ab et Youssef Tawil ont été arrêtés, et l’ancien prisonnier libéré Mu’mim Zayd. Dans le camp al-Arroub, Mohammad Youssef Janazra a été arrêté. Des dizaines de Palestiniens ont été arrêtés à l’aube du 24 mai, dans plusieurs localités de la Cisjordanie occupée. A Azzun, à l’est de Qalqylia, 5 jeunes ont été arrêtés, dont Zakaria Shbayta, Umru Abu Haniya. Des affrontements ont opposé les jeunes à l’armée d’occupation. A Nablus, Abud Hiroun et Abdel Karim Ulabi ont été arrêtés. A Al-Khalil, le mineur Mohamad Hamdi Abu Maria (17 ans) a été kidnappé de l’atelier où il travaillait. Au total, 605 Palestiniens ont été arrêtés au cours du mois de mai, dont 94 mineurs et 9 femmes. 197 d’entre eux sont Maqdissis, soit une moyenne de 20 Palestiniens par jour.

L’armée sioniste arrête un jeune Palestinien du bourg de Ar’ara, dans le Triangle occupé en 48, pour avoir piétiné le drapeau « israélien » au cours de la manifestation à Haïfa. A Azzun, les forces d’occupation arrêtent Tha’er Badwan, recherché depuis deux mois. Le même jour (7/6), elles arrêtent le prisonnier libéré Mohamad Sa’ayra, dans la région d’al-Khalil.

L’armée de l’occupation a tiré, le 27 mai, sur une jeune fille dans le camp de She’fat, l’accusant d’avoir voulu mener une opération de résistance. Gravement blessée, elle a été emmenée à l’hôpital.

L’occupant arrête ‘Umar, le frère du prisonnier libéré Tariq Ezzidine, à son retour d’Egypte en visite à son frère qui suit un traitement médical. L’armée d’occupation arrête le député maqdissi Ibrahim Abu Salim, 70 ans, après avoir investi sa maison à Beer Nebala, au nord d’al-Quds (31 mai).

L’enseignante Hanadi Helwani, de la ville d’al-Quds, a été convoquée par la police sioniste qui lui a interdit de se trouver dans la mosquée al-Aqsa. Hanadi Helwani avait été maintes fois arrêtée et interdite de se rendre à la mosquée al-Aqsa. Début juin, au cours du mois de Ramadan, l’occupant arrête 15 fidèles dans la mosquée al-Aqsa, parce qu’ils récitaient le Coran à haute voix lors du passage de colons qui profanaient la mosquée.

Poursuivant ses efforts de judaïsation de la capitale palestinienne, les forces d’occupation poursuivent les « mussaharati » (qui annoncent le moment du Suhur pendant le mois de Ramadan), les arrêtent et leur interdisent de poursuivre leur tâche, car les colons qui ont volé des maisons dans les quartiers de la ville se plaignent des bruits. Le jeune « mussaharati » Mohamad Hajij a été arrêté trois fois en l’espace d’une semaine. Quant à Rami Ajlouni, il a été victime d’un jet de gaz piquant lancé par une femme colon. Dans Jabal al-Mukabbir, à al-Quds, les sionistes empêchent les « mussaharati » de l’association des scouts du quartier, à cause des colons vivant dans les colonies « Armon Hantsif » et « Nuf Tsion ».

De même, les soldats de l’occupation empêchent les marchands ambulants maqdissis de se poser devant Bab Hatta, près de la mosquée al-Aqsa, pour empêcher la poursuite d’une économie palestinienne séparée de l’occupant.


Profanation des lieux saints
Au cours du mois d’avril, 128 agressions et profanations des lieux saints en Palestine ont été enregistrées. La mosquée al-Aqsa, le cimetière de Bab al-Rahma dans al-Quds, ainsi que le cimetière Al-Youssefiya ont été particulièrement visés par les colons et les officiels de l’entité sioniste. Dans la ville d’al-Khalil, l’occupant a interdit l’appel à la prière dans la mosquée al-Ibrahimi et a renforcé sa présence à l’intérieur de la mosquée, et des colons sont montés sur le toit de la mosquée pour lancer des feu d’artifice. A Bayt Lahem, les colons ont envahi les « Burak Sulayman » pour pratiquer des rites talmudiques. A Nablus, la mosque Sheikh Saada dans le village de Aqraba a été incendiée et les colons y ont inscrit des slogans racistes.

Le 11/5, 6.000 colons envahissent le maqam de Youssef, dans la partie est de la ville de Nablus, sous la protection de l’armée d’occupation. De violents affrontements ont eu lieu avec les Palestiniens qui refusent la judaïsation de leurs lieux historiques. Les affrontements avec l’armée d’occupation ont causé de nombreuses blessures par balles, et 45 citoyens ont été asphyxiés par les gaz lacrymogènes.

Les forces d’occupation profanent le cimetière d’al-Is’af dans la ville de Yafa, le 16 mai, avec l’intention de s’en emparer pour faire des travaux pour le compte de la municipalité de Tel Aviv. Déjà, le département sioniste des Antiquités avait profané le cimetière et le conseil islamique de la ville de Yafa avait de nouveau enterré les morts dont les cercueils avaient été fouillés.

A l’occasion des fêtes juives, les colons ont envahi et profané la mosquée al-Aqsa par centaines. Ils étaient 284 le 20 mai. Le 28 mai, une délégation chinoise a profané la mosquée en compagnie de rabbins et sous la protection de la police de l’occupant.

Le cimetière du village de Lubia, dans la province de Tabaraya, en Palestine occupée en 48, a été profané et plusieurs tombes ont été décimées.

Photo
Invasion de l’Esplanade des Mosquées, Al-Quds, par les colons sionistes et leur armée



(…)

Retrouvez l’article dans son intégralité sur le site du CIREPAL, le Centre d’information sur la résistance en Palestine, et les thèmes suivants développés :
- Dans les prisons de l’occupation
- La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation
- La presse palestinienne
- Communiqués et déclarations
- Dans la colonie
- Du côté de l’Autorité palestinienne


La "Grande marche du retour" déclenchée le 30 mars 2018 fera l'objet d'une publication spéciale.



Source : CIREPAL

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