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Palestine - ISM France

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Palestine -

Retour à la case départ, encore une fois

Par

> amayreh@p-ol.com

La scission prolongée entre le Hamas et le Fatah a pris un tour encore pire cette semaine lorsqu'un engin explosif a fait sauter une voiture garée près de la plage de Gaza, tuant cinq membres militaires du Hamas ainsi qu'une petite fille de six ans. L'incident s'est produit le vendredi 25 juillet, alors que des milliers de Gazaouis s'étaient rués vers la mer, fuyant la chaleur particulièrement éprouvante cet été.

Retour à la case départ, encore une fois


Les obsèques des six victimes du 25 juillet, à Gaza

Parmi les victimes, qui se détendaient elles aussi sur la plage, on compte des personnalités de premier ordre de la branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzeddin Al-Qassam, dont le gendre de Khalil Al-Hayya, un haut dirigeant du Hamas.
Le Hamas a tenu "la tendance traîtresse" à l'intérieur du Fatah – une allusion au groupe soutenu par les USA dirigé par l'ancien homme fort de Gaza, Mohamed Dahlan – pour responsable de l'attentat, jurant de capturer les auteurs et de les punir sévèrement.

Dahlan et ses forces ont fui Gaza l'année dernière après que le Hamas ait mené un coup d'Etat préemptif pour mettre en échec le coup d'Etat soutenu par les USA et planifié par les forces de la sécurité du Fatah, que le Hamas accuse de vouloir éradiquer le gouvernement Hamas légitime dans la Bande de Gaza.

Le Fatah, qui a d'abord montré des signes de satisfaction, a nié toute implication dans l'incident. Mais, dans une provocation claire du Hamas, le Fatah, ainsi que l'Autorité Palestinienne dominée par le Fatah, a suggéré que l'attentat était une affaire interne au Hamas, ce que les observateurs palestiniens indépendants rejètent comme étant une éventualité peu crédible.

Cherchant à identifier et à arrêter les auteurs, les forces de sécurité du Hamas à Gaza ont lancé une vaste campagne d'arrestations visant les activistes du Fatah. Selon des groupes pour les droits de l'homme, au moins 150 militants du Fatah ont été arrêtés, dont beaucoup ont été relâchés quelques heures après leur détention.

En Cisjordanie , l'Autorité Palestinienne, qui travaille en coordination avec l'armée israélienne, a lancé une vague d'attaques au vitriol contre le Hamas, accusant le mouvement islamique d'avoir entrepris une véritable chasse aux sorcières contre le Fatah. Le Fatah et les dirigeants de l'Autorité Palestinienne ont soigneusement nié toute implication dans le meurtre des cinq officiers Ezzeddin Al-Qassam, accusant le Hamas d'utiliser l'incident pour justifier la répression contre le Fatah.

Cherchant à décimer le Hamas, les renseignements généraux du Fatah (mukhabarat) ont assiégé les maisons des personnalités soupçonnées d'être de l'opposition dans le nord de la Cisjordanie , arrêtant jusqu'à 100 personnes, dont des membres élus du Conseil municipal de Naplouse, des juges, des professeurs, des étudiants, des dirigeants civils et religieux, dont beaucoup ne sont pas affiliés au Hamas.

Un des détenus est le professeur Abdel-Sattar Qassim, ancien candidat aux présidentielles et critique déclaré de l'Autorité Palestinienne, et qui n'a rien à voir avec le Hamas. Qassem, qui a été libéré dans la nuit de mardi, a déclaré à Al-Ahram Weekly qu'il ne savait pas pourquoi il avait été arrêté.

"Ils ont été globalement polis avec moi, mais un des officiers m'a brièvement interrogé sur des articles que j'ai écrits et dont il trouve les termes un peu durs." Qassem a dit qu'il proposerait au Hamas et au Fatah "d'autoriser les intellectuels palestiniens indépendants et nationalistes à examiner la crise palestinienne interne pour essayer de trouver une solution."

Le Weekly a cherché à demander au gouverneur de Naplouse, Jamal Muhesen, pourquoi il avait autorisé les arrestations malgré le manque de motifs. Muhesen a refusé de lui parler, mais son secrétaire personnel a dit : "Les arrestations ont eu lieu sans que le gouverneur le sache. La décision est venue de Ramallah. Le gouverneur n'a rien à voir avec ça."

Entre temps, le Président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, qui a qualifié le bombardement de Gaza et la répression du Fatah par le Hamas qui s'en est suivie de "regrettable", a parlé d'une démarche imminente, avec l'Egypte comme médiatrice, de reprise des pourparlers de réconciliation nationale entre le Fatah et le Hamas.

Le Hamas a rejeté les remarques d'Abbas, disant que c'était "une tentative évidente de détourner l'attention de l'attentat de la plage de Gaza." Moussa Abu Marzouq, vice-président du Bureau politique du Hamas, a déclaré que l'appel d'Abbas au dialogue était "absurde et peu sérieux à la lumière de ce que son appareil de sécurité était en train de faire en Cisjordanie ."

Abu Marzouq a décrit l'arrestation des cadres du Hamas en Cisjordanie comme "enragée", accusant l'AP de collusion avec Israël en ciblant le Hamas. Il a aussi réfuté les déclarations selon lesquelles l'arrestation des partisans du Hamas en Cisjordanie était une réponse aux arrestations des activistes du Fatah dans la Bande de Gaza.

"L'arrestation de quelques éléments du Fatah à Gaza a eu lieu dans le contexte d'une enquête pour un crime qui a tué six personnes innocentes. Mais les arrestations par le Fatah des partisans du Hamas et autres citoyens palestiniens avaient une motivation politique destinée à servir les intérêts de l'occupation israélienne."

L'étendue des répercussions de l'attentat de Gaza sur les perspectives d'une réconciliation palestinienne n'est pas claire. Ce qui est clair, c'est que le conflit entre le Fatah et le Hamas prend de plus en plus une nature tribale.

Mardi, une délégation de haut rang du Hamas est partie au Caire pour discuter avec des responsables égyptiens, dont le Chef des Renseignements Généraux Omar Suleiman, du renforcement du cessez-le-feu, ou tahdia avec Israël. Selon les officiels du Hamas, la délégation fera pression sur l'Egypte pour qu'elle rouvre le passage frontalier de Rafah, honorant ainsi les précédentes déclarations égyptiennes à ce sujet.

L'arrivée de la délégation Hamas au Caire coïncide avec celle d'un responsable israélien chargé de l'ainsi nommé "dossier Shalit" – le cas d'un soldat israélien capturé par les combattants de la résistance il y a deux ans. Les médias israéliens rapportaient mardi que le Premier ministre israélien aux abois Ehud Olmert était d'accord pour lâcher du lest sur les critères de la libération des prisonniers palestiniens dans le cadre de l'accord d'échange.

Selon des sources de la presse écrite israélienne, la "souplesse" qu'Israël montre devrait trouver sa réciproque chez le Hamas.

Pourtant, dans ce contexte, l'armée d'occupation israélienne continue de martyriser et de ravager la société palestinienne sans discrimination. Lundi, l'armée israélienne a incendié une usine de meubles dans le centre ville de Naplouse, causant des pertes qui ont été estimées à plus de 3 millions de dollars.

Ce crime délibéré arrive au moment où les donateurs occidentaux tentent désespérément de revitaliser l'économie palestinienne pour améliorer les projets de paix entre Israël et les Palestiniens. Sabri Hindiyyeh, propriétaire des Meubles Qaser Hindiyyeh, a déclaré à Ma'an : "L'armée israélienne a tiré des grenades dans le magasin à 2h du matin mardi, réduisant en cendres tout ce qui s'y trouvait."

Quelques jours avant, l'armée israélienne avait détruit un immeuble de plusieurs étages à Beit Hanina, à Jérusalem Est, sous prétexte qu'il avait été construit sans permis.

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