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Palestine - ISM France

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Qalqilia -

Témoignage personnel d’Ali Abu Shareb

Par

Lana Omar pour Pengon / campagne contre le Mur de l'Apartheid. Témoignage du 14 octobre 2003 - Photo : www.stopthewall.org

Déplacement, un mot qui reflète la désolante réalité que vivent les Palestiniens, mot qui décrit une réalité concrète, faite de souffrance et de douleur. Abu Amar vit cette réalité, le résumé de sa vie dépeint bien mieux les choses qu'une photo.

Témoignage personnel d’Ali Abu Shareb

Déplacement, un mot qui reflète la désolante réalité que vivent les Palestiniens,mot qui décrit une réalité concrète, faite de souffrance et de douleur. Abu Amar vit cette réalité, le résumé de sa vie dépeint bien mieux les choses qu'une photo.

A 300 mètres du village de Jayyous, vit Abu Amar, Ali Abu Shareb, un réfugié bédouin de Bier Al Sabe, au Sud de la Palestine historique occupée. En 1948, ses parents furent forcés par les troupes d'Occupation israéliennes de quitter Biel Al Sabe et sont allés de place en place pour finir par s'établir à Jayyous où ils se sont sentis à l'aise et bienvenus.

Ali est le plus jeune de la famille. Il a maintenant 55 ans, il est marié, a six enfants et ils vivent dans une maison de zinc de 80m2. La famille d'Ali vit simplement, possède des animaux, surtout des chèvres, des poules, des lapins, des pigeons et des chevaux arabes.Ils ont pu subvenir à leurs besoins et " avoir la lumière de la lune ou d'une petite lanterne" comme dit Um Amar.

Les gens de Jayyous lui demande souvent : "Pourquoi vivez-vous si loin, Abu Ali ?" La raison en est que la maison appartient à Abd Alazziz, le frère aîné d'Abu Ali. Abd Alazziz a construit cette maison afin de pouvoir garder ses chèvres à proximité des pâturages en hiver et au printemps. La maison dispose d'un petit puits, mais n'a pas d'électricité, ni d'eau courante. Quand Abd Alazziz a vu que son frère n’avait pas les moyens de louer une maison, il lui a donné cette maison où Ali vit maintenant depuis dix ans. La maison d'Ali a toujours été loin du reste du village où tous les services sont concentrés. Ainsi, les écoles sont trop loin pour les enfants, l'hôpital trop loin pour la mère malade, trop loin pour que le père aille chercher ce dont sa famille a besoin. La famille a insisté sur le fait qu'elle était tout à fait capable de maîtriser la situation et qu'elle n'avait pas l'intention de partir, que cela n'était pas si terrible.

Quand la construction du Mur a commencé, la situation est devenue terriblement insupportable. Le Mur a été une tragédie dévastatrice, il a séparé la maison d'Ali du reste du village. Depuis octobre 2002 quand les travaux du Mur ont démarré,la famille a commencé à souffrir. Elle a vécu la peur, fait l'expérience des soldats d'occupation envahissant leur maison toutes les nuits pour "raisons de sécurité".

La plupart du temps, la famille n'est pas autorisée à aller à Jayyous, et les enfants doivent souvent manquer l'école pendant des jours, voire des semaines entières. A cela s'ajoutent la poussière et les saletés que respirent les enfants et qui abiment leurs poumons. Um Hammar et son mari doivent faire de longs détours pour pouvoir acheter les éléments de base nécessaires à la famille. Et ce n'était pourtant pas le pire. Leur tragédie s'est amplifiée au fur et à mesure que le Mur s'achevait, ce Mur qui s'est refermé sur eux et les a complètement coupés du reste du village.

Le 11 juillet 2003, Um Amar revenait du village après y avoir fait les courses nécessaires. Elle a retrouvé ses enfants debout,dehors, effrayés et pleurant parce que les soldats d'Occupation terminaient un mur de barbelés qui séparait leur maison des terres de la commune. Elle se tenait là, regardant ses enfants séparés d'elle par une rangée de barbelés de 40 mètres de large. Des heures se sont passées avec la famille, attendant là, à la merci des soldats d'occupation qui ne sont jamais venus, si bien que les enfants ont dormi dehors à même le sol, en espérant que leur mère trouve un chemin pour les rejoindre. Malgré tout la peine et l'inquiètude que ressentait Um Amar, elle est retournée au village puis a traversé à pied d'autres villages pendant deux heures, avant de pouvoir atteindre sa maison.

Comment cette famille va-t’elle continuer à vivre ? Où Abu Amar vendra-t-il sa production ? Où ces enfants vont-ils étudier ? Sur quoi vont-ils bâtir leurs rêves ?

Les gens de Jayyous se sont identifiés à la famille d'Abu Amar et nous avons rassemblé des vivres pour eux que nous avons dû leur lancer par dessus le Mur.

Pourtant,le problème est bien plus important. La situation d'Abu Amar et celle des soixante villages maintenant isolés derrière le Mur, nous rappelle les précédentes politiques implacables d'Israël, volant les terres, déplaçant les populations, les privant de tout ce qui leur appartenait, y compris leur identité. C'est ce qui est arrivé en 1948 et ce qui s'est répété en 1967. Maintenant nous traversons la même tragédie.

Pour le monde, le Mur ressemble à un obstacle sur le chemin de "la paix et de la stabilité au Proche Orient". Mais pour nous, les Palestiniens, c'est la ligne rouge, la millionième, qu'Israël a violée au nom de "la sécurité", sa meilleure justification pour voler les terres et détruire les vies humaines.





Lire l'ordre militaire distribué le 3 octobre suite à la mise en place de permis

• Pour en savoir plus sur Jayyous, lire : Le cas de Jayyous : Appauvrissement forcé par la consfication des terres

Voir la carte de la région de Jayyous

Source : www.stopthewall.org

Traduction : CS

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