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Palestine - ISM France

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Naplouse -

Travailler pour l'ennemi

Par

Darwazeh, le tailleur de Naplouse, travaille dans l'usine de couture de la zone industrielle de Burkan avec 3.500 autres travailleurs du nord de la Cisjordanie.
Burkan fait partie d'Ariel, la plus grande colonie juive de Cisjordanie. Il y a entre 55 et 60 ouvriers dans l'usine de couture. Darwazeh dit qu'il n'a pas d'autre choix que d'y travailler.
"Vous ne trouverez jamais un travail qui paye 110 Sheckels par jour dans n'importe quelle ville de Cisjordanie. Il n'y a pas d'alternative, aucun autre choix."

Muayed Mansour a commencé son premier jour d'école à Kufr Qalil cette semaine le coeur brisé.
Son père, Mohammed Mansour, 49 ans, a abattu par un colon juif en août. Muayed, qui a à peine 17 ans, a toujours de la peine.

"Il me manque. Il avait l'habitude de venir chez nous à la fin de chaque semaine, avec des cadeaux et de nouveaux vêtements.
La dernière fois que je lui ai parlé, je lui avais dit que les vacances d'été étaient presque terminées et qu'il ne nous avait toujours pas achetés nos fournitures d'école. Il a promis qu'il viendrait à la maison le lendemain et qu'il achèterait les fournitures et des nouveaux vêtements pour moi et mes frères et soeurs
."

Muayed a fait une pause un moment, en essuyant quelques larmes du revers de sa main. "Mais il n'est pas venu ce jour-là. Il ne reviendra jamais."

Mohammed Mansour a été tué le 17 août avec trois autres travailleurs palestiniens par un colon juif, Asher Weisgat, quand ils sont arrivés pour travailler dans la colonie de Shilo.
Les autres trois étaient Khalil Walwil, 35 ans de Qalqilya, Wisam Tawafsheh, 40 ans et son frère Osama, 30 ans, de Sinjil nord à Ramallah.

Selon d'autres travailleurs sur les lieux, Weisgat, qui conduisait un autobus qui amène les travailleurs du checkpoint à leurs lieux de travail à l'intérieur de la zone industrielle de Shilo, les a tué tous les quatre en deux fois.

Les quatre hommes étaient dans l'autobus de Weisgat quand il s'est soudainement arrêté près de la cabane du garde de sécurité à l'entrée de la colonie.
Les ouvriers ont dit qu'il est sorti de l'autobus et a demandé au garde un verre d'eau avant de lui prendre son arme ses mains et la tourner sur les ouvriers étonnés. Il y en a tué deux et en a blessé deux autres.

Il s'est alors dirigé vers un entrepêt où les travailleurs se changent pour prendre leurs vêtements de travail et a à nouveau ouvert le feu, tuant deux autres ouvriers.
Weisgat a alors versé un seau d'essence à l'intérieur de l'une des usines et a mis le feu. A ce moment-là seulement, les gardes de sécurité de la colonie l'ont arrêté.

Selon la police israélienne, le tueur avait prévu d'imputer son crime aux Palestiniens.


L'attaque a coïncidé avec l'évacuation de 21 colonies de la Bande de Gaza.

L'attaque a embarrassé le gouvernement israélien, qui espérait concentrer les projecteurs sur la "situation difficile des colons" à Gaza et le prix fort que le premier ministre israélien Ariel Sharon devait payer.

Et l'incident de Shilo n'est en aucune façon unique.

Selon des organisations des Droits de l'Homme travaillant dans les territoires palestiniens, les colons ont effectué 11 attaques contre les civils palestiniens et leur biens en Août seulement.
Les attaques ont eu comme conséquence un enfant et trois volontaires internationaux blessés.
Une femme à Hebron a souffert de dépression nerveuse après une attaque.

De plus, Israël a confisqué 600 dunams de terre au village de Qaryout situé au sud-ouest de Naplouse afin d'agrandir la colonie de Shilo, déjà établie sur sa terre.

Cela a eu lieu deux semaines après qu'un soldat israélien appelé Eden Natan Zada ait tué quatre Palestiniens dans un autobus dans la ville de Shefa Amr à l'intérieur de la Ligne Verte.


Distorsion bizarre

L'un des dimensions les plus bizarres des colonies juives illégales dans le Territoire Palestinien Occupé est que les colonies sont l'un des plus grands obstacles à l'établissement de tout type d'Etat palestinien viable pourtant les ouvriers palestiniens se trouvent forcés d'y travailler pour gagner leur vie.

En 1995, Shadi Darwazeh était le propriétaire d'une petite usine de couture dans laquelle travaillaient 15 employés. C'était assez difficile de maintenir l'usine et de fournir un revenu à 15 familles.
Mais en 1997, la situation s'est détériorée quand les vêtements chinois et turcs peu couteux ont inondé les marchés. On pouvait trouver des chemises d'hommes pour 10 ou 15 NIS.

"Je me faisais 6 Shekels par chemise cousue. Maintenant ce n'est plus intéressant pour le négociant puisqu'il y a des chemises toutes faites qui se vendent à des prix très bas. Ma compétence est de coudre et je ne sais rien faire d'autre" dit Darwazeh.

Les années qui ont suivi, la situation n'a fait qu'empirer pour Darwazeh et d'autres comme lui.

Les produits locaux étaient complètement incapables de concurrencer les importations chinoises et turques bon marché et pour compléter le tout, l'Intifada a commencé. Avec les confrontations et les fermetures, le chêmage a augmenté.

Pendant les dix dernières années, Mohammed Mansour travaillait dans l'usine d'aluminium de la zone industrielle de Shilo. Après que l'Intifada ait commencé, il a loué un petit appartement à Turmusayia près de la colonies avec d'autres ouvriers, comme ça, il ne serait pas absent ou en retard pour le travail en raison des checkpoints.

Son frère, Ghazi, doit toujours se remettre de la mort de son frère.

"C'était une victime innocente, avec un seul but de subvenir à sa famille. Quel est sa faute d'avoir été tué par un fou dont le seul but était de gêner le désengagement de Gaza? Ces colons ont l'habitude de nous attaquer sans crainte de représailles de l'armée israélienne."

Quand j'ai dit cela à l'officier qui m'a sommé d'identifier le corps de mon frère avant de l'emmener à la morgue, il a dit : 'Nous sommes désolés. Ce colon est un criminel et un terroriste et il sera puni.'"

Ghazi dit que la famille a autorisé une autopsie seulement pour engager un procès contre le gouvernement israélien. Il a également demandé à tous les travailleurs palestiniens de boycotter les colonies juives et d'arrêter d'y travailler "peu importe les difficultés de la vie que cela entrainera."

Darwazeh, le tailleur de Naplouse, travaille dans l'usine de couture de la zone industrielle de Burkan avec 3.500 autres travailleurs du nord de la Cisjordanie .

Burkan fait partie d'Ariel, la plus grande colonie juive de Cisjordanie .
Il y a entre 55 et 60 ouvriers dans l'usine de couture. Darwazeh dit qu'il n'a pas d'autre choix que d'y travailler.
"Vous ne trouverez jamais un travail qui paye 110 Sheckels par jour dans n'importe quelle ville de Cisjordanie . Il n'y a pas d'alternative, aucun autre choix."



Vie souillée

Les organisations palestiniennes ont longtemps essayé d'imposer un boycott au travail dans les colonies juives mais elles n'ont pas pu donner des possibilités d'emploi limitées sur le marché palestinien.
La pauvreté a augmenté et donc la tentation de salaires plus élevés en a leurré beaucoup.

Dans un effort d'atténuer le niveau de pauvreté et la propagation du chêmage, l'Autorité Palestinienne a lancé un programme pour protéger les secteurs les plus pauvres de la société comprenant 400.000 citoyens.

Dans le cadre de ce programme, le chef de famille des familles les plus pauvres familles reçoit un revenu de 600 NIS trois fois par an. Mais cela n'a pas aidé beaucoup à refouler la marée d'ouvriers dans les colonies.

Les sources des syndicats estiment que le nombre de travailleurs palestiniens dans les colonies se situe entre 14.000 et 20.000 Palestiniens, qu'ils aient ou non des permis de travail des autorités israéliennes.

Le jour des meurtres de Shilo, Darwazeh était au travail. "J'ai entendu parler des meurtres à la radio. Nous étions sur le point de nous changer avant de quitter le travail. J'ai été très effrayé et j'ai prié Dieu de pouvoir rentrer à la maison sans risque pour ma famille."

Pourtant, le lendemain, Darwazeh est revenu au travail comme d'habitude. Aucun des ouvriers palestiniens n'était absent. "Que pouvions-nous faire de plus ?" demande-t'il. "Dieu aura peut-être pitié de leurs âmes. Il n'y a rien d'autre à dire."


Darwazeh ressent toujours l'amertume de sa réalité. "Notre vie est souillée de sang et de honte. Nous nous sentons frustrés et cela nous fait souffrir de travailler ici. Nous savons que les colonies juives sont le principal obstacle dans le conflit Palestino-Israélien. Mais c'est la seule opportunité possible de travailler et de gagner notre vie. Naturellement, j'espère qu'elles seront démantelées et que problème soit résolu. Mais ce que je vois dans la colonie et tout ce qu'il y a autour indique seulement que mon souhait est la substance des rêves."

Source : www.palestinereport.org/

Traduction : MG pour ISM

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