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Palestine - ISM France

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Israël -

Un genre de Sionisme honteux

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Il y avait longtemps que le sionisme n’avait été tellement à l’ordre du jour. Tout le monde y va de son mot, affirmant les avis les plus contradictoires sur ce qui est censé incarner le cœur et l’âme du sionisme, à savoir : la "rédemption de la terre"…
La décision prise par l’avocat général d’Israël de mettre un terme aux discriminations du Fonds National Juif, le KKL en matière de location de terres à des Arabes – et aussi, il faut le dire, le biais qu’il a trouvé afin de perpétuer cette discrimination en recourant à la notion de "terres de rechange" – a suscité les louanges de Yossi Beilin, qui y a vu rien moins qu’une « renaissance du sionisme » et qui a condamné les députés de droite à la Knesseth, qui avaient accusé cette décision d’être "antisioniste".

Le ministre des Finances (Benjamin Netanyahou) est même allé jusqu’à mobiliser le sionisme pour rendre légitime l’injustice consistant à appliquer la loi sur les propriétaires absents à Jérusalem Est, qualifiant cette mesure de « décision authentiquement sioniste ».



Quand le sionisme est ainsi invoqué afin de justifier le vol et la discrimination, de les rendre légitimes, et lorsque des faits bien connus sont manifestement déformés, cela finit par devenir embarrassant et outrageant.

Les gens capables de se vanter d’agissements répréhensibles qu’il vaudrait mieux taire sont les premiers à s’insurger lorsque des contempteurs d’Israël et du sionisme excipent de leur exemple afin d’étayer leurs accusations.



Prenons l’exemple de la "décision authentiquement sioniste" concernant le vol de propriétés d’habitants de la Cisjordanie , qu’on a définis «absents» de leurs terres, à l’intérieur de l’emprise territoriale de Jérusalem Est

A nouveau, le gouvernement israélien vient de tirer du fourreau le sabre rouillé jadis utilisé par l’Etat d’Israël qui n’avait alors que deux ans d’existence, afin de s’arroger plus d’un million de dounoms (soit plus de cent mille hectares, ndt) de propriétés abandonnées, et il a décidé derechef de recourir à la "loi" afin de continuer à "racheter la terre"…


Comme en écho aux Palestiniens qui prônent "le retour", Netanyahou a déclaré que "Jérusalem ne diffère en rien de Jaffa, de Ramléh, de Saint-Jean d’Acre et de Haïfa", ouvrant ainsi la boîte de Pandore du supposé "absentéisme" des Arabes de Jérusalem-Ouest…



Les données sont bien connues : elles sont sur la table, et personne ne les conteste. Entre 60 % et 70 % des terres de Jérusalem Ouest appartenaient à des Palestiniens « absents » (= non résidents), dont beaucoup étaient des Hyérosolomitains auxquels étaient revenues en mémoire leurs maisons situées dans les quartiers de Katamon, Baka et Malha.

Si les juifs peuvent tirer de l’ « absence » de gens qui sont bel et bien là un "acte de souveraineté sioniste", alors leur reflet dans le miroir [= les Palestiniens partisans du droit au retour, ndt] peut considérer sans ambages le retour des absents comme un objectif national légitime.

L’approche consistant à dépeindre le «retour» [des réfugiés palestiniens, ndt] sous les traits d’une volonté terroriste de détruire Israël, tout en considérant que le vol de terres par la force et par la haute fantaisie juridique seraient de nobles hauts-faits sionistes, n’est acceptable que pour des gens qui pensent que les valeurs universelles s’appliquent à tout le monde, sauf à eux-mêmes !



C’est précisément cette contradiction que les gens qui avaient décidé en 1968 de NE PAS appliquer la loi des propriétaires absents à Jérusalem Est s’efforçaient de neutraliser, en s’appliquant à démontrer que ce qui avait été admissible en 1948 – au plus fort de la tourmente de la guerre – était totalement exclu en 1967.


Et ces gens n’étaient certes pas moins sionistes que Benjamin Netanyahou ! Ils étaient assurément plus intelligents que lui : ils voulaient disjoindre le "cas" de 1948 du "cas" de 1967 et faire de la victoire [acquise] en six jours un levier grâce auquel les relations israélo-palestiniennes pourraient être tirées vers le haut, jusqu’à un nouveau palier : celui de la paix et de la réconciliation.

Cette aspiration fut par la suite rapidement condamnée par ces gens qui ne voient dans le sionisme qu’une sorte de révolution permanente et donc, inéluctablement, une idéologie imposant [à autrui] une éternelle hostilité.



Ce contexte justifie les discriminations racistes cleptomaniaques à l’encontre de l’ "ennemi" arabe, et il permet les déformations de l’histoire. Les détails sont déjà connus, concernant les fausses allégations du KKL selon lesquelles la terre aurait été acquise "contre des kopeks, des pennies et des centimes recueillis jour après jour dans les fameuses petites tirelires bleues".

Les Palestiniens déracinés, dont des dizaines de milliers de citoyens israéliens "absents-présents", n’ont pas perçu une seule agora [= centime de shekel, ndt] pour leur terre, qui fut donnée au KKL, alors même que le gouvernement israélien s’est vu dédommagé, en leur lieu et place, en vertu d’un marché dont l’illégalité a été avouée y compris par les responsables du KKL !



Ce pacte entre voleurs a créé délibérément un écran de fumée à base d’acquisition volontaire de terres auprès de propriétaires [terriens palestiniens] à l’époque du Mandat britannique et de "rachat de la terre" par le gouvernement d’Israël.

Le tout, pour la simple raison que David Ben-Gourion aurait nourri quelque inquiétude au sujet du pouvoir réel des Nations Unies.

Il avait promis, conformément à la résolution de partage [de la Palestine – 1947, ndt] "qu’il ne serait procédé à aucune expropriation de propriétés arabes par l’Etat juif" : c’est donc par les voies détournées de ventes au Fonds National Juif qu’il avait décidé de contourner cette interdiction.


Mais Ben-Gourion apprit très vite qu’il n’y avait absolument rien à craindre : le besoin de recourir au Fonds National Juif s’évanouit donc.

Mais un fait accompli avait été posé : un mécanisme de discrimination à l’encontre des citoyens arabes de l’Etat [d’Israël] avait été institué…

Et voici qu’aujourd’hui, en 2005, on voudrait le remettre à l’ordre du jour…

Deux conclusions sont à retirer de cette éruption de sionisme exacerbé.


La première sera personnelle : si c’est çà, le sionisme, il vaut mieux ne pas être sioniste !


Quant à la seconde, la voici : une société ne saurait s’appuyer très longtemps sur une fondation pourrissante faite de vol et de tromperie : si elle n’en change pas totalement, elle est condamnée.

Source : http://www.haaretz.com/

Traduction : Marcel Charbonnier

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