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Israël -

Un pilote israélien parle

Par

Sommes-nous si obtus et naïfs pour penser que nous pouvons réprimer 3,5 millions de personnes qui ont perdu toute peur de la mort ? Apparemment, nous le sommes.
Il me semble que nous soyons une société dans un état psychotique avancé, une sorte de dédoublement de la personnalité, et que la seule manière pour nous d'y survivre est de nous enfermer et de disparaître dans notre propre bulle.
Et s'il y a vraiment quelque chose d'intéressant à faire exploser, c'est bien cette bulle.

Je m’appelle Yonathan, et je suis l’un des initiateurs et signataires de la lettre des pilotes israéliens.
Jusqu’à il y a quelques semaines j’étais un pilote et un leader actif au sein d’un escadron d’hélicoptères « Blackhawk » de l’armée de l’air.
J’ai été convoqué à un entretien avec le commandant de l’armée de l’air, où celui-ci m’a dit que j’étais démis de mes fonctions et que je n’étais plus un pilote au sein de l’armée de l’air israélienne, tout ceci parce que j’ai annoncé que je ne serais pas d’accord pour participer à l’exécution d’ordres illégaux et immoraux.

Et actuellement, durant les derniers mois, le commandant des forces de l’air a fait le tour des bases et des équipes de vol en annonçant qu’une grande et puissante organisation soutenait notre groupe, et que l’armée allait trouver et montrer tout cela. Profitant de cette occasion festive, je voudrais vous laisser voir qui est cette grande et puissante organisation sur les genoux de laquelle nous avons grandi et avons été éduqués.


Je voudrais vous lire deux des valeurs fondamentales des Forces de défense Israéliennes (IDF) :

Dignité humaine : "L’IDF et ses soldats sont tenus de respecter la dignité humaine.
Chaque être humain doit être respecté, sans regard à sa race, sa croyance, sa nationalité, son sexe, son statut ou son rôle social."

La pureté des armes : « Le soldat utilisera ses armes et sa puissance seulement pour arriver à son objectif, à un degré requis pour ce but, et conservera son sens de l’humanité même pendant la bataille. Le soldat n’utilisera pas ses armes et sa puissance pour frapper des personnes qui ne sont pas des combattants, ou des prisonniers, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher toute atteinte à leur vie, leur corps ou leurs biens. »


Revenons maintenant à la nuit du 22 au 23 juillet 2002. Il est tard dans la nuit, l’escadron de F16 est à la base. L’équipe de permanence est composée d’un pilote et d’un navigateur. Décollage pour Gaza. Attente de l’ordre d’attaquer. L’ordre est reçu. Les bombes sont lâchées. Atterrissage. Débriefing, et retour à la routine.

Lors de cette mission spécifique, une bombe d’une tonne (l’équivalent d’une centaine de bombes suicides) a été lâchée sur une maison du quartier Al-Deredg à Gaza, l’un des plus peuplés de Gaza, voir du monde entier.
Lors de cette mission 14 humains ont été tués et plus de 150 autres blessés. 4 familles, 9 enfants, 2 hommes et 2 femmes, ont été liquidés par l’équipe de l’avion qui a exécuté cette mission et frappé la cible dans l’entière conviction qu’ils étaient en train de défendre les israéliens. Ils croient honnêtement à cela.


Voici ce que Dan Halutz (commandant des forces aériennes) a eu à dire de cette mission: “Je déclare que tout ce qui s’est passé pendant la mission est justifié, d’après ma compassion morale". Et il a dit aux pilotes : "dormez bien ce soir ! Vous avez accompli cette mission à la perfection".

Nous n’avons pas bien dormi cette nuit-là, et nous continuons de ne pas dormir quand :
• Le 31 Août 2002 : Darama a été liquidé et avec lui 4 enfants.
• Le 8 avril 2003 : Arbid et Al-Halabi ont été tués et avec eux deux enfants et 5 adultes.
• Le 10 juin 2003 : quand, lors de la tentative de tuer Rantisi, une fille, une femme et 5 hommes sont tués.
• Le 11 juin 2003 : Abu-nahal a été liquidé et avec lui 2 femmes et 5 hommes
• Le 12 juin 2003 : Salah Taha et avec lui un enfant de un an, une femme et 5 hommes sont anéantis.
Et encore, et encore…

Et aussi il y a trois mois dans un blitz de 5 attaques au cours de laquelle 2 personnes recherchées ont été liquidées, et avec eux 12 personnes innocentes. Le ministre Effi Eitam et les hauts officiers de l’IDF n’aiment pas l’expression « palestiniens innocents », ils préfèrent les appeler « spectateurs ». En tout, 210 personnes ont été tuées pendant ces actions, dont parmi eux la moitié (86) étaient des passants.


Nous n’avons donc pas dormi la nuit et nous avons écrit cette lettre.

'Nous, les pilotes de l’armée de l’air en service comme réservistes, qui avons été élevés dans les valeurs du Sionisme, du sacrifice et de la contribution à l’Etat d’Israël, nous avons toujours servis au front, tentant de mener à bien toute mission, difficile ou simple, dans le but de protéger l’Etat d’Israël et de le renforcer.

Nous, pilotes vétérans et pilotes actifs, ensemble, qui avons servis et continuons à servir l’Etat d’Israël pendant de longues semaines chaque année, nous refusons d’exécuter des ordres illégaux et immoraux d’attaques que l’Etat d’Israël effectue dans les Territoires.

Nous, qui avons été élevé dans l’amour de l’Etat d’Israël et dans l’objectif de contribuer à l’entreprise Sioniste, nous refusons de prendre part aux attaques des forces de l’air sur des zones de concentration de populations civiles.

Nous, pour qui l’IDF et les forces de l’air sont une partie inséparable de nous-mêmes, nous refusons de continuer et de blesser des civils innocents.

Ces actions sont illégales et immorales, et sont un résultat direct de l’Occupation actuelle, qui corrompt la société israélienne dans son ensemble.
La continuation de l’Occupation délivre un coup mortel à la sécurité de l’Etat d’Israël et à sa force morale.

Nous qui servons comme pilotes de combat actifs, leaders, et instructeurs de la prochaine génération de pilotes ; nous déclarons par la présente que nous continuerons de servir dans l’IDF et dans les forces de l’air pour toute mission visant à la défense de l’Etat d’Israël."


Nous avons parlé à plus d'une centaine de pilotes, dont des vétérans commandants dans l'armée de l'air, beaucoup avaient peur de signer mais soutenaient notre idée - et comme preuve : personne n'en n'a divulgué un mot. Et peut être est-il important à cette occasion de vous décrire brièvement qui a signé la lettre. C’est une occasion de connaître quelques uns de ces « traîtres qui aident le terrorisme".

Je vais commencer avec les pilotes actifs :
• Le Major Yotam- Capitaine pilote d’Apache actif
• Le capitaine Tomer-pilote actif de F16
• Le capitaine Ran- combattant actif
• Le capitaine Zur- Navigateur actif de F16
• Le capitaine Alon- pilote actif de Blackhawk
• Le capitaine Amnon- pilote actif de Blackhaw
• Le capitaine Yonathan- pilote actif de Blackhaw
• Le capitaine Asaf- pilote actif de F15 et instructeur en combats à l'école de l'air
• Le lieutenant-colonel Eli-pilote combattant et instructeur actif à l'école de l'air
• Le brigadier general Yiphtah Spector- pilote combattant et instructeur actif à l'école de l'air.


Une vingtaine de pilotes vétérans ont de plus rejoint cette initiative, des combattants qui ont volés pendant les guerres d'Israël, dont certaines étaient justifiées et d'autres moins.

Parmi ces pilotes :

• Le colonel et docteur Yigal Shohat- pilote combattant qui a été captif en Syrie et a servi plus tard comme médecin chef de l'armée de l'air.

• Le lieutenant-colonel Yonathan Shahar- pilote combattant et commandant en vol pendant la guerre des Six Jours.

• Le lieutenant colonel Abner Raanan- Pilote combattant qui a été récompensé du prix israélien pour la Sécurité, pour avoir développé des systèmes d'armes intelligents.

• Le professeur Motti Peri- pilote d'hélicoptère et aujourd'hui à la tête de la faculté d'économie à l'université Hébraïque.

• Le professeur Nahum Karlinski- pilote combattant et historien à l'université Ben Gurion.

• Le lieutenant Yoel Pieterberg- pilote-test senior dans l'armée de l'air, parmi les fondateurs de la première escadrille Apache, leader de l'escadron Cobra pendant la guerre du Liban, et récompensé d'une médaille par le chef d’Etat-major, l'un des concepteurs et exécutants de la mission "Karin A".

• Le capitaine Moshe Bukayi- pilote de transport qui fut récompensé par la citation du Courage durant la guerre du Sinaï.

• Le major Hagai Tamir- pilote combattant et architecte.


Deux semaines après la publication de la lettre des pilotes un article est paru dans le supplément "Sept Jours" du journal "Yedioth Aharonoth", dans lequel cinq commandants de brigade, colonels dans l'armée professionnelle, photographiés en uniforme et l'arme à la main, déclaraient leur soutien à Sharon, aux colons, et à la politique de liquidation. Le membre de la Knesset Yuval Steinitz et ses amis n'ont pas hué et pleuré a cette occasion.
Même le Ministre de la Défense ne les a pas traité de supporters du terrorisme, et n'a pas décrié le fait qu'ils aient exprimé leurs opinions en uniforme complet.

Pourquoi ?
Parce qu'ils représentent le consensus. Ils soutiennent le gouvernement. Un gouvernement qui jour après jour devient de moins en moins démocratique, et plus dictatorial.
Si nous demandions à un citoyen qui vit dans un Etat qui tourne à la dictature : à quel moment exactement cela est-il arrivé ?
Il ne serait pas capable de donner une réponse. Il s'agit d'un processus progressif, dont souvent la plus grande partie est cachée à la vue.

Mais il y a des éléments qui ne sont pas cachés et je voudrais en donner un exemple: il y a quelques mois le chef d’Etat Major (une personne en uniforme) a déclaré que chaque membre du Hamas était une cible pour la liquidation.

Avec votre permission, j'aimerais vous lire la réponse du porte parole et du procureur de l'armée, à propos de plaintes adressées à l'IDF il y a une décade, en 1993. Le porte parole et le procureur ont déclaré à ce moment là que le rôle de l'unité "Mista'Aravim" n'était pas de liquider:
"L'IDF rejette absolument cette plainte. Il n'y a pas eu, et il n'y aura pas quelque politique ou réalité que ce soit au sein de l'IDF de liquidation intentionnelle de personnes recherchées.
Les instructions pour ouvrir le feu sont les suivantes: le principe du sacré de la vie est une valeur de base de l'IDF. Il n'y a pas de changement, et il n'y aura pas de changement sur cette question
."

Que suggère donc cette déclaration ?
N'avons nous pas traversé la ligne rouge ?
Ou pouvons nous continuer un petit peu plus loin ?
Beaucoup de personnes disent que nous n'avons pas encore atteint cette ligne rouge et que pour l'instant il n'y a pas à avoir de refus...
Que nous devons continuer à obéir. Et cette position me rappelle la ligne d'eau rouge de la mer de Galilée.
A chaque fois que le niveau de l'eau du lac traverse la ligne rouge nous la baissons un petit peu.

Quand mon pays se retrouve dans une situation similaire à un avion en piquée sauvage vers le sol, j'ai trois options :
Je peux sauter, et quitter Israël.
Je peux continuer dans l'indifférence à laisser l'avion partir en piquée et s'écraser, conduisant tout le monde à la mort
Ou je peux saisir le manche avec toute ma force légale, et essayer de me sauver du crash. Nous sommes près de nous écraser. Alors nous saisissons le manche, et les gens nous demandent comment nous pouvons faire cela alors que le terrorisme est rampant dans les rues.
Et je réponds- vous avez raison, et avec regrets je sais cela de près.

Ces dernières années, j'étais volontaire à "Sela", une organisation qui aide les nouveaux immigrants victimes du terrorisme, j'assistais les blessés pendant leur période de convalescence, et j’accompagnais des groupes d'orphelins et des membres de familles endeuillées.
Chaque personne est un monde autour de lui ou elle, et chaque deuil provoque beaucoup de cercles de chagrin et de choc, comme une petite pierre jetée dans l'eau provoque d'interminables anneaux autour.
Chagrin, douleur, colère, désespoir et plus... donc nous devons combattre ce terrorisme criminel.

Si je devais tuer un kamikaze sur son trajet pour une attaque terroriste, et même payer de ma vie pour cela, en sachant que je sauve d'autres vies humaines-je ferais cela de tout mon coeur. Mais pas une des surnommées "liquidations sélectives" n'était dirigé contre un terroriste sur son trajet pour une attaque (et l'IDF a corroboré cela).

Nous devons donc combattre le terrorisme, mais dans le même temps nous devons nous battre pour ne pas devenir de plus en plus comme les terroristes. Le fait que des bus explosent ici, ne justifie pas la décision de Sharon, de Mofaz et du chef de l'armée de l'air Dan Halutz de tuer neuf enfants pendant leur sommeil, et de semer la terreur dans une population de plusieurs millions qui vit sous un régime d'enfermement, de couvre-feux et de points de passage.

Une population enfermée par des murs et des camps, sous les feux d'une armée énorme et menaçante, équipée jusqu'aux dents avec des avions qui déchirent le ciel, et des hélicoptères d'attaque qui envoient régulièrement des missiles sur des voitures et des fenêtres de maisons, sur des villes bondées et sans ressources.

J'ai donc dit que je pourrais de tout mon coeur sacrifier ma vie pour stopper, même avec mon propre corps, un terroriste suicidaire, et peut être le temps est il venu de parler de ma foi. Après tout, de quoi sommes-nous en train de parler? Que nous avons perdu notre foi en un système qui nous a envoyé pour renforcer une politique douteuse et scandaleuse.

Nous ne croyons pas les plus hauts dirigeants de l'Etat, le Ministère de la Défense et les plus hauts de nos commandants, quand ils nous envoient pour lancer des roquettes sur des lieux où, par la suite, nous apprenons que nous avons tué des femmes et des enfants. Quand le chef de l'armée de l'air Dan Halutz ment à la presse- alors un non sens est écrit dans les journaux. Mais quand Dan Halutz ment à ses pilotes- des citoyens innocents sont tués ou, comme nous les appelons aujourd'hui: des personnes "non concernées". (repris de Terminator)

Une armée composée de combattants qui ne sont pas convaincus de la justesse de leur voie, c'est une armée faible! Un pilote qui décolle sur une consigne, doit être capable de croire au système, d'être à 100 pour cent sûr qu'il respecte des considérations justes de stratégie, de tactique, de moralité.
Le pilote n’à quasiment aucun moyen de savoir ce qui se cache derrière la cible qu'il vise. Et il est naïf de lui demander de décider en temps réel de déterminer quand il considère l'ordre bon ou ne devant pas être exécuté- parce qu'en temps réel il est extrêmement difficile d'avoir de telles considérations.

De plus, les pilotes doivent avoir connaissance ces jours-ci d’un autre fait crucial.
Ils doivent connaître les statistiques écœurantes des missions qu'ils ont eu à effectuer. 50 pour cents des tués comme conséquence de missions "de liquidation sélective" dans des zones peuplées sont des civils innocents. Quand quelqu'un supprime dans l'organisation et l'exécution le résultat quai certain de 50 pour cent de victimes civiles, alors les "intentions pures" des organisateurs ne le sont plus; elles sont souillées.

Je voudrais reprendre une citation d'un article récent, initié par le porte parole de l'armée de l'air, dans lequel des pilotes d'Apaches (pas des refusants) étaient interrogés à propos du dilemme auquel ils avaient à faire face: un pilote d'hélicoptère expérimenté a répondu au journaliste: " C'est comme si dans un autre couple d'années j’allais me dire: tu es un idiot, tu as traversé la ligne rouge."

Un autre pilote a parlé d'un groupe de valeurs qui ont changé ces deux dernières années:
" Je n'aurais pas cru que je pourrais envoyer des missiles sur Jénine, Gaza et Tulkarem, et je le fais. Peut être qu'ils vont m’envoyé tirer des missiles sur Umm-El-Fahm (une ville israélienne) ? Aujourd'hui ça parait fou, mais ça pourrait arriver une autre année.
Peut être que nous tirerons des missiles sur le bureau d'Arafat, peut être un missile sur des maisons à Jaffa- c'est le genre de chose que je crois que je ne ferais pas. Mais aujourd'hui je tire des missiles à cent mètres des gens, juste pour qu'ils se dispersent, et deux ans en arrière je n'aurais pas intégré la pensée que je pourrais mener de telles actions; nous sommes devenus différents."
Alors un autre pilote dit: " quelquefois je reviens d'un débriefing après une liquidation réussie et j'apprend que le compte à rebours pour une autre attaque a commencé."

J'ai vu beaucoup de sang ces derniers temps pendant mon service dans l'escadrille. Dans les intervalles de convoyage de troupes de commando aux abords des villes de Cisjordanie , j'ai eu à évacuer des dizaines de blessés, dont des soldats de l'IDF et des civils, certains d'entre eux des enfants qui souffraient d'horribles blessures. Par moments nous devions évacuer les blessés sur un hôpital, nettoyer le sol de l’hélicoptère du sang, et retourner pour en ramener d’autres.

Et je me demande: pourquoi ? Sommes-nous si obtus et naïfs pour penser que nous pouvons réprimer 3,5 millions de personnes qui ont perdu toute peur de la mort ? Apparemment, nous le sommes.
Il me semble que nous soyons une société dans un état psychotique avancé, une sorte de dédoublement de la personnalité, et que la seule manière pour nous d'y survivre est de nous enfermer et de disparaître dans notre propre bulle. Et s'il y a vraiment quelque chose d'intéressant à faire exploser, c'est bien cette bulle.

Comment pouvons nous faire exploser cette bulle ? Très simple ; prendre connaissance des faits.
Voyons donc un peu ce qui nous est arrivé ces trois dernières années ?

Dans les Territoires :
2289 palestiniens ont été tués par les forces de sécurité israéliennes, dont 439 mineurs de moins de 18 ans.
Au moins 128 palestiniens ont été conduits à la mort par Israël sans jugement.
Au cours de leur exécution, 88 autres palestiniens ont été tués.
32 palestiniens ont été tués par des civils israéliens.
9 nationaux étrangers ont été abattus et tués par des balles des forces de sécurité israéliennes.
169 civils Israéliens ont été tués par des palestiniens.
180 membres des forces de sécurité israéliennes ont été tués par des palestiniens.
86 palestiniens ont été tués par des palestiniens pour suspicion de collaboration avec Israël.
29 palestiniens ont été tués par les forces de sécurité palestiniennes.

En Israël :
377 civils israéliens, 80 membres des forces de sécurité et 32 civils étrangers ont été tués par des palestiniens vivant dans les Territoires.

L'IDF confirme que parmi les 2289 palestiniens qui ont été tués par nos forces, seulement 550 portaient des armes ou étaient des combattants. Qu'est-il arrivé aux 1739 autres?

Avant de finir, j'aimerais partager avec vous quelques moments de ces deux derniers mois difficiles, à se dresser les cheveux sur la tête. Lors de l'entretien pour mon renvoi, j'étais assis en face du commandant des forces de l'air et je l'ai entendu répéter avec des yeux brûlants que toutes les missions que nous avons effectué, incluant les plus difficiles, étaient hautement morales, et même le professeur Asa Kasher a acquiesté. Plus loin dans la conversation et de sa propre initiative Dan Halutz, commandant des forces de l'air et candidat pour le poste de vice chef d'Etat major, m'a exprimé la valeur du sang telle qu'il la concevait: en ordre descendant, du sang Juif au sang palestinien.

J'ai entendu beaucoup de soldats d'infanterie dire, et à mon grand regret, je l'ai aussi lu dans une lettre envoyée par un des pilotes qui est contre notre initiative, que "notre héroïsme aujourd'hui en 2003 dans les forces de l'air n'est pas de mettre en danger nos vies, que ce soit sous les tirs anti aériens ou en combattant des appareils ennemis; notre héroïsme aujourd'hui s'exprime par notre succès à prévenir les sentiments catastrophiques qui montent en nous, résultats de notre devenir d'"assassins professionnels" au service de l'Etat d'Israël. Notre héroïsme est de dépasser tout cela avec courage, et de nous lever chaque matin avec un choix renouvelé d'être de bons soldats qui sont prêts à prendre sur eux pour n'importe quelle mission."

Ce même déchargement de responsabilité des épaules du soldat et son échange d’avec un sens de l'épanouissement de la "valeur" en faisant face à cette tache difficile, c'est ce qui rend des pilotes capables de réaliser les pires crimes contre l'humanité.

Source : www.counterpunch.com

Traduction : VL

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24 janvier 2004