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Israël -

Un tribunal israélien récuse la nationalité israélienne, disant qu'elle pourrait porter atteinte au caractère juif du pays

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4 octobre 2013 — Le registre de la population d'Israël recense une série de "nationalités" et ethnies, parmi elles juive, arabe, druze et autres. Mais un mot est le grand absent de la liste : israélienne. Les habitants ne peuvent pas s'identifier en tant qu'israéliens dans le registre national parce que la démarche pourrait avoir des conséquences lourdes pour le caractère juif du pays, a écrit la Cour suprême israélienne dans des documents obtenus jeudi 3 octobre.

Un tribunal israélien récuse la nationalité israélienne, disant qu'elle pourrait porter atteinte au caractère juif du pays

Pas de conflit existentiel pour les habitants indigènes de la Palestine, dont l'identité nationale palestinienne englobe sans discrimination les trois religions monothéistes. Photo ci-dessus, un Palestinien montre son passeport d'avant 1948, avant la Nakba.
La décision était une réponse à une requête de 21 Israéliens (dont la plupart sont officiellement enregistrés en tant que juifs) demandant que la cour décide s'ils pouvaient ou non être recensés comme israéliens dans le registre. Le groupe avait fait valoir que sans une identité israélienne laïque, la politique israélienne favorisera les juifs et pratiquera une discrimination contre les minorités.

Dans sa décision de 26 pages, la cour a expliqué que cela aurait des "implications lourdes" sur l'Etat d'Israël et pourrait mettre en danger le principe fondateur d'Israël : être un Etat juif pour le peuple juif.

La décision touche un débat central en Israël, qui se considère à la fois juif et démocratique mais a du mal à équilibrer les deux concepts. Le pays n'a pas officiellement reconnu une nationalité israélienne.

Les loyalismes nationaux et ethniques se superposent souvent en Israël, un pays fondé dans la foulée du mandat britannique colonial et initialement peuplé par des immigrants juifs, avec une petite population indigène juive et une communauté arabe plus importante.

Il y a des juifs et des arabes. Mais la majorité juive se distingue entre ceux qui viennent d'Europe de l'Est et ceux dont les familles sont originaires des pays arabes. Ces communautés sont de plus divisées en fonction du pays, ou même du village, dont sont venus leurs ancêtres.

La minorité arabe, qui représente 20% de la population d'Israël, possède également la citoyenneté israélienne et beaucoup s'identifient en tant que chrétiens ou musulmans. Israël abrite également une poignée d'autres minorités.

Le registre national de la population note la religion et la nationalité ou l'ethnie de la personne, entre autres détails. Tout juif, quel que soit son pays d'origine, est répertorié en tant que juif. Les arabes sont répertoriés en tant que tel et les autres minorités, comme les druzes, sont répertoriés par leur ethnie.

Le judaïsme joue un rôle central en Israël. Les fêtes religieuses sont aussi des fêtes nationales, et les autorités religieuses supervisent de nombreuses cérémonies comme les mariages et les funérailles. Pourtant depuis la création d'Israël en 1948, une nationalité israélienne distincte a émergé, qui comprend la nourriture, la musique et la culture, et pour la plupart des juifs, le service militaire obligatoire. Alors que près de la moitié de la population juive d'Israël se définit d'abord comme juive, 41% des Israéliens s'identifient comme israéliens, selon l'Institut israélien de la démocratie, un "think-tank".

Dans l'affaire de la Cour suprême, les 21 requérants ont argué qu'Israël n'est pas démocratique parce qu'il est juif. Ils disent que la minorité arabe du pays est confrontée à de la discrimination parce que certaines politiques favorisent les juifs et qu'une nationalité israélienne partagée pourrait mettre fin à un tel préjudice et unir tous les citoyens d'Israël.

"L'identité juive est anti-démocratique," dit Uzzi Oman, 90 ans, professeur de linguistique informatique à l'Institut de Technologie Technion-Israël à Haïfa et requérant principal qui gère "Je suis israélien", une petite association qui se consacre à la reconnaissance officielle de la nationalité israélienne.

"Avec une identité israélienne, nous pouvons être en sécurité dans notre démocratie, avec l'égalité entre tous les citoyens," dit Ornan.

Les Arabes israéliens [Palestiniens de 48, ndt] affirment depuis longtemps qu'en dépit de leur citoyenneté, ils sont victimes de discriminations officielles, leurs communautés recevant moins de subsides que les villes juives. Alors que certains Arabes ont intégré ces dernières années le système israélien dominant, ils sont en moyenne plus pauvres et moins instruits que leurs homologues juifs.

La délibération de la Cour a porté principalement sur la façon dont une identité israélienne officiellement reconnue pourrait constituer une menace pour les idéaux fondateurs d'Israël et provoquer la désunion. Le tribunal a déclaré qu'elle n'émettait pas de doutes sur l'existence d'une nation israélienne.

Anita Shapira, professeur émérite d'histoire juive à l'Université de Tel Aviv, a dit que le judaïsme et le nationalisme juif vont main dans la main et que si le nationalisme évolue vers un nationalisme israélien, l'essence juive sera perdue. Elle a également déclaré que cela pourrait éloigner les juifs d'autres pays dont le lien à Israël passe par la religion.

"Tenter d'affirmer qu'il y a dans l'Etat d'Israël une nationalité juive qui est séparée de la religion juive est quelque chose de très révolutionnaire," a-t-elle dit.

Oman en a également appelé auprès du ministre israélien de l'Intérieur en 2000 et a porté l'affaire devant les tribunaux en 2003, dans une tentative d'être identifié comme israélien, en vain. Il s'était juré de poursuivre sa campagne.

D'autres aussi ont tenté de s'attaquer au registre de la population. L'auteur israélien décédé Yoram Kaniuk avait persuadé un tribunal en 2011 de le répertorier comme étant "sans religion", bien que son appartenance ethnique reste "juif". Des laïques ont considéré le changement comme un joli coup.



Sur le même sujet, lire l'article d'Alain Gresh : "La Cour suprême confirme : tous les citoyens d'Israël sont égaux, mais les Juifs sont plus égaux que les autres" sur le site Pour la Palestine.be


Source : Washington Post

Traduction : MR pour ISM

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