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Palestine - ISM France

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Hébron -

Une aiguille dans une botte de foin

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L’histoire commence quand toutes les personnes mentionnées essayèrent de revenir chez elles…
Elles fûrent toutes arrêtées par les gardes-frontières. Peu après, nous avons su qu’ils étaient tous retenus dans un hôtel, près de la Mer Morte, qui avait été transformé en prison.
Puis, nous avons reçu un télégramme de la part de la direction des services de police d’Hébron, nous informant qu’ils étaient tous à Jéricho…
Nous y sommes allés, mais nous ne pouvions pas les trouver. Aussi, nous avons contacté plusieurs organisations et la Croix Rouge, qui nous confirmèrent qu’ils étaient dans un camp de détention israëlien.

Mansour Ahmad est un homme âgé de 54 ans d’Hebron, au Sud de la Cisjordanie .

Il raconte une histoire qui commencât en 1967 et qui ne s’acheva jamais…

« Comme vous le savez tous, à cause de l’occupation, peu de temps après la guerre et l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, nous nous sommes enfuis vers la Jordanie en 1967, il y avait parmi nous mes frères : Abdel-Nabi Ahmad Al-Jo'ba qui avait 22 ans, Mohammad qui avait 13 ans et était surnommé « Ribbi », et les quatres frères de ma mère, mes oncles, Farhat Al-Sha'rawi, 23 ans, Mohammad, 12 ans, Ratib, 7 ans et Saadi, 21 ans.

L’histoire commence quand toutes les personnes mentionnées essayèrent de revenir chez elles…
Elles fûrent toutes arrêtées par les gardes-frontières. Peu après, nous avons su qu’ils étaient tous retenus dans un hôtel, près de la Mer Morte, qui avait été transformé en prison.

Puis, nous avons reçu un télégramme de la part de la direction des services de police d’Hébron, nous informant qu’ils étaient tous à Jéricho…
Nous y sommes allés, mais nous ne pouvions pas les trouver. Aussi, nous avons contacté plusieurs organisations et la Croix Rouge, qui nous confirmèrent qu’ils étaient dans un camp de détention israëlien.
Nous avions l’impression de tourner en rond sans aucun but… ou direction : « C’est comme chasser un fantome ou un mirage ».

Il ajoute « nous sommes allés voir le directeur des prisons, à Jaffa Street à Jérusalem, celui-ci a nié avoir jamais entendu parler d’eux ou, où ils pouvaient être".
Après une très longue conversation, il nous a suggéré qu’ils pourraient être dans le camp de détention de Ramla.

Il poursuit : "Comme un homme perdu en pleine mer, une fois de plus nous nous sommes racrochés à cette bouée qui pourrait peut être nous sauver".
Nous somme allés à Al-Ramla. En arrivant sur place, nous avons alors été informés que nous avions besoin d’une permission de la part du Gouverneur militaire d’Hébron, Ofer Ben David.

Aussi nous sommes repartis vers Hébron afin d’y demander cette permission.
« Nous avons reçu une enveloppe scellée qu’on nous a demandé de ne pas ouvrir et simplement de la remettre à l’administration pénitencière d’Al-Ramla. Lorque nous sommes arrivés au centre de détention d’Al-Ramla, on nous a ordonné de partir ! Ou bien… On nous tirerait dessus ! »

« Nous trouvions porte close partout, on ne savait pas quoi faire…. Puis un jour nous nous sommes arrangés pour rencontrer Moshe Dayan, qui à cette époque était Ministre de la Défense. Il ordonna au gouverneur militaire de nous accorder la permission nécessaire… »


A cette époque les nouvelles et des rumeurs se comptaient par centaines…les unes et les autres se contredisant la plupart du temps..

Parfois nous recevions l’information que mes 2 sœurs et quatre frères étaient dans tel ou tel autre camp de détention, et ce, jusqu’à nous apprenions qu’un détenu, qui avait été emprisonné dans le camp de Al-Ramla, se trouvait à Ramallah. Aussi, nous y sommes allés et l’avons rencontré.

“Il nous confirma qu’ils étaient en vie et bien portant dans le camp de detention de Al-Ramla. Le 1er Novembre 1969, deux ans après que nous ayons perdu contact avec les autres membres de la famille, mon père, Ahmad Al-Jo'ba, mourût. Il n’aura pas réalisé son rêve de revoir ses fils… et de les serrer encore une fois dans ses bras. »

Mansour, rempli de tristesse, poursuit : “Nous avons continué nos recherches, une fois au camp de Bir Al-Sabe', une autre dans celui de Nahfa, puis Atleet…
Notre seul but, objectif, était de les localiser. Nous avions l’habitude de les imaginer dans chaque pièce, partout. Puis le temps a passé, chaque jour sans réussir à les localiser nous faisait nous sentir de plus en plus vieux… »

“En 1975, Khalil Sha'rawi, le père de Saadi mourût. Chaque fois que le père d’un des hommes disparus mourrait, nous nous sentions encore plus triste et rongés par l’agonie…
Nous voulions tellement les revoir… avant de voir Dieu » ajoute-il.

Mansour qui nous raconte cette histoire, nous dit : “Je peux le jurer, je me souviens même des vêtements qu’ils portaient le jour où ils ont été arrêtés.
Quiconque sait ce que veut dire Humanité, sait très bien combien un frère est précieux.
Quel type de destin est-ce cela… quelle est cette destinée qui nous prive de les revoir et de les serrer dans nos bras.
Qui est responsable de leur disparition…
Des millions de questions qui n’ont pas encore trouvé de réponse… »

Puis il ajouta : « en 1980, Mohammad Khalil Sha’rawi, le père de Farhat est décédé
Après un silence pesant, le regard plein d’amertume,de détresse et ému… ses larmes coulent, épuisé par une quête de 37 ans…

Désormais il est seul, son père, qui avait l’habitude de porter ce fardeau et le deuil avec lui, est mort. Aujourd’hui sa tâche est encore plus dure et plus compliquée, après tout « c’est dur d’applaudir avec une seule main »…

Mansour croit que ses frères ainsi que les quatre membres de sa famille disparus, sont encore vivants.

Nous ne pouvons pas trouver le mot de la fin pour clôre cette histoire de détresse et d’amertume. Pourtant une chose reste sûre…

Mansour ne sera jamais fatigué ou découragé, il continuera ses recherches aussi longtemps qu’il sera en vie, aussi longtemps qu’il sera sur cette terre qui lui a donné naissance à lui et à ses frères disparus.

« Un jour nous nous retrouverons, c’est la volonté de Dieu… nous nous retrouverons, mais la question est ; quand…et où ...??!!

Source : www.imemc.org

Traduction : AG pour ISM-France

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