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Palestine - ISM France

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USA -

Une introduction au conflit israélo palestinien - Partie 2

Par

Norman Finkelstein est né à Brooklyn en 1953, de parents survivants du camp de concentration nazi d'Auschwitz. Il enseigne la théorie politique à la City University de New York. Il a passé sa thèse de doctorat à Princeton sur la théorie du sionisme. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont deux traduits à ce jour en français, "L'industrie de l'Holocauste, réflexions sur l'exploitation de la souffrance des Juifs", aux éditions La Fabrique - 2001 - et coécrit avec Ruth Bettina Birn "L'Allemagne en procès, la thèse de Goldhagen et la vérité historique", paru chez Albin Michel - 2000 - . Vous pouvez retrouver de nombreux textes de Norman Finkelstein - en anglais - sur son site : http://www.normanfinkelstein.com.

En dehors du fait qu’elle représente une abomination morale, l’expulsion des Palestiniens est susceptible de déclencher une réaction en chaîne dans le monde arabe, à côté de laquelle le 11 Septembre sera de la petite bière. Mais il est encore à portée de notre main de nous emparer de l’opportunité donnée par ces temps éminemment troublés afin d’imposer une paix équitable et durable pour Israël et pour la Palestine.

La menace d’expulsion (« transfert »)

Le processus d’Oslo a été conçu, dès le départ, afin de trouver une direction palestinienne crédible qui puisse camoufler l’apartheid israélien : il fallait trouver (difficile…) une sorte de Nelson Mandela qui voulût bien se prêter au jeu en interprétant le rôle du chef zoulou Buthelezi. [54].

Camp David signa l’échec de cette stratégie-stratagème : Arafat refusa -, disons plus exactement, ne put, à cause de la résistance populaire – jouer le rôle qui lui était imparti.

Sans une telle façade palestinienne assurant une légitimité factice, la réalité de l’apartheid israélien sauterait aux yeux du monde entier : cet apartheid ferait très rapidement l’objet des mêmes critiques à boulets rouges que son prédécesseur sud-africain.

«Si les Palestiniens étaient Noirs, Israël serait un Etat paria, soumis à des sanctions économiques impitoyables imposées par les Etats-Unis», écrivit dans un éditorial le London Observer, après l’éclatement de la seconde Intifada.

«Sa façon de développer ses colonies et de créer de nouvelles implantations en Cisjordanie serait considérée comme caractéristique d’un système d’apartheid, dans lequel la population autochtone n’est autorisée à vivre que sur une minuscule portion de son propre pays, dans des «bantoustans», les «Blancs» monopolisant les ressources en eau et les fournitures d’électricité. Et, de la même manière que la population noire n’était admise dans les territoires réservés aux Blancs, en Afrique du Sud, que pour y être cantonnée dans des townships sordides et misérables, ce qui avait soulevé la réprobation internationale, la discrimination d’Israël à l’égard des Arabes israéliens – particulièrement flagrante, en matière d’éducation et de logement – ne tarderait pas à être jugée tout aussi scandaleuse.»

Des personnalités consensuelles, appartenant à tout le spectre des tendances politiques modérées, du conseiller du président Carter pour la Sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, à l’archevêque anglican d’Afrique du Sud, prix Nobel de la Paix, Monseigneur Desmond Tutu, ont formulé des dénonciations similaires.

"J’ai été très choqué par ma visite récente en Terre sainte", déclara ainsi Desmond Tutu.

«Cela m’a tellement rappelé ce qui nous est arrivé, à nous, les Noirs, dans mon pays, l’Afrique du Sud. J’ai vu l’humiliation des Palestiniens aux barrages militaires et aux checkpoints, je les ai vus souffrir, comme nous souffrions, nous aussi, lorsque de jeunes policiers blancs nous empêchaient de nous déplacer et de vaquer à nos affaires.» [55]

Mais, paradoxalement, alors que l’apartheid n’est désormais plus une option tenable pour Israël, l’expulsion peut de nouveau en être une. Israël a adopté une stratégie d’apartheid après que de nouveaux précédents survenus dans le droit international et dans l’opinion publique mondiale eurent rendu impossibles les expulsions ethniques.

Récemment, toutefois, ces contraintes juridiques et morales ont connu un relâchement aussi spectaculaire que dramatique. En particulier, depuis le onze septembre 2001 (attentats de New York et Washington), non seulement les Etats-Unis ont carrément cessé de respecter et de défendre le droit international au moment même où il était en train de se défaire, ils l’ont carrément déclaré effectivement nul et non advenu.

A la (notable) différence de leur dévastation de l’Irak, en 1991, l’assaut des Etats-Unis contre l’Afghanistan a été lancé sans qu’il y eût de quelconques sanctions de l’ONU explicites – non qu’ils fussent incapables d’en obtenir le vote, mais parce qu’ils mettaient un point d’honneur à s’en passer.

A la différence de ses us et coutumes passés de coups tordus et de légitimations de façade, telle l’opération de soutien aux «Contras» du Nicaragua, afin de renverser des gouvernements étrangers exaspérants (pour eux), les Etats-Unis parlent aujourd’hui effrontément de «changements de régime».

De plus, en proclamant la doctrine des guerres préventives, l’administration Bush a porté un « coup mortel » à l’article 51 de la Charte de l’Onu interdisant toute attaque armée, sauf en cas de menace imminente.

«Depuis que Bush est aux manettes», observe un journaliste du journal The Guardian, de Londres, «le gouvernement des Etats-Unis a violé plus de traités internationaux et a ignoré plus de conventions de l’ONU que l’ensemble du reste du monde ne l’a fait en vingt ans.»


Ainsi, il a sabordé la convention interdisant les armes biologiques en expérimentant, illégalement, des armes biologiques développées secrètement.

Il a refusé de garantir aux inspecteurs en armes chimiques un accès libre à l’ensemble de ses laboratoires, il a coupé court à des tentatives de lancer des inspections des armes chimiques en Irak.

Il a déchiré le traité interdisant les missiles balistiques, et il semble être sur le point de violer le traité interdisant les tests nucléaires.

Il a autorisé les commandos de choc de la CIA à reprendre leurs opérations secrètes, du genre de celles qui incluaient, par le passé, jusqu’à l’assassinat de chefs d’Etats étrangers.

Il a saboté le traité sur les armes conventionnelles, sapé la cour criminelle internationale, refusé de signer le protocole sur le changement climatique et, le mois dernier, il a tenté de bloquer les travaux de la convention des Nations Unies contre la torture, afin de pouvoir continuer à interdire aux observateurs étrangers de se rendre dans son camp d’internement de Guantanamo.

Il n’est pas jusqu’à sa mobilisation en vue de faire la guerre à l’Irak sans mandat du Conseil de Sécurité de l’Onu qui ne constitue un défi au droit international bien plus caractérisé que celui que Saddam Hussein, dit-on, lancerait de son côté. [56]


Grâce au soutien inconditionnel et absolument crucial des Etats-Unis, Israël est tout à fait capable de violer les conventions internationales – comme en ont apporté la preuve le traitement méprisant et humiliant qu’il a réservé à la mission d’enquête des Nations Unies qui devait se rendre à Jénine (mais qui ne l’a pas fait car il lui manquait l’ «autorisation» (sic) d’Israël pour ce faire ! (ndt)) et le passage au broyeur de documents les accords d’Oslo, en réoccupant les zones administrés par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie .

Des décideurs politiques influents, et même le doyen des «nouveaux historiens» israéliens [57], Benny Morris, envisagent à voix haute l’expulsion des Palestiniens.

Morris, reprenant à son compte, de manière tout à fait explicite, l’expulsion des Palestiniens – « un peuple malade, psychotique» - dans l’éventualité d’une guerre, est allé jusqu’à proférer :
"Ce territoire est si petit qu’il n’y a pas assez de place pour deux peuples. Dans cinquante ans, dans cent ans, il n’y aura qu’un seul Etat entre la mer (Méditerranée) et le Jourdain. Cet Etat, ce ne peut être que l’Etat d’Israël».


D’après un sondage récent de l’Institut israélien Jaffee Center for Strategic Studies, près de la moitié des Israéliens sont partisans de l’expulsion des Palestiniens habitant la Cisjordanie et la bande de Gaza, et près d’un tiers des Israéliens soutiennent l’expulsion des Palestiniens citoyens d’Israël (trois cinquièmes des Israéliens se contenteraient d’ «encourager» les Palestiniens citoyens d’Israël à aller voir ailleurs.) [58]


Mais ce n’est pas tout : une autre menace, majeure, est pendante. Tout au long de son histoire, le mouvement sioniste a fait des paris insensés. La victoire semblait, en permanence, hors de portée.

"L’Etat d’Israël doit son existence", écrit Yael Zerubavel, "à ce discours éthique même qui place l’engagement idéologique au-dessus de tous les calculs réalistes. »

Et, effectivement, à chaque croisée des chemins, un «miracle» - l’historiographie sioniste est bourrée de «miracles»… - est venu sauver le sionisme : le «miracle» de la Déclaration Balfour (dixit Ben Gourion) ; le «miracle» de la Résolution de Partage de la Palestine (dixit Chaim Weizmann) ; la «miraculeuse simplification des tâches pour Israël » qu’a représenté (aux yeux notamment de Weizmann) la guerre de 1948 (puisque les Arabes ont fui…) (biblique, non ? ndt) ; le «miracle» de la guerre de Juin 1967 ; le « miracle» de la juiverie soviétique.

Une lecture attentive de la documentation historique montre, toutefois, qu’il ne s’agissait pas de véritables miracles (en matière de miracles, il faut se méfier des contrefaçons, ndt). Disons plutôt qu’en chacune de ces occurrences, les sionistes ont exploité jusqu’à la corde une opportunité historique ténue, une chance infime – vous vous souvenez, les « conjonctures révolutionnaires » ?… - en mettant dans la bataille tous leurs atouts matériels et humains.


Le onze septembre n’a pas encore montré qu’il pouvait être une occasion de ce genre ; cela peut encore venir. Le monde a accordé – soyons honnête : s’est vu contraint d’accorder – aux Etats-Unis une sorte de période de grâce durant laquelle ils peuvent se comporter ouvertement comme un Etat sans foi ni loi.

Voilà qui donne à Israël une rare opportunité (un «fenêtre de tir», pourrait-on écrire, à juste titre, si on osait cet humour noir, ndt) pour résoudre la question palestinienne, une bonne fois pour toutes : c’est un «miracle» qui est seulement en train d’attendre son moment…

Mis à part un retrait total, le seul choix qui s’offre à Israël est entre : continuer à tolérer les attentats terroristes ; ou expulser les Palestiniens. Il est très difficile d’imaginer, toutefois, qu’Israël pourra absorber ces attaques (palestiniennes, sur son sol, ndt) indéfiniment.

La poursuite implacable des attentats pourrait bien, aussi, tempérer la condamnation internationale (d’Israël) qui ne manquerait pas de faire suite à une expulsion des Palestiniens. [59]


Dût Israël essayer l’expulsion, il pourrait sans doute compter sur le soutien de secteurs puissants en Amérique.

Le chef de file de la majorité à la chambre des Représentants, Tom DeLay, et le chef de la majorité, Dick Armey, sont à l’origine d’une résolution soutenant la revendication par Israël de la totalité de la «Judée-Samarie» ; Armey soutenant explicitement que « les Palestiniens qui vivent actuellement en Cisjordanie devraient en partir.»

Le Sénateur James M. Inhofe (Oklahoma) a clamé que « la raison la plus importante » pour laquelle les Etats-Unis doivent soutenir Israël est que «c’est Dieu qui l’a dit… Voyez la Genèse… Verset (13:14-17)… Il ne s’agit en rien d’une bagarre politique. Il s’agit de savoir si la Parole de Dieu est Véridique ou non !»

Lorsque la Sénatrice Hillary Clinton, démocrate libérale de New York, est venue en visite en Israël, il y a quelques mois, elle a été accueillie à bras ouverts (y compris littéralement) par Benny Elon, le chef du Moledet, parti dont la raison d’être officielle est le «transfert» des Palestiniens.

Lorsqu’on se tourne, maintenant, vers la juiverie organisée des Etats-Unis, le tableau s’assombrit encore un peu plus. Un avocat respecté de Washington, qui est aussi le dirigeant de la communauté juive de cette ville, Nathan Lewin, en a appelé à l’exécution de tous les membres de la famille des Palestiniens ayant commis un attentat suicide.

Repoussant des critiques exprimées à l’encontre de cette géniale idée humaniste, un éminent professeur de la Faculté de Droit de l’Université Harvard, Alan Dershowitz, ainsi que le directeur national de l’Anti-Defamation League (Association américaine dont la Licra est la succursale, ndt), ont pris la défense de Lewin, qualifiant sa suggestion de « tentative tout à fait légitime de proposer une politique à même de mettre un terme au terrorisme ».

Dans une audacieuse envolée que l’on pourrait qualifier de «chantage à la mode de Lidice», Dershowitz en personne recommanda une « nouvelle réponse au terrorisme palestinien» : la «destruction automatique» d’un village palestinien entier après chaque attentat terroriste (ainsi que la légalisation de la torture de suspects de menées terroristes).

La proposition Dershowitz, toutefois, manque de nouveauté. Israël a mis en application cette stratégie de représailles meurtrières à l’encontre des civils arabes au début des années 1950.

Un massacre perpétré par un certain Ariel Sharon dans le village de Qibya, qui entraîna la mort de quelque 70 villageois (en majorité, des femmes et des enfants), fut comparé, en effet, au massacre de Lidice (par les Nazis, en Tchécoslovaquie, ndt), par des journaux américains.

Inspirés par Dershowitz, un groupe d’anciens officiers et colons israéliens soutenus par une association de bienfaisance pro-israélienne de New York a mis sur son site web cette proposition ingénieuse de nature à faciliter le « transfert » :
« Israël n’a qu’à diffuser un avertissement disant qu’en riposte à tout attentat terroriste, il nivellera un village arabe, sélectionné, par ordinateur, au hasard, sur une liste préétablie et publique… L’utilisation de l’ordinateur pour sélectionner le village désigné permettra de mettre les Arabes et les Juifs sur un pied d’égalité.
En effet, les Juifs ne savent pas à l’avance où les terroristes vont frapper : de la même manière, les Arabes ne sauront pas, eux non plus, lequel de leurs villages ou de leurs quartiers sera supprimé en représailles. Que l’on y prête bien attention : le mot «supprimé» reflète très précisément l’intensité de la riposte israélienne éventuelle. » [60]


Pendant ce temps, le colossal faux propagandiste de Joan Peters, From Time Immemorial, [De toute Eternité], ouvrage qui soutient que la Palestine avait été désertée (par les Palestiniens) avant la colonisation sioniste [61] a été republié en février 2001 : sponsorisé par les organisations et les publications juives américaines, le livre occupa presque immédiatement la première place au classement des bestsellers chez le libraire sur Internet Amazon, place qu’il occupe d’ailleurs toujours.

Après s’être évanouie dans la nuit après la dénonciation de sa fraude, Mme Peters est « de nouveau très demandée pour des conférences », et elle reçoit (dit-elle complaisamment elle-même) « une réponse absolument merveilleuse, fantastiquement positive » de son public.

En sus de son bréviaire « What palestinian Land ? » (Quelle terre palestinienne ? Où ça, une terre palestinienne ?), les multiples cordes à l’arc d’expertise de Mme Peters se sont enrichies de «Worldwide Islamic Jihad» (Le Djihâd islamiste mondial), «Terrorism» et «Religions Persecution by Muslims» (Les persécutions religieuses musulmanes) ; cependant que son site internet comporte cette sentence définitive extraite d’une de ses interview récentes – «Les menottes et boulets d’Oslo doivent être détruits et jetés dans la poubelle de l’Histoire » [‘The handcuffs ans shakles of Oslo must be destroyed and thrown in the dustbin of history’.]

Un film documentaire basé sur From Time Immemorial est en cours de production. Avec une ironie incomparable, il sera intitulé « The Myth »… [62].

Cet investissement sioniste en soutien aux affirmations absurdes de Peters constitue, signalons-le en passant, un aveu bien involontaire de ce que, eût la Palestine été habitée (ce qu’elle était, évidemment), l’entreprise sioniste aurait été moralement indéfendable (…).


En affirmant que Sharon « a toujours affiché un plan très clair – rien moins que débarrasser Israël des Palestiniens », l’historien militaire respecté Martin van Creveld a fourni deux prétextes alternatifs pour l’expulsion : a/ la diversion offerte par une crise mondiale, comme par exemple, « une attaque américaine contre l’Irak ».

A cet égard, il convient de rappeler qu’en 1989, Benjamin Netanyahu avait exhorté le gouvernement israélien à exploiter politiquement la conjoncture favorable offerte par le massacre de la place Tiananmen à Pékin afin de mener à bien des expulsions « à grande échelle », « car dans un tel moment, les dommages portés à l’image d’Israël auraient été relativement réduits » ; b/ un attentat terroriste spectaculaire « tuant des centaines de personnes ».

Mise à part la regrettable probabilité importante que les Palestiniens commettent une telle atrocité, il n’est pas impossible que Sharon la provoque lui-même, si l’on en juge à ses états de sévices (pardon : de service ! ndt).

Bien que « d’aucuns pensent que la communauté internationale ne permettrait pas un tel nettoyage ethnique », van Creveld conclut, très plausiblement : « Je n’en ferais pas le pari.

Si Sharon décide de foncer, le seul pays qui puisse l’arrêter, ce sont les Etats-Unis. Les Etats-Unis, toutefois, se considèrent eux-mêmes en guerre contre des parties du monde musulman qui ont soutenu Oussama Ben Laden.

L’Amérique ne trouvera pas nécessairement quelque chose à redire à ce que l’on inflige une bonne leçon au dit monde musulman. »

La principale crainte des Américains est que cette expulsion ne déclenche une réaction dans la « rue arabe », qui renverserait leurs régimes arabes clients. Mais, déjà à deux reprises, à la veille des assauts contre l’Irak et l’Afghanistan, l’opinion des élites américaines avait exprimé une crainte similaire. Dans les deux cas, elle s’est avérée infondée.

L’administration Bush pourrait tenter à nouveau sa chance, en croisant les doigts, dans l’espoir que la « rue arabe » est bien une chimère. Dans Ha’Aretz, Meron Benvenisti a exorcisé le scénario cauchemardesque que voici : « Un attaque américaine contre l’Irak, malgré l’opposition arabe et mondiale et avec l’engagement d’Israël – fût cet engagement seulement symbolique – entraîne l’effondrement du régime hashémite en Jordanie. Israël met alors en application la vieille « option jordanienne » - en expulsant des centaines de milliers de Palestiniens au-delà du Jourdain. »

En soulignant la vraisemblance d’une expulsion profitant de la guerre, dans l’état de « dissolution morale » que connaît actuellement Israël (« il n’y a jamais eu de meilleure opportunité »), il conclut que « Personne ne pourra prétendre qu’il n’avait pas été averti. » [63]

Reste la Question. Que faudrait-il faire afin d’imposer un retrait effectif total à Israël et prévenir la survenue de la catastrophe qui menace ? « La tendance de fond de la politique israélienne, et aussi du peuple israélien… », observe le perspicace écrivain israélien Boas Evron, «… consiste à résoudre les problèmes par la force et de considérer la force comme l’alpha et l’oméga, plutôt que d’essayer, une fois seulement, histoire de voir… une solution diplomatique et politique », et aussi « à ne voir dans les frontières avec les Etats arabes voisins rien d’autre qu’une dimension, parmi d’autres, du rapport de force ».

Dans le même état d’esprit, Zev Sternhell avance que la doctrine sioniste est « de ne jamais abandonner une position ou un territoire sans y être contraint par une force supérieure. »

A cet égard, il convient aussi de se souvenir de ce que Creveld appelle « la position unique » occupée par les valeurs militaires et martiales dans la société israélienne : « Si une comparaison est possible, ce qui reste à voir, cela est comparable seulement au statut dont jouissait les forces armées en Allemagne entre 1871 et 1945 ». (Le « plus grand compliment que l’on puisse recevoir en Israël est celui d’être un « combattant », et « le plus signalé compliment que puisse recevoir quelqu’un pour un succès est de s’entendre dire : « vous avez mené cette affaire comme une opération militaire » !) [64].

On peut raisonnablement en déduire qu’Israël ne se retirera des Territoires Occupés que si les Palestiniens (et leurs soutiens) parviennent à rassembler suffisamment de force pour changer le calcul des coûts (de l’occupation), pour Israël : c’est-à-dire, s’ils sont capables de rendre ce prix trop exorbitant à payer, pour les Israéliens. Les précédents historiques étayent cette hypothèse. Israël s’est retiré de territoires occupés, dans le passé, à trois occasions : il s’est retiré du Sinaï égyptien, en 1957, après l’ultimatum d’Eisenhower ; il s’est retiré du Sinaï occupé, en 1979, après la démonstration de force inopinément impressionnante des Egyptiens durant la guerre d’Octobre 1973 ; et enfin, Israël s’est retiré du Liban à deux reprises, en 1985 et en 2000, en raison des pertes que lui infligeait la résistance libanaise (dont les « terroristes » de M. Jospin… ndt). Ajoutons à cela qu’il semble bien que les élites au pouvoir en Israël ont sérieusement envisagé de se retirer des Territoires durant les premières années de la première Intifada (1987-1989), en raison des coûts imposés à Israël par l’insurrection palestinienne, tant sur le plan international qu’au plan interne.

Ni une guerre conventionnelle, ni une guérilla ne semblent des choix possibles, pour les Palestiniens. Le terrorisme – mis à part le fait qu’il est répréhensible (même s’il n’a rien de surprenant) – ne fera pas bouger Israël d’un pouce. Les élites israéliennes acceptent les victimes civiles, dans lesquelles elles voient un prix à payer en contrepartie de leur pouvoir (même si c’est regrettable). Elles ne sont affectées que lorsque l’armée israélienne subit des pertes ou lorsque sa capacité de dissuasion est affaiblie. A cet égard, l’évaluation faite par Sternhell de l’impact sur Israël de la seconde Intifada est éloquente :

« Le nombre de victimes civiles israéliennes, au cours de l’année écoulée, est très supérieur à celui des soldats tués ou blessés. Tout bien examiné, l’armée israélienne est en train de mener une guerre de luxe : elle bombarde des villages et des villes sans défense, et cette situation convient parfaitement tant à elle-même qu’aux colons. Ils ont pleine conscience que, si l’armée connaissait autant de pertes qu’elle en avait eues au Liban, nous serions aujourd’hui en train de nous retirer des Territoires.

Nous percevons la mort de civils lors d’attaques aux armes à feu ou lors d’attentats commis par des kamikazes fous en plein cœur de nos villes, y compris la disparition de familles entières, comme un décret du sort ou comme une sorte de loi de la nature. En revanche, la mort de soldats soulève immédiatement les questions fondamentales suivantes : Quels sont les buts de la guerre ainsi menée ? Pour quel objectif des soldats sont-ils en train de se faire tuer ? Qui les a envoyés à la mort ? Aussi longtemps que les troupes de conscrits ne paient pas un tribut trop lourd, aussi longtemps que les réservistes ne sont pas rappelés massivement afin de protéger l’occupation et de la défendre, la question du « pourquoi » n’est pas déterminante dans le calendrier politique national. » [65]

Les précédents historiques ne manquent pas – depuis les bombardements aveugles des Alliés contre l’Allemagne jusqu’aux bombardements américains impitoyables au Vietnam – qui laissent présumer que la population civile israélienne est peu susceptible de céder face au terrorisme. Le terrorisme juif a certainement catalysé la décision britannique de mettre fin au Mandat en 1947, mais la raison fondamentale en était l’insolvabilité financière de la Grande-Bretagne au sortir de la Seconde guerre mondiale. [66]

A plus d’un égard, le recours actuel des Palestiniens au terrorisme présente une ressemblance troublante avec la campagne terroriste des sionistes contre l’occupation britannique, après la Seconde guerre mondiale. Bien que dénonçant officiellement le terrorisme anti-britannique, Ben Gourion et l’autorité sioniste qu’il présidait – l’Agence Juive – ne coopérèrent jamais avec les Britanniques à l’arrestation de suspects et ils n’appelèrent jamais la communauté juive à respecter la loi.

D’un côté, Ben Gourion affirmait que, par principe, il ne pouvait contribuer à mettre en vigueur les décrets d’une occupation injuste.
« Sans soutenir le moins du monde les actes (terroristes) commis », écrivit-il aux officiels britanniques, l’ « Exécutif considère la politique menée présentement par le Gouvernement Mandataire… comme étant la première responsable de la situation tragique qui s’est installée en Palestine. L’Exécutif ne saurait envisager tranquillement que l’on puisse lui enjoindre d’apparaître dans la position présentée comme « enviable » d’être convié à participer à l’imposition de cette politique. »

De l’autre, Ben Gourion plaidait la perte de contrôle sur une communauté juive qui ne pouvait plus accepter l’occupation britannique… Un rapport d’évaluation britannique de l’époque concluait que les responsables sionistes avaient fomenté le terrorisme juif, mais aussi qu’ils ne parvenaient plus à l’arrêter :
« En poussant le Yishuv (la communauté juive en Palestine, ndt) à la rébellion par leur propagande anti-britannique et anti-gouvernementale constante, ils ont à un tel point enflammé les jeunes hommes juifs et les jeunes femmes juives que les organisations terroristes juives ont reçu un coup de fouet, tant en matière de recrutement que de sympathie et de soutien dans la population juive.

Aujourd’hui, l’Agence Juive découvre qu’elle n’est plus capable de faire un pas en arrière sans perdre son ascendant sur la communauté juive, et elle est poussée à encore plus d’extrémisme. Jusqu’à quel point coopère-t-elle avec les organisations terroristes, voilà qui n’est pas défini… Il existe toutefois certains indices que l’Agence Juive a eu connaissance préalable des différents incidents qui se sont produits. »

Des révélations ultérieures allaient confirmer l’existence d’une telle coopération. Ainsi, par exemple, l’Agence Juive déplora publiquement l’attentat terroriste de grande ampleur contre l’Hôtel King David (à Jérusalem), qui entraîna la mort d’au moins 90 personnes, bien qu’elle eût approuvé la prise pour cible de cet hôtel. La condamnation sioniste officielle (de cet attentat), a écrit un historien, « contenait plus d’une once d’hypocrisie et d’opportunisme ». [67]

« Ce qui était intolérable – et c’est ce qui était déployé, dans les faits – c’était cette tentative de gagner sur les deux tableaux », releva un parlementaire britannique travailliste pro-sioniste venu sur place : « réclamer des droits constitutionnels pour l’Agence Juive, en tant que collaboratrice loyale du Mandat et, en même temps, organiser le sabotage et la résistance. » Tout en veillant à « rester dans le cadre de la légalité en tant que président de l’Agence » en condamnant le terrorisme, Ben Gourion « n’en tolérait pas moins le terrorisme comme méthode pour mettre la pression sur l’administration mandataire. »

Les dirigeants sionistes approuvèrent les attentats sanglants pour une autre raison, aussi, d’après ce parlementaire britannique : le terrorisme juif « conquérait le soutien populaire », « des Juifs parfaitement honnêtes, en Palestine, ne pouvant pas s’empêcher d’admirer peu ou prou les terroristes, et même de les aider lorsque ceux-ci leur demandaient de les protéger et de les cacher chez eux. »

Ben Gourion et l’Agence Juive ne pouvaient pas faire autre chose que « soutenir le terrorisme », seul moyen pour eux « d’éviter un glissement de l’opinion publique » vers les partis sionistes extrémistes et donc, contre eux-mêmes. La seule manière de lutter contre le terrorisme juif, concluait le parlementaire, consistait « à satisfaire aux récriminations et aux revendications légitimes de tous les Juifs en Palestine » et « d’évaluer objectivement… les causes historiques de l’apparition et de la croissance de ce phénomène bestial chez un peuple civilisé. »

Si les Britanniques décidaient de satisfaire aux demandes des Juifs, ils pourraient « compter sur le soutien des éléments modérés qui les aideraient à réduire le terrorisme, et je suis persuadé que la majorité de la population (juive) se retournerait contre les extrémistes. » Si, en revanche, les Britanniques ignoraient les raisons sous-jacentes au soutien apporté par les Juifs au terrorisme et s’ils se contentaient d’exiger « le remplacement de l’Agence Juive par une autre organisation et le désarmement » de la résistance juive, avertissait notre député, « ils ne feraient que provoquer les Juifs et les inciter à apporter un soutien total, fanatique, aux extrémistes ». [68]

Après que les Britanniques eurent imposé la loi martiale en rétorsion contre de multiples attaques terroristes des Sionistes (« Les atrocités perpétrées par ces Nazis ne pouvaient plus durer », allait écrire dans un éditorial, peu après, le morne Times de Londres), Ben Gourion condamna avec passion les mesures draconiennes prises par les Britanniques, les accusant d’infliger une punition collective au peuple juif et de saper, en réalité, la lutte contre le terrorisme. Ne serait-ce qu’en raison de ses échos contemporains, cette dénonciation mérite d’être citée in extenso :

« Deux cent cinquante mille Juifs de Tel Aviv et faubourgs, le noyau dur de la vie sociale et économique du pays, et trente mille Juifs à Jérusalem, (vivant) essentiellement dans des quartiers ouvriers, coupés de tout contact normal avec le monde extérieur, confrontés à l’effondrement complet des mécanismes de la vie civilisée, à l’exception d’un ravitaillement en comestibles de première nécessité et d’un embryon de services médicaux.

Une industrie amputée, un commerce paralysé, un chômage en passe de devenir catastrophique. Les matières premières pour l’industrie n’entrent plus, les produits manufacturés et les stocks disponibles ne peuvent être commercialisés à l’extérieur. Des ouvriers renvoyés de leur emploi, des enfants chassés de l’école. Ces restrictions n’ont ni affecté les terroristes ni mis un terme à leurs outrages ; au contraire, elles n’ont fait qu’augmenter le ressentiment des populations durement frappées, créant un terreau fertile pour la propagande terroriste, et tuant dans l’œuf toutes les tentatives déployées par la communauté (juive) elle-même de lutter, seule, contre le terrorisme.

La loi martiale (est) absolument futile et n’a aucun sens, à moins qu’elle ne vise en réalité à punir une population entière, à ruiner son économie et à détruire les fondations du Foyer National Juif. » [69]

Il faut aussi rappeler, cependant, que bien que les attentats terroristes juifs (près d’une vingtaine par mois) aient causé des centaines de morts et de blessés parmi les (militaires et administratifs) Britanniques, ceux-ci « n’ont jamais tiré délibérément sur la foule », et « aucun massacre de Juifs à grande échelle ne s’est jamais produit». « Des colonies juives entières n’ont pas non plus été démolies à l’explosif.»

La raison de cette retenue relative des Britanniques, d’après van Creveld, était le fait que « les Britanniques reconnaissaient que les Juifs constituaient une ethnie « semi-européenne ». Par contraste, les Palestiniens souffrent du fait d’Israël le sort fatal réservé aux non-Européens. [70]

Une révolte civile palestinienne – non violente – reprenant de manière créatrice les acquis de la première Intifada en synchronisation avec des pressions internationales – en particulier américaines – représente sans doute le moyen le plus prometteur de sortir de la crise actuelle.

Cela pourrait désorienter et neutraliser l’armée israélienne. L’une des préoccupations majeures d’Israël, durant la première Intifada, était la perte de moral et d’élan de l’armée, et cela était dû au fait que cette armée était occupée à réprimer par la violence toute une population civile, et que s’amenuisaient les capacités de l’armée à mener une « vraie guerre » pour laquelle on l’avait formée, engagée qu’elle était dans des « opérations de police » (c’est l’original qui souligne) [71].

Une réserve de soutien populaire à une telle stratégie de désobéissance civile existe peut-être déjà. [72]

Qu’une direction palestinienne vînt à mobiliser avec succès cette société, il y a de bonnes raisons d’espérer que son message trouvera un écho auprès d’un assez grand nombre d’Israéliens.

Le mouvement des refuseniks, parmi les conscrits israéliens, a suscité un débat national en Israël et, bien que manifestant un soutien franc et massif à la répression brutale du général Sharon, les Israéliens soutiennent toujours dans la même proportion le retrait d’Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. [73]

Ce n’est que lorsque leurs intérêts vitaux seront en danger ou lorsque l’opinion publique les aura contraints à le faire que les Etats-Unis imposeront à Israël le retrait total. Pas avant. Il est encore possible d’exercer sur eux des pressions de ce type. Le soutien à Israël parmi les Américains ordinaire a connu un déclin marqué. [74].

Une campagne est en cours – de la taille et de la profondeur du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud – et elle ne fait que gagner en importance sur les campus universitaires américains, qui vise à inciter les universités à désinvestir les capitaux qu’elles ont pu placer dans des institutions israéliennes.

Accordant sa stature morale à cette campagne, l’archevêque Desmond Tutu a exhorté « les citoyens ordinaires à se montrer à la hauteur de la responsabilité du moment que nous sommes en train de vivre, les obstacles se dressant devant une action redoublée absolument nécessaire ne le cédant qu’au caractère d’extrême urgence morale de la nécessité de les surmonter. » [76]

Et en effet, les Européens envisagent tout un éventail d’actions, depuis le boycott au niveau des consommateurs jusqu’aux embargos sur les armements destinés à Israël, tandis que des dizaines de volontaires internationaux courageux (parmi lesquels de nombreux Juifs) se sont rendus dans les Territoires occupés afin d’y protéger les civils palestiniens contre les attaques de l’armée et des colons israéliens et de porter à la connaissance du public les atrocités israéliennes. Les thuriféraires d’Israël, à l’instar d’Elie Wiesel, déplorent ces initiatives, dans lesquelles ils s’ingénient à voir une preuve de la résurgence d’on ne sait quel antisémitisme.

Démolissant des allégations similaires après l’invasion du Liban par Israël, en 1982, l’universitaire israélien respecté Uriel Tal (leur) répondait : « Les hauts cris au sujet de l’antisémitisme qui, soit disant, relèverait sa tête hideuse partout dans le monde, ne sert qu’à dissimuler le fait que ce qui est en train de se désintégrer, dans le monde, c’est la position d’Israël, et absolument pas celle des Juifs. Les accusations d’antisémitisme ne visent qu’à enflammer le public israélien, à lui inculquer la haine et le fanatisme, à cultiver une obsession paranoïde comme si le monde entier était en train de nous persécuter et comme si tous les autres peuples, dans le monde entier, étaient contaminés par ce prétendu antisémitisme, tandis que nous, Israéliens, serions les seuls purs, les seuls immaculés. »

Une chose est certaine : la situation des Juifs dans le monde ne fera que se détériorer s’ils ne se désolidarisent pas publiquement des crimes commis par Israël. Dans une dénonciation passionnée de la politique israélienne actuelle qu’il accuse « de souiller de sang l’Etoile de David », un député vétéran du parti Travailliste britannique, parlementaire juif éminent, déplorait que « le peuple juif… est aujourd’hui symbolisé dans le monde entier par le brute épaisse Ariel Sharon, ce criminel de guerre impliqué dans l’assassinat de centaines de Palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, et à nouveau, aujourd’hui, impliqué dans les tueries de Palestiniens. » [77]

« Désormais, chaque matin, je me réveille, tout près de la Méditerranée, à Beyrouth, avec un sentiment de fort mauvais augure », nous confiait l’année dernière Robert Fisk, le correspondant d’un grand quotidien britannique au Moyen-Orient, connu pour y voir clair. « Un ouragan de feu se prépare. Nous en ignorons béatement l’approche ; et même, en réalité, nous la provoquons. » [78]

En dehors du fait qu’elle représente une abomination morale, l’expulsion des Palestiniens est susceptible de déclencher une réaction en chaîne dans le monde arabe, à côté de laquelle le 11 Septembre sera de la petite bière. Mais il est encore à portée de notre main de nous emparer de l’opportunité donnée par ces temps éminemment troublés afin d’imposer une paix équitable et durable pour Israël et pour la Palestine.

- NOTES :

[42] Amira Hass, "Donors are funding cantonization," [‘Les donateurs financent la cantonalisation’], in Haaretz (22 Mai 2002). Brian Whitaker, "UN to feed 500,000 needy Palestinians," [‘L’ONU va devoir nourrir 500 000 Palestiniens nécessiteux], in Guardian (22 Mai 2002). Karen DeYoung, "Hezbollah Buildup in
Lebanon Cited," [Les concentrations du Hezbollah au Liban mis en accusation], in Washington Post (15 Juin 2002) (unemployment/chômage). Justin Huggler, "Palestinians face disaster, warns US government group," [‘Les Palestiniens sont confrontés à un désastre, averti le groupe (d’émissaires) du gouvernement américain’] in Independent (6 Août 2002) (malnutrition). Thomas O'Dwyer, "Nothing Personal: Parts and Apartheid," in Haaretz (24 Mai 2002) ("appalling" / (situation) ‘alarmante’).

[43] Voir : Norman G. Finkelstein, "Securing Occupation: The Meaning of the Wye River Memorandum," [‘Garantir la poursuite de l’occupation : la signification du mémorandum de Wye River’], in New Left Review (Novembre/Decembre 1998), et, en particulier : Mouin Rabbani, "A Smorgasbord of Failure," in Roane Carey (ed), The New Intifada (Verso: 2001), chap. 3.

[44] Hussein Agha et Robert Malley, "Camp David: The Tragedy of Errors," "Camp David and After: An Exchange - A Reply to Ehud Barak," "Camp David and After - Continued: Robert Malley and Hussein Agha reply," in New York Review of Books (9 Août 2001, 13 Juin 2002, 27 Juin 2002). (Citations de Robert Malley tirées du deuxième article) David Clark, "The brilliant offer Israël never made," [‘L’offre extraordinaire qu’Israël n’a jamais faite’], in Guardian (10 Avril 2002) (David Clark est un diplomate britannique).

[45] Pour le texte du plan de paix saoudien, voir : Guardian (28 Mars 2002) ; pour sa version révisée sur le point du « droit au retour », voir Suzanne Goldenberg, "Arab leaders reach agreement by fudging refugee question," [‘Les dirigeants arabes parviennent à un accord en éludant le problème des réfugiés’], in Guardian, 29 mars 2002. Aviv Lavie, "So what if the Arabs want to make peace?" [‘Les Arabes veulent faire la paix ? Et alors ? Où est le problème ?’], in Haaretz (5 Avril 2002). Pour un commentaire pénétrant, voir Uri Avnery, « How to Torpedo the Saudis" » (4 March 2002) [‘Comment torpiller les Saoudiens’], sur le site : http://w.w.w.counterpunch.org/avnerysaudis.html.


[46] Amira Hass, "The mirror does not lie," [‘Le miroir ne ment pas], in Haaretz (1er Novembre 2000). Jane's Foreign Report (12 Juillet 2001). Robert Fisk, "One year on: A view from the Middle East" [‘Un an après : aperçu depuis le Moyen-Orient’], in Independent (11 Septembre 2002). Fisk pointe du doigt, à bon escient, l’ordre impérial imposé au monde arabe par les Britanniques et les Français au lendemain de la Première guerre mondiale, en tant que précédent des projets politiques actuels des Etats-Unis.

[47] Shulamit Aloni, "You can continue with the liquidations," [‘Continuez les liquidations extra-judiciaires : allez-y !’], in Yediot Aharonot (18 Janvier 2002); cf. Tanya Reinhart, "Evil Unleashed" [‘Le Diable déchaîné’](19 Décembre 2001), sur le site http://www.zmag.org.

[48] Pour le contexte de la guerre au Liban, voir R&F, pp. 44-5 et les sources citées. Les données officielles israéliennes se trouvent sur le site : http://www.ou.org/yerushalayim/yomhazikaron/default.htm.

[49] Amir Oren, "At the gates of Yassergrad," in Haaretz (25 Janvier 2002), et Uzi Benziman, "Immoral Imperative," in Haaretz (1 Février 2002) (officier israélien). Chris Hedges, "A Gaza Diary," in Harpers (Octobre 2001) (la phrase citée provient d’une interview sur National Public Radio interview). Jessica Montell, "Operation Defensive Shield: the Propaganda and the Reality," (‘Opération Bouclier de Protection : entre propagande et réalité) @www.btselem.org (90 %). Editorial, Guardian (2 Août 2002) (tués et blessés).

[50] Human Rights Watch, "Jenin: IDF Military Operations" (Jénine : opérations militaires de ‘Tsahal’)(Mai 2002). Suzanne Goldenberg, "Across West Bank, daily tragedies go unseen," (A travers la Cisjordanie : des tragédies quotidiennes passent inaperçues) in Guardian (27 Avril 2002) ("pas si différent"). Edward Cody,
"Unnoticed Nablus May Have Taken West Bank's Worst Hit" (Sans que l’on ne s’en rende compte, c’est Naplouse qui a peut-être le plus souffert, de toute la Cisjordanie ) in Washington Post (21 Mai 2002). Naplouse a été la ville la plus touchée, avec 75 Palestiniens tués, dont 50 civils, à comparer avec la mort d’un seul soldat israélien.

[51] "Camp David and After: An Exchange - An Interview with Ehud Barak," (Camp David et la suite : un échange. Interview d’Ehud Barak) in New York Review of Books (13 Juin 2002) (Barak). En ce qui concerne Elie Wiesel, voir Megan Goldin, Reuters (11 Avril 2002), Greer Fay Cushman, "Wiesel: World doesn't understand threat of suicide bombers," (Wiesel : « Le monde ne comprend pas (cet imbécile… ndt) la menace que représentent les attentats suicides ») in Jerusalem Post (12 Avril 2002), CNN (14 Avril 2002), Caroline B. Glick, "We must not let the hater define us," (Nous ne devons pas permettre que le porteur de haine nous dicte notre conduite) in Jerusalem Post (19 Avril 2002), interview d’Elie Wiesel interview par Gabe Pressman au cours de l’émission télévisée "News Forum" (21 Avril 2002). Tsadok Yeheskeli, "I made them a stadium in the middle of the camp," (Je leur ai dégagé un terrain de foot au milieu du camp…) in Yediot Aharanot (31 Mai 2002). Montell, "Operation Defensive Shield" (B'Tselem). Amira Hass, "Someone even managed to defecate into the photocopier," (Quelqu’un a même réussi le tour de force de déféquer dans le photocopieur) in Haaretz (6 Mai 2002).

[52] Justin Huggler, "Ten killed in Israëli air strike on home of Hamas chief," (Dix tués dans un raid aérien israélien contre le domicile d’un responsable du Hamas) in Independent (23 Juillet 2002). Uli Schmetzer, "Israëli strike kills at least 12 in Gaza," (Un raid israélien tue au moins douze Palestiniens à Gaza) in Chicago Tribune (23 Juillet 2002). Bradley Burston, "Background/Shehada `hit' sends shockwaves back to Israël," (Les frappes contre les Martyrs envoie des ondes de choc en retour jusqu’en Israël » in Haaretz (24 Juillet 2002) (dirigeant du parti Meretz). Akiva Eldar, "How to cease from a cease-fire," (Comment en finir avec un cessez-le-feu) in Haaretz (25 Juillet 2002). Gideon Samet, "It's a horror story, period," (C’est une question d’honneur. Point barre) in Haaretz (26 Juillet 2000). Graham Usher, "Sharon accused of shattering ceasefire," (Sharon accusé de rompre le cessez-le-feu) in Guardian (27 Juillet 2002). Akiva Eldar, "If there's smoke, there's no cease-fire," (Il n’y a pas de fumée avec un cessez-le-feu !) in Haaretz (30 Juillet 2002). "Letter for an American editor," in Haaretz (30 July 2002) (Texte d’un projet de déclaration publique.) Pour les aspects fondamentaux du contexte et des développements possibles, voir Mouin Rabbani et son analyse très brillante, comme il est de règle avec cet auteur : "The Costs of Chaos in Palestine," (Les coûts du chaos en Palestine) @ www.merip.org.

[[53] Amira Hass, "Making life difficult for the Palestinian peace camp," (Comment rendre la situation ingérable au camp de la paix palestinien) in Haaretz (14 Août 2002).

[54] Finkelstein, "Whither the `Peace Process'?" (Où est passé le «processus de paix» ?), p. 148.

[55] "Israël must end the hatred now," (Israël doit mettre fin à la haine. Maintenant) in Observer (15 Octobre 2000). Haroon Siddiqui, "Tutu likens Israëli actions to apartheid," (Monseigneur Desmond Tutu compare les agissements d’Israël à ceux de l’Afrique du Sud ségrégationniste), in Toronto Star (16 Mai 2002) (Brzezinski). Desmond Tutu, "Apartheid in the Holy Land," (L’Apartheid – en Terre sainte !) in Guardian (29 Avril 2002).

[56] Jonathan Steele, "The Bush doctrine makes nonsense of the UN charter," (La doctrine Bush ignore royalement la charte de l’ONU) in Guardian (6 Juin 2002) (atteinte morale). George Monbiot, "The logic of empire," in Guardian (5 Août 2002). Les Etats-Unis ont fait preuve d’une violence identique sur le front économique. Ainsi, Paul Krugman éditorialiste économique du New York Times, relève, par exemple, que les taxes imposées par l’administration Bush sur les aciers imposés « démontrent un mépris sans aucun précédent pour les lois contradictoires » ("America the Scofflaw" (L’Amérique, cette hors-la-loi) (24 May 2002).

[57] Sur les «Nouveaux Historiens», voir : I&R, chap. 3.

[58] "Many Israëlis content to see Palestinians go," (Nombreux sont les Israéliens à se réjouir de voir les Palestiniens partir) in Chicago Sun-Times (14 Mars 2002) (sondage de l’institut Jaffee).
Ari Shavit, "Waiting for the sign," in Haaretz (22 Mars 2002). Tom Segev, "A black flag hangs over the idea of transfer," (Un drapeau noir flotte au-dessus de l’idée de transfert) in Haaretz (5 Avril 2002). Gil Hoffman, "Fight on the right," (Bataille, à droite) in Jerusalem Post (10 Mai 2002). Lily Galili, "A Jewish demographic state," in Haaretz (28 Juin 2002). Boaz Evron, "Demography as the enemy of democracy," in Haaretz (11 Septembre 2002). Cypel Sylvain, "Benny Morris, le nouvel historien, a rejoint le consensus israelien," in Le Monde (30 Mai 2002) (cf. Baudoin Loos, "Interview with Benny Morris," @ http://msanews.mynet.net/Scholars/Loos/morris2001.html (25 Février 2001), "The Arabs Are Responsible," (La faute aux Arabes) in Yediot Ahronot (23 Novembre 2001), "The Arabs Are The Same Arabs," (Les Arabes restent des Arabes !) [voir Point d’Information Palestine N°208] in Between the Lines (Décembre 2001),
Benny Morris, "Peace? No chance," in Guardian (21 Février 2002)).
Pour la notion de «transfert» dans le discours politique israélien, depuis la fondation de l’Etat, voir Masalha.

[59] Yael Zerubavel, Recovered Roots (Racines retrouvées) (Chicago: 1995), p. 183; cf. p. 14. Teveth, Ben-Gurion, p. 36 (Le "miracle" de la Déclaration Balfour). Louis, British Empire, p. 487 (Le « miracle » de la Résolution de Partage de la Palestine); cf. pp. 395, 445, 460. James McDonald, My Mission to Israël (New York: 1952), p. 176 (1948 : une «simplification providentielle» ).

[60] "Hardball with Chris Matthews," Transcription (1er Mai 2002) @
http://www.adc.org/action/2002/02May2002.htm (Delay et Armey).
"Peace in the Middle East," Senate Floor Statement par le sénateur James M. Inhofe (Républicain, Oklahoma), @
http://inhofe.senate.gov/fl030402.html (4 Mars 2002).
Ali Abunimah, "The growing clamor for ethnic cleansing," (La clameur croissante en faveur de la purification ethnique) in Electronic Intifada (28 Août 2002) (Clinton). Ami Eden, "Top Lawyer Urges Death For Families of Bombers," (Un haut magistrat recommande la peine de mort pour les familles de kamikazes) in Forward (7 Juin 2002). Alan Dershowitz, "New response to Palestinian terrorism," in Jerusalem Post (11 Mars 2002). Alan Dershowitz, Shouting Fire (New York: 2002), p. 476-7.
Benny Morris, Israël's Border Wars, (Les guerres d’Israël pour ses frontières) 1949-1956 (Oxford: 1993), chap. 8 (massacre de Qibya).
Ritchie Ovendale, Britain, the United States and the Transfer of Power in the Middle East, 1945-1962 (La Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le transfert du pouvoir au Moyen-Orient : 1945-1962) (New York: 1996), p. 97 (Journaux américains).
Boris Shusteff, "The Logistics of Transfer" (3 Juillet 2002) @ www.gamla.org.il/english/article/2002/july/b1.htm see section "E. Israël's Actions in Yesha and the relocation itself")(voir la section E : Les actions d’Israël - Yesha et la réinstallation elle-même). Pour le recours du sionisme consensuel aux représailles terroristes durant les dernières années du mandat britannique, voir I&R, pp. 112-4, et Ben-Eliezer, Making, chap. 1-2.

[61] Voir : I& R, chap. 2.

[62] Les phrases citées et les informations relatives au projet d’un film proviennent de "The Rehabilitation of Joan Peters: Discredited Author Finds a New Audience," (La réhabilitation de Joan Peters : un auteur discrédité trouve un nouveau public) in The Rittenhouse Review (19 Juin 2002) @
http://rittenhouse.blogspot.com/2002_06_16_ritenhouse_archive.html. Pour le site ouèbe de Peters, voir http://www.israelunitycoalition.com/Speakers_Bureau/j_peters.htm.
Pour la propagation du mythe de Peters par les organisations sionistes canadiennes, voir Myron Love, "Arab journalist puts lie to Palestinian claims," (Un journaliste arabe dément les allégations palestiniennes) in Canadian Jewish News (21 February 2002).

[63] "Sharon's plan is to drive Palestinians across the Jordan," (Le plan de Sharon est d’expulser les Palestiniens par-delà le Jourdain) in Sunday Telegraph, 28 Avril 2002 (Creveld). Menachem Shalev, "Netanyahu recommends l

[64] Boas Evron, Jewish State Or Israëli Nation? (Etat Juif, ou Nation israélienne ?) (Bloomington, IN: 1995), pp. 169, 237. Sternhell, Founding Myths, p. 331. Martin van Creveld, The Sword and the Olive (Le sabre et l’olivier) (New York: 1998), pp. 123-5, 154.

[65] Zeev Sternhell, "Balata has fallen," (Balata est tombé) in Haaretz (8 Mars 2002).

[66] Cohen, Palestine, pp. 247, 249. Lewis, British Empire, pp. 467, 476.

[67] Cohen, Palestine, pp. 69, 79, 90-1, 230, 238-9. Pour discussion plus approfondie, notamment le soutien des Juifs américains à la campagne de terreur sioniste, voir David Hirst, The Gun and the Olive Branch (London: 1977), pp. 108-123.

[68] Crossman, Palestine, pp. 129, 169-70, 178-81.

[69] Cohen, Palestine, p. 239, 245 (éditorial du Times).

[70] van Creveld, Sword, pp. 57-61.

[71] van Creveld, Sword, pp. 361-2.

[72] Edward Said, "A New Current in Palestine," in The Nation (4 Février 2002).

[73] Pour plus de détails sur le mouvement des refuseniks et des dissidents israéliens, voir Roane Carey et Jonathan Shainin (ed.), The Other Israël (L’Autre Israël) (New York: 2002).

[74] Janine Zacharia, "Poll shows Americans' support for Israël in decline," (Un sondage montre un déclin du soutien américain à Israël) in Jerusalem Post (13 Juin 2002).

[75] Alisa Solomon, "Stop American Billions for Jewish Bombs," (Arrêtez les milliards de dollars américains qui financent les bombes juives » in Village Voice (26 Décembre 2001). Liza Featherstone, "The Mideast War Breaks Out On Campus," (‘La guerre au Moyen-Orient éclate en plein campus’), in Nation (17 Juin 2002).

[76] Desmond Tutu, "Build moral pressure to end the occupation," (Il faut faire monter la pression morale pour qu’un terme soit mis à l’occupation) in International Herald Tribune (14 Juin 2002), voir aussi : Desmond Tutu et Ian Urbina, "Against Israëli Apartheid," (Contre l’apartheid israélien) in Nation (15 Juillet 2002).

[77] Evron, Jewish State, p. 96 (Tal). Nicholas Watt, "MP accuses Sharon of `barbarism,'" (Un député accuse Sharon de « barbarie ») in Guardian (17 Avril 2002).

[78] Robert Fisk, "There is a firestorm coming, and it is being provoked by Mr Bush," « Un ouragan de feu est annoncé. C’est M. Bush qui en est la cause) in Independent (25 Mai 2002).

Source : http://www.normanfinkelstein.com.

Traduction : Norman Finkelstein

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