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Palestine - ISM France

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Monde -

Arrêtons le KKL/FNJ ! Halte à l’éco-blanchiment de l’apartheid

Par

Le KKL, aussi appelé Fond national Juif (FNJ) [1] a été un instrument du nettoyage ethnique [2] de la Palestine dans la Nakba de 1948, et il continue de jouer un rôle central dans le maintien du régime d’apartheid d’Israël [3].

Le FNJ a fourni un soutien politique, financier et des renseignements [4] aux forces sionistes dans leurs conquêtes, massacres et opérations de nettoyage ethnique qui ont caractérisé la guerre de 1948-49 et la Nakba palestinienne.

Aujourd’hui, le FNJ contrôle de vastes propriétés appartenant à des millions de Palestiniens, et les développe exclusivement pour des personnes de ‘nationalité juive’, un concept établi et promu dans la charte du FNJ pour exclure tous les autres.

Le FNJ a été créé en 1901 pour acquérir des terres et des titres de propriété en Palestine et au delà pour une colonisation exclusivement juive. Tandis que les Palestiniens d’origine sont interdits de louer [5], de construire sur, de gérer ou de travailler leurs propres terres, le FNJ administre cette terre pour « ceux de race ou de descendance juive » vivant partout dans le monde, pour « promouvoir les intérêts des Juifs dans la région indiquée » [6].

Pour assurer un tel contrôle raciste sur la majorité des terres palestiniennes confisquées, le modèle de gestion discriminatoire du FNJ fut adopté comme politique d’Etat officielle. En 1953, le parlement israélien conféra un statut spécial à l’institution privée KKL/FNJ, lui conférant des fonctions gouvernementales en tant qu’institution sioniste (« pour Juifs seulement »). Le FNJ continue d’opérer comme une institution paragouvernementale [7] israélienne avec un contrôle direct de 13% des terres d’Israël avant 1967. En plus, le KKL/FNJ nomme six des treize administrateurs de l’Autorité des Terres d’Israël (ILA) qui gère 80% des terres d’Israël en plus des 13% du FNJ. C’est par cette relation avec le FNJ qu’Israël, tout en se dépeignant comme ‘seule démocratie du Moyen-Orient’, externalise le rôle de la gestion des terres de l’Etat à cette organisation discriminatoire paragouvernementale.

Après la Nakba de 1948 et l’expulsion des deux tiers de la population palestinienne de leurs foyers, le FNJ a été requalifié comme organisation plantant des forêts et soucieuse d’environnement. Les forêts, parcs et zones de loisirs du FNJ, plantées et construites sur les ruines de centaines de villages palestiniens détruits et vidés, ont servi à cacher aux yeux du public les efforts permanents par Israël pour effacer les traces du nettoyage ethnique de la Palestine. Ainsi le FNJ est-il fondamentalement complice du refus du droit des Palestiniens au retour, aux restitutions et compensations, et dans le recyclage écolo du régime israélien d’apartheid, de colonisation et d’occupation.

Photo

Documentation statistique établie par le KKL (Fonds national juif).
L’organisation présente ici son bilan en termes d’acquisitions de terres, de créations de colonies agricoles (222 ont été créées pour 100.000 habitants) et de plantations d’arbres. Depuis le début du siècle, après trois nouvelles vagues d’immigration (1919-1923, 1924-1928, 1929-1939), la population juive est passée de 56.000 personnes en 1918 à 550.000 en 1945.
Archives du ministère des Affaires étrangères, Levant après 1944, Généralités, carton 22


Les activités du FNJ ne se limitent pas à la portion de Palestine mandataire devenue Israël en 1948. Par exemple le ‘Parc Canada’ du FNJ recouvre les restes des villages d’Emmaüs, de Yalo et de Beit Nuba vidés et rasés par l’armée israélienne en 1967 sur ordre du Chef d’Etat Major de l’époque, Yitzhak Rabin. En plus, par sa filiale Hemnuta, le FNJ acquiert illégalement des terres et des maisons en Cisjordanie occupée, en particulier dans Jérusalem occupée.

Aujourd’hui, les projets de déplacement et d’afforestation continuent, surtout dans le Naqab (Néguev) en en Galilée. Dans ces régions, des projets de ‘développement’ où le FNJ joue un rôle central visent à déplacer de force des citoyens Palestiniens d’Israël pour laisser la place à des colonies exclusivement juives et à des parcs et forêts du FNJ.

Le FNJ continue de servir de fonds mondial pour la colonisation et l’apartheid. Malgré son rôle central dans des crimes de guerre et contre l’humanité et son statut d’agent de l’Etat d’Israël, le KKL/FNJ et ses succursales bénéficient d’un statut de bienfaisance ou d’utilité publique dans plus de 50 pays. Ces agences du KKL fournissent aussi le soutien politique requis pour rendre acceptable et promouvoir l’apartheid israélien, une tâche grandement facilitée par des personnalités politiques, économiques et culturelles qui cautionnent le FNJ dans différents pays.

En tant que parties du mouvement mondial pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions jusqu’à ce qu’Israël se plie à la loi internationale, nous, organisations soussignées, appelons la société civile mondiale à nous rejoindre pour une campagne pour contester le KKL/FNJ en :

- documentant et dénonçant le rôle du FNJ dans le nettoyage ethnique de la Palestine ;
- protestant et perturbant les activités de levées de fonds du KKL/FNJ autour du monde ;
- nous opposant à agissant pour abolir le statut caritatif et les détaxations des agences du FNJ en Europe, aux Amériques, en Océanie, en Océanie et en Afrique ;
- condamnant les activités du FNJ par des tribunaux populaires et des commissions de la vérité;
soutenant les organisations palestiniennes et israéliennes qui résistent au déplacement forcé des Palestiniens du Naqab (Néguev) en de Galilée ; et
- en pressant les associations qui collaborent avec le FNJ, surtout celles ayant des vocations écologiques et antiracistes, à rompre tout lien avec le FNJ
.
_______

[1] En hébreu, Keren Kayemet L’Yisrael (KKL) [littéralement, le ‘fond perpétuel pour Israël’]. Dans certains pays, les organisations affiliées utilisent le sigle KKL au lieu de FNJ.
[2] Nettoyage ethnique par expulsion, massacre et transfert de populations et autres graves violations et crimes définis par les conventions de Genève (1949), par la charte du Tribunal Militaire International de Nuremberg (1945) et par le Statut de Rome sur la Cour Criminelle Internationale (1998).
[3] Le terme apartheid se réfère au crime défini par l’article 2 de la Convention internationale sur la Suppression et la punition du crime d’apartheid et l’article 7 du Statut de Rome de la Cour Criminelle Internationale.
[4] Le FNJ a joué un rôle important dans la préparation des “Dossiers sur les villages” utilisés comme sources de référence par les forces sionistes pour planifier et exécuter l’expulsion et la destruction des communautés palestiniennes pendant la Nakba de 1948 (voir Ilan Pappe, Le nettoyage ethnique de la Palestine, pp. 17-22).
[5] Avec l’exception mineure de locations allant jusqu’à 3 ans (comparées aux locations de 49 ans accordées aux citoyens juifs d’Israël).
[6] Mémorandum d’Association du Fond national juif (1907).
[7] Les organisations sous convention d’Etat ou para-étatiques sont des organisations privées qui par un accord légal formel participent aux fonctions de l’Etat.

Source : BDS Movement

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26 janvier 2011