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Palestine - ISM France

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Liban -

Lettre d'information n° 48 de l'AFCGK

Par

> celwan44@wanadoo.fr

"Désastre humain" à Nahr Al Bared -
Les étranges combattants du Fatah al-Islam -
Heurts aux abords du camp de Nahr al Bared au Liban

"Désastre humain" à Nahr Al Bared (El Watan Maroc - 26 Mai 2007)

"Ils nous ont dit : parlez de nous, ne nous oubliez pas. Il y a non-assistance à peuple en danger. On va le payer très cher".

Cinq Français, membres de l’Association de Jumelage Palestine France (AJPF), ont témoigné jeudi devant la presse française et étrangère de la "situation révoltante" des réfugiés du camp de Nahr Al Bared, au Liban.

Fernand Tuil, président de l’AJPF, Mohamed Medjadi, Frank Surreau, Vincent Gautteron et Sabrina Loumin, sont sortis, sains et saufs, du camp le 22 mai "grâce à la mobilisation des militants palestiniens, notamment du FPLP présent dans le camp, de l’ambassade de France au Liban et de l’UNRWA", ont-ils précisé.

"Les Palestiniens qui nous ont accueillis ont organisé notre protection jusqu’à notre sortie du camp à la faveur d’un cessez-le-feu. Nous avons mesuré les conditions dramatiques dans lesquelles ils vivent. Ils n’ont rien à voir avec le groupuscule Fatah El Islam."

"Ils n’ont ni eau, ni électricité, plus de vivres", raconte Sabrina Loumin, élue de Mitry Morin (région parisienne).
"On se sentait coupables de ne pouvoir rien faire, coupables de non-assistance à personnes en danger", ajoute Mohamed Medjadi. "Ceux qui nous ont fait sortir ont pris le risque de représailles", "les réfugiés sont victimes d’une situation dont ils ne sont pas responsables", ajoute Franck Surreau.

Les témoins racontent que deux roquettes ont explosé dans la pièce où ils se trouvaient, ils n’ont rien pu voir des combats qui se déroulaient sur les toits, car il ne fallait pas que le groupe armé soupçonnât leur présence.
"Ce groupe lourdement armé et disposant de beaucoup d’argent a essayé de s’installer dans le camp de Beddaoui d’où il a été chassé." Il semblerait que plusieurs de ses membres ne sont pas Palestiniens.

"Les Palestiniens mènent une bataille politique pour que ces groupuscules n’aient pas de prise dans les camps et pour qu’ils ne réussissent pas à entraîner des jeunes dans leur sillage", ont encore signalé les membres de l’association de l’AJPF.

"Il ne faut pas qu’on fasse d’amalgame", a insisté Fernand Tuil.
"Comment des groupes armés ont pu pénétrer dans le camp malgré les différents points de contrôle et barrages tenus par l’armée libanaise ?", s’est demandé le président de l’AJPF.

Et il ajoute, au nom de l’AJPF, qu’"un véritable désastre humain, politique et social est en cours. La gravité de la situation et le sentiment de révolte qu’elle provoque nécessitent de faire beaucoup plus pour éviter le développement du radicalisme dans ses pires formes. Celui-ci fait courir le risque d’enfermer et de prendre en otages l’ensemble des réfugiés palestiniens et ainsi de justifier aux yeux du monde leur isolement".



Les étranges combattants du Fatah al-Islam (AFP - 26 Mai 2007)

Avec leurs longues barbes, leurs armes étranges, leurs motos et leurs tenues venues d'ailleurs, les membres du Fatah al-Islam, bien avant les affrontements meurtriers avec l'armée libanaise, intriguaient et effrayaient les habitants du camp palestinien de Nahr al-Bared.

Réfugiés, pour fuir les combats, dans le camp voisin de Baddaoui, dans la banlieue de Tripoli (nord), ils décrivent des combattants islamistes secrets, sombres, repliés sur eux-mêmes et, bien que ne travaillant pas, dotés de moyens financiers hors du commun dans un environnement aussi pauvre.Ahmad Yacine, un père de famille de 45 ans hébergé comme des centaines d'autres dans une école, assure qu'ils "restaient dans leur coin, à la lisière nord du camp. Ils parlaient peu, lisaient le Coran. Nous hésitions à leur parler".

Ils ont, selon lui, à partir de l'automne 2006, payé rubis sur l'ongle des maisons, des appartements et des terrains dans un quartier excentré, proche de vergers et de la plage."Ils n'ont pas établi de barrages mais faisaient des patrouilles à pied. Ils portaient des armes neuves, pas communes (...) Des kalachnikovs, mais aussi de petits M16, des fusils belges très chers ou de drôles de lance-roquettes".

Les témoignages recueillis vendredi par l'AFP à Baddaoui, en des lieux et des moments différents, concordent pour décrire des homme vêtus de longues tuniques, à la mode pakistanaise, portant cheveux et barbes longs, le visage souvent masqué.
A deux sur de petites motos, ils se déplacent à toute allure dans les ruelles du camp.

Ahmad Abdallah, 31 ans, raconte que "leurs femmes sont entièrement voilées, avec des gants noirs. Ils placent des couvertures sur les fenêtres pour qu'on ne puisse jamais les voir. Les enfants ne vont pas à l'école".

Selon lui, les services de renseignements de l'armée libanaise, qui contrôlent étroitement les camps palestiniens, "savaient très bien qui ils étaient et où ils étaient. Pendant des mois, ils sont entrés et sortis sans souci.
Et puis, à partir de février, on a su que les choses allaient mal tourner parce que l'armée s'est renforcée et que les gars du Fatah al-Islam ne sortaient presque plus de leur quartier et construisaient des fortifications
".

Ali Khatib, 45 ans, a remarqué que "s'il ne travaillent pas, ils ont beaucoup d'argent: ils achètent sans négocier. La viande par vingt kilos, des poulets, des 4x4. Pour l'Aïd, ils ont sacrifié plusieurs moutons et en ont offert à tout leur voisinage. Nous, on a dû se grouper à trois familles pour en acheter un".

Les choses ont commencé à se gâter quand des islamistes ont commencé à prendre à partie les consommateurs de bière ou les filles pas assez couvertes, ajoute Ali.

"Un jour, ils ont enlevé un gars qui avait juré, l'ont emmené chez eux, tabassé puis relâché. Il est revenu, armé, avec ses frères et ses cousins. Cela a provoqué une fusillade qui a entraîné la fermeture des écoles pendant deux jours".

Selon ces témoignages, Fatah al-Islam s'est installé à la périphérie de Nahr al-Bared pour éviter la confrontation avec les autres milices palestiniennes.

"Dans le centre du camp, cela n'aurait pas été permis par le Fatah de (Yasser) Arafat ou le Hamas", les deux principaux mouvements palestiniens, affirme Shawki al-Hajj, 40 ans.

"Mais même peu nombreux, ils font peur à tout le monde. Il y a des Palestiniens mais aussi pas mal d'étrangers: des Saoudiens, des Yéménites. Des gars qui ont combattu les Américains en Irak. C'est autre chose que les chabeb du Fatah qui ont des kalach' mais n'ont jamais rien fait d'autre que garder les portes du camp ou tirer en l'air".


Heurts aux abords du camp de Nahr al Bared au Liban (Reuters - 27 Mai 2007)

Des heurts ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche entre des soldats libanais et des activistes du Fatah al Islam aux abords du camp de réfugiés palestiniens de Nahr al Bared.

Des tirs d'artillerie, de mitrailleuse, d'obus de mortier et de grenade ont retenti par intermittence dans la nuit.Ces nouveaux heurts sont survenus quelques heures après la diffusion d'une vidéo sur la chaîne de télévision Al Djazira, dans laquelle le chef du groupe radical Fatah al Islam, Chaker al Abssi, prévient "les gardiens du projet américain" que "les sunnites seront les chefs de file de la lutte contre les juifs, les Américains et leurs affidés".

Une trêve précaire conclue entre les protagonistes tient depuis mardi dans le camp. Les combats à Nahr al Bared, les pires violences interlibanaises depuis la guerre civile de 1975-90, ont tué au moins 78 personnes - 33 soldats, 27 activistes et 18 civils.



Soutien aux Palestiniens du Liban

La Fondation Culturelle Ghassan Kanafani est une ONG libanaise qui se consacre à la publication de l’œuvre de Ghassan Kanafani, célèbre écrivain palestinien.

La Fondation crée et dirige des jardins d’enfants et des centres d’adaptation pour enfants handicapés ainsi que des bibliothèques et des centres d’art, vise à favoriser l’intégration des enfants handicapés avec les autres enfants, participe à la formation du personnel enseignant et technique et à la promotion d'activités sociales et culturelles.

L'association "Les Amis de la Fondation Culturelle Ghassan Kanafani" (AFCGK) a pour but de soutenir financièrement et matériellement cette Fondation, de la faire connaître et de participer à ses activités.

Si vous désirez les aider, rien de plus simple adressez un chèque à :
Association Les Amis de la Fondation Culturelle Ghassan Kanafani , 1 avenue Saint-Thomas
44100 Nantes.

Vous pouvez vous reporter à leur site actualisé sur http://fcgk44.free.fr


contact : celwan44@wanadoo.fr

Source : Les Amis de la Fondation Culturelle Ghassan Kanafani

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