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Palestine - ISM France

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Palestine -

Prisonniers palestiniens et arabes dans les prisons de l'occupation

Par

Rapports de Nadi al-asir al-filistini et de Ansar el-sageen

Il y a un an, les prisonniers palestiniens et arabes dans les prisons de l'occupation sioniste entamaient une grève générale de la faim pour protester contre leurs conditions de détention.
Cette grève, qu'ils avaient voulue illimitée, fut stoppée après une quarantaine de jours, selon les prisons, suite à d'énormes pressions, mais après l'obtention de promesses de la direction des prisons, d'améliorer les conditions de détention.

Au fur et à mesure que le temps passait, les promesses faites se sont dévoilées être de grossiers mensonges, l'administration pénitentiaire israélienne calquant de plus en plus son attitude sur d'une part, l'attitude des politiques et militaires israéliens, dont le durcissement de ton et d'actes n'est pas à démontrer, et d'autre part, sur les administrations pénitentiaires amies, celles des US, à Guantanamo et en Irak.

Un an après, nous voulons saluer le courage et l'abnégation de tous ces prisonniers, palestiniens et arabes, qui se sont levés pour dire non à un fascisme raciste des plus implacables dans ce monde, car leur lutte contre l'occupation arrogante et l'arbitraire colonialiste est une étape importante dans la longue marche des prisonniers et du peuple palestinien, dans son ensemble, pour la libération de l'épicentre du monde arabe, la Palestine.

L'importance de la question des prisonniers palestiniens et arabes est cruciale.
C'est ce que montre la dernière information à ce propos :

Le ministre palestinien des affaires étrangères, Naser Qudwa, a été obligé d'annuler une conférence de presse dans le centre Rashad al-Shawa, à Gaza, lorsque les parents des prisonniers sont intervenus dans la salle réclamant la libération de leurs enfants, fils, filles, pères et mères, des prisons sionistes.
Les mères des prisonniers ont manifesté leur insatisfaction des efforts faits par l'Autorité Palestinienne envers la question des prisonniers, indiquant qu'aucun responsable palestinien n'a porté une attention digne à ce dossier.

Les mères des prisonniers se sont demandés comment elles pouvaient être joyeuses par l'évacuation des colonies alors que leurs enfants et parents sont toujours en prison ?

Les mères se sont exprimées devant les médias affirmant qu'elles regrettaient d'avoir voté pour Mahmoud Abbas et son équipe, car ils n'ont rien fait du programme annoncé lors des élections, la priorité ayant été accordée à la libération de tous les prisonniers palestiniens et arabes.


Les prisonniers de la prison de Damoun se sont plaints à l'avocat de Nadi al-asir, Raed Mahamid qui les a visités, qu'un des pans du mur de la prison est tombé, dans la section 3, occasionnant une panique parmi les prisonniers, à cause de l'état de délabrement du bâtiment.

Le prisonnier Raed Bani Awda de Jénine a expliqué que des morceaux des plafonds tombent de temps à autre, à cause de l'humidité.

La prison a été fermée en 1998 à cause de son état mais l'administration des prisons l'a réouverte en l'état avec l'accroissement du nombre des arrestations aveugles. 240 prisonniers sont détenus dans cette prison qui risque de s'effondrer sur eux d'un jour à l'autre.

Les canalisations d'eau sont sales et anciennes, l'eau qui y sort est colorée, avec des vers et des cafards. Les cellules de la prison sont humides, la poussière tombe du plafond et s'entasse sur les murs. Dans chaque cellule, 12 prisonniers sont entassés, alors qu'elles sont prévues pour 8.

D'autre part, l'avocat Muhannad Kharaz a dénoncé les agressions immorales que les soldats et les instructeurs de la Shabak mènent contre les prisonniers de Salem.

Les prisonniers qui ont été agressés sont:

Fadi Mustafa Nafe', de Burqin, 18 ans. Il a été convoqué le 13 août aux pièces des interrogatoires, les soldats l'ont agressé, alors qu'il avait les yeux bandés et les mains menottées, il a été frappé sur les parties sensibles de son corps et jeté par terre. Il a actuellement des difficultés à bouger et à s'habiller.

Abdel Hadi Murtada Nafe', de Burqin, qui a été frappé après l'interrogatoire, l'instructeur a essayé de lui êter ses vêtements, en l'insultant grossièrement.

L'avocat a rapporté également que les prisonniers de Salem souffrent de la chaleur dans les cellules surpeuplées, qui ne sont pas aérées.



Le prisonnier Murad Abu Sukut : de plus en plus malade

Le prisonnier Murad Abu Sukut a récemment vu son état de santé se détériorer brusquement. Atteint d'un cancer à la poitrine, l'administration pénitentiaire a refusé sa mise en liberté demandée par Nadi al-asir et le ministère palestinien aux affaires des prisonniers.

Depuis, il a été atteint d'un grossissement du foie, mais la direction pénitentiaire néglige sciemment son état de santé. Il a même été puni récemment. Le droit de visite parental lui a été refusé pour une période de deux mois, mesure allant jusqu'au 20 septembre prochain.



Dans la prison de Nafha, les prisonniers se sont plaints à l'avocat Fawaz Shaloudi qui a fait une visite que leur situation s'est encore aggravée par les mesures suivantes :

- Des raids réguliers sont opérés en pleine nuit dans les cellules soit-disant pour rechercher les téléphones portables.

- Des rackets financiers (amendes) sont prélevées sur les sommes d'argent reçues par les prisonniers, et souvent, de façon collective.
Au cours de ces deux derniers mois, l'argent prélevé sous cette forme est d'un montant de 37.000 shekels.

- Les objets personnels, alimentaires, sont volés régulièrement lorsqu'ils sont déposés dans les cuisines régis par des prisonniers israéliens de droit commun.

- les prisonniers sont privés de pratiquer du sport sous prétexte que les prisonniers se font mal les uns les autres lors du sport.

- La négligence médicale se poursuit envers les prisonniers malades dont l'état nécessite des soins urgents.



La situation des prisonniers isolés dans Beer Sabaa

Les prisonniers isolés dans la prison de Beer Sabaa ont envoyé un message à Nadi al-asir al-Filistini disant que les prisonniers israéliens de droit commun menacent de les brûler en leur lançant de l'huile brûlante et que leur vie est menacée dans la section de l'isolement à cause des nombreuses provocations et menaces de la part des prisonniers de droit commun.

Les prisonniers isolés ont fait état des dures conditions de détention, certains d'entre eux sont isolés depuis plus de quatre ans au cours desquels leur état de santé s'est détérioré.

Les prisonniers isolés sont

- Mousa Doudin
- Muhammad Jabir Abdo
- Abdallah Barghouty
- Jamal Abul Hayja'
- Hassan Salameh
- Mahmoud Issa
- Ahmad al-Moghraby
- Mazen Malsa

4 prisonniers qui étaient isolés ont été retournés vers les cellules collectives :

- Ahmad Shukri
- Hani Jaber
- Muhammad Rashq
- Nizar Ramadan.


De son cêté, le plus ancien détenu jordanien, Sultan Ajlouni, qui est condamné à 23 ans de prison, a lancé un appel aux parlementaires jordaniens et aux associations civiles, à la presse lire, et aux écrivains nationaux en Jordanie d'intensifier la campagne exigeant la libération de tous les prisonniers jordaniens dans les prisons israéliennes.

Sultan Ajlouni a rapporté à son avocat de Nadi al-asir, qui l'a visité dans la prison de Haddarim, que la situation des prisonniers jordaniens, qui sont au nombre de 46, est très dure, et leur avenir dépend d'une position politique et de l'intervention du gouvernement jordanien. Il considère qu'ils ont le droit de réclamer leur libération immédiate et sans condition, puisqu'il y a eu une décision précedente de libération de tous les prisonniers.

Dans la prison de Moskobiyya, la police a sauvagement agessé le prisonnier Ramzi Jihad Awda al-Khatib, 24 ans, de la ville d'al-Khalil, et détenu dans la prison de Moskobiyya depuis le 10 juillet 2005.

Trois membres de la police ont ouvert la porte de la cellule et se sont mis à le frapper, avec leurs mains et leurs pieds, avec des chaînes en fer, sur tout son corps. Il a été ensuite tiré de sa cellule sur plus de 100 mètres, les mains menottées, les yeux bandés, et l'ont posé devant l'officier instructeur qui lui a donné aussi plusieurs coups de boxe sur le visage.

Le prisonnier a demandé à l'avocat Fahmi al-Awiwi de porter plainte en son nom contre ses agresseurs.



4 prisonniers mineurs du centre de détention de Qaddoumim agressés

Les soldats de l'occupation ont sauvagement frappé quatre jeunes prisonniers du village de Deir Ballout, après qu'ils leur ont fait subir le shabeh pendant toute la nuit, en leur interdisant de se rendre aux toilettes sauf menottés.

C'est ce que rapporte l'association Ansar el-sageen, ajoutant que les soldats ont utilisé des serviettes personnelles des prisonniers, offertes par des associations humanitaires, pour les provoquer.

Les prisonniers de la prison de Qaddoumim se plaignent des conditions de détention et des comportements de l'administration pénitentiaire qui refuse de leur fournir des produits d'entretien pour nettoyer les cellules, qui sont devenues les lieux de vie des cafards et d'autres insectes.

Les cellules sont surpeuplées et mal aérées, et les prisonniers suffoquent à cause de la chaleur.

Les prisonniers ont considéré que la négligence médicale affichée par l'administration est un signe qu'elle souhaite la mort des prisonniers, comme cela a été le cas récemment pour le prisonnier martyr Jawad Abu Mghaysib.

Les prisonniers ont affirmé que les soldats les provoquent sans cesse, ils ont interdit à un groupe de prisonniers de se vêtir et de prendre leurs petits déjeuners, sous prétexte qu'ils vont les emmener au tribunal de Salem.

L'avocat de l'association ansar el-sageen, Fayez Zarba, a pu rencontrer les prisonniers Majdi Mahmoud Yahya et Samer Daabas de Tulkarm, ainsi que Ahmad Ahed Muhammad Jababira, de Kfar Abboush, et Nasir Jara'ra, de Asira Shamaliya, ainsi que Adnan Abu Safya de Tulkarm. Plusieurs prisonniers se sont plaints du mal de dos.

L'association a lancé un appel aux organisations humanitaires internationales leur demandant une intervention rapide pour mettre fin aux violations constantes des traités internationaux par l'occupation israélienne.



Détérioration des conditions de détention dans les prisons de Beer Sabaa et Gilboa

Les avocats de Nadi al-asir, Fawaz Shaloudi et Raed Mahamid ont lancé un appel pour réclamer une amélioration des conditions de détention dans les prisons qu'ils ont récemment visitées.
Les prisonniers de Beer Sabaa, Ohali Kedar, se sont plaints du manque de vêtements, plusieurs prisonniers en avaient reçus de leurs parents, mais l'administration pénitentiaire a refusé de les remettre aux prisonniers.

Après leur transfert du centre de détention lorsqu'ils ont été condamnés, les prisonniers ne reçoivent aucun vêtement, et sont obligés de garder les leurs pendant une très longue période.
Bien que l'administration de la prison demande aux prisonniers d'écrire des lettres à leurs parents pour leur demander ce dont ils ont besoin, elle refuse cependant de laisser entrer les vêtements.

Les prisonniers se sont également plaints des fouilles humiliantes qu'ils subissent et que leurs parents subissent lorsque ces derniers viennent les visiter : les parents sont obligés d'attendre de longues heures, provoqués par les soldats gardiens.
Les prisonniers sont rackettés et punis pour les moindres motifs, les punitions pouvant être l'interdiction de visite ou la mise en isolement.


Dans la prison de Gilboa, les prisonniers se sont plaints de l'intervention de la brigade Nakhshon dont les provocations sont incessantes, surtout lorsqu'il s'agit de transférer les prisonniers vers les tribunaux.
Les membres de cette brigade, constituée spécialement pour les prisons, battent les prisonniers qui ont les pieds et les mains attachés.

Plusieurs prisonniers sont interdits de visite, ils ne peuvent contacter leurs familles, et les prisonniers achètent eux-mêmes leurs repas dans les cantines à cause de la mauvaise qualité des repas donnés dans la prison. Les prisonniers se plaignent de l'instabilité à cause des fréquents déplacements et transferts des prisonniers.



Les prisonniers malades sont maltraités

L'avocat de Nadi al-asir Hanane al-Khatib a entrepris une visite à l'hêpital de la rison Ramleh, où elle a vu les prisonniers hospitalisés. Parmi eux, le prisonnier Murad Abu Sakut, atteint de
cancer à la poitrine, dont l'état de santé s'est gravement détérioré.

Plusieurs prisonniers malades ont témoigné à l'avocat avoir été torturés lors de leur arrestation et des interrogatoires subis.

Parmi eux :

Alaa Dine Talal Hassouna, 22 ans, de la ville d'al-Khalil, qui a été arrêté le 19 ocotbre 2004. Il souffre du coeur. Il a témoigné avoir été maltraité lors des interrogatoires.
Il a subi le shabeh, il a été insulté, frappé au visage, ce qui a accentué sa maladie, et les cellules dans lesquelles il s'est retrouvé étaient très malsaines pour son état.
Il a déclaré qu'il n'a pas été soigné tout au long des interrogatoires, bien qu'ils aient un rapport médical sur lui.

Suite à la détérioration de son état, il a transféré à l'hêpital Soroka, dans le Naqab, le médecin lui a annoncé qu'il a les artères bouchées et qu'il est nécessaire de mener une intervention chirurgicale.

Ensuite, la direction de l'hêpital lui a déclaré qu'il ne pouvait rester à l'hêpital de crainte que des enfants le voient, car il était enchaîné et gardé par des policiers.

Le prisonnier souffre toujours d'insuffisance respiratoire, et il dit : "tous les jours, ils m'amènent un nouveau traitement, comme si j'étais un rat de laboratoire".


Raed Sulayman Hijawi, 25 ans, de Jénine, arrêté le 18 juin 2005.
Il a été arrêté alors qu'il était blessé à la jambe. Il a été interrogé dans la prison de Jalama. Il a été torturé par le shabeh sur une chaise, les mains et les pieds attachés, ce qui a accentué son
mal.

Il déclare que lors des interrogatoires, il a été frappé sur sa jambe blessée et à la tête, il a été gravement insulté.

Lors des interrogatoires, "ils ont mis un ventilateur froid ce qui a provoqué des douleurs atroces à sa jambe". Ils lui ont interdit de se laver pendant deux semaines.
Actuellement, à l'hêpital, il ne peut contacter sa famille ni recevoir de visites.


Isma'il Mustafa Ibrahim Abu Shaduf, 22 ans, de Jénine, arrêté le 3 janvier 2004. Il a été condamné à 28 ans de prison. Il a des problèmes d'artères.

Il témoigne avoir été frappé lors de son arrestation, avec les crosses des fusils. Il a été torturé dans la prison de Jalama, avec le shabeh et le serrement de ses liens très forts aux poignets et
aux pieds, pendant plusieurs jours.

Il dit : "Ils ont essayé de me briser le dos, en me mettant dans la position de la banane, j'ai subi le shabeh sur une petite chaise, ils faisaient pression sur moi, ramenaient mon dos en arrière, ce qui a provoqué de fortes douleurs.

Ce sont des méthodes interdites par les lois internationales".


Le prisonnier Rasem Abdel Rahmane Hamamira, 22 ans, du village de Housan dans la province de Bethlehem, a été condamné à dix années de prison supplémentaires , alors qu'il avait une condamnation de 20 ans.
Il avait été arrêté le 26 mars 2001.

Le prisonnier est malade et souffre des reins. Il a été plusieurs fois hospitalisé et son cas nécessite une intervention chirurgicale.
Il est actuellement détenu dans la prison de Nafha.



L'épouse d'un prisonnier arrêtée

Les forces de l'occupation ont arrêté le 10 août Haya Muhammad Khadr Houshiye, 25 ans, de Bethlehem, et l'ont emmenée à la prison de Moskobiyya. Haya est l'épouse du prisonnier Ayed Houshieh, 33 ans, arrêté le 25 juillet 2005 et subissant un interrogatoire intense dans la prison de Moskobiyya pour appartenance au FPLP.

Haya a été ensuite libérée mais le fait de la faire arrêter et de l'emmener à la prison sont un moyen de pression sur son mari.
Elle a été gardée 8 heures, et a été photopgraphiée en position de shabeh, les mains menottées.

Les avocats ne peuvent rendre visite à Ayed, sous le prétexte qu'il subi un interrogatoire militaire.

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Nadi al-Asir

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17 août 2005