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Palestine - ISM France

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Hébron -

Rapport de Nadi al-Asir - Al-Khalil du 5 janvier 2004

Par

Rapport établi par Amjad An-Najjar, directeur de Nadi al-Asir al-Filistini (Club des prisonniers palestiniens), province d'al-Khalil

Au cours de l'Intifada al-Aqsa, les Forces d'Occupation Israélienne ont arrêté près de 5 000 personnes de la province d'al-Khalil, et au 30 décembre 2003, il reste en prison près de 1 800 prisonniers et 19 prisonnières, répartis sur douze prisons, casernes et centres de détention et d'arrestation.

Au cours de l'Intifada al-Aqsa, les Forces d'Occupation Israélienne ont arrêté près de 5 000 personnes de la province d'al-Khalil, et au 30 décembre 2003, il reste en prison près de 1 800 prisonniers et 19 prisonnières, répartis sur douze prisons, casernes et centres de détention et d'arrestation.

Avant le déclenchement de l'Intifada al-Aqsa le 28 septembre 2000, les prisonniers de la province d'al-Khalil qui sont enfermés dans les prisons israéliennes s'élevaient à 340 prisonniers.

Parmi les 1800 prisonniers, se trouvent actuellement :
• 187 prisonniers administratifs
• 19 prisonnières
• 115 prisonniers malades et blessés
• 190 enfants mineurs, de moins de 18 ans
• 340 prisonniers d'avant l'Intifada al-Aqsa
• 60 prisonniers très âgés
• 20 prisonniers faisant partie de la direction
• 89 prisonniers jugés à perpétruité
• 28 prisonniers ayant passé plus de 10 ans en prison.


La politique des arrestations

Les arrestations dans la province d'al-Khalil sont menées de façon arbitraire et massive, sans distinction entre petit et grand, entre femme et homme.

Les attaques contre les maisons, les arrestations collectives (des familles entières se trouvent dans les prisons), et la poursuite incessante des arrestations aux barrages militaires, lors des déplacements des gens d'une ville à l'autre, les guet-apens sur les routes et les arrestations au cours des déplacements, sur les ponts, les lieux de passage et les aéroports..

Tout citoyen palestinien est devenu en quelque sorte une personne recherchée, pour arrestation. Les arrestations sont accompagnées des encerclements, du couvre-feu, des tirs de balles et des bombes sur les Palestiniens, des campagnes de terreur contre les femmes et les enfants, de bris des contenus des maisons et des meubles au cours de l'arrestation. Les habitants sont arrachés à leurs maisons vers les places publiques, sans vêtements, et pendant de longues heures...

De nombreux vols et pillages ont eu lieu dans les maisons investies pour procéder aux arrestations, et des arrestations ont été menées par rapt des Palestiniens par des unités spéciales ou de Palestiniens se trouvant blessés dans des ambulances ou des hôpitaux.

La plupart des Palestiniens arrêtés étaient des civils, et non des militaires, comme le prétend Israël, et la plupart des personnes arrêtés ont été frappées et violentées avant d'arriver aux centres de détention.

Les colons et les soldats du traître Lahd ont participé à l'arrestation des Palestiniens, et les scènes d'humiliation étaient claires au cours des arrestations, lorsque les personnes arrêtées étaient obligées de retirer leurs vêtements, les yeux étaient bandés, leurs mains menottées et ils étaient interdits d'aller aux toilettes ou de manger, pendant de longues heures.

Au cours de l'Intifada, les ouvriers palestiniens ont été poursuivis et arrêtés sous prétexte qu'ils entraient en Israël pour travailler sans permis de travail. Des milliers d'entre eux ont été arrêtés et jugés à 3 - 6 mois avec une pénalité très élevée à payer. Les autorités de l'occupation ont utilisé les habitants civils comme boucliers humains au cours des arrestations et des attaques des maisons, et elles ne se sont pas privées d'arrêter des épouses et des mères des prisonniers pour faire pression sur eux et leur arracher des aveux.

A plusieurs reprises, l'armée israélienne a tiré directement sur les Palestiniens, au lieu de les arrêter, en les exécutant sur place, alors qu'il était possible de les arrêter. Plusieurs Palestiniens ont été assassinés aux barrages, alors qu'ils étaient des civils, non armés, et qu'ils ne possédaient pas d'armes et n'avaient opposé aucune résistance.

Concernant la politique d'arrestation menée par l'armée israélienne, il a été remarqué que ce sont la haine et le comportement fasciste qui dominaient la relation avec les prisonniers et leurs droits en prison, en violation totale avec les droits de l'homme. Les campagnes d'arrestation qui ont sévi dans la province d'al-Khalil ont été les plus vastes par rapport au pays, et notamment au cours de l'année 2003. La province d'al-Khalil a été jugée "sinistrée du point de vue carcéral".


Ci-dessous, une comparaison entre les années 2002 et 2003 concernant les prisonniers
Année 2002 : Nombre de prisonniers - Année 2003 : Nombre de prisonniers
Janvier 2002 : 15 - Janvier 2003 : 110
Février 2002 : 35 - Février 2003 : 89
Mars 2002 : 47 - Mars 2003 : 140
Avril 2002 : 32 - Avril 2003 : 58
Mai 2002 : 55 - Mai 2003 : 112
Juin 2002 : 78 - Juin 2003 : 152
Juillet 2002 : 59 - Juillet 2003 : 140
Août 2002 : 39 - Août 2003 : 77
Septembre 2002 : 63 - Septembre 2003 : 90
Octobre 2002 : 96 - Octobre 2003 : 150
Novembre 2002 : 116 - Novembre 2003 : 49
Décembre 2002 : 100 - Décembre 2003 : 45

Total 2002 : 753 - Total 2003 : 1812


Etant donné que le nombre des détenus depuis le début de l'Intifada al-Aqsa (28/9/2000) jusqu'à fin 2001 est de 396 qui s'ajoutent aux 340 d'avant l'Intifada, nous pouvons constater d'après le tableau que les campagnes folles d'arrestation dans la province d'al-Khalil ont fait de la province une région sinistrée du point de vue carcéral.


Les étapes de l'arrestation

Au début de l'Intifada al-Aqsa, les détenus palestiniens de la province d'al-Khalil étaient enfermés dans le centre de détention al-Majnouna, près de la ville de Doura, ou au centre d'arrestation dans le poste de police de Kiriat Arbaa, et après plusieurs mois, le centre d'al-Majnouna a été fermé et tous les prisonniers ont été transférés au centre de détention de Atzion, près de Bethlehem.

C'est là où sont enfermés tous les nouveaux prisonniers de la province d'al-Khalil, entre douze jours et un mois. Ils sont ensuite transférés au centre d'interrogatoire, le centre central de Ascalan, et au centre d'interrogatoire d'al-Moskobiyya. De nombreux prisonniers ont été transférés aussi au centre d'interrogatoire d'al-Jalama et à Petak Tikva.

Après la période d'interrogatoire, les prisonniers sont transférés dans les prisons centrales ou aux camps de détention installés au cours de la deuxième année de l'Intifada, afin d'accueillir les nombres importants de prisonniers, tels que les camps d'al-Naqab, dans le désert, ou le camp de Ofer, ou celui de Megiddo. Ces centres de détention sont administrés par l'armée israélienne et manquent des conditions humaines les plus élémentaires pour la vie, et ne peuvent convenir à des êtres humains.

Au cours de l'Intifada al-Aqsa, le nombre de détenus de la province d'al-Khalil qui sont entrés dans les centres d'interrogatoire et ont subi les interrogatoires est comme suit :

Centrale d'Ascalan Moskobiyya Jalama Petah Tikva
229 189 11 9


Il est à noter qu'au cours de l'Intifada al-Aqsa, les mesures de détention administrative ont augmenté sensiblement, avec la réactivation de la loi de la détention administrative, plus de 500 détenus de la province d'al-Khalil étaient des détenus administratifs, et actuellement, ils sont au nombre de 187.

Cette détention a été renouvelée pour 25 détenus plus de quatre fois, comme par exemple le prisonnier Bashar Awad du camp al-Fawwar et Ismaël al-'Amsi du camp al-Fawwar, Badi' Amru de Doura qui a eu sa détention renouvelée 5 fois.

La détention administrative est une détention illégale, et interdite par les lois internationales, il s'agit d'une détention d'un prisonnier sans qu'aucune charge ne lui soit adressée, il ne comparaît pas devant le tribunal, il ne lui est donné aucune possibilité, ni à lui, ni à ses avocats, de le défendre.

Le danger de cette forme de détention est qu'elle est renouvelable, et des centaines de prisonniers ont eu leur détention renouvelée cinq fois de suite. Israël ne répond à aucun appel international, ni aux demandes des organisations des droits de l'homme lui intimant l'ordre de stopper ces pratiques.

Au cours de l'Intifada al-Aqsa, la province d'al-Khalil s'est caractérisée par l'intensification des arrestations d'enfants, près de 190 enfants de moins de 18 ans sont détenus, ils ont été soumis à la violence, à la torture, et ils sont soumis à de lourdes peines, Israël violant encore une fois les lois internationales, et notamment l'accord de protection de l'enfant qui interdit d'emprisonnier des enfants mineurs et de les faire comparaître devant les tribunaux.

Les détenus de la province d'al-Khalil étaient les plus nombreux parmi les détenus à être soumis à la négligence médicale, de la part de l'administration des prisons. Des centaines de prisonniers sont blessés, malades. Certains ont besoin d'interventions chirurgicales. Walid Issa Umru, de Doura, est décédé du fait de la négligence médicale lorsqu'il se trouvait dans la prison de Nafha. Actuellement, il y a 115 prisonniers de la province d'al-Khalil, malades et blessés, arrêtés après avoir été blessés par balles, et leur état est très grave. Leurs cas sont classés dans des archives médicales, plusieurs d'entre eux doivent être urgemment opérés, mais la direction des prisons sionistes continue à faire traîner les choses.


Ci-après un tableau concernant les prisonniers malades et blessés :

• Usama Muhammad Abdull Razzaq Janazina : atteint d'une balle vive au cou, des éclats se trouvent dans les poumons, il souffre d'une insuffisance respiratoire de 40%
• Nour Muhammad Shukri Jabir : blessé au cours de l'arrestation à la main et la jambe, peine de 17 fois de prison à perpétuité.
• Muhammad Ibrahim Issa : blessé à la jambe par une balle réelle.
• Hakam Muhammad Mahmoiud Janazina, insuffisance respiratoire.
• Sami Jamil Mahmoud Asfour : Balle réelle dans la région du ventre.
• Ra'd Samih Salim Qaficha : des éclats de balle dans le cou.
• Hammouda Ali Muhammad Zughayr : Insuffisance respiratoire
• Muhammad Awad Muhammad al-Qawasima : allergie à la poitrine
• Anas Muslim Ali Shrayteh : dix balles dans tout le corps, actuellement handicapé et perte de mémoire à 95%
• Muhammad Youssef Ishaq Burqan : inflammations au dos du fait d'opérations chirurgicales.
• Yousef Badr Mahmoud Khalil : Eclats d'obus dans tout le corps
• Iyad Muhammad Khalil Jawa'ida : balle dans la jambe et malade psychologique
• Iyad Muhammad Awda Abu Fanar : Balle dans la jambe
• Hazim Falah Awad Natché : Balle qui a explosé dans sa cuisse, et balle au ventre. Situation médicale difficile
• Hat Sadiq Mustafa al-Qawasmeh : un rein enlevé et balle dans le ventre
• Jibril Jibrin Mousa : "coeur ouvert" et nécessite des soins permanents
• Muhammad Ziad Sa'id Abu al-Halawa : gangrène dans le crâne.
• Sami Nassar Sha'rawi : balle dans la jambe
• Ahmad Umar Ali Abu Zuhra : malade psychologique et situation grave
• Murad Ahmad Suleiman Abu Sakout : Maladie de la moelle épinière et insuffisance respiratoire
• Ahmad Abdul Karim Abdallah Dar Muhammad : Cancer du sang et problème de moelle épinière.
• Anwar Abdul Maghni Muhammad Ibrahim : Fièvre de la méditerranée
• Khalil Abdul Jalil Shahatit : Balle dans l'oeil gauche et perte de la vue
• Rakan Hassan Muhamad Abu Aram : Blessé par balle au cours de l'arrestation
• Muhamamd Umar Fahmi Nasir Eddine : Balles dans le cou et le visage

Ce ne sont que des exemples des cas de prisonniers malades et blessés, toujours en prison. Nadi al-Asir tient les dossiers médicaux de tous les prisonniers.

Même les vieux ne sont pas épargnés ; 32 personnes âgées ont été arrêtées, ont subi des violences et ont été humiliés, et la plupart sont des pères de prisonniers, de personnes recherchées ou de martyrs, et leur emprisonnement est une mesure de punition collective. Tous ont plus de 50 ans.


A la prison des femmes Al-Ramleh

La province d'al-Khalil a le plus grand nombre de femmes prisonnières, leur nombre est de 19 femmes, elles sont toutes prisonnières dans la prison des femmes à Ramleh, elles y subissent les pires traitements, les coups sauvages et les interrogatoires les plus cruels : Ces femmes sont :
• Fida' Ghannam
• Wijan Ahmad Hamade Bouja
• Sawsan Daoud Abu Turki
• Sana' Issa Atef Umru
• Abir Issan Atef Umru
• Tahani Ahmad Issa Titi
• Najah Mousa Jabbarin
• Ghada Ahmad Moussa Titi
• Samira Khodr Mahmoud Janazira
• Nivine Izzat Rashad Shoueyki
• Ikram Rashad Sabri Tawil
• May Ismaël Muhammad Badir
• Lina Abdul Halim Ahmad Farjallah
• Suhayr Issam Abdul Razzaq Hashlamoun
• Iman Ibrahim Abdul Qadir Abu Fara
• Hasna Yousef Hussayn Umran
• Mona Ramadan Muhammad Amayra
• Majida Ismaël Talahima

En fin de ce rapport, nous rappelons que les prisonniers de la province d'al-Khalil sont privés de la visite de leurs enfants et parents, dès le début de l'Intifada al-Aqsa, ce qui les prive de beaucoup de produits de première nécessité, de produits alimentaires que les parents auraient pu amener, et cela augmente l'angoisse permanente chez les parents et chez les prisonniers, à la fois.

Source : Palestine en Marche

Traduction : R Ousseiran

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