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Gaza - 13-11-2009

En attente de justice
Par Eva Bartlett
 

Quatorze personnes s’entassent dans deux tentes réunies couvertes de bâches en plastique pour lutter contre les pluies d’hiver. Bien qu’on soit en novembre et que les jours soient plus froids, la chaleur à l’intérieur des tentes est étouffante. Avec le temps, ce sera l’inverse : les parois minces des tentes et le sol sans matelas les rendront insupportablement froides pendant les mois à venir.
























Jusqu’au massacre israélien de Gaza l’hiver dernier, Arafia al-Attar et son mari Saleh Abu Leila vivaient dans une maison à deux niveaux, à Attatra, au nord-ouest de Gaza. Famille d’agriculteurs originaires de Gaza, ils ont maintenant rejoint les réfugiés palestiniens de 1948 et de 1967, devenant des réfugiés dans leur propre Bande.

Plus de 21.000 maisons ont été détruites ou sérieusement endommagées pendant les 23 jours d’attaques israéliennes. Des rapports des Nations Unies disent que plus de 3.500 maisons ont été complètement détruites, et 2.800 ont été sérieusement abîmées.

Même ceux qui vivent dans les 52.000 maisons aux dommages « mineurs » doivent supporter les fuites dans les toits, les murs fissurés, les fenêtres brisées et les vestiges des bombardements israéliens.

Depuis la fin du massacre israélien à Gaza, presqu’aucun matériel de construction n’a pu entrer ; ceux qui sont entrés étaient destinés à des projets approuvés par Israël, comme la réfection des pierres tombales du cimetière de guerre de Gaza.

Ce cimetière, où sont enterrés les soldats britanniques et du Commonwealth, a subi des dommages à la suite d’un bombardement à proximité. D’autres cimetières servant à la population palestinienne ont été beaucoup plus endommagés et furent les cibles directes des missiles tirés par les chars, de la destruction au bulldozer des murs, des pierres tombales et des arbres.

Mais les droits à une sépulture et les besoins vitaux des nouveaux sans abris de Gaza ont été bafoués : alors que les organismes internationaux et de nombreuses nations ont promis des milliards pour reconstruire Gaza, rien n’a changé. Les autorités israéliennes continuent de bloquer l’entrée du ciment et autres matériaux de construction nécessaires. Le verre, comme le bois, la tuyauterie et beaucoup d’autres articles, est considéré comme potentiellement dangereux par les autorités israéliennes. Les vitres des maisons et des bâtiments soufflées par les bombes ne sont toujours pas réparées, un an après ; les familles les plus chanceuses les ont recouvertes de feuilles de plastique.

Un ciment de mauvaise qualité et cher entre par les tunnels creusés entre Gaza et l’Egypte, mais il est inaccessible pour la grande majorité des Gazaouis, en particulier ceux qui ont été le plus touchés.

C’est seulement grâce à leur ingéniosité et leur désespoir qu’un petit nombre a pu reconstruire des maisons, un poste de police et une école en utilisant des techniques de construction par des briques de glaise.

Mais cela laisse ce que les Nations Unies évaluent à 20.000 Palestiniens sans abri : sans leurs maisons, et le payant très cher.

Certains ont été obligés de louer des maisons là où ils ont pu trouver un appartement vacant, payant 200$ et plus par mois sur des revenus qu’ils n’ont pas, ou qu’ils ne peuvent se permettre de gaspiller. La majorité des autres s’entassent dans les maisons de leurs familles ou de leurs proches.

Et des centaines de familles, comme les Attar, vivent dans des abris insalubres, qui pendant les mois d’hiver, seront particulièrement inhospitaliers. A côté des parents et d’un enfant plus âgé, les 11 autres ont de 14 ans à 1 mois.

Cet hiver sera le deuxième passé dans de telles conditions. A attendre.

Voir les photos de la famille al-Attar.


  Source : In Gaza  
  Traduction : MR pour ISM  
     
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