Accueil
ISM : la Charte
Droit International
Liens
Palsolidarity




  Avertissement
L'ISM a pour vocation la diffusion d'informations relatives aux événements du Proche Orient. Les auteurs du site travaillent à la plus grande objectivité et au respect des opinions de chacun, soucieux de corriger les erreurs qui leur seraient signalées.

Les opinions exprimées dans les articles n'engagent que la responsabilité de leur auteur et/ou de leur traducteur. En aucun cas l'ISM ne saurait être tenu responsable des propos tenus dans les analyses, témoignages et messages postés par des tierces personnes.

D'autre part, beaucoup d'informations émanant de sources externes, ou faisant lien vers des sites dont il n'a pas la gestion, l'ISM n'assume aucunement la responsabilité quant à l'information contenue dans ces sites.


  Nous contacter :
 > Nantes
 > Grenoble
 > Lyon
 > Toulouse
 > Bordeaux
 > Paris

 
Israel - 21-10-2004

Les enfants tués ? Il n’y a plus de quoi fouetter un chat !
Par Gideon Levy
Article paru dans Ha’aretz le 17 octobre 2004 mais déjà disparu du site
 

Durant les deux premières semaines de l’opération Jours de Pénitence, ce sont plus de trente enfants palestiniens qui ont été tués dans la bande de Gaza. Pas étonnant que beaucoup de monde qualifie ces tueries d’enfants à grande échelle de « terreur ». Si, dans le décompte global de l’ensemble des victimes de l’Intifada, le ratio est de trois Palestiniens tués pour un Israélien tué, ce ratio devient de 5 pour 1 lorsqu’il concerne les seuls enfants.


D’après l’association B’Tselem (une organisation israélienne de défense des droits de l’homme), même avant l’opération en cours à Gaza, 557 Palestiniens mineurs (de moins de dix-huit ans) avaient été tués, à comparer aux 110 Israéliens mineurs.

Les associations palestiniennes de défense des droits humains évoquent des chiffres encore plus dramatiques : 598 enfants palestiniens tués (de moins de dix-sept ans), d’après le Groupe Palestiniens d’Observation des droits humains [Palestinian Human Rights Monitoring Group], et 829 Palestiniens de moins de dix-huit ans tués, d’après le Croissant Rouge.

D’après B’Tselem, dont les données ont été mises à jour il y a environ un mois, 42 des enfants tués avaient dix ans ; 20 avaient sept ans ; et deux n’avaient que deux ans. Les plus jeunes victimes sont treize nouveaux nés, décédés à la naissance, à des check points.


Avec ce genre de statistiques horrifiantes, la question de savoir qui est terroriste, aurait dû devenir, depuis bien longtemps, très préoccupante pour chaque Israélien. Néanmoins, elle n’est toujours pas à l’ordre du jour. Les tueurs d’enfants sont toujours les Palestiniens, les soldats israéliens ne font toujours que se défendre, et nous défendre, et : au diable, les statistiques !

La réalité toute simple, et qu’il faut énoncer clairement, c’est que le sang de centaines d’enfants palestiniens se trouve sur nos mains. Aucune explication alambiquée du cabinet du porte-parole de l’armée israélienne, ou des correspondants militaires, au sujet des dangers représentés par des enfants pour les soldats, ni aucune excuse douteuses fournie par les gens des relations publiques du ministère des Affaires étrangères israélien sur la manière dont les Palestiniens utilisent leurs enfants n’y changeront quoi que ce soit.

Une armée qui tue autant d’enfants est une armée qui ne connaît pas de limites ; c’est une armée qui a perdu son code moral.



Comme l’a dit le député Ahmed Tibi (du parti Hadash), dans un discours particulièrement émouvant, à la Knesset, prétendre que tous ces enfants auraient été tués « par erreur » n’est plus possible.

Une armée ne commet pas plus de cinq cent erreurs d’identifications, durant cinq cent journées d’affilée. Non. Il ne s’agit pas d’ "erreurs", mais bien du résultat désastreux d’une politique déterminée principalement par une gâchette horriblement légère et par la déshumanisation des Palestiniens.

Tirer sur tout ce qui bouge, y compris les enfants, voilà qui est devenu comportement régulier.

Même la mini-fureur passagère qui a fait irruption autour de « la confirmation de l’assassinat » d’une fillette de treize ans, Iman Al-Hamas, n’a pas tourné autour de la véritable question.

Le scandale aurait dû être généré par l’acte même de l’avoir tuée, et non par ce qui a suivi, aussi sordide cela a-t-il pu être


La petite Iman n’a pas été la seule. Mohammed Aaraj mangeait son sandwich, devant chez lui (la dernière maison avant le cimetière du camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse), quand un soldat l’a abattu, presque à bout portant. Il avait six ans.


Christine Saada se trouvait dans la voiture de ses parents : ils rentraient d’une visite chez des parents, quand des soldats ont sulfaté la voiture de leurs rafales de mitraillettes. Elle avait douze ans. Tuée.

Jamil et Ahmed Abu Aziz, deux frères, allaient à vélo, en plein midi, acheter des confiseries, quand ils furent pris de plein fouet par le tir d’un obus lancé par une équipe de tankistes israéliens. Jamil avait treize ans, Ahmed en avait six. Morts, tous les deux.


Mu’tazz Amudi et Subah Subah ont été tués par un soldat stationné sur la place de leur village, Burkin. Celui-ci s’était mis à tirer dans toutes les directions, après que des pierres aient été lancées. Ghadir Mohammed, du camp de réfugiés de Khan Younis, était dans sa classe quand des soldats l’ont abattue. Elle avait douze ans. Tous ces enfants étaient totalement innocents. Ils ont été tués par des soldats agissant en notre nom.


Dans ces trois cas, au moins, les soldats savaient à l’évidence qu’ils tiraient sur des enfants : cela ne les a pas arrêtés. Les enfants palestiniens n’ont aucun refuge : un danger mortel rôde autour d’eux, chez eux, à leur école, dans leurs rues. Aucun enfant, sur les centaines qui ont été tués, ne méritait de mourir, et la responsabilité de leur assassinat ne saurait demeurer indéfiniment anonyme. Sinon, on envoie aux soldats le message suivant : « Tuer des enfants, bof, ça n’est pas si grave que ça… Et puis, aucun d’entre vous n’est coupable… »


La mort, bien évidemment, est le danger le plus aigu auquel un enfant palestinien soit confronté, mais elle n’est pas le seul. Les données fournies par le ministère palestinien de l’Education indiquent que 3 409 écoliers palestiniens ont été blessés durant l’Intifada ; certains d’entre eux resteront handicapés à vie.

L’enfance, pour des dizaines de milliers de jeunes Palestiniens, se déroule d’un traumatisme à l’autre, d’une horreur à la suivante. On démolit leurs maisons, on humilie leurs parents sous leurs yeux, des soldats font incursion chez eux, avec brutalité, en pleine nuit, des tanks ouvrent le feu sur leurs salles de classe. Et ils ne bénéficient d’aucun service d’aide psychologique.

Avez-vous jamais entendu parler d’un enfant palestinien "souffrant d’anxiété" ?


L’indifférence publique qui accompagne ce cortège de souffrances non soulagées fait de tous les Israéliens les complices d’un crime. Même des parents, qui pourtant savent ce que l’angoisse pour la vie d’un enfant signifie, tournent la tête et ne veulent pas entendre l’anxiété qui taraude des parents comme eux, sauf qu’ils sont de l’autre côté de la barrière.

Qui aurait cru, un jour, que des soldats israéliens allaient tuer des centaines d’enfants et que la majorité des Israéliens allaient se taire ?


Même les enfants palestiniens sont devenus des victimes de la campagne de déshumanisation : à l’évidence, en tuer des centaines ne pose plus le moindre problème.
  Source : http://fromoccupiedpalestine.org/  
  Traduction : Marcel Charbonnier  
     
Imprimer cet article Envoyer cet article
   02-09-2010
Négociations directes : un Etat palestinien sans Quds, ni Aqsa, ni..., ni..., et l'usurpation continue
   01-09-2010
La voix de la Palestine (1)
   01-09-2010
La disparition d’un visionnaire…
   31-08-2010
La reprise des négociations et la “carotte” des garanties
   30-08-2010
Faites entrer les bouffons : D’autres vaines discussions avec Israël ?
   29-08-2010
L’AP sur les nerfs tandis que l’opposition aux pourparlers avec Israël-apartheid gagne du terrain
   26-08-2010
Nous ne serons pas complices des Pétain palestiniens - ‏ 1ère et 2ème parties
   26-08-2010
Nous ne serons pas complices des Pétain palestiniens‏
3ème partie : Une autre voie est possible
   26-08-2010
Les forces de l’Autorité Palestinienne font une descente dans une réunion alors que la dissidence grandit
   22-08-2010
Vivent, vivent les négociations !
     
   Israel
   • Les sionistes s’inquiètent face à la montée des campagnes de boycott contre leur entité en Europe
   • Netanyahu annule une rencontre avec le chef de l'AIEA
   • La judaïté d'Israël contre un Etat palestinien démilitarisé et la paix
   • Barak demande de l’aide à la France et aux Etats-Unis pour arrêter la flottille d’aide à Gaza
   • Nouvelles directives pour l’aviation israélienne en cas de guerre (Jerusalem Post)
     
   Enfants
   • Appel urgent : Emad Mohammad Salem Al-Ashhab, 17 ans, en détention administrative depuis le 21 février 2010
   • Solidarité : des enfants palestiniens à Lille
   • Les enfants de Beit Ommar confrontés au harcèlement et à la détention
   • « Dépêches : Les enfants de Gaza » Mettre un visage sur la tragédie – Ranimer l’appel à responsabilisation
   • Muhammad Qadus, 16 ans, et son cousin Abed an-Nasser, 16 ans, tués par les forces d’occupation au sud de Naplouse - 4 Palestiniens assassinés en 24 heures
     
   Gideon Levy
   • Tout va baigner
   • Laissons Netanyahu gagner !
   • Les yeux bandés
   • La liberté universitaire du Shin Bet
   • Netanyahu le diable
     
   21-10-2004
   • Ce n'est pas parce que la presse n'en parle pas que cela ne se passe pas
   • Les enfants palestiniens tués par l'armée sans respect de leur dignité humain
   • Deux maisons démolies à Qalqiliya
   • "Check Point" a aidé Azmi Bishara à traverser une période difficile
   • Journée libre à Naplouse : un jour pour réfléchir
   • Israël ne se sent plus
   • L'armée et le gouvernement ont massivement aidé à établir les avant-postes non-autorisés des Colons