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Nous nous dépensons beaucoup en vain, en tentant de rendre acceptable l’idée du boycott, à travers la comparaison systématique entre Israël et l’Afrique du Sud. À mon avis c’est inutile, parce qu’en dehors des similitudes superficielles, et de l’origine semblable des régimes en question, ce sont des pays très différents, comme l’a montré Edward Said.
L’un était basé sur l’exploitation de la force de travail de la population indigène, tandis que l’autre est fondé sur leur expulsion.
Cependant, dans les deux cas, la bataille n’a pas pu être gagnée de l’intérieur ; d’où l’importance de notre rôle.[…] Et les deux luttes de libération, palestinienne et sud-africaine, sont devenues emblématiques et symboliques, à l’échelle mondiale, elles représentent ceux qui n’ont rien, ni moyens ni pouvoir, contre les pays les plus puissants de la planète.[…]
L’Etat d’Israël échappe à tout contrôle, il n’y a pas de volonté politique pour le ramener dans la communauté internationale, dans aucun des deux pouvoirs jumeaux qui occupent illégalement l’Irak avec une guerre démente qu’ils ont déclenchée seuls, une guerre par procuration contre les Arabes et l’Islam.
Le scénario en a été écrit à Jérusalem, par Sharon lui-même, qui, quelques années plus tôt, en a fait connaître les grandes lignes : l’Occident a besoin de s’emparer de l’Irak, de la Syrie, de l’Iran et du Pakistan.
Et le plan se déroule par étapes, sous nos yeux. Israël n’a pas été contraint de respecter les résolutions de l’ONU ni de respecter les lois internationales, c’est le contraire qui s’est instauré, Israël a fait basculer les pouvoirs principaux dans la déstabilisation illégale et irresponsable de l’ordre mondial, et a établi un programme d’escalade dans la terreur, apprenant aux grands comment terroriser les petits, sans scrupule, sans limite morale ou légale, sans aucune autre perspective que celle de la guerre, de la destruction et du conflit.
En faisant le lien entre le boycott et le Mouvement Anti-Guerre, nous ferons comprendre et condamner le rapport entre les deux occupations, également illégales et immorales. […]
Israël soutient depuis des années la thèse du "choc des civilisations' ; bien avant que cela devienne un article de foi à Washington, la politique israélienne a été guidée et centrée sur une simple analyse des relations internationales en termes de série de conflits, dictés par la différence ethnique et culturelle. […]
Israël reçoit d’énormes financements pour la recherche, quelques milliards de dollars chaque année, principalement en provenance des gouvernements occidentaux.
Une grande partie sert à financer le complexe militaro-industriel, le quatrième au monde, source capitale de revenus, maintenant que des industries plus pacifiques telles que le tourisme sont en en chute libre ; c’est la production de mort et de destruction qui est devenue la seconde nature de la société israélienne, et ceci nous indique quelles sont ses priorités réelles, quelle place ce pays fait vraiment à la paix. […]
La plupart des universitaires israéliens ont joint leurs forces à celles de l’Etat, à la machine de guerre qui écrase et tue les Palestiniens. Ils ont prouvé qu’ils ne sont pas en dehors de celle-ci, car nombreux sont les universitaires qui servent comme officiers de réserve dans l’IDF, et qui participent activement à la répression dans les territoires occupés.
En fait, une bonne partie des cadres dirigeants des universités israéliennes sont des officiers de haut-rang, et il est tout à fait normal dans ce pays que les officiers à la retraite entreprennent une deuxième carrière comme président, recteur ou doyen dans une université. […]
Le boycott est aussi un appel aux universitaires britanniques, pour qu’ils prennent leurs responsabilités, dans un contexte qui empire de semaine en semaine.
À ce titre les écoles, bâties à une certaine époque pour préparer les jeunes au contrôle de vastes régions sous la férule coloniale et impériale, ont un rôle spécifique : nous avons raison de remettre en question la pertinence de ces politiques périmées, bêtement transposées du XIXe siècle dans le nouveau millénaire.
La Grande-Bretagne, qui est à l’origine du problème palestinien, avec ses choix politiques du début du XXe siècle, refuse d’être à la hauteur de ses responsabilités, et continue à attiser l’incendie déclenché par le Secrétaire aux Affaires étrangères et chrétien sioniste Lord Arthur Balfour en 1917.
Si connaître c’est pouvoir, alors prouvons que nous savons utiliser notre pouvoir, et unissons nos forces pour dessiner un avenir où les universitaires, comme le reste de la société, pourront travailler sans honte.
Contributions des autres intervenants à cette conférence :
Ilan Pappe (Israel),
Victoria Brittain, (Grande Bretagne)
John Docker (Australie),
Lisa Taraki (Palestine),
Mona Baker (Grande Bretagne),
Ben Young (Grande Bretagne),
Hilary Rose (Grande Bretagne),
Lawrence Davidson (USA),
Betty Hunter (Grande Bretagne),
Omar Barghouti (Palestine) |
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