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Gaza est toujours une prison
Par
Patrick O Connor
Patrick O'Connor est un contributeur occasionnel d'EI et un activiste de l'International Solidarity Movement (ISM) en Palestine et à New York City.
O'Connor gérait des programmes d'aide humanitaire à Gaza de 1995 à 1998 et a soutenu la résistance non-violent palestinienne en Cisjordanie de 2002à 2005, avec l'International Solidarity Movement (ISM).
Il a été emprisonné et expulsé d'Israel après une manifestation pacifique en Cisjordanie en janvier 2005. Cet article est paru dans la publication de l'hebdomadaire Al-Ahram du 16 au 22 mars 2006 et est repris avec la permission de l'auteur.
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Les médias disent que la Bande de Gaza n'est plus sous contrôle israélien, mais il y a deux semaines j'ai été empêché d'entrer dans Gaza depuis l'Egypte par des agents israéliens.
Le lendemain, deux citoyens français étaient empêchés d'entrer dans Gaza pour un projet de ville jumelée. Les autorités israéliennes ont invoqué “des raisons de sécurité” et des fausses affirmations de liens avec le terrorisme, une stratégie typique utilisée contre les défenseurs étrangers des droits palestiniens.
En dépit du tapage concernant le "Désengagement de Gaza" d'Israel en août, Gaza reste une prison, sans autorisation pour les visiteurs.
Mon cas donne un petit exemple, dont des milliers sont répétés chaque jour, sur la façon dont le gouvernement israélien a exploité le prétexte des véritables problèmes de sécurité pour continuer à contrôler Gaza, en refusant la liberté aux Palestiniens et en les emprisonnant dans la pauvreté.
Les opportunités de progrès par le retrait de Gaza d'Israel ont été gaspillées, et les promesses américaines au sujet du Moyen-Orient se sont de nouveau avérées vides.
En novembre, le Secrétaire d'Etat américain, Condoleezza Rice, a annoncé qu'elle avait obtenu un accord sur les frontières de Gaza entre le gouvernement israélien et l'autorité palestinienne en disant, "Cet accord est prévu pour donner aux Palestiniens la liberté de se déplacer, de commercer, d'avoir des vies normales."
Mais, comme d'habitude, le gouvernement américain n'a rien fait au-delà de la conférence de presse.
L'accord spécifiait que des liaisons d'autobus et de camions entre Gaza et la Cisjordanie débuteraient en décembre et janvier sous surveillance israélienne, mais en décembre, Israel a suspendu ces plans indéfiniment.
Avec ou sans liaisons d'autobus, Israel refuse aux Gazéens l'autorisation d'aller en Cisjordanie pour des "raisons de sécurité" -- comme à mon amie Laila, une journaliste, mère, et diplômée de la Kennedy School of Government d'Harvard.
Israel était également d'accord pour "autoriser l'exportation des produits agricoles de Gaza et... faciliter leurs sorties rapides et leurs transports à l'extérieur."
Au lieu de cela, en janvier, au maximum de la récolte, Israel a fermé Karni, le principal passage commercial, en prétendant que des militants creusaient un tunnel dans le secteur.
Après trois semaines et de millions de dollars de pertes pour les Palestiniens, Israel a rouvert Karni. Aucun tunnel n'a jamais été trouvé. Israel continue à fermer régulièrement Karni pour "raisons de sécurité".
L'accord promettait des avancées vers la construction d'un port maritime et la réouverture de l'aéroport de Gaza. Israel a bloqué les progrès sur ces sujets.
La seule amélioration se situe dans le passage de frontière de Rafah entre Gaza et l'Egypte. Les Palestiniens possédant des passeports et des cartes d'identité peuvent traverser la frontière contrôlée par les Palestiniens et les Egyptiens.
Cependant, les agents israéliens observant par caméras vidéos peuvent émettre des "réserves de sécurité" concernant des Palestiniens ou des Étrangers qui la passent, comme ils l'ont fait dans mon cas.
Si l'Autorité Palestinienne outrepasse les réserves israéliennes, comme c'est leur droit aux termes des accords de novembre, Israel l'attaque dans les médias pour avoir autorisée l'entrée de "terroristes" dans Gaza.
Environ 50.000 habitants de Gaza qui ne possèdent pas de cartes d'identité approuvées par les Israéliens ne peuvent pas voyager par Rafah, et les réfugiés palestiniens du monde entier doivent faire une demande pour entrer dans Gaza.
Le mari de mon amie Laila, Yassin a grandi dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban et effectue actuellement son internat médical aux Etats-Unis.
Israel pourrait refuser sa demande de visite à son épouse et à son fils de deux ans dans Gaza.
Un haut fonctionnaire palestinien dit que l'affirmation que les Palestiniens contrôlent le passage de Rafah est "une illusion".
Le retrait israélien de Gaza aurait dû donner l'occasion d'améliorer la vie des Palestiniens et de soutenir les Palestinien modérés, bien avant la victoire électorale du Hamas.
Au lieu de cela, le gouvernement israélien a maintenu Gaza en prison, et a exploité les médias positifs autour du retrait pour accélérer la saisie des terres palestiniennes en Cisjordanie, rendant impossible la création d'un Etat palestinien viable.
Les échecs comcernant le retrait de Gaza montrent pourquoi le Hamas a gagné les dernières élections Palestiniennes.
Pendant les 12 ans du processus de "paix", les colonies israéliennes illégales ont doublé, l'occupation militaire israélienne s'est poursuivie et la pauvreté s'est aggravée. Donc les Palestiniens ont viré le Fatah, le parti qui a géré le processus de paix raté.
Je suis resté à Al-Arish, en Egypte, pour attendre la décision concernant mon entrée dans Gaza. Al-Arish est à 50 km de la frontière avec Gaza -- la même distance que la longueur totale de la bande de Gaza. En regardant l'autre côté de la frontière pendant quelques semaines, le contraste est dramatique.
Environ 1,4 millions de Palestiniens sont emprisonnés dans Gaza, un des endroits les plus massivement peuplés au monde. Juste de l'autre côté de la frontière, ici en Egypte, sur une surface de terre équivalente, 230.000 personnes, dont certaines sont des Palestiniens ayant leur famille à Gaza, vivent dans une paix et une prospérité relatives.
Le conflit ici est engendré par l'emprisonnement de tout un peuple -- le vol de ses terres et le refus d'accès à ses droits fondamentaux. La politique israélienne et la complicité américaine alimentent le désespoir et obscurcissent les espoirs d'arriver bientôt à la paix.
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Source
:
http://electronicintifada.net/
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Traduction
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MG pour ISM |
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