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Palestine - 21-01-2007

Un régime d'ordonnances et d'interdictions a vidé les routes de Cisjordanie
Par Amira Hass
Cet article accompagnait, dans la version hébreue de Haaretz, le rapport d'Amira Hass "L'impossible voyage". Nous remercions Mark Marshall pour sa traduction vers l'anglais.
 

La vie quotidienne des Palestiniens est dictée par un choix complexe de restrictions aux déplacements, de checkpoints, de barrages, de barrières et de portes en fer, de passages de frontières contrôlées par Israel, un réseau de routes interdites aux conducteurs palestiniens et le besoin de déposer des demandes auprès d'une bureaucratie de l'Administration Civile difficile à manier (un département du gouvernement militaire israélien dans les Territoires Occupés) afin d'obtenir des autorisations pour se déplacer.











Les interdictions à la circulation et les barrages routiers ont diminué l'espace physique qui reste à la disposition des Palestiniens, ont séparé la Cisjordanie en enclaves entourées par une suite de colonies, et rallongé la distance entre chaque district, village et ville.

Les barrières s'assurent que le trafic palestinien n'ira pas au-delà des routes principales qui servent le majorité les colons et d'autres Israéliens ; il a lieu principalement sur des routes étroites entre les villages.

Certaines routes principales et les routes qui mènent aux colonies sont interdites au trafic palestinien (elles sont qualifiées de "stériles" par l'armée).

Pour les nombreuses autres routes à la disposition des colons et des autres Israéliens - l'accès est impossible aux conducteurs palestiniens en raison des obstacles, même s'il n'y a aucune interdiction explicite.

Le trafic palestinien est canalisé vers plusieurs goulots d'étranglement - des checkpoints géants entre les districts - où les Palestiniens sont inspectés, retardés et parfois renvoyés d'où ils viennent.

Le coup porté à la libre circulation a commencé en janvier 1991, par l'annulation "des permis de sortie généraux" délivrés par l'armée aux Palestiniens au début des années 70, qui leur permettaient de circuler librement entre Gaza et la Cisjordanie et en Israel.

En janvier 1991, les déplacements entre Gaza et la Cisjordanie et sur les routes autour et à l'intérieur d'Israel ont été autorisés sur la base de permis individuels.

Avant cette annulation, tous les Palestiniens jouissaient du droit de liberté de mouvement dans les Territoires Occupés et en Israel, sauf certaines catégories qui nécéssitaient une autorisation spéciale : ceux qui étaient interdits pour des raisons de sécurité ou par la police.

La situation s'est renversée en 1991 : la liberté de mouvement a été refusée à tous les Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, sauf à certaines catégories déterminées par les autorités de sécurité israélienne (comme : les VIPs palestiniens, les collabos, les négociants, les ouvriers, les employés de l'Autorité Palestinienne et des organisations internationales et des cas humanitaires.

Les catégories et le nombre de personnes qui ont reçu des autorisations individuelles ont constamment changé depuis lors, mais les principes restent les mêmes : c'est la politique de la fermeture.

Les checkpoints existent depuis le début de l'occupation. Avant que "les permis de sortie généraux" soient annulés, les checkpoints étaient principalement destinés aux inspections, aux traques et aux arrestations des personnes par les Services Généraux de Sécurité (SGS : Shabak - Shin Beit) et la police.

Après 1991 une fonction supplémentaire a été assignée aux checkpoints proches de la Ligne Verte : la mise en application de la fermeture.
Dans ce but, une barrière de sécurité a été érigée autour de Gaza.

Après le début de la mise en application des Accords d'Oslo en 1994, les positions militaires et les checkpoints délimitaient la "frontière" entre les secteurs A et B (qui avaient été transférés sous le contrôle civil et policier de l'Autorité Palestinienne) et le secteur C (qui était resté sous le contrôle civil et sécuritaire israélien) et les colonies.

Avec l'apparition du second Intifada en 2000, le nombre de checkpoints s'est développé et ils ont été prévus pour empêcher et réduire le passage des Palestiniens dans le secteur C (environ 60% de la surface de la Cisjordanie) et vers les colonies voisins.

C'est, par exemple, le rôle des checkpoints dans la vallée du Jourdain aujourd'hui, qui empêchent l'entrée des Palestiniens sur environ à un tiers du territoire de la Cisjordanie.

Aux checkpoints permanents et mobiles, ont été ajoutés des centaines de barrières physiques non controlées par des soldats.

La politique de fermeture s'est alors étendue à l'intérieur du territoire de la Cisjordanie conformément à l'affirmation israélienne que le secteur C faisait partie d'"Israel" tout pendant qu'il n'était pas considéré autrement dans un accord de statut final.

En clair : de 1991 à 1994 la politique de fermeture signifiait une séparation entre Gaza et la Cisjordanie et surveillait et filtrait l'entrée en Israel.
Après, ont été posées les bases d'une séparation potentielle à l'intérieur de la Cisjordanie - entre les secteurs palestiniens A qui s'entrecroisaient avec le Secteur C.
Cette séparation a été mise en application après 2000
.

Les demandes d'autorisations pour circuler en Israel, entre Gaza et la Cisjordanie et sur d'autres routes autour et à l'intérieur de la Cisjordanie sont soumises à l'Administration Civile.

Les demandes sont à la merci de la bureaucratie compliquée, de l'interférence du SGS, de la tradition de retard prolongé et en particulier du manque de transparence dans le processus de détermination des critères pour le refus des demandes.

La difficulté pour obtenir des autorisations, les checkpoints et les obstacles sur les routes, les longs itinéraires, les pertes de temps et l'humiliation impliquée dans la procédure pour obtenir une autorisation afin de rendre visite à un membre de la famille découragent beaucoup de gens, qui préfèrent renoncer à voyager 12h en Cisjordanie, et cela est clairement reflété par ses routes vides.


Elle veut aller de Cisjordanie à Gaza pour assister à une sépulture. L'armée lui suggère : passer par la Jordanie.

AN est originaire de Gaza et est mariée à un habitant de Qalqilia. Le 13 janvier, son père est décédé à Gaza et elle voulait retourner à Gaza pour assister aux funérailles.

Le 15 janvier, elle a fait une demande au Bureau de Coordination et de Liaison (BCL) à Qalqilia pour obtenir une autorisation d'entrée en Israel et ensuite se rendre à Gaza.

Le 16 janvier, les soldats du CLO lui ont oralement rejeté sa demande.

AN s'est tournée vers "Hamoked, le Centre pour la Défense des Individus", qui, à son tour, a fait appel auprès du Département d'Enregistrement de la Population au Bureau du Conseiller Juridique des FOI en Cisjordanie.

La réponse qu'il a reçu le lendemain disait que : "Il n'y a aucun enregistrement d'une telle demande qui aurait été soumise au CLO antérieurement à la demande déposée à notre bureau."

Le mari de AN a soumis une nouvelle demande en son nom au CLO. Mais selon lui, le CLO de Qalqilia lui a déclaré que la demande avait été rejetée.

Une femme officier du Bureau du Conseiller Juridique a déclaré à un représentant de Hamoked qu'une précédente demande d'AN pour entrer dans Gaza via Israel datant d'octobre, avait été rejetée.

L'officier a proposé qu'elle passe par la Jordanie. Hamoked a précisé que ce n'était ni logique ni possible, et qu'il s'attendait à une réponse de la part du conseiller juridique pour le jeudi 18 janvier, sinon il ferait appel auprès de la Cour Suprême de Justice..

Mercredi après-midi, le 17 janvier 2007, Haaretz a contacté un porte-parole de l'Administration Civile, qui a expliqué que le CLO n'avait jamais rejeté la demande et que l'autorisation avait été publiée et remise à AN jeudi matin.





A lire le rapport de Amira Hass qui accompagnait cet article dans la version hébreue de cet article.
Seul le rapport intitulé "L'impossible voyage" a été publié dans la version anglaise de Haaretz
  Source : http://www.haaretz.co.il/  
  Traduction : MG pour ISM  
     
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