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Palestine - ISM France

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Naplouse -

"Au moins nos Martyrs sont au Paradis mais pour nos Prisonniers encore en vie, c’est l’Enfer"

Par

Rapport du 5 juillet d’Action et Témoignages des familles de prisonniers.

"Qu’est-ce que les Israéliens ont à cacher ? Rihan ne peut même pas rencontrer son avocat. Avant et après qu’il soit entré au tribunal, il est fouillé à corps. Ils l’ont obligé à retirer tous ses vêtements. Nous lui parlons au téléphone, mais si nous disons quelque chose qu’ils n’aiment pas, ils coupent la ligne. Toutes ces histoire ne sont sans doute que le quart de ce qui a lieu, ils ne peuvent pas nous en dire plus."

Les mots sont ceux de la mère de Bassam Mohamed Ghazi Kitani (21 ans) actuellement détenu à la prison de Gelboa avec 600 autres détenus palestiniens.

Gelboa est l’une des nouvelles extensions du complexe de prisons israéliennes qui abritent 6.000 à 7.000 détenus palestiniens et se trouve être un détachement de la fameuse prison de Shatah qui s’est rapidement fait connaître pour sa brutalité.

Les conditions à Gelboa ont pourtant été critiquées par des organisations des droits de l’homme. La difficulté de la situation des familles de Naplouse s’aggrave du fait qu’on dénie le droit de visite aux membres des famille de détenus depuis l’invasion de l’armée israélienne de la ville en avril 2002 (en raison de la clôture imposé au gouvernorat)


Aujourd’hui les représentants du Club des Prisonniers, et de Solidarité internationale pour les droits de l’Homme, la fédération générale palestinienne des Unions de Syndicats (PGFTU) ; d’Abna al-Balaad (Fils de la Société de la Terre) le Ministère pour les Prisonniers, le Comité des familles de Prisonniers, le Haut comité aux affaires des prisonniers, les prisonniers d’Ansar, la Campagne pour la libération de Hussam Khader, la Société palestinienne d’aide médicale (PMRS) et la Société palestinienne du Croissant Rouge se sont rassemblés devant les bureaux du Croissant Rouge International en compagnie des militants du Mouvement International de Solidarité (ISM) pour revendiquer le droit plein et entier de visite pour 1400 de familles de Naplouse touchées par l’incarcération de leurs parents comme dans les autres régions de Cisjordanie .


La mère de Bassam est assise à côté de sa fiancée qui tient sa photo et pleure. Il y a aussi une photo de son frère, Abdel Rahman Mohamed Ghazi Kitani (23 ans) détenu avec la sœur de deux jeunes gens.
Abdel est actuellement en détention à Ofra explique sa mère. Ils sont en prison depuis presque un an maintenant, enlevés de chez eux à Naplouse par l’armée israélienne à deux semaines d’intervalle.
"Tout le monde doit savoir ce qui se passe à Gelboa" continue leur mère.


Une autre femme intervient « Les prisonniers n’ont souvent pas d’eau ; les gardiens confisquent leurs vêtements excepté ce qu’ils ont sur le dos lors de leur arrestation. Ils prennent des photos (d’eux) nus comme les Américains l’ont fait à Abu-Ghraib ».

C’est la femme d'Emad Rihan, emprisonné depuis le commencement de l’Intifada, qui explique :
"Il y a deux semaines son frère a été arrêté, la famille a déjà deux martyrs et l’armée a démoli la maison familiale quelques années plus tôt. Elle n’a pas vu son mari depuis trois ans. Il n’y a presque pas de contact. Je reçois seulement des lettres de la Croix Rouge tous les trois mois. Je ne l’ai vu qu’au tribunal, brièvement, mais nous n’avons pas l’autorisation de nous dire bonjour ou de parler. On n’a le droit que de se voir".


A la Croix Rouge, personne n’est allé visiter Gelbo pour l’instant.
Cette prison est surpeuplée nous a-t-on dit.

Les prisonniers dorment par terre parce qu’il n’y a pas assez de couchettes pour eux. Ils prennent une petite portion de labne (un yaourt palestinien assez épais) le matin, que se partagent quatre personnes, il y du pain au déjeuner, et le soir, le dîner : c’est une crêpe salée . Tout cela nous est dit par d’autres parents.


J’ai essayé de lui envoyer des photos de ses enfants, mais elles ont été confisquées. Quand il a été arrêté, notre dernier enfant avait dix jours. J’ai essayé de lui envoyé un pyjamas en satin, ça coûte 100 nouveaux checkels israéliens, mais même ça, il ne l’a toujours pas vu. Je n’essaie plus d’envoyer quoique ce soit sauf des lettes et un peu d’argent pour la cantine ».


Les femmes n’ont pas vraiment d’information sur ceux qui leur sont chers, juste l’endroit où ils se trouvent. Alors elles essaient de se construire une image dans la tête d’après (ce que leur disent) des familles de prisonniers d’autres secteurs de Cisjordanie – comme Tulkarem, Jenine et Qalqiya – qui peuvent aller rendre visite dans ces endroits, ou d’après d’anciens prisonniers qui leur décrivent à quoi ressemblent les conditions dans ces endroits.

Elles se sentent frustrées parce que la Croix Rouge et d’autres organisations humanitaires n’adoptent pas une position très active pour obtenir qu’on garantisse le droit de visite des familles de prisonniers originaires de Naplouse.


Les prisonniers sont privés de droits humaine continue la femme de Rihan. « Trois ans après l’arrestation d’Emad, ils l’ont jugé. Ca appartient à quelle religion, ça ? Dans quel pays est-ce normal ? Ils l’avaient trouvé avec un téléphone cellulaire quelques années plus tôt et pour cette raison, l’ont mis en isolement ».

Où sont passées les organisations des droits de l’homme ?
Pourquoi ne posent-elles pas de questions ?
Pourquoi ne vérifient-elles pas les conditions dans ces prisons ?


Les organisations des droits de l‘homme et la Croix Rouge nous disent qu’elles n’ont de mandat que pour déterminer le lieu où les membres de la familles sont détenus, pas pour vérifier les conditions de vie. Elles disent qu’elles n’ont pas l’autorisation de visiter Gelboa.

"Qu’est-ce que les Israéliens ont à cacher ? Rihan ne peut même pas rencontrer son avocat. Avant et après qu’il soit entré au tribunal, il est fouillé à corps. Ils l’ont obligé à retirer tous ses vêtements. Nous lui parlons au téléphone, mais si nous disons quelque chose qu’ils n’aiment pas, ils coupent la ligne. Toutes ces histoire ne sont sans doute que le quart de ce qui a lieu, ils ne peuvent pas nous en dire plus."


Les familles manifestent tous les lundis en face de la Croix Rouge dans l’espoir que la communauté internationale fera plus pour lever les restrictions imposées aux droits de visite des familles.

Il s’agit d’une autre forme de punition collective qu’impose l’armée israélienne aux habitants de Naplouse.

Lors de la manifestation d’aujourd’hui 150 à 200 personnes étaient présentes pour réclamer la fin de cette situation.

Une lettre, signée par les représentants de toutes les organisations présentes a été remise aux responsables de la Croix Rouge de Naplouse en charge de la situation des prisonniers.
La délégation dépêchée pour remettre cette lettre a reçu une réponse diplomatique, mais froide, affirmant que « la Croix Rouge internationale continue ses efforts pour mettre fin aux restrictions de circulation imposées aux habitants de Naplouse et continue de chercher une solution à la situation présente ».


Pour les femmes que nous avons rencontrées aujourd’hui, ces assurances, qu’elles entendent toutes les semaines, sont d’une piètre consolation : « Quand vous voyez tout ça comment pouvez-vous songer à la paix ? Comment pouvez-vous imaginer une paix dans ces conditions ? »



PS :
Le 7 juillet, des prisonniers de Gelboa se sont mutinés à cause des difficiles conditions auxquelles sont confrontées les détenus.

Source : www.palsolidarity.org/

Traduction : CS pour ISM-France.org

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