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Palestine - ISM France

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Cisjordanie -

« C’est ton père » - Chaque civière est une tragédie

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Article paru le 1er novembre 2013, traduit de l'hébreu à l'anglais par Ruth Fleishman, pour The Palestine Chronicle. Tamar Fleishman fait partie du groupe israélien Machsonwatch (surveillance au checkpoint) et une fois par semaine, elle se poste à un checkpoint en Cisjordanie occupée pour documenter les exactions des soldats de son Etat. Elle est également membre de la Coalition des Femmes pour la Paix et de Briser le Silence.

Qalandiya – Chaque fois que l’on pense avoir atteint le fond du fond, la réalité apporte la preuve que l’on peut s’enfoncer encore davantage. Peut-être que pour ceux qui ne se tiennent pas devant les ambulances, les images des civières et des procédures consécutives semblent les mêmes. Mais seule l’occupation est la même, ainsi que les fusils mitrailleurs, les règles et les ordres. Et à cause de ces règles, un petit garçon de six ans qui s’était grièvement blessé à la tête à 10 heures du matin avec une barre en métal n’a pu passer le checkpoint de Qalandiya qu’à 3 heures de l’après-midi, bien que son père ait immédiatement téléphoné à un spécialiste du cerveau à Amman qui lui a indiqué que l’enfant devait être opéré dans l’heure.

« C’est ton père » - Chaque civière est une tragédie

"C'est ton père, mon enfant" (photo Tamar Fleishman)
Le temps que les rouages de l’occupation accordent la permission à l’enfant et à sa mère (pas à son père) de traverser [le checkpoint] pour se rendre dans un hôpital de Jérusalem, cinq heures s’étaient écoulées. Cinq heures est une période qui délivre un verdict de vie ou de mort.

L’enfant était hagard, ses yeux étaient ouverts mais ne fixaient plus rien ; ses mains se levaient sans but et retombaient comme mues par elles-mêmes, et le père suppliait qu'on le laisse aller à l’hôpital avec l’enfant, pour qu’il puisse être avec lui – mais non, seule la mère pourrait y aller.
L’homme se tenait à côté de l’enfant qui ne le voyait déjà plus vraiment, et il touchait l’enfant qui ressentait de moins en moins, et il lui parlait, et l’enfant ne l’entendait plus vraiment, lui disant : « C’est ton père, mon enfant, c’est ton père… » et il le lui répétait sans cesse, encore et encore. L’homme se penchait et touchait le corps de l’enfant, ses mains, la partie de son visage qui restait visible, comme s’il lui disait au revoir, restant avec lui jusqu’à ce que l’ambulance démarre et s’éloigne ; et là, seulement, les larmes se sont mises à couler de ses yeux.

Et des miens, lorsque je me suis retrouvée seule.


Source : The Palestine Chronicle

Traduction : CR pour ISM

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