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Jaffa -

“Judaiser” Jaffa : démolition à Ajami

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Pendant qu'ils sont là, ils pourraient peut-être enregistrer ce qui pourrait être les derniers jours des 497 maisons résidentielles qui doivent être démolies à Ajami, le dernier secteur principalement Arabe de Jaffa.
Selon Fady Shbita de l' organisation Arabo-Juive Sadaka-Reut ("amitié"), plus de 2.000 personnes pourraient être affectées.

“Judaiser” Jaffa : démolition à Ajami


Sous les jolies fleurs de la machine de propagande israélienne, on trouve à Jaffa de très laids faits sur le terrain

Les valises diplomatiques ne risquent pas d'être déposées suite à l'appel de Condoleezza Rice, la veille du sommet de Riyadh, demandant aux Etats Arabes de "tendre la main à Israël" et de montrer qu'ils l'acceptent. L'insistance d'Israël sur le fait que les négociateurs doivent commencer par accepter son droit à exister a déjà poussé la normalisation en tête de l'agenda politique.

Le désir de devenir une nation comme les autres est fort parmi les Israéliens lassés de la guerre. Le problème pour les Palestiniens est que normaliser leurs relations avec Israël signifie également une normalisation de l'occupation, des circonstances qui l'ont amenée, et le racisme qu'elle a engendré en Israël. Et cela survient avant même que les négociations ne commencent.

Cependant, pour les Sionistes laïcs, le rêve de devenir une nation ordinaire avec ses propres hooligans de football juifs et ses brigades anti-émeutes a des racines profondes.

Theodore Herzl, le père-fondateur du Sionisme, croyait qu'obtenir une patrie serait une garantie d'acceptation par la société des "Gentils" (ndt : Non-Juifs).

Peut-être avait-il raison, mais cela avait un prix. En Palestine Mandataire, les juifs représentaient un peu plus de 30% de la population et ne possédaient que 6% des terres. La perspective d'avoir un Etat impliquait la dépossession brutale d'un autre peuple.

C'est peut-être la dureté de cette réalité qui a stimulé une grande part de naïveté chez les halutzim (pionniers) Ashkenazes laïcs. Dans Altneuland, Herzl avait lui-même imaginé un futur Etat dans lequel le fier Musulman Ottoman, Rashid Bey, embrasserait l'entreprise sioniste et se joindrait à ses amis juifs dans des visites guidées.

Pendant une visite dans la Vallée de Jezreel, Herzl dépeint Bey montrant des villages Arabes prospères et s'exclamant que c'étaient des hameaux très pauvres avant l'arrivée des juifs. "Traiteriez-vous de voleur un homme qui ne vous prend rien mais qui vous apporte quelque chose ?" demande Bey. "Les juifs nous ont enrichis."


La vision de Herzl est maintenant dépassée. Mais la tradition de l'argument "Regardez les jolies fleurs" dans le Sionisme continue.

L'année dernière, à la suite de la guerre du Liban, le ministre israélien des Affaires Etrangères, Tzippi Livni, s'est lancée dans une campagne de relations publiques pour donner une image "plus attrayante" d'Israël à l'étranger.

En février, je menais une campagne de pression sur le sujet quand un site internet pro-israélien a encouragé plus de 700 de ses lecteurs à porter plainte contre un groupe d'information britannique pour lequel j'écris, en accusant mes textes d'être de parti pris contre Israël en raison de leur côté négatif. Les plaignants ont été poliment repoussés.

Les fruits de la campagne de Livni se sont vus la semaine dernière dans la couverture normalisée du match de football Israël-Angleterre, et dans les informations diffusées par le magazine Maxim que le Consulat américain d'Israël a réussi à persuader de promouvoir le tourisme en publiant un article sur les superbes mannequins du pays.
Maxim envoie maintenant une équipe des meilleurs de ses photographes sur les plages de Tel Aviv et de Jaffa.

Pendant qu'ils sont là, ils pourraient peut-être enregistrer ce qui pourrait être les derniers jours des 497 maisons résidentielles qui doivent être démolies à Ajami, le dernier secteur principalement Arabe de Jaffa.

Selon Fady Shbita de l' organisation Arabo-Juive Sadaka-Reut ("amitié"), plus de 2.000 personnes pourraient être affectées.

"Il y aura une lutte grave sur le sujet parce que cela changera l'ensemble de la structure de Jaffa, s'ils réussissent." m'a-t'il dit. "Je le caractériserais comme d'un mélange de nettoyage ethnique, de transfert et d'embourgeoisement."

Les Palestino-Israéliens qui habitent à Ajami ne seront pas relogés à Tel Aviv. Même s'ils pouvaient se permettre de payer les loyers, il y a très peu d'Arabes qui y vivent. Ils ne recevront pas non plus de compensation, puisqu'ils vivent en théorie à Ajami "illégalement" depuis des décennies.

Avant 1948, plus de 70.000 Palestiniens habitaient Jaffa. Pendant la Naqba, la majorité s'est enfuie et n'a pas été autorisée à revenir. Conformément à la Loi sur les Biens des Absents de 1950, leurs maisons abandonnées ont été saisies par le nouvel Etat israélien et louées à des Juifs. Les quelques Arabes qui sont restés ont été concentrés derrière une barrière à Ajami.

Mais les temps changent. La barrière a été démolie et, dans les années 70, quand les prix des propriétés donnant sur la plage ont commencé à grimper, le maire de Tel Aviv, Shlomo “Cheech” Lahat, a annoncé une politique de "Judaisation" de Jaffa.

Les permis de construire dans Ajami ont été gelés et les démolitions incessantes ont rassemblé les habitants dans les taudis de Lyd et de Ramle. Beaucoup des 15.000 à 20.000 Palestino-Israéliens qui sont restés à Jaffa ont été forcés d'agrandir leurs maisons sans permis de construire.

Cette pratique est maintenant utilisée comme excuse pour une nouvelle vague d'embourgeoisement inhumain et de transfert qui a fait un trou dans la vieille ville de Jaffa.

La plupart des terres prises par les démolitions de maisons sont vendues invariablement pour des aménagements luxueux comme le quartier pour riches d'Andromeda Hill, "une ville virtuelle à l'intérieur d'une ville" entourée d'un mur et surveillée 24 heures sur 24", selon son site Web.

Les riverains se plaignent qu'Andromeda Hill a été construite sur des terres appartenant autrefois au Patriarcat Orthodoxe Grec "de sorte que les riches juifs puissent apprécier la magie du coucher du soleil à Jaffa sans voir les Arabes."

Le coucher du soleil à Jaffa peut être vraiment spectaculaire mais la machine des relations publiques israélienne est peu susceptible d'encourager les photographes à errer dans les quelques cours en bas de la route nécessaire à sa capture depuis Ajami.

Dans cette partie du monde, il est défendable que sous les fleurs de la normalisation se trouvent les gravats des maisons démolies.

Voir notre précédent reportage sur les démolitions de maisons à Ajami

Source : http://www.palsolidarity.org/

Traduction : MG pour ISM

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