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Gaza -

“Le seul magasin BMW à Gaza”

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Nasser Al ’Amoudi, avec son blouson de motard et ses lunettes de soleil, incarne le prototype du passionné de voiture. Pendant des années, il a été le propriétaire fier du seul magasin de pièces détachées BMW de la Bande de Gaza. Les gens venaient de partout pour acheter chez lui des pièces d’occasion. Aujourd’hui, l’atelier et le garage de Nasser, qui valaient 300.000 $ avant que l’armée israélienne ne les détruisent pendant sa dernière offensive, gît en morceaux, et sa sécurité financière est partie.

“Le seul magasin BMW à Gaza”


Nasser Al ‘Amoudi, devant la tente symbolique érigé sur les ruines de son magasin BMW. © Malian/PCHR

« Pièces détachées BMW Al ’Amoudi » est situé sur la rue principale de Gaza qui traverse le quartier Salateen de Beit Lahiya, au nord de Gaza. Cette zone est une de celles les plus durement touchées par l’offensive terrestre israélienne – des centaines de maisons et de serres ont été complètement détruites à Salateen, des milliers d’arbres ont été déracinés, et 100 familles vivent toujours dans un camp de tentes à quelques mètres. Cette communauté constituée à majorité de pêcheurs a subi de nombreuses incursions israéliennes au cours des années mais les cicatrices de la dernière sont omniprésentes et ont rendu le secteur presque méconnaissable pour ses habitants. Même le cimetière, avec ses tombes cassées et les traces profondes des chars, n’a pas été épargné.

« Cette terre appartient à moi et à ma famille, et nous tenons ce commerce depuis 22 ans, » dit Nasser, 38 ans, la main posée sur le toit de la tente qu’il a dressée sur les ruines de son magasin. « J’ai travaillé dans le garage quand j’étais un petit garçon, et mon frère me l’a cédé quand j’ai été assez grand. Des clients venaient de Gaza ville, de Khan Yunis et de Rafah. C’était le seul endroit où on pouvait trouver des pièces détachées d’occasion en bon état pour les voitures BMW. Tout Gaza connaissait ce magasin. »

Nasser avait des amis en Allemagne, avec lesquels ils étaient en affaire pour acquérir les pièces détachées, mais tout s’est effondré avec le bouclage des frontières de Gaza il y a deux ans : « Les gens continuaient à venir ici avant la guerre, mais les affaires avaient ralenti, presque au point mort. Cela fait deux ans que Gaza est fermé d’avec le reste du monde, et pour un commerce comme le mien, il est impossible de fonctionner dans ces conditions. »

Le blocus économique et la fermeture des frontières de Gaza depuis juin 2007 ont eu un impact dévastateur sur l’économie de la Bande. La plupart des structures de production ont cessé leurs opérations et l’importation et l’exportation des marchandises sont sévèrement limitées. La politique israélienne de punition collective a rendu le territoire incapable de se procurer les produits alimentaires de base, les médicaments et autres produits, et le résultat en est la montée en flèche des taux de pauvreté et de chômage.

Pendant l’offensive, alors que Nasser s’était réfugié chez lui dans le camp de réfugiés de Shati avec sa femme et ses trois enfants, les avions de combat israéliens, les hélicoptères, les vaisseaux de guerre et les chars ont pilonné Salateen. Son garage et son atelier ont été rasés par les bulldozers israéliens autour du 14 janvier 2009, alors que beaucoup des résidents avaient fui le secteur. « Je suis revenu ici à moto le premier jour du cessez-le-feu, le 18 janvier 2009, » dit Nasser. « Il ne restait absolument plus rien. Des années de travail, envolées. »

Entassés autour de la tente de réfugiés sur le lieu du magasin de Nasser, les pare-chocs froissés des BMW. Nasser a essayé de sauver tout ce qu’il pouvait mais la tente n’est guère plus qu’un témoignage du courage humain. « J’ai monté cette tente, avec l’ancienne pancarte de mon magasin, comme un symbole, même si je n’ai plus rien à vendre, » ajoute Nasser. « Juste pour que le monde sache ce qui m’est arrivé… »

Pendant les 22 jours d’offensive, Beit Lahiya a subi des niveaux extrêmes de dévastation et la crise qui en résulte affecte tous les aspects de la vie. Des civils comme Nasser Al ‘Amoudi et d’autres, continuent de se voir nier leurs droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques.

Pendant ce temps, l’Union Européenne (UE) réfléchit au rehaussement de ses relations commerciales avec Israël selon l’Accord d’Association UE-Israël, qui offre à Israël des conditions préférentielles pour ses échanges commerciaux avec l’UE. L’article 2 de l’Accord d’Association UE-Israël stipule que les relations entre Israël et l’UE seront basées sur le respect des principes des droits de l’homme et démocratiques, partie centrale de l’Accord et pré-condition pour toute coopération économique.

A la lumière des dernières actions d’Israël dans la Bande de Gaza, et des violations continues du droit international, le PCHR appelle le Conseil d’Association UE-Israël à reconsidérer la demande d’Israël de rehaussement conséquent des relations, et à demander des comptes à Israël pour ses violations continues du droit international et des clauses sur les droits de l’homme qui font partie de l’Accord. Rehausser l’Accord d’Association donne à Israël un accord tacite pour continuer à violer ses obligations contractuelles et rend l’UE complice de ces actions.

Plus de 120 ateliers industriels et commerciaux ont été complètement détruits par les forces israéliennes d’occupation entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, et au moins 200 autres ont été endommagés, ainsi que certaines des plus grosses usines de Gaza produisant des sodas, du béton et autres articles de base.

Le nombre très élevé de morts civiles et la destruction considérable de propriétés publiques et privées indiquent que l’un des objectifs des appareils politique et militaire israéliens était de causer le plus de dégâts possible à Gaza.

Alors que Nasser Al ‘Amoudi replace la pancarte métallique qui pend devant sa tente, il est clair que l’armée israélienne a atteint cet objectif.

« A quoi ça sert de parler de ça à la communauté internationale ? » demande Nasser. « Tout le monde s’en fiche. Je vais essayer de reconstruire mon magasin. Qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Où ailleurs puis-je aller ? J’espère seulement que cela ne se reproduira pas à Gaza. »

Source : PCHR

Traduction : MR pour ISM

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