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Cisjordanie -

"Mon frère est mourant" : un appel urgent de la famille du gréviste de la faim Samer Issawi (vidéo)

Par

Article du 17 décembre 2012. Malaka Mohammad est étudiant en littérature anglaise à l'Université islamique de Gaza.

Samer Issawi vient d'avoir 33 ans. Il a passé son anniversaire en grève de la faim. Dimanche, j'ai téléphoné à sa sœur Shireen. "Il faut sauver Samer, il se meurt," fut la première chose qu'elle m'ait dite. Samer en est à 138 jours sans nourriture.
"Les dernières nouvelles que nous avons datent du 14 décembre, quand le tribunal de l'occupation israélienne a refusé de libérer Samer sous caution. J'ai reçu des nouvelles de différentes sources, m'indiquant que mon frère a récemment commencé à souffrir de douleurs aiguës dans tout le corps, en particulier aux muscles, à l'abdomen et aux reins.

'Mon frère est mourant' : un appel urgent de la famille du gréviste de la faim Samer Issawi (vidéo)

Shireen Issawi (à gauche) pendant une manifestation en soutien à son frère à Ramallah (Issam Rimawi/APA images)
"Il a des carences sévères en vitamine B-12. Son organisme a commencé à manger ses muscles et ses nerfs. Il semble qu'il a perdu le contrôle de ses membres à la suite d'un dysfonctionnement nerveux. Son vision est fragile parce qu'il s'évanouit quatre à cinq fois par jour et son corps est couvert d'ecchymoses. Il vomit du sang, son cœur s'affaiblit et il peut à peine respirer."

J'ai demandé à Shireen : "Quand as-tu vu ton frère ?"

"Comme un squelette"

"Personne n'a pu le rencontrer ou lui parler depuis son arrestation. Je l'ai vu jeudi [13 décembre] au tribunal. Il avait l'air d'un squelette assis sur un fauteuil roulant, il ne peut ni bouger ni marcher. On l'a mis à l'abattoir de la clinique de la prison Ramleh pendant ses premiers mois de grève. Un mois plus tard, pour le punir, on l'a mis dans une petite cellule. Il a enduré le confinement solitaire dans une pièce de 2m², pour faire pression sur lui et qu'il mette fin à sa grève."

Photo
Samer Issawi pendant son audience, le 14 décembre


"Où est-il maintenant ?"

"Il est toujours dans une petite pièce noire à l'hôpital Assaf Harofeh. Il est maintenu en isolement : personne ne peut le voir, même pas les membres de sa famille. Ses seuls contacts humains, ce sont avec les gardiens qui portent trompeusement des uniformes blancs. Il a les jambes attachées avec des chaines qui paraissent encore plus grosses à côté de son petit squelette."

Perte de conscience

Shireen évoque la perte de conscience de son frère quelques secondes après que les autorités carcérales israéliennes lui aient donné un médicament. Il n'a repris conscience que deux jours après. "Il ne fait aucun doute qu'ils veulent le tuer," dit Shireen.

Samer Issawi a écrit une lettre sur l'incident, qui a été traduite et publiée par le Centre Ahrar, un groupe pour les droits des prisonniers, le 12 décembre.

"J'ai des injections de vitamine B-12 parce que mon système nerveux est touché et j'ai des douleurs aux yeux, aux nerfs, à l'abdomen, aux mains et aux muscles," écrit-il. "Et je ne peux pas me tenir debout. Ils m'ont dit qu'ils me donneraient une injection par semaine pour aider mon système nerveux. Mes douleurs aux reins et aux mains empirent. Ma douleur à la tête est comme un choc électrique et j'ai continuellement des diarrhées, à cause des liquides qu'ils me donnent à l'hôpital. Il y a du sang dans mon urine deux fois par semaine.

"Ils m'ont mis en isolement, dans une pièce à l'hôpital, avec des portes en plastique, ils ne peuvent donc pas m'entendre quand j'appelle. J'ai accepté de prendre des liquides et des vitamines parce que le renseignement m'a promis que mon dossier était à 80% bouclé.

"Mercredi, ils m'ont donné un médicament. J'ai dormi pendant deux jours. Quand je me suis réveillé, j'étais sur le sol."

J'ai également téléphoné au père de Samer, Tareq, dimanche. Notre conversation s'est centrée sur les conséquences de la grève de la faim de Samer sur sa mère.

"Son état empire tous les jours," m'a dit Tareq. "Elle a été choquée et n'a pas cessé de regarder son fils pendant l'audience de jeudi. Elle ne supporte pas de voir son fils perdre la moitié de son poids. Elle a crié au juge, 'Votre régime d'apartheid est illégal, et nous ne le reconnaissons pas. Samer sera libéré, que vous le vouliez ou non.' Je ne sais pas comment décrire cela, mais ma femme est juste une mère, avec un cœur.

"Son état physique et psychologique est plus compromis que jamais. Elle ne peut pas supporter de voir son fils mourir. Elle passe le plus clair de son temps dans les hôpitaux, répétant la même supplique : 'Est-ce que quelqu'un peut aider mon fils à être libéré et à vivre ?'"
________

Scène de brutalités contre Samer et sa famille filmée aujourd'hui dans les couloirs du tribunal de première instance de Jérusalem. A la fin de la vidéo, Samer, voyant la caméra, dit : "Ils m'ont attaqué, il m'ont frappé à la tête, à la poitrine et au dos... mais je n'abandonnerai jamais, je continuerai ma grève de la faim..."




Source : Electronic Initifada

Traduction : MR pour ISM

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