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Jérusalem -

60 ans après, des réfugiés vont voir, à Jérusalem, leurs maisons perdues

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Assaly dit son amertume quant aux festivités du 60ème anniversaire d'Israël, y compris cette semaine la visite du président US George W. Bush, qui pousse à un accord de paix israélo-palestinien pour la fin de cette année. "Bush vient pour les célébrations. Pourquoi ? Est-ce que quelqu'un est allé en Afrique du Sud pour célébrer l'apartheid ? Toute cette histoire de célébrations est un simulacre de paix."

60 ans après, des réfugiés vont voir, à Jérusalem, leurs maisons perdues


Photo : AP Photo/Sebastian Scheiner

Beatrice Habesch, 80 ans, sanglote lorsqu'elle aperçoit la maison de son père, dimanche à Jérusalem, et qu'elle se souvient comment les Juifs s'en sont emparés en 1948.

"C'est notre maison ! C'est ma maison !", a-t-elle crié pendant que ses compagnons palestiniens l'empêchaient de courir vers la bâtisse.

Quelques 300 Palestiniens, portant des t-shirts noirs aux inscriptions "C'est ma maison", ont marqué les 60 ans de création de l'Etat d'Israël en mai 1948 par une marche de protestation à travers les quartiers juifs riches de Jérusalem ouest, où ont habité autrefois de nombreux Arabes.

Les Palestiniens ont raconté que leurs familles possédaient des maisons à Talbiyeh, à la Colonie allemande et dans d'autres quartiers, jusqu'à ce que les Israéliens les en chassent, ou qu'ils s'enfuient dans les combats arabo-juifs qui ont accompagné la création de l'Etat d'Israël.

Habesch dit que son père, un marchand, avait une propriété à Talbiyeh et que les relations avec ses voisins juifs étaient cordiales, puisqu'il leur avait laissé des parties de sa propriété.

Elle raconte qu'une de ses voisines était Golda Meir, qui, lorsqu'elle était Premier Ministre dans les années 1970, a refusé de reconnaître l'existence des Palestiniens.

"J'avais 19 ans pendant la guerre de 1948. Je me souviens que deux hommes et une femme sont venus chez nous et nous ont dit de partir. Ils ont dit que notre maison serait bombardée si nous ne partions pas", se souvient Habesch.

Comme beaucoup des au moins 700.000 Palestiniens qui ont fui leurs maisons en 1948, la famille Habesch pensait qu'elle reviendrait lorsque la guerre entre Israël et les états arabes serait terminée.

Mais ils ne sont jamais revenus.

Les manifestants ont regardé leurs maisons, beaucoup d'entre elles décorées de drapeaux israéliens marquant le 60ème anniversaire de "l'indépendance", et se sont souvenus de leurs anciens propriétaires palestiniens : "C'est la maison Dajani. Là c'est la maison Nammari. Celle-ci, c'est la maison Halaby."

Les Israéliens regardent

Les Israéliens observaient depuis les porches, pour la plupart silencieux, bien qu'un homme leur ait crié : "Les Arabes dehors ! ".

"La plupart des Israéliens réagissent de façon défensive ou agressive", dit Tomer Belity, professeur israélien dans une école de Talbiyeh.

"Ils sont pleins de peur et de haine parce qu'ils pensent que les Palestiniens veulent nous faire partir d'ici."

Nahla Assaly, 70 ans, avait 10 ans lorsqu'elle et sa famille ont quitté leur maison du quartier de la Colonie allemande, maintenant un refuge pour des "hippies" cossus. "Nous avons quitté nos maisons parce que nous avons été pris de panique", dit-elle. "Les gens paniquent pendant les guerres."

Assaly dit que sa famille avait entendu parler des meurtres de douzaines d'Arabes par les miliciens israéliens, à Deir Yassin, village proche de Jérusalem, en avril 1948. La crainte s'est installée. Lorsque les tirs se sont rapprochés, il était temps de partir.

"Les balles ont traversé nos portes et nos fenêtres, alors mon père nous a emmenés à Damas pour ce qu'il pensait être quelques semaines", se souvient Assaly. "Mais nous ne sommes jamais revenus."

Elle dit son amertume quant aux festivités du 60ème anniversaire d'Israël, y compris cette semaine la visite du président US George W. Bush, qui pousse à un accord de paix israélo-palestinien pour la fin de cette année.

"Bush vient pour les célébrations. Pourquoi ? Est-ce que quelqu'un est allé en Afrique du Sud pour célébrer l'apartheid ? Toute cette histoire de célébrations est un simulacre de paix."

"Que les Israéliens admettent leurs méfaits de 1948", dit Assaly. "Alors il y aura place pour la guérison."

Source : Palestine Monitor

Traduction : MR pour ISM

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